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Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)
ISBN : 2264036486
Éditeur : 10-18 (05/06/2003)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 95 notes)
Résumé :

1859 : Grace Marks, condamnée à perpétuité, s'étiole dans un pénitencier canadien. A l'âge de seize ans, Grace a été accusée de deux horribles meurtres. Personne n'a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné trois versions des faits, Grace s'est murée dans le silence : amnésie ou dissimulation ? Le docteur Simon Jordan veut découvrir la vérité. Gagnant sa confiance, Jordan découvre peu à peu la personnalité d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
22 mai 2016
Margaret Atwood s'est largement basée sur un fait authentique et célèbre pour imaginer ensuite ce qui a pu arriver à Grace Marks, belle jeune fille de quinze ans, accusée d'un double meurtre et condamnée à mort, avant d'être finalement condamnée à perpétuité. Pour cela, elle met en scène le docteur fictif Simon Jordan venu étudier les méandres du cerveau et plus spécifiquement de la mémoire pour retracer tout le parcours de cette jeune femme enfermée depuis déjà une quinzaine d'années: sa naissance en Irlande du Nord, le père alcoolique et violent leur migration pour le Canada, l'arrivée à Toronto, et enfin son travail de domestique chez M.Kinnear et sa gouvernante et maîtresse Nancy Montgomery, dont elle a été accusée de complicité de meurtre auprès de son soi-disant amant James McDermott.
Tout l'intérêt du récit réside dans l'ambiguité des propos de Grace lorsqu'elle accepte de se confier au docteur Jordan. Elle apparaît à la fois jeune, naïve, faible, douce et intelligente, vaguement manipulatrice, secrète, jalouse et revancharde. Est-elle saine d'esprit et simulatrice? A-t'elle réellement oublié ce qui s'est passé le jour du meurtre? Ou bien est-elle démente, simple d'esprit?
Beaucoup de points resteront inexpliqués à la fin du roman, notamment celui de sa culpabilité, malgré les dernières péripéties.
Margaret Atwood a su rendre complexe tous les personnages et nous faire tourner en rond, ce n'est jamais vraiment comme on l'imagine. Bref, c'est un bon roman psychologique que j'ai pris plaisir à lire, et qui ouvre pas mal de portes.
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LePamplemousse
22 juillet 2014
Inspiré d'une histoire vraie, le roman raconte la vie d'une jeune fille de 16 ans, Grâce, accusée du meurtre de son employeur et de la gouvernante de ce dernier.
C'est un véritable voyage dans le temps auquel nous convie l'auteur.
Elle nous entraîne de l'Irlande au Canada en passant par les Etats-Unis et tout ça, au 19ème siècle.
Grâce Marks a connu la pauvreté et a dû très jeune être placée comme domestique dans différentes maisons.
Nous découvrons le quotidien des petites bonnes mais aussi les moeurs de l'époque, la condition de vie des gens de maison et celles de leurs patrons, et la criante différence entre les deux.
Margaret Atwood nous fait également découvrir les progrès de la médecine, notamment les avancées dans le domaine de la psychiatrie, car Grâce fait l'objet d'une étude par un jeune psychiatre.
Elle nous immerge dans les réceptions mondaines aussi bien que dans la buanderie, elle nous invite à des séances de spiritisme et de mesmérisme mais aussi à des journées entières consacrées à la lessive de toute une famille, elle nous montre la vie au sein des prisons et des asiles et celle plus douce d'une "bonne" maison respectable.
Extrêmement documenté, ce roman est passionnant car ce sont tous ces gestes et petites actions du quotidien qui nous en apprennent plus sur des personnes et sur une époque que de grands discours.
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Mimeko
06 mai 2017
Comment la jeune Grace Marks, jeune servante à l'aube de ses seize ans, va t-elle se retrouver incarcérée et Captive pendant trente ans pour le meurtre de son employeur Mr Kinnear et de Nancy Montgomery, employée de maison également et maîtresse du patron ? Les deux victimes ont été retrouvées dans la cave et le meurtrier, James Mc Dermott, lors de son exécution, a chargé la jeune Grace l'accusant d'être complice - et même inspiratrice - de ce double meurtre. Cette affaire va déchaîner les passions et attirer les journalistes, les scientifiques, médecins aliénistes, gourous de tout poil.....Grace Marks est-elle une complice diabolique ou une jeune fille un peu faible d'esprit, qui s'est laissée influencée et a laissé faire ?
Quinze ans plus tard, un médecin, de type aliéniste, va essayer de sonder la personnalité de Grace, dans le but d'interpréter les faits et de discerner la part de volonté consciente ou la manipulation dont aurait été victime Grace Marks.
A partir d'un fait divers réel et marquant pour l'époque, Margaret Atwood, grâce à des articles de journaux, des témoignages, des échanges de correspondances et surtout en imaginant la personnalité de Grace Marks reconstitue l'enchaînement des évènements qui ont abouti à cette tragédie.
Avec Captive elle s'empare, avec beaucoup de précision, des mentalités de l'époque, la jeune Grace arrivant d'Irlande, fuyant la pauvreté avec ses parents, le service chez plusieurs patrons, la vie de certaines servantes se faisant engrosser par le fils des patrons, mais aussi la charité presbytérienne - quand le gouverneur de la ville emploie la jeune Grace comme couturière, cette dernière devant regagner sa cellule le soir, ou les comités demandant sa grâce...
Cette reconstitution des faits s'appuie également sur les recherches scientifiques tout juste naissantes en matière de compréhension de la psychologie et d'interprétation de l'inconscient, de l'hypnose encore expérimentale et empirique, du somnambulisme, des connaissances où interfèrent des croyances plus discutables - du mesmérisme (théorie selon laquelle les êtres sont soumis à l'influence d'un fluide magnétique permettant de guérir les maladies, notamment les maladies nerveuses), en passant par le spiritisme, sans oublier les pratiques brutales, des traitements violents lors d'internement dans des asiles de fous, sans oublier les récits outranciers influencés par les romans gothiques.
En alternant les pensées des protagonistes, en multipliant les points de vue et les sources d'informations Margaret Atwood offre au lecteur une enquête très fouillée qui n'est pas exempte de lenteurs (mon seul petit bémol) mais très intéressante sur l'époque et sur les prémisses de l'étude psychologique.
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Hyelana
06 août 2015
Livre lu dans le cadre du club « Pioche dans ma PAL » du mois d'Août.
Dans ce livre, l'histoire tourne autour de Grace Marks, arrêtée dans les années 1840 pour complicité dans un double meurtre, celui de son employeur, M. Kinnear, et de sa femme de charge, Nancy Montgomery. Arrêtée à l'âge de seize ans, elle est premièrement condamnée à mort mais, en raison de son jeune âge et de son profil psychologique, sa peine est « adoucie » à la prison à perpétuité. Durant son incarcération, Grace fait un séjour de plusieurs années en asile en raison de son comportement.
Le Dr. Jordan, psychiatre de son époque, rêve d'établir un établissement psychiatrique, mais pour cela il doit gagner en notoriété et décide donc de se pencher sur le cas de Grace Marks, poussé par un comité persuadé de l'innocence de la jeune femme et qui pense que la spécialité du médecin pourra aider leur cause.
Le roman raconte principalement la vie de Grace Marks comme celle-ci la raconte au Dr. Jordan lors de leurs entrevues, depuis son départ d'Irlande vers le Canada avec sa famille, jusqu'à sa condamnation pour complicité dans ce double meurtre.
Bien qu'assez étranger au départ en raison de sa construction, j'ai trouvé ce roman très bien ficelé. Inspiré de faits réels, le roman mélange citations de documents authentiques, échanges épistolaires et récit à la perfection. On suit l'histoire de Grace, celle du Dr. Jordan et des autres personnages avec beaucoup d'attention ; ceux-ci sont très riches, très attachants, on n'a pas à faire à des coquilles vides comme ce peut l'être dans certains romans. le roman nous tient un peu en haleine car au fur et à mesure de la lecture, on se demande vraiment si Grace est ou non coupable de ce pour quoi elle a été condamnée, il y a des éléments qui nous portent à réfléchir et le tout est très bien amené par Margaret Atwood.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture, cependant j'ai parfois été un peu perdue par le style dans certains passage du livre, je me suis sentie un peu « folle » par moment, à ne pas comprendre où tel ou tel passage devait nous amener. Il y a des passages que je n'ai même pas compris du tout, et dont je n'ai pas vu l'intérêt. Malgré ce bémol, j'ai terminé ce roman sans aucun mal, au contraire, j'ai vraiment apprécié ces moments de lecture.
Pour finir, c'est un livre que je conseille à ceux qui aime les romans épistolaires (bien que cela ne constitue pas tout le roman, il y en a quand même de bons passages) et les récits inspirés de faits réels (ainsi qu'une pointe de mystère qui nous porte à lire la suite pour savoir « Mais finalement elle est coupable/innocente/folle/saine d'esprit ??? Tout à la fois ??? ».
C'est un quatre étoile pour moi.
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Woland
24 décembre 2007
Alias Grace
Traduction : Michèle Albaret-Maatsch
Je viens d'achever "Captive", dont le titre anglais est en fait : "Alias Grace." Et c'est un roman ... captivant, ceci dit sans aucun jeu de mots.
On sait avec quel intérêt Atwood a souvent oeuvré sur la condition des femmes dans la société. Ici, elle se base sur un crime réellement commis au Canada le 23 juillet 1843 pour y brosser un portrait saisissant de la condition qui était faite aux femmes de condition modeste à cette époque, avec la prison et l'asile psychiatrique en filigrane.
" Les détails [du meurtre] étaient croustillants ; Grace Marks était singulièrement jolie et aussi extrêmement jeune [16 ans lorsqu'elle se fit la complice de James Mc Dermott] ; Nancy Montgomery, la gouvernante de Kinnear [et première victime des assassins] avait auparavant donné naissance à un enfant illégitime et était la maîtresse de Thomas Kinnear ; lors de son autopsie, on découvrit qu'elle était enceinte. Grace et James Mc Dermott, lui aussi employé chez Kinnear, avaient fui ensemble aux Etats-Unis et la presse les supposait amants. L'association de sexe, de violence et l'insubordination déplorable des classes inférieures se révéla très affriolante pour les journalistes de l'époque."
Voici ce que, dans sa postface, nous dit l'auteur des faits historiques qui l'inspirèrent. Comme on le voit, il y avait là-dedans de quoi ravir les amateurs actuels de "Détective" !
Mais le plus étrange, c'est que, si James Mc Dermott fut pendu parce qu'on avait pu établir sans problème qu'il avait tué Thomas Kennear sans que Grace fût présente, il s'avéra impossible de trancher aussi nettement dans le cas de la mort de Nancy et de la complicité de Grace. Cette dernière donna au moins quatre versions des faits et surtout, il semblait bien qu'elle ne se rappelait rien. du coup, on commua sa condamnation à mort en détention à perpétuité. Mais, si l'on excepte une crise d'hystérie qui la conduisit à séjourner un temps dans un asile psychiatrique, elle se conduisit toujours en prisonnière modèle. La femme du gouverneur du pénitencier s'intéressa à elle, lui confia même des tâches ménagères (Grace cousait de façon remarquable) et même si cela fût long, on finit par obtenir sa grâce, après trente ans d'emprisonnement. On lui procura un emploi, une maison et elle finit par se marier et se faire oublier.
Je ne vous raconterai pas tout ce que le talent d'Atwood est parvenu à tirer de tout cela. Sachez pourtant que, aux deux tiers de ce livre qui tient en haleine son lecteur, celui-ci, tout heureux, finit par penser : "Mais oui ! mais c'est bien sûr !" ... Malheureusement, quelques chapitres plus loin, la conviction qu'il croyait désormais la sienne est à nouveau remise en question, de façon très subtile. Et si l'auteur a l'air de se jouer de nous, n'est-ce pas, finalement, parce que son personnage n'a cessé de se jouer des autres ?
Comme toujours chez la romancière canadienne, la description qu'elle donne de bourgeoisie - ici, la bonne bourgeoisie canadienne, toute pétrie de ce victorianisme venu de la mère-patrie - est saisissante ... et consternante. Depuis celles de Zola, contant dans son "Pot-Bouille" les mille et une misères d'Adèle, la petite bonne des Josserand, je n'avais lu rien de plus authentique.
Les classes plus modestes sont aussi montrées sur le vif : le père ivrogne de la petite Grace est une horreur ; Dora et James Mc Dermott sont, chacun à sa manière, les représentants d'une domesticité au plus bas, moralement parlant ; Mary Whitney a tout d'une rebelle mais elle est née trop tôt, la malheureuse, tandis que Nancy, plus conservatrice, ne rêve que d'une chose : s'embourgeoiser à son tour. On soulignera d'ailleurs le fait que Grace, en femme avisée, devenue maîtresse chez elle, refusera toujours d'avoir une domestique à demeure ...
Cependant, chez toutes ces femmes, riches ou pauvres, une constante est présente : la soumission (par nécessité ou par lassitude) à l'ordre masculin.
Et pourtant, franchement, les hommes en cette affaire sont dépeints comme faibles, profiteurs, lâches ... sauf peut-être Jeremiah, le colporteur.
Si quelqu'un d'autre lit ou a lu "Captive", il serait intéressant de confronter nos points de vue sur la culpabilité de Grace. Je réserve donc le mien en attendant. ;o)
_________________
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka02 janvier 2017
Il se plante devant son miroir, essaie de nouer sa cravate. Il déteste les cravates, le souhaiteraient au diable ; il ne supporte pas davantage son pantalon ni, en général, tout ce qui s'apparente à des vêtements empesés et convenables. Pourquoi l'homme civilisé juge-t-il bon de torturer son corps en l'enfonçant dans la camisole de force d'une tenue de gentilhomme? Peut-être s'agit d'une mortification de la chair, comme un cilice? Les hommes devraient naître dans de petits costumes en laine qui grandiraient avec eux au fil des ans, ça leur éviterait de faire appel aux tailleurs, avec leur perpétuel embarras et leurs petits snobisme.
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SachenkaSachenka01 janvier 2017
N'empêche, criminelle est un terme fort quand on vous l'attribue. Il a une odeur, ce terme - musquée et suffocante comme des fleurs mortes dans un vase. Parfois, la nuit, je me le répète dans un murmure : Criminelle, criminelle. Il bruisse comme une jupe en taffetas sur un plancher.
Criminel n'est que brutal. Il a l'effet d'un marteau ou d'un bout de métal. Si je n'avais que ça comme choix, je préférais être une criminelle qu'un criminel.
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MimekoMimeko01 mai 2017
Mais ce docteur ne me fera pas de mal, l'épouse du gouverneur me l'a promis. Tout ce qu'il veut, c'est mesurer ma tête. Il mesure les têtes de tous les criminels du pénitencier pour voir s'il peut dire, d'après les bosses sur le crâne, de quel genre de criminel il s'agit, si ce sont des pickpockets, des filous, des escrocs ou des meurtriers, elle n'a pas dit. Comme toi, Grace. Et du coup on pourrait boucler ces gens avant qu'ils n'aient l'occasion de commettre le moindre méfait et imagine comment le monde s'améliorerait.
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MimekoMimeko08 mai 2017
L'esprit songe-t-il, ressemble à une maison - les pensées que les propriétaires n'ont plus envie d'exposer ou celles qui suscitent des souvenirs douloureux sont bannies de la vue et consignées au grenier ou à la cave ; et, dans l'oubli, comme dans la mise à distance de meubles cassés, il y a assurément une part de volonté à l’œuvre.
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MimekoMimeko04 mai 2017
J'ai pour objet de réveiller la partie de son esprit qui demeure en sommeil - de fouiller au dessous du seuil de sa conscience pour découvrir les souvenirs qui doivent forcément y être enfouis. J'ai abordé son esprit comme s'il s'agissait d'un coffret verrouillé dont je devrais trouver la bonne clé : mais, jusqu'à présent, je dois l'admettre, je ne suis pas allé très loin.
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