AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)
ISBN : 2264035951
Éditeur : 10-18 (05/06/2003)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 137 notes)
Résumé :
Elles sont sœurs. Elles aiment le même homme. 1945. Dix jours après la fin de la guerre, Laura se jette d'un pont au volant d'une voiture. Elle laisse à sa sœur aînée, Iris, un roman posthume au parfum de soufre, Le tueur aveugle. Cinquante ans plus tard, Iris raconte leur histoire... Filles de la Première Guerre mondiale, Iris et Laura deviennent femmes quand débute la Seconde. Avec en toile de fond la saga de notre siècle, le destin bouleversant de deux sœurs liée... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  25 septembre 2015
Un pavé réussi, une brique constellée d'éclats de pépites.

Un récit à plusieurs voix, d'abord celle de la vieille dame, Iris Chase, qui raconte avec humour les difficultés de son présent, mais qui revient aussi sur son histoire et celle de sa famille, les anecdotes et les drames qui ont rempli son existence, de la mort de sa mère au piège du mariage arrangé, en passant l'amour et la maternité. Elle décrit les singularités de sa jeune soeur qui prend tout au pied de la lettre, ce qui donne de moments savoureux, par exemple lorsqu'on lui recommande « Réfléchissez-y à deux fois », Laura rétorque : « Pourquoi juste deux fois ? »

À travers la vie de cette femme, c'est l'histoire du vingtième siècle qu'on découvre : la naissance de l'industrie dans une petite ville ontarienne, les horreurs de Première Guerre mondiale telle que vécue par le père d'Iris, puis la crise économique avec le refus de licencier ceux qu'il considère comme ses hommes et la faillite qui s'ensuit, l'association avec un gendre providentiel, la dure répression des « Rouges », la Seconde Guerre qui enrichit les industries et finalement les changements de l'après-guerre et de la fin du siècle.

D'un tout autre ton, des chapitres prennent la voix de sa soeur Laura, par le biais d'un texte qu'elle aurait écrit avant son suicide à vingt-cinq ans. Dans son roman « Le tueur aveugle », elle raconte ses amours, mais aussi des histoires fantastiques de civilisations extra-terrestres où de jeunes enfants tissent inlassablement des tapis jusqu'à en devenir aveugles.

Pour compléter l'étonnante diversité de ce roman, des événements sont présentés sous la forme d'articles de journaux qui auraient pu paraître à l'époque.

Une belle écriture, un roman très riche dans un contexte historique canadien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
Arakasi
  22 février 2016
A l'âge de vingt-cinq ans, la soeur d'Iris Chase s'est tuée. Laura a très calmement braqué le volant de sa voiture et l'a précipitée des dizaines de mètres plus bas dans un ravin. Elle n'a laissé derrière elle qu'une demi-douzaine de cahiers de collégienne, contenant l'ébauche d'un curieux roman « le Tueur aveugle » que sa soeur a fait publier par la suite. Plus de cinquante ans se sont écoulés depuis. Maintenant, Iris est vieille, seule, ruinée, coupée de sa famille et surtout de son unique petite fille que sa belle-soeur haineuse l'empêche de voir. Iris n'a plus que ses souvenirs. Pour tuer le temps durant ses longues soirées de solitude, elle les consigne un par un, revenant sur ces temps lointains avec un mélange de tendresse et d'ironie amère.
Elle se rappelle son père, homme digne mais à jamais brisé par la guerre qui l'a amputé d'une partie de lui-même. Elle se rappelle la demeure de son enfance, si riche de mystères et de secrets enfantins. Elle se rappelle sa mère, si dévouée mais si froide. Elle se rappelle son mariage de raison avec un riche entrepreneur. Elle se rappelle surtout Laura. Laura, Laura, toujours Laura, étrange petite fille si excentrique, si fantasque, si pragmatique, si étrange qui demandait à leur précepteur consterné : « Dieu nous ment-il ? » Laura qui s'est tuée, Laura qui la hante des années plus tard, Laura qui en disait si peu et savait tant de choses, Laura dont les secrets ne cessent de s'agiter sous la glace malgré les décennies écoulées.
Eh bien, en voilà un roman étonnant ! Il m'a fallu un petit moment pour rentrer dedans car sa construction n'est pas d'un abord très aisé, alternant les récits autobiographiques d'Iris, des coupures de journaux – dont j'ai toujours un peu de mal à saisir l'intérêt – et des passages du fameux « Tueur aveugle », le roman post-mortem de Laura. Si la voix narrative d'Iris, à la fois sarcastique et touchante, m'a tout de suite conquise, il m'a fallu plus de temps pour accrocher à ces passages plutôt obscurs et décousus : on y assiste aux rencontres secrètes d'un couple où l'homme raconte à sa compagne entre deux étreintes l'histoire du « Tueur aveugle », un jeune assassin tombé amoureux d'une de ses victimes au sein d'une civilisation extraterrestre lointaine. D'abord un peu chancelant, mon intérêt s'est petit à petit éveillé : j'ai voulu savoir qui étaient ces deux amants. Pourquoi se voyaient-ils en secret ? Quel était leur lien avec la vie d'Iris Chase ?
On pourrait reprocher au roman de manquer un peu d'originalité sur le fond. Les thématiques abordées – un mariage arrangé malheureux, la ruine d'une famille, l'adultère – sont somme toute très classiques et les destins d'Iris et de Laura ressemblent à ceux de nombreuses autres héroïnes de fiction. C'est sur la forme, originale et très habilement menée, que « le Tueur aveugle » se distingue de la mêlée. Les personnages sont fins, complexes, intéressants, à l'exception cependant de l'époux d'Iris et sa belle-soeur, tous deux des crapules sans grande épaisseur (ils sont même pro-nazis, histoire d'en ajouter une couche dans la vilénie !). On finit par éprouver un vif intérêt pour eux, intérêt renforcé par le style très sensible de Margaret Atwood et par les touches d'humour noir dont elle parsème son récit. Malgré sa taille et quelques longueurs, ce beau pavé se lit donc très facilement et m'a donné fortement envie de découvrir la reste de l'oeuvre de Mme Atwood. de bonnes heures de lecture en perspective !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Woland
  24 décembre 2007
The Blind Assassin
Traduction : Michèle Albaret-Maatsch.
« le Tueur Aveugle », de la Canadienne Margaret Atwood, est une forme de récit à trois voix racontant bien entendu la même histoire mais selon des angles différents et aboutissant à un livre plutôt épais – plus de 650 pages chez 10/18.
Vous me direz que ce n'est pas là un procédé très original. le thème du roman, qui pourrait être grandeur et décadence de la famille Chase, n'est pas non plus réellement nouveau. Mais le traitement qui en est fait et la magie avec laquelle l'auteur accroche son lecteur, eux, valent le détour.
Au point de départ, à la fin du XIXème siècle, les Chase constituaient l'une des familles les plus en vue de Toronto. Mais la Grande guerre va faucher trois des fils et renvoyer au logis un cadet fracassé. Celui-ci n'aura à son tour que deux filles, Iris et Laura. La mère des petites mourra des suites d'une fausse couche et les deux enfants grandiront dans un monde un peu à part, la résidence d'Avalon - nom choisi par leur grand-mère paternelle - entre un père neurasthénique et une servante-gouvernante dévouée : Reenie.
Si Iris garde toujours les pieds sur terre, Laura est plus évanescente, plus lunaire. C'est l'originale, l'excentrique, la fragile de la famille, pour laquelle son père ne cessera de s'inquiéter. Comme la fortune familiale n'est plus qu'un souvenir et qu'il redoute de voir ses filles - et surtout la cadette - affronter un monde peu charitable aux déclassés, Norval Chase demande à Iris d'épouser Richard Prior, un nouveau riche pesant et sûr de lui. En se dévouant, Iris assure non seulement sa propre sécurité mais aussi celle de sa soeur. En outre, Richard a fait la promesse de ressusciter les usines Chase. Il ne la tiendra évidemment pas ... Encore un lâche : le monde en est plein ...
Voilà pour les bases de l'intrigue. Voyons maintenant la façon dont tout cela est traité.
Le récit principal est le fait d'Iris, désormais octogénaire et qui entreprend de rédiger d'officieux mémoires dans l'espoir que sa petite-fille, Sabrina, les lise un jour et apprenne ainsi toute la vérité et rien que la vérité sur sa famille. La vieille dame prend son temps : sa mémoire est intacte et, en attendant la mort, elle goûte une certaine satisfaction à mettre par écrit toute cette histoire.
Le deuxième récit nous relate les rencontres amoureuses de deux amants dont on ne connaîtra l'identité qu'à la fin. Lors de la première rencontre qui nous est rapportée, l'amant entreprend de conter à sa maîtresse une étrange histoire de science-fiction qui prendra un jour, faute de mieux, le titre de « le Tueur Aveugle. » de rencontre en rencontre, l'histoire et ses personnages gagnent en épaisseur et en sensibilité. Mais, par l'imbrication des deux fils, on finit par conclure que l'histoire en question a été éditée sous le nom de Laura Chase, après le suicide de celle-ci à 25 ans. Et l'amant, dant tout ça, alors ? ... Qu'est-il devenu ? ...
Enfin, le troisième fil intercale entre les deux autres des articles de presse, très souvent issus de la chronique mondaine des quotidiens locaux et qui présentent, eux aussi, une certaine vision de la famille Chase et de ses malheurs.
Avec « Captive », Margaret Atwood réussissait le tour de force de dévoiler son coup de théâtre final sans que le lecteur, si averti qu'il pût être, ne soupçonnât où elle voulait l'emmener. Avec « le Tueur Aveugle », on flaire la vérité un peu plus tôt mais ce roman n'en présente pas moins quelque chose d'envoûtant et d'impitoyable. le destin fait à Iris au nom du devoir familial est en effet épouvantable – je vous rassure, il n'a rien de misérabiliste : c'est l'absence d'amour dont elle pâtit que je trouve intolérable. le style est alerte et, peu à peu, on finit par devenir prisonnier de l'intrigue et par vouloir, comme dans un bon roman policier, savoir comment elle se dénoue. Pour ma part, je n'ai pas été déçue. ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Taraxacum
  31 mai 2013
La première chose à dire sur le Tueur aveugle, c'est qu'un lecteur intéressé ne devrait pas se laisser impressionner, ou décourager, par son volume.
Après tout, je viens de le refermer en regrettant de l'avoir déjà fini!
Plusieurs histoires s'emmêlent jusqu'à révéler n'en former qu'une : Iris Chase, devenue très âgée, nous raconte sa vie, depuis son grand-père et l'usine de boutons qu'il fonda, jusqu'à la chute de sa famille, son mariage de raison destiné à sauver sa famille, et qui ne sauvera rien, deux guerres mondiales vues du Canada, mais aussi toutes ces époques disparues qu'elle a traversées au fil de sa longue vie et qui se sont enfuies pour de bon. A travers ses mots, on découvre peu à peu sa cadette, Laura, morte depuis des années et restée dans les mémoires comme l'auteur du Tueur aveugle. le Tueur aveugle, justement, c'est cette histoire qu'un amant raconte à sa maitresse, morceau par morceau, à chaque fois qu'ils arrivent à voler un moment à leurs différences sociales, l'histoire d'une planète lointaine, d'un peuple cruel aux étranges traditions et d'un jeune assassin aveugle qui donne finalement son nom à toute l'oeuvre.
C'est le premier roman que je lis de cet auteur, j'aurai donc bien du mal à le comparer au reste de ses écrits, en bien ou en moins bien, mais je peux avouer en tout cas avoir été complètement conquise. J'aime l'écriture, le rythme, les personnages aussi: Richard et sa soeur sont un peu monoblocs, mais les autres sont tellement merveilleusement humains, plein de beauté et de vraisemblance, jusque dans leurs failles, le tout forme finalement une sorte d'histoire à tiroirs, même si j'avoue que j'avais deviné un ou deux secrets en cours de route, qu'on dévore avec passion et qu'on referme avec la certitude qu'on n'oubliera pas ce livre de sitôt.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Nadouch
  13 novembre 2018
Un bon gros pavé déroutant au début : quel est le rapport entre le roman "Le tueur aveugle", enchâssé dans le récit, les coupures de presse intercalées et la narration d'Iris, vieille dame qui se penche sur son passé ? Tout est lié et même si on s'y perd un peu au début, on reconnaît le talent de Margaret Atwood pour alterner les voix, les époques, les points de vue.
L'histoire de deux soeurs, filles d'un industriel au destin malheureux, dont l'une va devoir épouser un riche concurrent pour sauver la maison et l'usine. Elle met le doigt dans une vie triste, compliquée, une vie de soumission qui agace presque un peu ! En parallèle, sa soeur se rebelle comme elle peut... Et des passages de roman viennent couper ce récit chronologique, mais qui l'a écrit ? A qui fait-il allusion ?
J'ai mis du temps à venir à bout de cette histoire foisonnante et passionnante, je l'ai dégustée, j'appréciais de retrouver chaque soir les personnages. le rythme est lent mais tout est bien trouvé, la fin est un peu prévisible mai si bien amenée...
Un grand roman fleuve équilibré et divertissant, bien écrit et réussi !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   24 septembre 2015
Voilà qui est inutilement cruel, répondit-elle froidement.

Quand la cruauté est-elle utile? demande-t-il. Et à quelle dose?


(10/18, p. 33)
Commenter  J’apprécie          310
bilodohbilodoh   24 septembre 2015
Pour qui est-ce que j’écris ceci? […] 

Peut-être que je n’écris pour personne? Peut-être est-ce pour la personne à qui les enfants écrivent quand ils gribouillent leurs noms dans la neige?

(10/18, p. 57)
Commenter  J’apprécie          220
ArakasiArakasi   19 février 2016
Ce n'est pas le genre de chose qui se pratique dans sa famille : sa mère, Reenie, ne s'est jamais beaucoup intéressée à Dieu. Il y avait un respect mutuel, et si on était dans le pétrin on faisait appel à Lui, naturellement, comme avec les hommes de loi ; mais, comme avec les hommes de loi, il fallait être sacrément dans le pétrin. Sinon, ça ne payait pas de trop le fréquenter. Elle ne Le voulait certainement pas dans sa vie de tous les jours, elle en avait assez sur les bras comme ça.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
DravotDravot   20 août 2015
Les adieux peuvent être bouleversants, mais les retours sont sûrement pires. Jamais l'être de chair et de sang ne peut se mesurer à l'ombre vive qu'a projetée son absence. Le temps et la distance ont brouillé les contours; puis brusquement voilà que le bien-aimé est là, et c'est midi avec sa lumière impitoyable et chaque tache de son, chaque pore, chaque ride, chaque petit poil se remarque avec netteté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
DravotDravot   20 août 2015
(Quelle invention, ces mères! Des épouvantails, des poupées de cire pour que nous y plantions des aiguilles, des figures grossières. Nous leur refusons une existence propre, nous les fabriquons pour qu'elles nous servent - nous, nos appétits, nos désirs, nos faiblesses. A présent que j'en suis une, je sais.)
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Margaret Atwood (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Margaret Atwood
Elle a grandi isolée dans la forêt canadienne et est devenue une romancière féministe mondialement connue. Voici le portrait de Margaret Atwood, la romancière qui s'est fait connaître par delà les continents grâce à l'adaptation de son roman dystopique "La Servante écarlate".
Culture Prime, l?offre culturelle 100% vidéo, 100% sociale de l?audiovisuel public, à retrouver sur : Facebook : https://facebook.com/cultureprime Twitter : https://twitter.com/culture_prime La newsletter hebdo : https://www.cultureprime.fr
Abonnez-vous pour retrouver toutes les vidéos France Culture : https://www.youtube.com/channel/¤££¤11DKToXYTKAQ5¤££¤6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : littérature canadienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Margaret Atwood est-elle Lady Oracle ?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne suis pas :

La croqueuse d'hommes
La voleuse d'hommes

10 questions
23 lecteurs ont répondu
Thème : Margaret AtwoodCréer un quiz sur ce livre
.. ..