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4.02/5 (sur 329 notes)

Nationalité : Israël
Né(e) à : Fès (Maroc) , le 30/04/1961
Biographie :

Eva Illouz est professeure de sociologie à la Hebrew University de Jérusalem. Elle est l'auteure de nombreux livres parmi lesquels Les Sentiments du capitalisme, paru au Seuil en 2006.
Elle a étudié la sociologie à Paris et a ensuite enseigné dans plusieurs grandes universités.

Source : http://www.seuil.com
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Eva Illouz, sociologue et philosophe, était l'invitée de "La Fabrique des idées", les masterclass de Philosophie magazine, mercredi 24 janvier au Club de l'Étoile, à Paris (17e). Prochain rendez-vous : Jean-Luc Marion, phénoménologue, académicien, grand théoricien de la "donation", mercredi 6 mars en présentiel ou visio. Informations et résa : www.philomag.com/masterclass
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Citations et extraits (137) Voir plus Ajouter une citation
Eva Illouz
D'un côté, le moi n'est pas responsable de sa souffrance, il est l'objet de ses parents, pour dire les choses rapidement, et n'est donc pas source d'autonomie et de volonté. De l'autre coté, quand il s'agit de changer, ce moi posséderait tout à coup une capacité à se transformer. Cette dualité est inhérente au récit psychologique même. L'injonction de changer conduit à utiliser des classifications qui "pathologisent" ce que nous sommes.

-Books n°37-
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Contrairement à l’intellectuel du XIXe siècle, qui pouvait critiquer le capitalisme en se situant hors de son atteinte, le critique contemporain n’a que rarement la possibilité de s’exprimer en dehors du monde des institutions et des organisations capitalistes. Cela ne signifie pas que nous devions nous résigner à accepter la domination du capitalisme sur toutes les sphères sociales. Mais cela implique que nous développions des stratégies d’interprétations aussi rusées que les forces du marché auxquelles nous voulons nous opposer. La force d’une critique se fonde sur une connaissance intime de son objet.
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Ces industries ont géré le moi, ont géré la personne en termes d'image" explique Eva Illouz, "ce sont les industries de la mode, du cinéma, de la télévision, des cosmétiques... Elles ont transformé le corps en unité visuelle séduisante et attirante, pour créer des marchés de masse. Le corps de la femme devient alors une unité monnayable, exploitable. C'est un nouveau capitalisme.
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Parce que la souffrance est l'irruption de l'irrationnel dans la vie quotidienne, elle exige une explication rationnelle.
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Rien n'est plus suspect que l'affirmation d'une transparence totale.

Ivan Krastev
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Eva Illouz
Nous vivons une transformation du désir parce qu'il n'est plus animé par la rareté, mais en situation permanente d'abondance. Comment aime-t-on quand on a le sentiment que quelqu'un de mieux peut surgir à tout moment, quand les échantillons du choix s'élargissent, quand la longévité fait que l'on demeure sur le marché sexuel jusqu'à un âge avancé ? Pour toutes ces raisons, l'amour n'a plus la force morale qu'il avait lorsque la figure de l'individu était en gestation.

-Page des Libraires n°156-
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Les écrivains reconnus sur le plan littéraire apparaissent moins souvent dans les classements et y restent moins longtemps. Ce qui apparaît dans la catégorie des best-sellers s'écarte de plus en plus de ce que les critiques répertorient comme des oeuvres de valeur sur le plan esthétique.
La divergence croissante entre le champ économique et le champ culturel est, en d'autres termes, elle-même un effet du processus de marchandisation.
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Le bonheur est-il cet objectif suprême que nous devrions tous nous efforcer d'atteindre ? Peut-être. Cela n'empêche en rien de garder une distance critique par rapport au discours tenu par les prosélytites de la science du bonheur.

Introduction, p. 16
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Bérénice : Depuis mon divorce, je suis sortie avec quelques hommes mais je trouve cela étonnamment difficile. Pas tant à cause des hommes eux-mêmes qu'à cause de moi.
Intervieweuse : Qu'est-ce qu'il y a de difficile ?
Bérénice : Certains détails peuvent me déstabiliser.
Intervieweuse : Lesquels par exemple ?
Bérénice : J'avais rendez-vous pour la troisième fois avec un homme. Je l'avais bien aimé les deux premières fois, et puis il s'est pointé avec une chemise ridicule, plouc, embarrassante, pas une chemise d'ouvrier stylée, mais une chemise que son grand-père avait probablement achetée dans les années 40 dans une friperie. Je me suis dit, soit il n'a aucun goût, soit il se fiche complétement de moi, soit il appartient à un monde totalement différent du mien, genre ce type est à l'ouest. Et juste comme ça, à cause de sa chemise, je n'arrivais pas à me sentir attiré par lui. Je veux dire, ce n'est pas non plus tout à fait ça, mais ça m'a détourné de lui, j'ai dû faire des efforts pour retrouver l'attrait que j'avais pour lui. C'est gênant à dire, mais la chemise a été un véritable tue-l'amour.

Ici, l'attirance sexuelle est induite par des objets de consommation. Elle est facilement altérée par un mauvais "look", car l'attirance sexuelle est désormais fortement influencée par les icônes, les images et les marchandises diffusées par les médias. L'évaluation visuelle associe l'identité d'une personne avec des produits de consommation, et correspond à l'affirmation conjointe d'un goût de consommateur et d'un goût émotionnel. Les objets de consommation sont donc des éléments à partir desquels un rejet est provoqué.
Dans un autre exemple, Claudine, une française de quarante-huit ans (d'une grande beauté), raconte une relation avec un ancien petit ami :
Claudine : Un jour, il est venu me rendre visite un dimanche matin. Il revenait de voyage et a sonné à ma porte ; je ne m'étais pas encore brossé les dents et je n'étais pas habillée. J'étais en chemise de nuit. Je n'étais pas maquillée et je n'étais pas coiffée. Quand il est rentré, j'ai vu qu'il faisait une drôle de tête. Il m'a dit : " Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu es malade ? Tu vas bien ? Tu as l'air tellement différente de d'habitude."
Intervieweuse : Qu'avez-vous répondu ?
Claudine : Je l'ai serré dans les bras, je croyais qu'il allait m'embrasser mais il ne l'a pas fait. Je me suis alors demandé si ce type m'aimerait encore quand je serai vieille et ridée.

Comme le suggère ces deux exemples, l'attirance pour quelqu'un peut être remise en cause dès le moment où s'efface l'agencement visuel et le spectacle qui l'ont rendue possible. Si les objets de consommation sont devenus l'environnement implicite de l'attractivité, ils sont également inséparables de l'identité individuelle, et créent une équivalence entre les objets et les personnes, suggérant par là que les personnes sont (d)évaluées comme des objets.
Enfin, toute l'économie de l'attractivité visuelle repose sur le renouvellement constant du "look", instaurant une équivalence entre l’attractivité, la mode et la jeunesse (d'où l’extraordinaire développement de l'industrie anti-âge, allant des crèmes à la chirurgie). Parce que les femmes jeunes se trouvent au sommet de la hiérarchie du capital sexuel, en particulier pour les hommes qui possèdent un capital économique élevé (là encore, Donald Trump est un exemple paradigmatique de cette logique de marché). Mais, contrairement à d'autres formes de ressources sociales, la jeunesse contient par définition un mécanisme d'obsolescence programmée : dans l'industrie de la mode, une mannequin de vingt-trois ans est considérée comme vieille. Cela signifie que le champ de la sexualité est structuré par l'obsolescence (et l'angoisse qui va avec). Cette composante de l'économie capitaliste conduit à un renouvellement et une amélioration constante de l'apparence physique à travers des biens de consommation destinés à rester jeune et attirant.

(P 172/174)
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(sur l'internet sentimental) Le moi en un produit emballé, placé en concurrence avec d’autres produits sur un marché libre régi par la loi de l’offre et de la demande.
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