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EAN : 9782757891148
544 pages
Éditeur : Points (16/09/2021)
4.09/5   29 notes
Résumé :
La culture occidentale n'a cessé de représenter les manières dont l'amour fait miraculeusement irruption dans la vie des hommes et des femmes. Pourtant, cette culture qui a tant à dire sur la naissance de l'amour est beaucoup moins prolixe lorsqu'il s'agit des moments, non moins mystérieux, où l'on évite de tomber amoureux, où l'on devient indifférent à celui ou celle qui nous tenait éveillé la nuit, où l'on cesse d'aimer. Ce silence est d'autant plus étonnant que l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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armand7000
  01 mars 2020
Extrait
L'OBS. Comment faut-il entendre le titre de votre nouveau livre, « la Fin de l'amour », paru aux éditions du Seuil ?
Eva Illouz. Je voulais m'inscrire dans ce genre littéraire des « la fin de… », à l'instar de « la Fin de l'Histoire », qui réfléchit aux grands changements de l'époque contemporaine, pour souligner que le champ des relations sexuelles et sentimentales était en train de se modifier fondamentalement. Car si l'amour continue de hanter nos vies, c'est à la façon du spectre. Nous ne savons plus si l'amour existe ou n'existe pas, s'il est réel ou si nous l'avons inventé.
C'est aussi la fin de l'amour telle qu'elle est vécue par les acteurs, de façon phénoménologique : la séparation, l'arrêt des relations, mais aussi le refus d'en commencer une, ou bien leur multiplication, qui sont autant de pratiques de non-choix de plus en plus fréquentes. J'ai donc voulu construire une sociologie « des relations négatives », de ce qui ne se passe pas et qu'il faut pourtant interroger.
Eva Illouz, par Luc Boltanski : « Elle renouvelle la pensée critique »
On pourrait penser le sujet secondaire par rapport aux retraites par exemple, mais le fait d'avoir ou non des enfants, dans des structures familiales classiques ou pas, a des répercussions majeures sur la structure démographique, et donc économique, d'un pays. C'est d'ailleurs pourquoi, à sa sortie en Allemagne, le livre a été recensé dans la newsletter du Bundenstag.
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Kareban
  06 février 2020
Oh amour, où es-tu?
Une analys centrée principalement sur le XXième siècle, ses avancées et ses désordres, des extrêmes qui ont découlé par des luttes de pouvoir.
Si la femme a obtenu une apparente parité au fil du temps, grâce à la contraception, l'éducation, le travail et la libération sexuelle, le pouvoir lié à l'argent, ancien, perdure par le biais du capitalisme qui ne voit la sexualisation de la femme que comme une marchandise et non une réalité de la nature que nous revendiquons au même titre que chaque individu.
Encore une fois, l'entièreté de la femme est mise en péril, de manière sournoise par le pouvoir.
Une analyse à travers les médias actuels, des sites de rencontre à la publicité qui désormais, en bannissant la sexualisation du féminin, nous coupe aussi d'une dimension de séduction et donc du pouvoir, l'hyper-sexe féminin étant cantonné à la seule pornographie. La fin de l'amour, la fin du rêve...
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jongorenard
  27 mars 2020
Je me suis lancé dans la lecture de "La fin de l'amour" pour me maintenir au courant des pratiques amoureuses de mes contemporains. Hasard de lecture ou pas, je poursuivais en même temps une relecture d'"Orgueil et préjugés" de Jane Austen. J'ai pu constater dans les moeurs amoureuses un gouffre entre l'approche victorienne et celle contemporaine. Comment a-t-on pu passer d'une cour amoureuse longue et fastidieuse au coup d'un soir, facile et sans engagement grâce aux applications de rencontre. Eva Illouz analyse finement cette évolution en associant histoire des idées, concepts théoriques sophistiqués et regard aiguisé sur notre culture contemporaine. Il faut s'accrocher dans les passages théoriques en particulier dans la première partie du livre où la lecture est plutôt ardue. Mais ensuite, lorsqu'Éva Illouz s'intéresse aux effets d'Internet et du capitalisme sur l'amour, c'est bien plus passionnant, mais pas forcément très joyeux. L'analyse est agrémentée de témoignages éclairants que j'ai particulièrement appréciés pour étayer les hypothèses de l'autrice. J'ai été surpris de ne pas y entendre plus parler des enfants qui peuvent être parfois des sources de tension dans les couples. Les femmes, un temps gagnantes de cette évolution grâce à la liberté sexuelle acquise dans les années 60 en sont devenues ensuite les perdantes. L'industrie capitaliste de l'image (médias, monde de la mode et des cosmétiques) et les réseaux sociaux sur Internet sous domination masculine se sont emparés de l'image de la femme libérée pour en faire une marchandise sexuelle. Pas très romantique, mais terriblement rentable. "La fin de l'amour" ne redonne pas le sourire, mais dresse un portrait fidèle des pratiques amoureuses actuelles, de leurs enjeux et de leur fonctionnement. Je pense qu'Éva Illouz qui en fait une analyse stimulante compte parmi les grands penseurs de notre époque.
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4bis
  04 mars 2020
Lecture exigeante qui a fait alterner chez moi des états de jubilation intellectuelle à voir décortiquée de manière si exacte une réalité que je n'avais pas conceptualisée à ce point et des moments de découragements mâtinés de sourde révolte : non, ce n'est pas possible que toutes les relations soient contaminées par le "capitalisme scopique" dont parle Eva Illouz. Non, les thérapies n'ont pas pour seule fonction de consolider un moi qui entre alors en conflit avec les contraintes d'interactions sociales ou amoureuses où ne prime pas toujours la reconnaissance des émotions. Non le care n'appartient pas qu'aux femmes. Non les hommes ne sont pas obligés de ne s'epanouir que dans la revendication d'une liberté extérieure au foyer.
Et pourtant, comme ces clés de lecture de notre monde contemporain sont opérantes !
Le premier chapitre est ardu : très théorique puisqu'il pose les bases d'une "sociologie du choix négatif". La lecture est plus aisée ensuite, aérée de multiples témoignages qui m'ont donné tour à tour le sentiment d'être sur une autre planète ou au contraire de voir exposés des ressorts de fonctionnement que j'avais fait miens. C'est toujours fascinant de constater combien les destinées individuelles sont pétries de projections sociales et idéologiques collectives. Bref, un livre éclairant et stimulant.
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Heval
  21 décembre 2020
Il ne s'agit pas de dire ce qui est bien ou mal, ni de dire ce qu'il faudrait faire pour que l'amour aille bien. Il s'agit de dire ce qu'il est advenu de l'amour, comment et pourquoi; de poser les mots sur des maux que l'on observe ici et là, parmi nos connaissances, nos amis, nos entourages. Il s'agit de faire un diagnostic à l'aide de la noble sociologie pour nous aider à comprendre les évolutions d'une société que l'on devine malade. Mais malade de quoi, exactement ?
Pour qui s'intéresse déjà au sujet, la réponse est évidente. Notre société est malade de cette idéologie dominante qui depuis quelques siècles maintenant déploie ses tentacules dans toutes les sphères de la société, publique comme privée, pour mieux se développer et s'engorger. le capitalisme est totalitaire, en effet. Il va jusqu'à s'immiscer dans la vie intérieure de chacun, influençant ses choix, ses idées, ses conceptions, ses actions, ses mouvements dans le but, toujours, de faire de lui un consommateur parfait. La consommation ne s'arrête pas aux biens, malheureusement. Elle est aussi dans les relations amoureuses.
Sous l'influence de plusieurs facteurs que je ne peux ici résumer, les autres sont effectivement aujourd'hui consommés. Les règles et cadres ne sont plus, ont disparu. Au nom de la liberté, sexuelle notamment, les verrous ont sauté. Ce qui était sans doute au départ une bonne idée est devenue, dans la cadre d'une société capitaliste et consumériste, un enfumoir. Hommes et femmes ont perdu en sécurité, en confiance et en lucidité, ils sont perdus dans des relations éphémères, anxiogènes où le désengagement domine, où le non-amour fait loi. On ne s'engage plus dans le couple par peur et crainte, on se retire aisément pour les mêmes raisons, on ne fait plus d'efforts, on cesse au plus petit désaccord, on ne s'aime plus, on se consomme le temps d'assouvir ses envies et ce que l'on pense être ses besoins. Les autres sont des kleenex, surtout les femmes.
La Liberté est devenue, dans sa définition capitaliste, un faux semblant, un malheur. On s'y trompe largement et c'est affligeant. Ce livre est à lire, vraiment. Il brille par sa grande lucidité. Il est parfaitement parfait.
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critiques presse (1)
Telerama   11 février 2020
Dans son essai “La Fin de l’amour”, la sociologue Eva Illouz continue à observer avec finesse l’influence du capitalisme sur nos rapports affectifs.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
GabySenseiGabySensei   04 mars 2020
Bérénice : Depuis mon divorce, je suis sortie avec quelques hommes mais je trouve cela étonnamment difficile. Pas tant à cause des hommes eux-mêmes qu'à cause de moi.
Intervieweuse : Qu'est-ce qu'il y a de difficile ?
Bérénice : Certains détails peuvent me déstabiliser.
Intervieweuse : Lesquels par exemple ?
Bérénice : J'avais rendez-vous pour la troisième fois avec un homme. Je l'avais bien aimé les deux premières fois, et puis il s'est pointé avec une chemise ridicule, plouc, embarrassante, pas une chemise d'ouvrier stylée, mais une chemise que son grand-père avait probablement achetée dans les années 40 dans une friperie. Je me suis dit, soit il n'a aucun goût, soit il se fiche complétement de moi, soit il appartient à un monde totalement différent du mien, genre ce type est à l'ouest. Et juste comme ça, à cause de sa chemise, je n'arrivais pas à me sentir attiré par lui. Je veux dire, ce n'est pas non plus tout à fait ça, mais ça m'a détourné de lui, j'ai dû faire des efforts pour retrouver l'attrait que j'avais pour lui. C'est gênant à dire, mais la chemise a été un véritable tue-l'amour.

Ici, l'attirance sexuelle est induite par des objets de consommation. Elle est facilement altérée par un mauvais "look", car l'attirance sexuelle est désormais fortement influencée par les icônes, les images et les marchandises diffusées par les médias. L'évaluation visuelle associe l'identité d'une personne avec des produits de consommation, et correspond à l'affirmation conjointe d'un goût de consommateur et d'un goût émotionnel. Les objets de consommation sont donc des éléments à partir desquels un rejet est provoqué.
Dans un autre exemple, Claudine, une française de quarante-huit ans (d'une grande beauté), raconte une relation avec un ancien petit ami :
Claudine : Un jour, il est venu me rendre visite un dimanche matin. Il revenait de voyage et a sonné à ma porte ; je ne m'étais pas encore brossé les dents et je n'étais pas habillée. J'étais en chemise de nuit. Je n'étais pas maquillée et je n'étais pas coiffée. Quand il est rentré, j'ai vu qu'il faisait une drôle de tête. Il m'a dit : " Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu es malade ? Tu vas bien ? Tu as l'air tellement différente de d'habitude."
Intervieweuse : Qu'avez-vous répondu ?
Claudine : Je l'ai serré dans les bras, je croyais qu'il allait m'embrasser mais il ne l'a pas fait. Je me suis alors demandé si ce type m'aimerait encore quand je serai vieille et ridée.

Comme le suggère ces deux exemples, l'attirance pour quelqu'un peut être remise en cause dès le moment où s'efface l'agencement visuel et le spectacle qui l'ont rendue possible. Si les objets de consommation sont devenus l'environnement implicite de l'attractivité, ils sont également inséparables de l'identité individuelle, et créent une équivalence entre les objets et les personnes, suggérant par là que les personnes sont (d)évaluées comme des objets.
Enfin, toute l'économie de l'attractivité visuelle repose sur le renouvellement constant du "look", instaurant une équivalence entre l’attractivité, la mode et la jeunesse (d'où l’extraordinaire développement de l'industrie anti-âge, allant des crèmes à la chirurgie). Parce que les femmes jeunes se trouvent au sommet de la hiérarchie du capital sexuel, en particulier pour les hommes qui possèdent un capital économique élevé (là encore, Donald Trump est un exemple paradigmatique de cette logique de marché). Mais, contrairement à d'autres formes de ressources sociales, la jeunesse contient par définition un mécanisme d'obsolescence programmée : dans l'industrie de la mode, une mannequin de vingt-trois ans est considérée comme vieille. Cela signifie que le champ de la sexualité est structuré par l'obsolescence (et l'angoisse qui va avec). Cette composante de l'économie capitaliste conduit à un renouvellement et une amélioration constante de l'apparence physique à travers des biens de consommation destinés à rester jeune et attirant.

(P 172/174)
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GabySenseiGabySensei   04 mars 2020
J'oserais donc l'hypothèse suivante : dans les domaines de l'amour et la sexualité, nous sommes passés d'une modalité d'action culturelle où la culture opérait une description "épaisse" du monde en symboles et en récit moraux, prescrivait et guidait le comportement par le biais de significations fortes ou de plan d'action bien structurés (la cour amoureuse en est un bon exemple), à une modalité de la culture où l'autonomie et la liberté produisent des principes d'interaction relativement peu définis et flous avec des résultats imprévisibles, c'est-à-dire des interactions relativement dépourvues de normes, du moins dans la sphère privée et intime (la sphère du travail, au contraire, obéit aujourd'hui à des scénarios très précis). Par absence de norme, j'entends non seulement que le comportement est improvisé et qu'il obéit à des règles ouvertes, mais aussi que les normes gouvernant la conduite des liens sexuels ne sont pas claires, qu'elles n'obéissent pas à un scénario moral, et que si les règles de réciprocité sont enfreintes, le risque de sanction sociale est faible. Les interactions sans normes n'établissent pas de distinction claire entre un comportement approprié et un comportement non approprié, car il existe peu de sanctions associées à un comportement inapproprié. Ce manque de normativité "épaisse" est une conséquence directe de la pratique de la liberté, et des injonctions positives qui lui sont associées, comme l'indépendance, l'autonomie et l'hédonisme, la terminologie dominante de l'individualité. Ces injonction positives engendrent des liens négatifs, des liens qui sur le plan normatif, sont flous, chaotiques, ont des définitions et des objectifs multiples, et sont le lieu de l'expression de l'autonomie de l'individu à travers le retrait et le non-choix.

(P136)
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GabySenseiGabySensei   04 mars 2020
Ralph : Ça fait, quoi, plus de vingt ans que j'ai des rendez-vous avec des filles et je peux vous dire que quelque chose à changé depuis que je me suis mis à chercher, depuis mes vingt-cinq ans à peu près. Je ne suis pas si vieux, mais je vois un changement.
Intervieweuse : comment décririez-vous ce changement ?
Ralph : Il me semble que c'est devenu très compliqué d'attirer l'attention d'une femme. Elles ont toutes l'air complètement absorbée par leur téléphone portable, leur page Facebook, Instagram, et par tout ce que les gens disent d'elles. Elles vérifient constamment leurs mails. Quand j'avais vingt ans et que j'essayais de faire des rencontres, ce n'était pas comme ça. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'elles ont la tête ailleurs. Pas dans la rencontre. Elles ont du mal à se concentrer sur vous. Mon échantillon est peut-être biaisé, mais celles qui restent sur le marché sont comme ça. Mais je ne crois pas. Je pense que c'est quelque chose de plus général.
[...plus tard dans l'entretien]
La dernière fois, j'ai rencontré une femme qui ne savait pas où était Miami. Elle pensait que Los Angeles était plus près de l'Europe que Miami. J'ai trouvé ça embarrassant. Je n'ai pas de temps à perdre avec ce genre de personne. Je l'ai dégagé. En une seconde. Je n'ai pas la patience. Des centaines d'autres m'attendent sur Tinder.

Une sexualité ouverte, organisée sur un marché de rencontres ouvert, soulève le problème de l'évaluation des personnes. L'abondance de partenaires potentiels proposée par la technologie confère à l'évaluation un caractère formel, comparable à un "entretien" qui doit permettre de rapidement faire la part entre les "bons" et les "mauvais" candidats. Dans la mesure où les partenaires potentiels sont décontextualisés, c'est-à-dire coupés de leur environnement social, les agents deviennent des évaluateurs purement sélectifs, tentant de discerner la valeur d'une personne dans un contexte abstrait qui a lui-même une forme marchande abstraite. De plus, les questions posées prennent souvent la forme d'un test standard. Pour Katya et Ralph, la rencontre est un entretien qui a toutes les caractéristiques d'un examen noté. Si les "intervieweurs" n'ont pas toujours une idée claire de leurs préférences, ils savent clairement ce qu'ils ne veulent pas, et utilisent ces rendez-vous comme une occasion d'exercer un verdict d'échec, exprimant leurs goûts et leurs jugements personnels à travers des non-choix, comparable au swipe à gauche de Tinder.

(P 160/161)
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armand7000armand7000   01 mars 2020
Ces industries ont géré le moi, ont géré la personne en termes d'image" explique Eva Illouz, "ce sont les industries de la mode, du cinéma, de la télévision, des cosmétiques... Elles ont transformé le corps en unité visuelle séduisante et attirante, pour créer des marchés de masse. Le corps de la femme devient alors une unité monnayable, exploitable. C'est un nouveau capitalisme.
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GabySenseiGabySensei   04 mars 2020
La liberté contemporaine produit ces zones d'ambiguïté, à travers les diverses formes d'expériences d'incertitude décrites dans ce livre. Ces expériences ne peuvent être pleinement comprises que par un travail de réflexion et de clarification. C'est à ce processus de clarification que ce livre espère parvenir, en s'abstenant d'approuver ou de condamner trop vite la liberté, en refusant d'utiliser le vocabulaire psychologique de l'émancipation ou des traumas pour expliciter la nature de ces expériences. Ce livre s'est efforcé de contrer l'impérialisme épistémique de la psychologie dans le champ des émotions. La sociologie, non moins que la psychologie, a beaucoup à apporter pour clarifier ce qu'il y a de déconcertant dans notre vie privée. En fait, la sociologie pourrait être mieux équipée que la psychologie pour comprendre les pièges, les impasses et les contradictions de la subjectivité moderne.

(P 314/315)
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Vidéo de Eva Illouz
Présenté par Robert Maggiori, philosophe co-fondateur des Rencontres Philosophiques de Monaco et critique littéraire.
« Pourquoi lire (13 bonne raisons au moins) », co-écrit par Annie Ernaux, Philippe Garnier, Jürgen Habermas, Eva Illouz, Frédéric Joly, Esther Kinsky, Sibylle Lewitscharoff, Nicolas Mahler, Oliver Nachtwey, Katja Petrowskaya, Hartmut Rosa, Clemens J. Setz et Joëlle Zask. Publié chez Premier Parallèle, 20€, 240 pp.
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