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Critiques sur Captive (82)
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Myriam3
  22 mai 2016
Margaret Atwood s'est largement basée sur un fait authentique et célèbre pour imaginer ensuite ce qui a pu arriver à Grace Marks, belle jeune fille de quinze ans, accusée d'un double meurtre et condamnée à mort, avant d'être finalement condamnée à perpétuité. Pour cela, elle met en scène le docteur fictif Simon Jordan venu étudier les méandres du cerveau et plus spécifiquement de la mémoire pour retracer tout le parcours de cette jeune femme enfermée depuis déjà une quinzaine d'années: sa naissance en Irlande du Nord, le père alcoolique et violent leur migration pour le Canada, l'arrivée à Toronto, et enfin son travail de domestique chez M.Kinnear et sa gouvernante et maîtresse Nancy Montgomery, dont elle a été accusée de complicité de meurtre auprès de son soi-disant amant James McDermott.
Tout l'intérêt du récit réside dans l'ambiguité des propos de Grace lorsqu'elle accepte de se confier au docteur Jordan. Elle apparaît à la fois jeune, naïve, faible, douce et intelligente, vaguement manipulatrice, secrète, jalouse et revancharde. Est-elle saine d'esprit et simulatrice? A-t'elle réellement oublié ce qui s'est passé le jour du meurtre? Ou bien est-elle démente, simple d'esprit?
Beaucoup de points resteront inexpliqués à la fin du roman, notamment celui de sa culpabilité, malgré les dernières péripéties.
Margaret Atwood a su rendre complexe tous les personnages et nous faire tourner en rond, ce n'est jamais vraiment comme on l'imagine. Bref, c'est un bon roman psychologique que j'ai pris plaisir à lire, et qui ouvre pas mal de portes.

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Roggy
  26 février 2018
Cette histoire, tirée d'un fait divers, est saisissante de double jeu et l'ambigüité est volontairement omniprésente.

La construction du récit alterne passé et présent, vérité et suppositions,
et prend ainsi le lecteur au jeu. C'est parfois déroutant de passer du roman d'enquête au récit autobiographique, du roman épistolaire au rapport d'expertise médicale mais l'auteur compense ce choix de style par la virtuosité de ses répliques et de ses monologues pleins d'esprit.

A la dimension psychologique et de l'enquête s'ajoute un volet historique sur la condition des employés de maison, qui subissent une vie de dur labeur, de discrimination et d'abus imposés par une classe dirigeante hypocrite et corrompue.
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LePamplemousse
  22 juillet 2014
Inspiré d'une histoire vraie, le roman raconte la vie d'une jeune fille de 16 ans, Grâce, accusée du meurtre de son employeur et de la gouvernante de ce dernier.
C'est un véritable voyage dans le temps auquel nous convie l'auteur.
Elle nous entraîne de l'Irlande au Canada en passant par les Etats-Unis et tout ça, au 19ème siècle.

Grâce Marks a connu la pauvreté et a dû très jeune être placée comme domestique dans différentes maisons.
Nous découvrons le quotidien des petites bonnes mais aussi les moeurs de l'époque, la condition de vie des gens de maison et celles de leurs patrons, et la criante différence entre les deux.

Margaret Atwood nous fait également découvrir les progrès de la médecine, notamment les avancées dans le domaine de la psychiatrie, car Grâce fait l'objet d'une étude par un jeune psychiatre.
Elle nous immerge dans les réceptions mondaines aussi bien que dans la buanderie, elle nous invite à des séances de spiritisme et de mesmérisme mais aussi à des journées entières consacrées à la lessive de toute une famille, elle nous montre la vie au sein des prisons et des asiles et celle plus douce d'une "bonne" maison respectable.

Extrêmement documenté, ce roman est passionnant car ce sont tous ces gestes et petites actions du quotidien qui nous en apprennent plus sur des personnes et sur une époque que de grands discours.
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diablotin0
  22 décembre 2017
Généralement cela ne me gêne pas d'aller à contre-courant mais en ce qui concerne les critiques littéraires c'est différent car je me demande toujours ce que je n'ai pas saisi ou encore je me reproche de ne pas avoir compris la subtilité de l'écriture. C'est ce qui se passe avec ce roman qui n'a pas réussi à me "captiver".
L'histoire est connue puisqu'il s'agit d'une histoire basée sur un fait réel. Mary Grace va être avec Matt Dermott accusée d'avoir commis un double meurtre . Contrairement à son complice, elle échappera à la peine de mort mais sera enfermée pendant 30 ans dès l'âge de seize ans.
Si la préoccupation du jeune médecin Simon n'est pas de vérifier la culpabilité ou non de Mary Grace, elle sera la nôtre et pourtant nous resterons dans le doute. Ce n'est pas ce qui m'a gêné mais plus les longueurs et la construction du livre. le rythme est cassé par les lettres qui jalonnent le roman et je n'ai jamais été complétement dans l'histoire. Les récits de Grace qui nous dévoilent en détails les moments de sa vie sont coupés par des lettres ou encore par ce que vit le docteur Jordan Simon ce qui n'a pas facilité mon immersion dans le roman. Je le regrette et je m'en étonne également car ce n'est pas forcément un souci pour moi dans d'autres livres ! tant pis, je vais me consoler avec d'autres livres !
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kuroineko
  03 octobre 2018
Captive de Margaret Atwood est un roman dense et très documenté, dont l'intrigue est basée sur un fait divers survenu au Canada au XIXème siècle.

Dès le début, on découvre que Grace Marks, domestique, est emprisonnée dans un pénitencier depuis déjà plusieurs années pour le meurtre de son maître et de sa femme de charge, et maîtresse notoire. Elle a échappé de peu à la corde, contrairement à James McDermott, son partenaire de crimes, en raison de son jeune âge au moment des faits. Elle n'avait que seize ans. Sa peine fut commuée en détention à perpétuité. Après un passage en hôpital psychiatrique, elle retourne au pénitencier de Kingston.
Un médecin en maladie mental arrive pour étudier son cas et tâcher de vaincre l'amnésie de Grace pour le temps qui recouvre les meurtres. Il incite donc la détenue a raconté sa vie depuis son enfance.

De son Irlande natale à l'émigration vers le Canada, on suit la petite fille qui doit faire face à une mère malade, un père violent et alcoolique et une tripotée de frères et soeurs. Placée très tôt comme domestique peu après leur arrivée à Toronto, elle dépeint le lourd travail à effectuer pour tenir la maison et le linge de ses maîtres.

Outre l'aspect documentaire sur la vie ancillaire, les conditions des femmes de cette époque et l'évolution  des traitements des maladies mentales, Margaret Atwood rend son roman captivant par l'ambiguïté latente qui court tout au long des pages. Et qui donne la migraine au brave docteur Jordan, lui arrivé avec la certitude de pouvoir enfin déterminer ce qui s'est réellement passé ce jour-là.

Du côté de la structure du texte, l'auteure a fait le choix de multiplier les points de vue : narration directe de Grace, narration à la troisième personne pour le Dr Jordan, extraits de sa correspondance avec sa mère ou d'autres médecins aliénistes, paragraphes issues des véritables témoignages et articles parus à l'époque. Cette manière de faire enrichit le propos et offre une vision plus large que la stricte narration de Grace Marks.

J'ai beaucoup apprécié la richesse de son style et les détails qu'elle donne sur ce qu'était être domestique au XIXème siècle et les rapports entre les personnes de service entre elles et avec leur maître et maîtresse de maison.

C'était le premier roman de Margaret Atwood que je lisais, assurément pas le dernier. J'ai d'ailleurs, dans un genre tout autre, La servante écarlate dans mes étagères.
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tynn
  16 janvier 2018
Manipulatrice ou angélique? Accusée à tort ou femme ambiguë à la double personnalité?
Le livre se referme sur une interrogation...

Margaret Atwood écrit Alias Grace en 1996 et c'est ce titre original beaucoup plus explicite à mon avis, que nos petits écrans utilisent pour l'adaptation remarquable en mini-série Nexflix.

Inspirée d'un fait divers authentique des années 40 concernant un double meurtre au Canada, la narration romanesque situe les faits au milieu du 19e et acte un jugement qui envoie l'accusée en pénitencier, où elle devient une prisonnière modèle, créant ainsi les conditions d'une liberté possible.

Plusieurs années après, le jeune médecin mandaté pour « évaluer » la condamnée s'attache à décortiquer sa personnalité, tentant de comprendre la toute jeune femme qu'elle était au moment des faits. Il cherche par la confiance et l'empathie à libérer la parole et éventuellement l'aveu ou l'explication du geste.
Cette approche est en résonance avec l'étude de la santé mentale, ce concept de l'aliénisme, nouvelle voie ouverte sur les traitements des maladies psychiatriques, doublée d'une prise de conscience sociale concernant les conditions de vie de l'époque, que ce soit dans les classes défavorisés mais aussi dans les asiles et dans les prisons.

Grace se raconte au fil de séances, en vérités ou contre-vérités, en confidences et duplicité, illustrant par son parcours celui des émigrés irlandais, la pauvreté d'une population déracinée et la vulnérabilité des femmes.
C'est aussi une approche de l'intérieur de la condition des gens de maison, subissant une vie de labeur où abus, discrimination, concupiscence sont subis sans réserve, imposés par une classe dirigeante hypocrite et corrompue.

Au final, qu'elle soit coupable ou non n'a pas d'importance. Un livre marquant.
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Mimeko
  06 mai 2017
Comment la jeune Grace Marks, jeune servante à l'aube de ses seize ans, va t-elle se retrouver incarcérée et Captive pendant trente ans pour le meurtre de son employeur Mr Kinnear et de Nancy Montgomery, employée de maison également et maîtresse du patron ? Les deux victimes ont été retrouvées dans la cave et le meurtrier, James Mc Dermott, lors de son exécution, a chargé la jeune Grace l'accusant d'être complice - et même inspiratrice - de ce double meurtre. Cette affaire va déchaîner les passions et attirer les journalistes, les scientifiques, médecins aliénistes, gourous de tout poil.....Grace Marks est-elle une complice diabolique ou une jeune fille un peu faible d'esprit, qui s'est laissée influencée et a laissé faire ?
Quinze ans plus tard, un médecin, de type aliéniste, va essayer de sonder la personnalité de Grace, dans le but d'interpréter les faits et de discerner la part de volonté consciente ou la manipulation dont aurait été victime Grace Marks.

A partir d'un fait divers réel et marquant pour l'époque, Margaret Atwood, grâce à des articles de journaux, des témoignages, des échanges de correspondances et surtout en imaginant la personnalité de Grace Marks reconstitue l'enchaînement des évènements qui ont abouti à cette tragédie.
Avec Captive elle s'empare, avec beaucoup de précision, des mentalités de l'époque, la jeune Grace arrivant d'Irlande, fuyant la pauvreté avec ses parents, le service chez plusieurs patrons, la vie de certaines servantes se faisant engrosser par le fils des patrons, mais aussi la charité presbytérienne - quand le gouverneur de la ville emploie la jeune Grace comme couturière, cette dernière devant regagner sa cellule le soir, ou les comités demandant sa grâce...
Cette reconstitution des faits s'appuie également sur les recherches scientifiques tout juste naissantes en matière de compréhension de la psychologie et d'interprétation de l'inconscient, de l'hypnose encore expérimentale et empirique, du somnambulisme, des connaissances où interfèrent des croyances plus discutables - du mesmérisme (théorie selon laquelle les êtres sont soumis à l'influence d'un fluide magnétique permettant de guérir les maladies, notamment les maladies nerveuses), en passant par le spiritisme, sans oublier les pratiques brutales, des traitements violents lors d'internement dans des asiles de fous, sans oublier les récits outranciers influencés par les romans gothiques.
En alternant les pensées des protagonistes, en multipliant les points de vue et les sources d'informations Margaret Atwood offre au lecteur une enquête très fouillée qui n'est pas exempte de lenteurs (mon seul petit bémol) mais très intéressante sur l'époque et sur les prémisses de l'étude psychologique.
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KRISS45
  07 juin 2016
Il y a peu de romans qui me captivent et m'impressionnent autant que ceux de la canadienne Margaret Atwood.
Première expérience inoubliable avec "la servante écarlate"
et nouveau défi réussi avec "Captive" inspiré d'un fait divers tragique survenu au 19e siècle : le double meurtre d'un notable et de sa servante-compagne.
Le jeune Grace Marks, seize ans, est impliquée. Est-elle démente, amnésique, dissimulatrice, folle ou redoutable meurtrière ?








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Nadouch
  18 juin 2018
Bien entendu, après avoir lu et adoré La servante écarlate, j'appréhendais un peu de rencontrer de nouveau la plume de Margaret Atwood. Aurait-elle la même puissance, la même clairvoyance dans les âmes et les coeurs, le même style envoûtant ? Oui !!!!
A partir d'un fait divers au Canada au XIXème siècle, l'auteure nous entraîne dans les méandres des souvenirs de la présumée meurtrière, entre misère d'une vie ratée et folie cachée. A travers les regards des docteurs et personnages qui l'entourent (surtout un jeune médecin, sur lequel l'intrigue divague grandement, comme en miroir) se dessine aussi l'histoire du traitement de la folie par la science et par la société.
Un coup de coeur absolu pour ce roman d'une beauté et d'une efficacité à couper le souffle, dérangeant à souhait.
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Foufoubella
  31 juillet 2019
Encore une fois, je me suis laissée emporter par la plume de Margaret Atwood que j'ai trouvée, une fois n'est pas coutume, plus académique que d'habitude (et je précise que ce n'est pas une critique). Margaret Atwood m'avait habituée à des écrits beaucoup plus féministes et engagés, et aussi, surtout, à des récits plus farfelus. Là, on retrouve la veine féministe mais tournée d'une autre manière. Et ce fut un régal.

Margaret Atwood s'est emparé d'un fait divers ayant fait grand bruit au Canada vers le milieu du XIXème siècle, l'assassinat d'un notable et de sa gouvernante qui était, aussi, sa maîtresse. Les coupables furent vite retrouvés, il s'agissait de deux des employés du domaine dont Grace Marks, tout juste âgée de 16 ans. Les deux protagonistes furent condamnés à mort car jugés coupables du meurtre de leur employeur– et soit dit en passant, comme les deux homicides étaient jugés l'un après l'autre, la justice n'a pas jugé utile, c'est le cas de le dire, de procéder à l'élucidation du meurtre de Nancy, la gouvernante, la sentence de mort ayant déjà été prononcée. Si McDermott, le complice supposé de Grace Marks, fut pendu, mettant d'ailleurs l'entière responsabilité des meurtres sur le dos de Grace, la peine de cette dernière a été commuée en perpétuité. Margaret Atwood narre donc la vie de cette jeune femme, en axant son récit sur la rencontre entre un médecin psychiatre et la jeune femme alors qu'elle est incarcérée depuis une quinzaine d'années déjà, déroulant le fil de ce fait divers Ô combien singulier.

Comme toujours, Margaret Atwood met une femme au centre de son histoire et tente une nouvelle fois de démontrer les dérives dont font l'objet les femmes. Car même si elle a eu la vie sauve, Grace Marks reste marquée au fer rouge. Bien entendu, c'est à cause d'elle que du sang a coulé, la femme, la tentatrice, la pécheresse, l'objet de tous les vices. Ou alors, à l'inverse, comme c'est une femme, donc, par définition, pas une personne à part entière dans la société, elle est à la limite de la débilité.
Il est intéressant de voir que peu importe le temps du récit, Margaret Atwood sait magnifier les femmes, sans pour autant leur ôter leur part de responsabilité. En soi, c'est ça le vrai féminisme selon moi.

Il y a aussi d'autres choses à découvrir dans ce roman, comme la hiérarchie des classes, les débuts de l'aliénisme et l'engouement de la bonne société pour le spiritisme.

Ce roman détonne un peu des autres écrits que j'ai pu lire de cette auteure, l'écriture est beaucoup plus linéaire et c'est peut-être un des romans par lesquels la découvrir.

En résumé, un roman très riche, très complexe, très documenté et bien écrit, que demander de plus ?


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