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ISBN : 2221192095
Éditeur : Robert Laffont (17/08/2017)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Le nouveau chef-d'oeuvre de Margaret Atwood, l'auteure de La Servante écarlate.
Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Tous deux survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture... Aussi, lorsqu'ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent san... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  18 août 2017
Liberté ou sécurité ? Un binôme antinomique terriblement d'actualité depuis le 11 Septembre 2001 jusqu'à pas plus tard qu'hier, 17 août 2017 à Barcelone.
Il n'est pas question de terrorisme islamiste dans le dernier roman dystopique de Margaret Atwood, mais le dilemme susmentionné transparaît néanmoins à toutes les pages.
Enfin, dilemme... Disons que pour Charmaine et Stan, jeune couple américain frappé par la crise économique et obligé de (sur)vivre dans sa voiture, à la merci de bandes de pillards omniprésentes, le choix de la sécurité l'a bien vite emporté. Après avoir vu un spot publicitaire vantant le bonheur garanti du mystérieux programme « Consilience », les deux tourtereaux se renseignent vaguement et, à l'idée d'un boulot et d'une maison tranquilles, signent leur adhésion – à vie – sans trop se poser de questions. le fameux Programme consiste, pour ses heureux élus, à vivre alternativement un mois dans une jolie maison toute équipée dans la jolie ville de Consilience, et le mois suivant dans la belle prison de la belle ville-jumelle de Positron, dans les deux cas en exerçant un emploi utile à la communauté. Etant entendu que lorsque quelqu'un est en prison, sa maison est occupée par son « alternant », et vice-versa, et idem pour les couples. Etant entendu également que lors de chaque chassé-croisé mensuel, tout est fait pour éviter (en principe) que les uns et les autres rencontrent leurs alternants.
En principe. Parce que c'est évidemment là que la belle mécanique se grippe, lorsque Stan se met à fantasmer sur son alternante.
A partir de là, le roman part dans tous les sens, multipliant les rebondissements, du plus loufoque au plus glaçant : trafic d'organes, robots sexuels sophistiqués, conditionnement cérébral, sosies d'Elvis et de Marilyn, le tout culminant dans une tentative d'évasion des plus improbables. Plus globalement, ce roman dérangeant, à tout le moins interpellant, montre l'exploitation de la peur et de la pauvreté par un capitalisme dont les dérives sont proportionnelles à l'avidité pour la rentabilité et le profit. A ce jeu-là, l'intimité et la personnalité de l'être humain sont loin d'être épargnées : la sexualité n'échappe pas non plus aux exigences de docilité, de perfection et de productivité.
Un roman dense et acéré qui, sous des dehors de farce futuriste et jubilatoire, fait rire jaune et laisse penser qu'il n'est peut-être plus aussi dystopique qu'on voudrait le croire.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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AudreyT
  26 août 2017
***
Stan et Charmaine sont amoureux et fauchés... L'Amérique subit une grave crise économique et beaucoup vivent, comme eux, dans leur voiture, se battant chaque jour pour survivre. Alors que Charmaine travaille dans un bar miteux, elle intercepte à la télévision une publicité pour un projet spécial : une ville leur propose un toit, un travail et la sécurité. Ils décident donc tous deux de se rendre sur place et de tenter leur chance. Mais à quel prix vont-ils payer leur sérénité ? Quelle liberté ont-ils gagné ? Quelles contraintes sont-ils imposées ?
Ne pas trop en dire sur Consilience et ce nouveau roman de Margaret Atwood est plus prudent. A qui se fier ? Quelle est la part de vérité ou de mensonge ? Une belle écriture, une histoire qui tient la route, et des personnages à la fois drôles et attachants. j'ai mis un peu de temps avant de rentrer véritablement dans ce monde étrange mais une fois que nous avons les ficelles en mains, il est plutôt plaisant de suivre Charmaine, Stan et les autres.
Ce ne sera certainement pas mon coup de coeur de cette rentrée littéraire mais j'ai passé un bon moment. Quel sens donne-t-on à notre liberté ? Quel compromis est-on prêt à faire pour se croire en sécurité ? Margaret Atwood a quelques réponses...
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LiliGalipette
  08 novembre 2017
Les États-Unis ont été frappés par une terrible catastrophe économique. Charmaine et Stan sont contraints de vivre dans leur voiture après avoir perdu leurs emplois et leur maison. Quand ils découvrent le projet Positron, ils pensent que leurs ennuis sont finis. le projet autonome et autosuffisant rassemble les villes voisines de Positron et Consilience, derrière des barrières que l'on ne franchit que dans un sens. Un mois sur deux, les habitants vivent en prison, puis rejoignent une confortable maison dans la vie civile. « Tout le monde paraît très heureux : quand on a deux vies, il y a toujours la perspective d'autre chose. » (p. 58) Chaque maison et chaque cellule est occupée par un couple d'Alternants, avec lesquels il est interdit d'avoir des contacts. Mais Charmaine et Stan vont outrepasser la règle, à leurs risques et périls. « Faut-il que les choses aillent mal pour qu'elle en vienne à regretter le temps où ils vivaient dans la bagnole ! » (p. 255)
Je n'en dis pas davantage pour ne pas déflorer toute l'intrigue foutrement bien construite par Margaret Atwood. Vous vous en doutez, l'utopie va tourner court et le paradis devient rapidement un piège. Il est question de robots, de trafics d'organes, d'opérations médicales fort peu éthiques, d'Elvis et de Marilyn, d'ours en peluche bleu. « Imagine que tu puisses customiser un être humain par le biais d'une intervention cérébrale. » (p. 211) Si le modèle politique est largement contesté, l'autrice s'interroge surtout sur l'amour, la véracité des relations et la valeur que l'on accorde à la liberté. Cette dystopie est cruelle, mais il est jouissif de lire les mésaventures des protagonistes. Sadique, moi ?
Margaret Atwood sait y faire avec les dystopies. Dans La servante écarlate, elle proposait une vision très sombre de l'humanité. Avec C'est le coeur qui lâche en dernier, la vision n'est pas plus lumineuse, mais elle est décomplexée, férocement drôle. Si vous avez le coeur bien accroché, n'hésitez pas et lancez-vous dans cette lecture !
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Corboland78
  08 septembre 2017
Margaret Eleanor Atwood, née en 1939 à Ottawa, Ontario, est une romancière, poétesse et critique littéraire canadienne. Elle est l'un des écrivains canadiens les plus connus, en particulier pour son roman, publié en français en 1987 sous le titre La Servante écarlate et adapté au cinéma et en série en 2017. Son oeuvre se compose d'une quinzaine de romans, de nouvelles, de recueils de poèmes et d'essais. C'est le coeur qui lâche en dernier vient de paraître.
Stan et Charmaine victimes de la crise économique qui frappe les Etats-Unis, vivent des pourboires que gagne Charmaine dans un bar glauque et logent dans leur voiture. Un jour, une publicité à la télé leur promet un toit dans une ville sécurisée, n'ayant rien à perdre, ils s'engagent dans le projet naissant. A Consilience, chacun a un travail et une maison durant un mois puis le mois suivant ils vont en prison effectuer des travaux d'intérêt général. Pendant ce temps leur maison est occupée par un autre couple qui sort de prison et ainsi de suite, avec interdiction formelle aux deux ménages de se rencontrer. Jusqu'au jour où Stan trouve un mot sous le frigidaire avec ces mots « Je suis affamée de toi. »
S'il est une chose que je déteste, c'est de me faire avoir par le marketing. Je n'avais jamais lu Margaret Atwood et pensais continuer ainsi et puis ce bouquin est sorti, encensé par la critique, et c'est vrai que le résumé semblait attractif, alors j'ai cédé. Les cents premières pages m'ont emballé, tout y était bien : écriture correcte, rythme, description du contexte miséreux de nos deux héros. Leur nouvelle vie dans cette version du meilleur des mondes s'annonçait alléchante et puis… ça c'est dégradé grave.
Je pensais lire une dystopie, en fait Margaret Atwood joue sur deux tableaux, il y a bien une fiction dépeignant une société tendant vers le cauchemar mais elle y greffe un second genre, l'érotisme soft ou la romance avec fantasmes nunuches, appelez cela comme vous voudrez. Autant j'ai trouvé agréable cet environnement (pas si futuriste d'ailleurs, puisque tout cela existe réellement aujourd'hui) fait de résidences ultra-protégées, de prisons privatisées, de robots sexuels et de traite d'organes, autant j'ai détesté l'autre versant de l'intrigue, fadasse au possible. Pour résumer, un roman ennuyeux avec un arrière-plan intéressant, même pas sauvé par les traces d'humour répandu ici et là. Comme de plus, c'est trop long car trop bavard, il faut être un lecteur réellement consciencieux pour ne pas lâcher avant la fin.
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gruz
  10 novembre 2017
Avec "C'est le coeur qui lâche en dernier", Margaret Atwood nous sert une farce noire dont la lecture de certains passages ont de quoi rendre écarlate.
Futur (très) proche, l'économie s'est effondrée, on cherche à survivre par tous les moyens. Une entreprise propose de vivre le rêve américain, une semaine sur deux. La première semaine dans un pavillon propret et un environnement aseptisé, dont il est impossible de sortir. La seconde, en prison, en intervertissant les places d'un couple qui prend le chemin inverse. Bienvenue dans la dystopie carcérale d'une auteure dont l'imagination et la clairvoyance n'ont pas de limites.
Margaret Atwood est une visionnaire. "La servante écarlate", datant de 1985, a été remis sur le devant de la scène grâce à la série TV qui vient d'en être tirée. Ce qu'elle imaginait il y a trente ans a de quoi mettre mal à l'aise dans le contexte actuel. Son extraordinaire trilogie d'anticipation questionne sur notre avenir proche avec un capacité quasi divinatoire ("Le Dernier Homme", 2005 - "Le Temps du déluge", 2012 - "MaddAddam", 2014).
L'auteure est une magnifique conteuse doublée d'une remarquable observatrice de notre société. Avec "C'est le coeur qui lâche en dernier", elle creuse encore davantage ce sillon analytique au travers, cette fois-ci, d'une étonnante comédie sombre. Un récit qui tient autant du roman social que du vaudeville.
Le ton est décalé, surtout dans sa seconde partie, une autre manière de planter un décor subtilement effrayant tout en alertant sur certaines dérives de notre société actuelle.
Les choix que nous faisons ont un prix, l'acceptation tacite de la perte de nos libertés individuelles n'est pas sans conséquences. Ou quand la peur de l'avenir et le besoin de sécurité peuvent amener une certaine utopie vers une dictature.
Le ton parfois léger et drolatique, rend cette lecture franchement surprenante. Sous couvert d'une histoire d'amour décalée, Atwood dérange. Et les quelques scènes grivoises et sexuellement explicites ne font que renforcer ce sentiment.
Voilà un roman pas comme les autres, entre roman d'anticipation, sombre étude de moeurs, satire et romance dissonante. Sans doute que ce choix audacieux de narration ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, je l'ai trouvé aussi surprenant que réjouissant. Une manière originale de montrer qu'il est de plus en plus difficile de trouver sa place dans cette société qui se déshumanise. le propos me parle fortement, la manière de l'avoir traité m'a réjoui, les dialogues (très nombreux) m'ont épaté.
Je ne saurais trop vous conseiller de vivre quelques heures avec ses "Alternants", l'expérience vaut la peine d'être vécue. Margaret Atwood est un écrivain majeur, ce n'est pas ce roman étonnant qui va le contredire.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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critiques presse (6)
LaPresse   19 octobre 2017
C'est le coeur qui lâche en dernier, a toutes les qualités pour intéresser les producteurs, puisqu'elle nous plonge de nouveau dans un univers dystopique qui fait écho aux obsessions de notre temps.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox   18 octobre 2017
"C'est le cœur qui lâche en dernier" pose une question dans l'air du temps : serions-nous prêts à sacrifier nos libertés au profit de la sécurité ?
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique   19 septembre 2017
Ce roman inventif ravira tous ceux qui ne craignent pas d’interroger le monde comme il dévie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   07 septembre 2017
Après le succès phénoménal de La servante écarlate à la télé (et à la veille de la diffusion de La captive sur Netflix), Atwood nous revient avec une dystopie qui a pour toile de fond la crise économique et la quête de liberté.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   04 septembre 2017
Un roman de Margaret Atwood qu’on attendait avec impatience, l’auteure de La servante écarlate ne se faisant jamais prier pour nous en faire voir de toutes les couleurs.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   25 août 2017
Entre fiction spéculative et vaudeville, « C’est le cœur qui lâche en dernier », le nouveau livre de la romancière canadienne, fait mouche
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   08 novembre 2017
« Tout le monde paraît très heureux : quand on a deux vies, il y a toujours la perspective d’autre chose. » (p. 58)
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LiliGalipetteLiliGalipette   08 novembre 2017
« Il n’y a pas de route pour sortir de Consilience, pas pour ceux qui ont fait la mégaconnerie de l’intégrer. De se désintégrer. » (p. 114)
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LiliGalipetteLiliGalipette   08 novembre 2017
« Faut-il que les choses aillent mal pour qu’elle en vienne à regretter le temps où ils vivaient dans la bagnole ! » (p. 255)
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LiliGalipetteLiliGalipette   08 novembre 2017
« Consilience = condamnés + résilience. Un séjour en prison aujourd’hui, c’est notre avenir garanti. » (p. 48)
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LiliGalipetteLiliGalipette   08 novembre 2017
« Imagine que tu puisses customiser un être humain par le biais d’une intervention cérébrale. » (p. 211)
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Videos de Margaret Atwood (24) Voir plusAjouter une vidéo
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