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EAN : 9782757899861
456 pages
Points (05/01/2024)
4.3/5   283 notes
Résumé :
Viêt Nam, 1972.
Depuis leur refuge dans les montagnes, la petite Huong et sa grand-mère Diêu Lan regardent Hà Nôi brûler sous le feu des bombardiers américains. Une semaine plus tard, Huong découvre les décombres qui ont remplacé sa maison : la guerre, l'ombre qui a emmené ses parents et ses oncles dans les forêts du Sud, vient de faire une entrée brutale dans sa vie.
Pourtant, malgré la destruction, le quotidien reprend son cours dans la capitale. Des... >Voir plus
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Nguyễn Phan Quế Mai, avec Pour que chantent les montagnes (Charleston, éditions Leduc), m'a entraîné dans une terrible histoire familiale. Sur les pas de Hương et de sa grand-mère Diệu Lan, j'ai vécu au coeur de l'histoire de ce Việt Nam déchiré par la colonisation puis par les guerres entre pays occidentaux et ceux se réclamant d'un communisme pur et dur tournant vite à la dictature.
Dès le début, je suis plongé dans la terreur apportée par les bombardiers américains sur Hà Nội. Les sirènes, les bombes, une petite-fille et sa grand-mère tentent d'échapper à la mort, à l'horreur.
Cette grand-mère a 52 ans et c'est d'abord Hương (12 ans) qui raconte les abris avec de l'eau jusqu'à la ceinture, les destructions, les cadavres. Une seule solution : fuir Hà Nội. Débute alors un échange entre la petite-fille et sa grand-mère. L'une raconte ce qu'elle vit alors que l'autre rappelle le passé, ce pays occupé par les Français et les Chinois. Commence alors la guérilla contre ces occupants avec le Việt Minh.
Chaque chapitre comporte un titre et des dates pour bien situer la période où nous nous trouvons. Ainsi, j'oscille entre les années 1930 et les années 1970, pour finir en 2017.
C'est une plongée au coeur de la vie des Vietnamiens en suivant les malheurs d'une famille déchirée par tant d'événements qui la dépassent. Il faut préciser que Diệu Lan, la grand-mère, a six enfants qui seront éparpillés au cours d'une fuite pleine de suspense, de douleurs et, quand même, de quelques moments de bonheur.
À Hà Nội, entre 1973 et 1975, il faut se relever pour retomber et surtout trouver à manger. Grâce au récit de celle que sa grand-mère surnomme affectueusement Goyave, j'apprends que cette grand-mère laisse tomber son métier d'enseignante pour le trafic, ce qui apporte une habitation correcte mais aussi nourriture, vêtements et livres. Cela provoque aussitôt la jalousie et la haine des voisins. Si les Américains se sont retirés, c'est maintenant la guerre entre Vietnamiens.
Diệu Lan, la grand-mère, prend alors le relais pour raconter ce que je ressens comme le plus terrible, le plus bouleversant : la course effrénée d'une mère et de ses enfants fuyant l'horreur absolue. C'est cette fameuse réforme agraire qui plonge le pays dans un abîme incroyable. Sous prétexte de partager les richesses, idée honorable en soi, les propriétaires terriens sont pourchassés, torturés, exécutés, les bons comme les mauvais. Nous sommes en 1954, juste après la victoire du Việt Minh sur les Français, à Diện Biên Phủ.
Au passage, je note la volonté de l'autrice, née en 1973 dans un petit village du nord Việt Nam, de transcrire fidèlement les noms avec l'écriture locale – coup de chapeau, au passage à la traductrice, Sarah Tardy. de même, Nguyên Phan Quê Mai note ainsi certaines phrases ou proverbes et cela ne gêne en rien ma lecture. Il serait très intéressant d'entendre ces mots ou ces phrases prononcées dans la langue du pays.
Puisque j'en suis aux remarques, j'apprécie le tableau généalogique inséré en début d'ouvrage. Je m'y suis référé souvent. J'ajoute que la référence à la religion, le bouddhisme, est un peu lassant mais je reconnais que c'est, principalement, pour honorer les ancêtres…
Surtout, il faut décrypter ce titre : Pour que chantent les montagnes. Quand l'oncle Đat remet à Hương cet oiseau sculpté par son père pendant les combats, j'apprends que cet oiseau s'appelle son ca, ce qui signifie « Les montagnes qui chantent », comme le révèle la grand-mère de Hương et donc mère de Hoàng qui ne donne plus signe de vie et que « Goyave » cherche inlassablement.
Tous ces détails du quotidien vécus par les Vietnamiens sont révélateurs des malheurs, des déchirures, des drames subis par un peuple victime d'un bain de sang qui a duré vingt ans. Plus de trois millions de personnes ont été tuées. Ce drame que je me souviens avoir suivi de loin, avec le déroulé de l'actualité et dans ce qu'on voulait bien nous en dire, a fait des millions d'infirmes, de traumatisés, d'exilés. Enfin, s'ajoute une terrible statistique cause de tous ces malheurs : sept millions de tonnes de bombes se sont abattues, durant ces années de guerre, sur le Việt Nam.
La lecture de Pour que chantent les montagnes a été, pour moi, un rappel, une mise au point, une extraordinaire plongée dans la vie quotidienne, au Việt Nam, grâce au talent d'écrivaine de Nguyên Phan Quê Mai. Comme je l'ai constaté souvent, une fiction basée sur la réalité permet le plus souvent d'apprendre, mieux que dans d'austères livres d'Histoire.
Vraiment, je recommande la lecture de Pour que chantent les montagnes et je remercie beaucoup Lecteurs.com et les éditions Leduc / Charleston pour m'avoir permis la découverte d'un livre déjà traduit dans quinze langues différentes.

Lien : https://notre-jardin-des-liv..
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Traversant près d'un siècle d'histoire vietnamienne, Pour que chantent les montagnes est une fresque familiale magnifique où l'émotion affleure à chaque page. L'existence s'y déploie dans ce qu'elle a de plus beau et tendre mais aussi de plus cruel et tragique.

À travers les destinées de deux générations de femmes dont les voix s'entremêlent, Nguyên Phan Quê Ma met en lumière les tourments endurés par tout un peuple et adresse un vibrant témoignage d'amour à sa terre natale.

*

"Nouvelles explosions. Sirènes. Cris. Odeur de brûlé suffocante."

Novembre 1972, la guerre du Vietnam fait rage. Hà Nôi ploie sous les bombardements américains. La capitale est éventrée,  dévastée, bientôt il n'y aura plus que ruines fumantes. Parmi les civils qui tentent d'échapper à ce désastre en rejoignant un village reculé de  haute montagne, se trouvent la jeune Huong 12 ans surnommée affectueusement Goyave ainsi que sa grand-mère.

"Personne ne parlait. Seuls résonnaient le bruit de nos pas et parfois les pleurs d'un bébé. La terreur et l'angoisse étaient gravées sur les visages."

Il a fallu tout laisser derrière soi, sa maison, ses objets personnels, ... en somme sa vie d'avant. Quand vient le temps du retour quelques semaines plus tard, les rescapées ne trouvent que poussières et décombres. La ville a été entièrement détruite et nombre d'habitants ont péri. Un spectacle de désolation.

"Des hurlements sont sortis du plus profond de ses entrailles, transperçant la puanteur des cadavres en décomposition, se transformant en une mer des lamentations. J'ai pleuré avec elle en dégageant les briques et les morceaux de béton. Nos doigts saignaient alors que nous cherchions ce qui pouvait être sauvé."

Une fois les larmes séchées, reste l'urgence de reconstruire et l'inébranlable volonté d'avancer. Malgré  les pertes, malgré les souffrances, malgré l'incertitude du lendemain. Pour l'aïeule, Diêu Lan, cette terrible épreuve en rappelle d'autres, plus anciennes. Des souvenirs qu'elle offrira chaque soir en partage - un leg précieux - à sa petite-fille adorée.

"La guerre se poursuivait, et ses histoires nous gardaient en vie, moi et mon espoir."

*

Donnant un rythme soutenu au récit, la narration intercale ainsi moment présent et passé conté respectivement par Huong puis son aînée. le lecteur progresse dans les couloirs du temps par aller-retour, selon une chronologie complexe s'étirant de 1930 à 2017.

Occupation française, invasion japonaise, grande famine de 1945, campagne de réforme agraire, succession de conflits sanglants, etc…l'occasion en est donnée de "vivre de l'intérieur" les nombreux bouleversements qui ont ébranlé le pays au cours du siècle dernier. Que de morts et de vies brisées…

"(...) moi qui pensais que nous étions les maîtres de notre destin, j'ai appris qu'en temps de guerre, les citoyens ordinaires ne sont plus que des feuilles balayées comme des milliers d'autres par la tempête."

Sans rien taire de la brutalité et de l'ignominie des faits, l'auteure s'attache cependant davantage à dévoiler leurs répercussions sur le territoire de l'intime, à rendre compte des cicatrices profondes laissées dans les coeurs et les esprits.

"(...) la guerre était une chose monstrueuse. Lorsqu'elle ne tuait pas ceux qu'elle touchait, elle emportait avec elle une partie de leur âme (...)."

*

Ô combien ai-je été admirative de la personnalité de Diêu Lan, la grand-mère - un trésor de sagesse, de bonté et de résilience. Figure protectrice, pilier familial, gardienne de la mémoire des générations se succédant, elle irradie par son courage et sa détermination face aux caprices intempestifs du destin.

Ô combien ai-je été touchée par la force du lien qui l'unit à sa petite Goyave. Ce dernier constitue un refuge, un Îlot réconfortant auquel se raccrocher en plein naufrage.

Ô combien ai-je été fascinée par la rencontre avec ce pays aux multiples facettes dont je connaissais finalement si peu. Élégante,  poétique et subtilement évocatrice, la plume  enchanteresse de l'auteure en exhale les couleurs, les saveurs, les sons, les odeurs - un voyage qui malgré sa tonalité dramatique  se révèle  très sensoriel. 

Captivant, émouvant, enrichissant et dépaysant, un moment de lecture empreint d'humanité. 

***

"Souviens-toi,  ma chérie. Les épreuves auxquelles le peuple vietnamien a fait face sont aussi hautes que les plus hautes montagnes. À se tenir trop près, on ne peut distinguer leur sommet. Mais lorsqu'on s'éloigne des tourments de la vie, on en voit le tout…"
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Huong vit seule avec sa grand-mère dans un Vietnam déchiré par la guerre. Dans une scène d'introduction prenante, elle échappe de peu à un bombardement. Les auteurs du bombardement sont les américains. Plus tard ce seront les vietnamiens entre eux qui s'entretueront. Avant, cela avait été les japonais. Et, entre deux périodes de guerre, la Grande Famine, la réforme agraire, rééducation, embrigadement, déni de liberté, pauvreté vont faire de ce pays un lieu où le bonheur sera difficile à trouver pendant plusieurs décennies.
L'auteure va évoquer l'histoire de ce pays à travers le destin d'une famille, sur plusieurs générations. le personnage principal en est la grand-mère de Huong. Née dans une riche famille du centre du pays, elle va devoir faire face à de nombreux revers et échappera de peu à la mort plusieurs fois. Ses enfants ne seront pas épargnés non plus, tous touchés par la guerre et par la division du Vietnam. C'est sa petite fille qui raconte.
J'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur l'histoire de ce pays, vue de l'intérieur. Même si l'histoire en elle-même n'est pas très originale - j'ai déjà lu des scénarios proches dans des contextes différents - , l'intérêt principal de ce récit pour moi a été de mieux comprendre l'histoire récente du Vietnam racontée par une vietnamienne.
J'ai cependant regretté l'usage de la double temporalité. Les chapitres du livres racontent tour à tour l'histoire de la grand-mère des années 30 à la fin des années 60, et l'histoire actuelle de la famille qui va se reconstituer peu à peu autour de Huong et de sa grand-mère de 72 à 80. Ce procédé que j'apprécie quand il est utilisé à bon escient m'a ici semblé parfois un peu artificiel. J'ai parfois eu du mal à resituer les évènements en passant d'une époque à l'autre, m'obligeant à revenir en arrière (Avoir lu ce livre dans une version non corrigée ne comportant pas de table de matières n'a pas aidé sur ce point – j'ai pensé un peu tard à l'écrire). Autant le premier retour en arrière m'a paru fluide, la grand-mère racontant à sa petite fille sa vie passée, autant les suivants m'ont perturbée.
Ce qui a rendu cette lecture un peu compliquée aussi pour moi, c'est mon manque de familiarité avec les prénoms vietnamiens. J'oubliais d'un passage à l'autre qui était qui, si cette personne était un homme ou une femme, et le passage d'une époque à une autre à chaque chapitre ne m'a pas aidée sur ce point. Heureusement, un arbre généalogique situé en début de livre permettait de s'y retrouver. J'ai regretté dans le même ordre d'idées l'absence d'une carte qui m'aurait permis de mieux situer les différents évènements, en particulier de mieux comprendre ce qu'avaient dû endurer certains membres de la famille dans les différentes marches évoquées dans le livre.
Le personnage de la grand-mère est la cheville de ce livre. Elle est celle qui va lutter, qui n'abandonnera jamais, qui saura se relever à chaque fois et pourtant les drames qui vont l'affecter sont nombreux. L'auteure a voulu évoquer tous les moments sombres vécus par le Vietnam et cette femme va y être confrontée, à chaque fois. Cela fait vraiment beaucoup pour une seule femme, mais peut-être est-ce réellement arrivé à certaines familles. Cette femme est une femme libre, refusant de renoncer, sachant prendre des risques, dénonçant la propagande et l'embrigadement du régime communiste, assurant la survie financière de sa famille.
Une lecture intéressante par la réalité historique et par le message transmis par l'auteur : renonçons à la guerre, renonçons à la haine, message résumé par les paroles d'un des oncles de Huong :
« Depuis le début, je haïssais les Américains et leurs alliés. Je les haïssais à cause des bombes qu'ils larguaient sur notre peuple, à cause des civils innocents qu'ils tuaient. Mais à partir de ce moment-là, c'est la guerre que j'ai haïe. »
Lu en juin dans le cadre du jury du prix Fnac (le dernier)
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« Les épreuves auxquelles le peuple vietnamien a fait face sont aussi hautes que les plus hautes des montagnes. A se tenir trop près, on ne peut distinguer leur sommet. Mais lorsqu'on s'éloigne des tourments de la vie, on en voit le tout… »
Ainsi parlait Grand-mère Diêu Lan à sa petite fille Huong qu'elle surnommait Goyave.
Nous sommes en 1972 et la guerre du Vietnam fait rage. La maison qui abritait Huong et sa grand-mère n'est que décombres fumants. Mais, une fois de plus, l'obstinée grand-mère va se relever de ce coup du sort. Alors que Huong attend le retour de son père enrôlé dans l'armée nord vietnamienne, se déroule en alternance l'histoire de grand-mère Diêu La
Chassée de ses terres, elle a dû abandonner tour à tour ses quatre enfants, ne gardant que le dernier encore bébé. A travers son récit on découvre les souffrances du peuple vietnamien pris en étau dans une guerre fratricide. La famille, c'est ce qui compte le plus, au-delà des clivages politiques, et Diêu Lan n'aura de cesse de retrouver tous ses enfants que le chaos de la guerre a éloignés.
A travers cette famille, c'est l'histoire d'un pays que l'on découvre, depuis l'invasion japonaise et la grande famine de 1945 puis les guerres successives et la réforme agraire qui a touché le nord devenu communiste. La guerre et la propagande communiste bouleversent l'ordre des choses et transforment profondément le caractère des gens.
« Les guerres ont le pouvoir de transformer en monstres des peuples élégants et cultivés. »

C'est un récit raconté par la petite fille qui relate l'histoire telle que sa grand-mère la lui a transmise puis la sienne jusqu'en 2012, année de parution de son roman. Une onde de bienveillance plane sur ce roman où la grand-mère cherche la paix et l'amour dans un monde où règnent la corruption, la lâcheté et la cruauté. Ce récit où les liens familiaux sont plus forts que l'adversité et qui fait la part belle à l'amour et la résilience est parfois trop manichéen.
Parmi les personnages très nombreux, de cette saga, on retiendra la personnalité attachante de grand -mère Diêu Lan, elle est le lien entre chaque personne et le roman, qui débute avec son récit, se clôt sur sa mort. (Un diagramme en début de l'ouvrage permet de retrouver les noms des personnages et leur parenté.)

L'autrice, Nguyen Phan Qué Mai, née dans le nord Viêt Nam, s'est inspiré de l'histoire de sa propre famille et de témoignages pour raconter ce récit fictionnel. Si j'ai aimé découvrir l'histoire douloureuse et mouvementée du peuple vietnamien propre à émouvoir le lecteur, j'ai trouvé que le ton mélodramatique prenait parfois le pas sur la vraisemblance et la fin ne m'a pas vraiment convaincue.
Malgré ses quelques défauts, ce roman est d'une lecture agréable.
Je remercie les éditions Charleston et Lecteur.com pour cette découverte.
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1972, Les sirènes, les bombardements américains, les explosions, les cris, l'odeur de brûlé, Huong 12 ans et sa grand-mère Diêu Lan doivent évacuer Hanoï pour se réfugier dans un village reculé au milieu des montagnes, une marche de quarante et un kilomètres. La mère et le père de Huong sont partis combattre l'ennemi.

Ce roman raconte l'histoire de la famille vietnamienne Trần de 1930 à 2017. le lecteur suit les membres du clan à travers l'occupation française, l'invasion des Japonais, la grande famine de 1945, la guerre d'indépendance, la guerre entre le Nord et le Sud Vietnam soutenu par les Américains. L'emploi des armes chimiques et les conséquences sur les enfants, mort-nés ou mal formés. Les dénonciations les exécutions, les camps de rééducation, la réforme agraire.

La majeure partie de l'histoire se concentre sur la grand-mère Diệu Lan et sa petite-fille, Huong. le récit découpé en trois périodes n'est pas raconté chronologiquement, heureusement un arbre généalogique situé au début du roman facilite la lecture. Une grande fresque familiale, un voyage poignant à travers un siècle d'histoire, un formidable cri d'amour envers la famille et le courageux peuple vietnamien. Malgré toutes les tragédies que traverse cette famille, le récit reste plein d'espoir illuminé par le personnage de la grand-mère, une femme d'une force capable de vaincre les montagnes
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Citations et extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
J'ai réfléchi à ce que mon oncle venait de dire. J'en avais voulu aux américains moi aussi. Mais en lisant leurs livres, j'avais découvert une autre facette d'eux, leur humanité. J'etais persuadée que lire des livres d'autres pays, voir la lumière d'autres cultures, pouvait mettre un terme à la guerre sur terre.
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Cette nuit-là, et pendant bien des nuits encore, grand-mère m'a ouvert les portes de son enfance (...). Ses histoires m'aidaient à m'évader, m'emmenaient sur les sommets des collines de Nghê An, où je remplissais mes poumons du parfum des rizières, plongeais les yeux dans le Lam, me muais en un point vert sur les montagnes de Truong Son. Grâce à ses histoires, je goûtais sur ma langue la saveur sucrée des baies de sim, je sentais les grenouilles me sauter dans les mains et dormais dans un hamac, sous un ciel criblé d'étoiles scintillantes. (...) La guerre se poursuivait, et ses histoires nous gardaient en vie, moi et mon espoir.
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Quand meurent nos ancêtres,  me disait ma grand-mère, ils ne disparaissent pas mais continuent de veiller sur nous. Aujourd'hui, je sens sur moi son regard tandis que je frotte une allumette pour faire brûler trois bâtons d'encens. Sur l'autel familial, derrière la cloche en bois (...), les yeux de ma grand-mère brillent à la lumière de la flamme orange et bleutée qui s'élève et commence à consommer l'encens. J'agite le bâtonnet pour l'éteindre. Son extrémité rougeoie, et des volutes de fumée odorante s'envolent en spirale vers les Cieux pour rappeler les esprits des défunts.


"Bà oi", dis-je dans un murmure en levant le bâtonnet au-dessus de ma tête.


À travers le voile brumeux qui sépare nos deux mondes, elle me sourit.

"Tu me manques, grand-mère."


La brise s'engouffre par la fenêtre ouverte, deux mains qui me tiennent le visage comme grand-mère le faisait autrefois. Les arbres, dehors,  bruissent sa réponse.

"Huong, petite-fille chérie. Je serai toujours avec toi."


(Incipit)
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Assise en tailleur, j’ai écrit pour l’oncle dont j’avais été privée. Je le voyais telle une feuille détachée de l’arbre, mais qui avait lutté jusqu’au dernier moment pour tomber près de ses racines. J’ai écrit pour grand-mère, qui avait tant attendu que s’éteignent les flammes de la guerre, mais qui restait perpétuellement brûlée par ses charbons ardents. J’ai écrit pour mes oncles, mes tantes et mes parents, impuissants dans cette lutte fratricide, et dont le combat continuait, qu’ils soient vivants ou morts.
(page 424)
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Depuis toujours, le badamier enjolivait notre entrée à chaque printemps avec ses boutons d’émeraude, chaque été avec ses fruits acidulés, chaque automne avec ses feuilles rouges comme le feu, chaque hiver avec ses entrelacs de fines branches nues. Ses racines, se dressaient en l’air comme des mains brûlées.
(page 62)
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