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Gallmeister

Créées en 2005, les éditions Gallmeister sont une maison d'éditions publiant des ouvrages appartenant au genre littéraire Ecrire la nature, un genre littéraire hérité de l'oeuvre de Henry David Thoreau. Ce genre littéraire étant un courant majeur aux Etats-unis, ont trouve dans le catalogue des éditions Gallmeister un grand nombre d'auteur américains. La maison est divisée en plusieurs collections thématiques, la collection Nature Writing, la collection Americana, la collection Noire et la collection Totem.

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Collections de Gallmeister



Dernières parutions chez Gallmeister


Dernières critiques
Bazart
  20 octobre 2017
Exécutions à Victory de S. Craig Zahler
Pour la première édition de cette nouvelle opération "Masse critique mauvais genre" qui propose un focus sur la littérature noire et fantastique, on a choisi un polar de 2015, un des trois premiers de la collection néo noir chez Gallmeister qui a fait depuis son petit bonhomme de chemin avec des valeurs sures de la littérature américaines.



Cette belle collection se propose de faire découvrir des œuvres d’auteurs contemporains considérés comme de dignes héritiers des grands auteurs du roman noir américain) vient d’entrer ni plus ni moins que dans la cour des grands.



C'est le cas avec ce roman d'un certain S. Craig Zahler (bien un nom d’auteurs de polars, ca), qui ressort en poche toujours chez Gallmeister.



L’occasion idéale pour savourer ces Exécutions à Victory est une série B clairement assumée.



Exécutions à Victory » plonge ainsi son héros, l'inspecteur Jules Bettinger muté de son Arizona natal, Victory. ville du Missouri semble tout droit sortie d'une lointaine contrée nordique, aux rues bien sordides.



Le coté série B imprègne toutes les pages de ce polar noir 100% pur jus avec sa dose de violence poussée jusqu’à l’extrême un humour noir bien marqué, à l’ironie bien mordante, des dialogues cinglants à la Tarantino et un décor quasi apocalyptique, on pense un peu niveau ambiance au New York 1997 de Carpenter avec ces rues plein de cadavres de pigeons et de dépotoirs à tout va.



L’intrigue, assez prévisible importe moins que l’ambiance et le décor que sait instiller S. Craig Zahler.



Un polar nerveux et un peu « sale » qui plaira forcément aux amateurs du genre.


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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ClaireG
  18 octobre 2017
La dernière frontière de Howard Fast


Il en a toujours été ainsi. Lorsqu’un peuple est en détresse, lorsqu’il ne peut plus assurer sa sécurité, son mode de vie, ses croyances, lorsqu’il souffre de privations constantes, il émigre vers des terres plus accueillantes, plus bienveillantes.



Les Indiens d’Amérique, eux, vivaient sur des terres fertiles, en harmonie étroite avec la nature qu’ils remerciaient chaque jour pour ses bienfaits, défendant âprement leurs terrains de chasse. Une vie rude sur une terre sacrée dont ils se croyaient propriétaires. Au fil des siècles, d’autres peuples trouvèrent ces terres à leur goût et s’y installèrent. Lorsque les Européens arrivèrent de plus en plus nombreux en Amérique, la tendance s’inversa. Au nom de la liberté probablement, ils chassèrent ce peuple fier et sauvage. Davantage même, ils l’exterminèrent.



Dans l’épisode de cette Dernière Frontière, il est question de logique implacable pour les Indiens et d’entêtement implacable pour les militaires.



En juillet 1877, les Cheyennes du Nord (Montana) doivent quitter leurs villages de toile, leurs vallées et forêts giboyeuses, leur vie tranquille au bord de la Powder River, poussés par des décisions gouvernementales absurdes. Bien sûr, il est nécessaire de faire place au progrès, d’installer des lignes télégraphiques, des voies de chemin de fer et d’exploiter un sous-sol riche en minerais. Bien sûr, il faut faire le commerce des peaux et apprendre à vivre à ces sauvages. Les Cheyennes sont déportés à 1 600 km de chez eux, en Oklahoma appelé en ce temps-là Territoire Indien, terre désertique, inhospitalière, impropre à nourrir tant de bouches. Oh ! oui, ils reçoivent de l’aide humanitaire : des couvertures infestées de virus, de la viande avariée, des denrées totalement insuffisantes. Très vite, famine et épidémies déciment leurs rangs.



Un an plus tard, trois guerriers s’enfuient de la réserve où ils sont parqués pour rejoindre leurs Black Hills sacrées. Crime de lèse-majesté. Les menaces pleuvent, les demandes de retour sont ignorées et, début septembre 1878, les chefs, Little Wolf et Dull Knife, quittent en silence la misère quotidienne, accompagnés de 300 hommes, femmes et enfants et de leurs maigres ressources. L’alerte est donnée avec retard et imprécision. Cette évasion va déclencher une poursuite impitoyable et totalement disproportionnée.



Affamés, manquant de tout, les Cheyennes suivent leur voie vers le Nord. Un régiment est envoyé à leurs trousses, sans succès. Au fil des semaines, les troupes se succèdent, plus nombreuses, mieux armées. Les deux camps comptent des morts lors de chaque escarmouche. Little Wolf est un stratège hors pair. Il déjoue les plans des militaires, vole de la nourriture et des armes à des chasseurs de bisons, entraîne son peuple dans ce voyage connu dans l’histoire comme La Longue Marche des Cheyennes. Les chevaux meurent, les gens aussi, tous sont épuisés, les obstacles se multiplient mais les Dog Soldiers indiens résistent. Plus que de se battre, ils cherchent à échapper à leurs poursuivants.



Pour se donner plus de chance d’atteindre le Montana, le groupe se sépare dans le Nebraska. Dull Knife, parti avec les plus faibles, est rejoint par l’armée et enfermé dans des baraquements sordides à Fort Robinson. Ils sont une centaine, en très mauvais état. Ils ont parcouru 1 300 km. Début janvier 1879, Washington exige leur retour en Oklahoma. Une révolte désespérée s’ensuit, quelques dizaines d’Indiens réussissent à s’enfuir. Beaucoup meurent. La folie des soldats est démesurée. « La crise de violence se calmait, lavée, épuisée, expiée par tant de sang, laissant les troupes de Fort Robinson glacées, éreintées, malades » (p. 279).



De son côté, Little Wolf et les siens finissent par arriver dans le Montana.



La Dernière Frontière est le requiem d’une race condamnée par la bêtise des hommes, l’histoire du courage et de l’honneur de 300 Indiens (dont moins de 100 guerriers) qui n’ont plus rien à perdre, contre la cavalerie des Etats-Unis déployant jusqu’à 9 000 hommes secondés par 3 000 miliciens !



L’auteur, Howard Fast, a écrit ce livre en 1941. Il a retrouvé des familles de survivants. Il ne se contente pas de dénoncer les faits, il donne les motivations des Blancs, civils et militaires, dont certains reconnaissent les travers de la bureaucratie, l’obstination de William Tecumseh Sherman, général en chef des armées, à poursuivre quelques centaines d’Indiens qui veulent simplement rentrer chez eux, les départements multiples qui gèrent les « affaires indiennes », leur concurrence et leurs désaccords, les décisions nécessaires avant de recevoir les ordres de Washington, etc.



Le livre de Howard Fast a été partiellement utilisé pour le film de John Ford, Les Cheyennes, réalisé en 1964, notamment la reddition de Dull Knife et la révolte de Fort Robinson. Je viens de le re-visionner, Fast n’est cependant pas crédité au générique, ce qui n’enlève rien à cette histoire incroyable et palpitante qui rend hommage aux Amérindiens.



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SeriallectriceSV
  18 octobre 2017
Seuls sont les indomptés de Abbey Edward
Superbe lecture, superbe plume, une troisième rencontre avec Edward Abbey qui se solde de nouveau par «Waouh» !



Je continue de marcher sur les pas d'Edward Abbey. Après «Le feu sur la montagne», sublime et «Désert solitaire», et bien, sublime aussi !, j'ai voulu découvrir ses premiers écrits, comment il avait commencé, quels furent ses premières pensées couchées sur papier. Mettait-il déjà en exergue la force d'une amitié solide ? Décrivait-il déjà si merveilleusement bien les grands espaces sauvages qu'il affectionnait tant ? Avions-nous déjà envie de chevaucher aux côtés de ces personnages aux caractères bien trempés, avides de libertés, de les suivre dans leur combat face à la modernité omniprésente et destructrice ? Sentions-nous déjà la rage qui les animent devant les désastres engendrés par le progrès ? Allais-je être de nouveau chamboulée, bouleversée par ses mots ? Force est de constater que oui !



Edward Abbey distille amour et bienveillance, il allie subtilement poésie et colère, dissémine des touches d'humour et d'ironie pour alléger la rage qui anime ses personnages. En l’occurrence, dans cet opus, Jack Burns, cow-boy solitaire, un indompté au coeur tendre, un réfractaire qui aspire à un mode de vie en osmose avec la Nature, sans artifice, dans des endroits où l'homme blanc n'a jamais mis les pieds (en dehors des toilettes pour femmes !), un Professionnel de la débrouille, prisonnier de la réalité, en quête d'un tunnel pour retourner dans son univers onirique de gamin, un monde de grands espaces, de chevaux et de soleil. Mais un homme dévoué à son ami, Paul Bondi. Ils ont tous deux déjoué la loi militaire en vigueur sur le territoire américain en ne s'inscrivant pas à la conscription en septembre 1948. Paul a été rattrapé par la justice et mis en cellule pour quelques années. Jack chevauchera alors des journées entières à travers les plaines du Nouveau-Mexique pour rejoindre la ville, et tenter de libérer son ami. S'en suivront des dialogues forts et poignants entre les deux hommes, chacun ayant suivi un chemin différent depuis l'époque où ils étaient étudiants, et ayant ainsi une vision divergente de la vie, de la justice, des obligations. L'un est prêt, a toujours été prêt à tourner le dos à la justice, libre de penser, d'agir, de choisir par lui-même; l'autre, davantage philosophe, et plus à même d'emprunter le chemin vers le conformisme.



« - [...] Chaque fois que je me retrouve en cabane, je ne pense qu’à une chose.- À sortir ?- Exact.Tu ne seras jamais philosophe, dit Bondi. Pas à ce rythme-là. Seul un philosophe peut transcender ces barreaux et ces murs sans quitter son corps. Ni même ouvrir les yeux. Malgré la surprise et le ravissement de ces retrouvailles, Bondi avait conscience de la présence d'une troisième partie, le moniteur objectif de son cerveau, qui inspectait et jaugeait avec un certain détachement critique, l'apparence, le discours et les réactions de son vieil ami. Il semblait un peu lent, remarqua le moniteur, comme émoussé par trop de vent, de soleil, et de n'avoir eu pour compagnie que des animaux - comme s'il n'avait pas encore totalement de son rêve du loup sauvage, avec son rocher et son ombre noir. Une concentration artificielle au sein du monde naturel.Je serais peut-être jamais philosophe, admit Burns. Mais il y a une chose pire encore, une seule. C’est que toi t’en seras toujours un. »



La suite nous embarque dans une chasse à l'homme sans merci, une traque haletante, démente, inimaginable. On ne joue pas avec le gouvernement américain, l'obéissance est due, toute forme de rébellion, tout manquement aux règles met le feu aux poudres, une fois l'engrenage de la répression lancé, il est difficile de le contrer, de le stopper... Ce roman a finalement traversé le temps sans prendre une ride ;-)



Merci Edward Abbey, merci aux éditions Gallmeister de nous offrir cette pépite ... et tant d'autres.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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