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Note moyenne 3.33 /5 (sur 152 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 08/05/1985
Biographie :

Victor Pouchet a fait ses études à l’École Normale Supérieure de Lyon.

Il enseigne la littérature en classes préparatoires et écrit des critiques pour Le Magazine littéraire.

Il a participé à la création de plusieurs festivals littéraires, comme « Paris en toutes lettres », « L’Intime festival » à Namur et « La Mer est loin » à Fontenay-le-Comte, et assure, depuis 2013, les fonctions de conseiller artistique à la Maison de la Poésie à Paris.

« Pourquoi les oiseaux meurent » (2017) est son premier roman.

Il fait partie des 10 premiers romans de la rentrée littéraire 2017 sélectionnés pour le prix Stanislas.

Twitter : https://twitter.com/victor_pouchet

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L'hiver dernier, l'artiste et écrivaine Clémentine Mélois a créé une oeuvre inédite en investissant un petit coin de Paris injustement méconnu. Avec la complicité de Victor Pouchet, les toilettes de la Maison de la Poésie se sont ainsi muées en cabinets de lecture inédits. le « visiteur » peut piocher au hasard parmi une joyeuse constellation de graffitis d'or et d'argent, faite de bribes de poèmes, fragments de chansons, citations immortelles, dessins, clins d'oeil malicieux et autres gourmandises littéraires. À l'occasion du vernissage de ce haut lieu, Clémentine Mélois et Victor Pouchet dérouleront le fil des histoires et anecdotes qui se cachent derrière ce joyeux bazar. Dans le cadre du Festival Les Traversées du Marais proposé par Marais Culture + À lire – Clémentine Mélois, Les Six Fonctions du langage, Seuil, 2021. À voir – Exposition Clémentine Mélois Cent titres / Sinon J'oublie sur le Pont Saint-Ange (75018), proposée par la Maison de la poésie et la Ville de Paris du 9 septembre à fin octobre.

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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
lecassin   17 janvier 2018
Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet
Il déployait autant de grandiloquence à se reprocher ces années qu'il en avait sans doute mis à les vivre.
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lecassin   22 janvier 2018
Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet
Je me suis redressé et j’ai regardé au-delà du champ de corneilles crevées. J’ai vu une aigrette blanche, haut perchée sur ses longues pattes, maladroite, mais belle, qui arpentait la plage à la frontière de la mer. De loin, on aurait dit qu’elle comptait les oiseaux morts, ou qu’elle les veillait, ou peut-être qu’elle se préparait, debout et ridicule, à affronter les ennemis de ses prochains duels.
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fanfanouche24   23 novembre 2020
Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet
Il faut tellement d'acceptation de soi, des autres et de l'espace pour que ça marche un corps, que ça ne subisse pas le réel mais que les gestes l'habitent paisiblement, avec la bonne tension. Les animaux sauvages, eux ne connaissent pas la maladresse. Le léopard ne se pose pas la question de sa démarche, le vol de l'aigle n'est jamais ridicule, les sauts de chevreuil sont toujours coordonnés. Leur corps n'échappe jamais à leur contrôle alors qu'il me semble parfois qu'il faudrait toute une vie pour apprendre à ne pas rougir quand je cours dans la rue et à marcher tranquillement sur le chemin vers la mer. (p. 109)
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dancingbrave   11 juillet 2019
Le Tsarevitch aux pieds rapides de Victor Pouchet
Oh ce n’était pas comme s’il allait dix fois plus vite, ni même deux fois plus vite, non non, il allait « un peu plus vite que la normale ». « Il court derrière lui-même et plus vite que lui-même », disait-on. On le surnomma alors « le tsarévitch-aux-pieds-rapides ». Alexeï Sergueïevitch, l’alchimiste impérial, tout en haut de la Grande Tour du Grand Palais de Verre, tressant toujours de la même main sa trop longue barbe grise aux boucles insensées, avait aussi son avis, qu’il avait envoyé au tsar dans une longue lettre alambiquée qui s’achevait ainsi : on dirait qu’il avance projeté par un espoir qui ne connait ni pause ni introspection, ses ombres même brillent de promesses. Le tsar avait répété la phrase pensivement : « ses ombres même brillent de promesses »….
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fanfanouche24   22 novembre 2020
Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet
Autour du moi aujourd'hui, j'ai l'impression qu'une grande partie des gens sont déguisés en fin du monde, chacun arborant un costume différent: certains sont habillés en commerçants de ruines, d'autres en pilleurs de grains, quelques contemplatifs désespérés, des sauveteurs en haute mer, des survivalistes en appartement, des aveuglés volontaires, des éco-anxieux et des effondrés avant l'heure. Ils ont des discussions sur les massacres au Soudan, sur la montée des eaux, sur les armes à feu aux Etats-Unis, sur la disparition des oiseaux, sur l'intelligence artificielle, sur le chômage de masse, sur l'acidification des océans, ils s'inquiètent de l'égalité fiscale et des conflits sociaux, ils débattent et manifestent. Je les admire, c'est peut-être grâce à eux que le monde tourne, mais je ne sais pas comment ils font. Où trouvent-ils cette énergie pour s'indigner ? Comment réussissent-ils à se saisir des nouveaux drames qui s'ajoutent sans cesse aux anciens ? (p. 110)
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fanfanouche24   23 novembre 2020
Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet
J'aime bien l'idée d'Avril de "l'option légère", de prendre face aux bouleversements la voie de la légèreté. Ce n'est pas du déni ou de la dérision, parce que la réalité de la catastrophe n'est pas effacée, mais c'est un angle face au réel. D'un coup, on regarderait les choses en se rendant compte qu'on n'y est pas complètement, qu'on peut les observer de biais, ave attention et douceur. On pourrait frôler le monde et ce serait déjà pas mal. Mais je ne sais pas bien comment on fait. (p. 110)
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fanfanouche24   21 novembre 2020
Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet
Elle [la grand-mère ] me demandait si mon père me nourrissait comme il fallait, elle me posait plein de questions sur lui, sur ce qu'il faisait, sur la maison, sur ses consultations de magnétiseur. Je ne répondais pas à toutes ou du moins, je restais assez vague, car j'avais un peu honte. Dans ces moments-là, je me sentais solidaire de lui, de son étrangeté, de ses grandes idées sur le monde et la vie. (p. 75)
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fanfanouche24   22 novembre 2020
Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet
J'aimais marcher dans la forêt avec mon père. Sur ces chemins, il parlait moins, ou alors ses discours qui d'habitude m'épuisaient me semblaient plus supportables. Peut-être est-ce une question d'horizon. Sa parole était espacée par la marche, dérivée par les arbres autour. (p. 91)
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fanfanouche24   22 novembre 2020
Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet
Il [jeune frère du narrateur ] continuait à parler en permanence. Ce n'était plus pour raconter des histoires mais pour faire des discours: c'est peut-être ça, sortir de l'enfance. (...)



Je n'ai sauvé ni ma mère, ni Ann, après. Mais peut-être que le grand accident m'a sauvé des sauveurs. (p. 115)
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fanfanouche24   21 novembre 2020
Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet
Il voulait me montrer comment sculpter la terre avec ses mains et comment y placer des ondes favorables. Il me dit : " Tu sais, nous sommes responsables de notre façon de toucher . Elle n'a pas toujours été la même. Les hommes de Néandertal ne touchent pas de la même façon qu'un Grec ancien qui ne touche pas de la même façon qu'un homme du Moyen-âge.Je ne sais pas d'où il tirait tout cela. (...)

A la Renaissance, Michel-Ange a même eu le rêve de sculpter une montagne en entier. C'est possible, s'inquiétait mon père, qu'aujourd'hui, nous oubliions cela, que nous touchions très autrement le monde, que nous nous contentions de le flairer, de loin. En repensant à ça, j'ai l'image des doigts glissant sur les écrans des téléphones, toutes les images que l'on déroule sans y penser, que l'on caresse de loin. Mon père voulait m'apprendre à toucher et tenir les choses comme avant. Il prit mes mains et me fit plier et onduler le mélange de terre et d'eau. Je me sentais à ce moment un peu comme un dieu capable de faire surgir des figures de la Terre originelle.

(p. 43)
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