AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Points [corriger]

Maison d`édition française, les éditions Points appartiennent à La Martinière Groupe. Elles ont d`abord été une collection des éditions du Seuil, avant de devenir une filiale autonome en 2006. Elles publient diverses éditions au format de poche.

Livres populaires voir plus


Dernières parutions


Collections de Points



Dernières critiques
Le Comte de Monte-Cristo, tome 2/2

Après avoir été voir le film, j'ai eu envie de relire ce classique de la littérature française. Car, si j'ai passé un très bon moment, j'ai eu un gros regret : dans les coupes (obligées sinon le film aurait duré 6h), les Morel, M. Noirtier et le bandit romain Vampa ont disparu. Alors, comme ils m'avaient manqué, j'ai décidé de les retrouver dans le roman.



C'est peu de dire que j'ai adoré cette relecture.

Le personnage du comte y est encore plus profond, tour à tour intriguant, terrifiant, lugubre, désabusé, las du monde, impitoyable mais aussi en proie au doute. Jusqu'où peut s'exercer la vengeance, à quel moment risque-t-elle de cesser d'être légitime ?

Une vengeance qui prend son temps, patiente et calculatrice, punissant les coupables, récompensant les justes.

Comme j'ai aimé les terribles rencontres avec Mme de Morcerf, l'affrontement grandiose entre ces deux êtres blessés au plus profond d'eux-mêmes.



Et que dire de cette foule de personnages secondaires, de plus ou moins bon aloi mais toujours délicieusement croqués. Mention spéciale aux amis d'Albert, et à l'ironie mordante du ton de leurs échanges.



J'ai tremblé, j'ai souri, j'ai jugé, j'ai eu pitié, j'ai rêvé... Ah que d'émotions me procure ce roman à chaque fois !
Commenter  J’apprécie          20
Out

Deuxième livre de Natsuo Kirino après ma lecture de Monstrueux.

Un thriller dynamique, psychologique avec énormément de rebondissements qui donne envie de poursuivre la lecture sans jamais s'arrêter.

Kirino nous parle de cette société contemporaine sans scrupule envers les femmes, d'un Japon cruel, accompagné de personnages bien complexes et parfois (99% du temps) détestables.
Commenter  J’apprécie          00
Il suffit de traverser la rue

« Il suffit de traverser la rue », le titre reprend la phrase méprisante prononcée, en 2018, par le président Emmanuel Macron à l'encontre d'un chômeur. Éric Faye mobilise cette phrase pour montrer combien la possibilité de trouver instantanément un emploi n'a rien d'évident. À la fois parce que les licenciements sont nombreux et empêchent de garder longtemps un poste, et parce que l'accès à un nouvel emploi est semé d'obstacles multiformes.

En effet, le narrateur, Aurélien Babel, journaliste à l'agence MondoNews depuis plus de 30 ans, mène une existence professionnelle routinière, moyennement sociable, préférant ce cadre stable et sans grand intérêt, pour pouvoir se consacrer à sa passion : la poésie. Précisons qu'Éric Faye connaît les arcanes du métier de journaliste, puisqu'il a été rédacteur-traducteur aux bureaux parisiens de l'agence de presse Reuters. Aurélien est marié avec Adèle et père de deux garçons que tout oppose : l'un est parfaitement inséré dans la dynamique de réussite professionnelle actuelle, tandis que l'autre est plutôt du type hédoniste et semble rebuté par tout effort pour gagner sa vie. Aurélien n'a que très peu de liens avec ses fils, qu'il ne voit que deux fois par an. Il n'a pas plus d'affinités avec ses beaux-parents qui vivent en province et s'affichent fièrement comme des bourgeois insipides de droite.

Le récit principal, le fil conducteur, consiste à décrire une restructuration de l'agence de presse parisienne. On commence par découvrir la manière dont le narrateur s'imagine que la décision de restructurer l'agence de Paris a été prise. Il imagine le siège social américain sur la côte ouest des États-Unis, dans une des tours d'un quartier d'affaires. Ce serait là-haut que le grand patron aurait pris sa décision, sans aucun état d'âme, non sans machiavélisme, après avoir procédé à d'autres restructurations d'agences (Espagne, par exemple). Ces restructurations à l'étranger ont certes semé le trouble parmi les employés parisiens, mais les syndicats les ont rassurés : la même opération de licenciements économiques serait beaucoup trop coûteuse à Paris, au regard des protections élevées du droit français.

Mais l'annonce fatale de la suppression d'une part substantielle des effectifs de l'agence parisienne a finalement lieu et s'accompagne d'innombrables atermoiements et revirements parmi les journalistes. L'auteur décrit alors (trop ?) finement les réactions du narrateur et de plusieurs de ses collègues, dans les mois qui précèdent et suivent l'annonce de cette restructuration de grande ampleur. D'ailleurs, on peut réduire le livre à cette définition : il s'agit d'une analyse psychologie interminable et répétitive des journalistes pris dans la tourmente.

Se rebeller, ne pas croire à ce que l'on voit et pressent, réinterpréter tous ces signes annonciateurs et se garder d'y porter attention, parler de se coaliser contre la direction, bomber le torse et, tout compte fait, se résigner, faire comme les autres, adopter un comportement moutonnier, accepter de vendre son adhésion, entrer en compétition avec ses futurs anciens collègues, se liguer contre le plus faible, agir en douce, se disputer, etc. Plus précisément, le narrateur prend soin de remonter dans le temps pour décrire rétrospectivement un certain nombre d'événements qui montrent (ou pourraient montrer) que le plan de licenciement a été mûri de longue date. Ainsi, les services techniques ont été délocalisés en Inde (pour faire réparer le clavier de son ordinateur, le narrateur doit émettre un ticket à Chandernagor et attendre qu'on le rappelle pour dépanner à distance dans un anglais incompréhensible). Quant aux services de paie, et plus généralement tous les services administratifs, ils sont dorénavant gérés en Roumanie à Constanta. D'autres détails plus menus auraient pu également leur mettre la puce à l'oreille, la livraison d'un plateau de fruits l'après-midi est supprimée, etc.

Le livre ne traite pas que de la phase de la restructuration, mais décrit aussi les périodes qui suivent. Ainsi, pour toucher une grosse indemnité de départ, le narrateur se plie aux règles fixées par l'accord de « négociation » et se force à s'inscrire à une formation à la traduction anglais-français, formation privée et très chère, en ligne : elle lui paraît tellement bancale, qu'il se demande s'il n'est pas le seul à la suivre. Puis, c'est le contact avec l'absurde pôle-emploi. Durant tout le roman ou presque, le personnage principal, inquiet de l'évolution de sa situation, raconte ses états d'âme, la manière dont il voit ces changements dans son entreprise et plus largement dans le Monde actuel. L'ouvrage est aussi parsemé d'innombrables diverticules pour décrire les relations du narrateur avec sa femme, ses beaux-parents, ses collègues en dehors de l'entreprise, etc.

Au final, l'auteur ayant voulu absolument rentrer dans d'innombrables détails de la stratégie managériale et des revirements des employés, on pourra, objectivement, trouver le livre trop long. Mais on notera ausitôt que cette profusion de détails permet de montrer comment opèrent les dominants pour diviser les travailleurs, même au sein des professions dites intellectuelles.

Commenter  J’apprécie          10

{* *}