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Christophe Ono-dit-Biot (Autre)Lori Saint-Martin (Traducteur)Paul Gagné (Traducteur)
EAN : 9782221262955
208 pages
Robert Laffont (05/05/2022)
3.47/5   67 notes
Résumé :
Présentation de l'éditeur
" Depuis toujours nous étions tous deux, de notre propre aveu, des menteurs émérites et éhontés. " Ainsi Pénélope évoque-t-elle le couple qu'elle formait avec Ulysse - Pénélope qui, comme son époux, recourut à la ruse et à l'artifice pour sauver sa vie.
Selon Homère, Ulysse à son retour de Troie massacra tous les prétendants à son trône qui, en son absence, avaient courtisé son épouse. Mais il fit aussi pendre les douze serva... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
3,47

sur 67 notes

lyoko
  05 septembre 2017
Bien évidemment la servante écarlate a titillée ma curiosité et je voulais donc lire d'autres oeuvres de Margaret Atwood.
Et puis j'ai toujours voulu lire l'illiade et l'odyssée, mais j'avoue qu'Homer me fait assez peur. J'ai peur que la tournure des phrases me fassent fuir a grands pas.
Du coup, une immersion dans l'histoire d'Ulysse me tentait assez. Mais Ici l'auteure nous narre l'histoire de Pénélope : sa naissance, son mariage, sa longue attente et ses retrouvailles. le tout conté bien après sa mort.
Cette revisite est assez intéressante par le parti pris de l'auteure. J'ai beaucoup apprécié notamment sa façon de rapporter les rumeurs entendues par les voyageurs ayant croisé le chemin d'Ulysse..
Un roman que j'ai pris grand plaisir à lire et qui me confirme que l'univers de Margaret Atwood est assez particulier mais surtout très intéressant. J'apprécie toujours autant sa plume franche et poétique.
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Sachenka
  12 décembre 2016
Petit roman intéressant, que L'Odyssée de Pénélope. L'auteure canadienne Margaret Atwood revisite un épisode de la mythologie grecque. Pas celui d'Ulysses qui fait la guerre à Troie et qui prend un temps fou à revenir chez lui, non, mais plutôt celui de la longue attente de son épouse, Pénélope. Et elle n'est pas restée les bras croisés à attendre pendant vingt ans ! Je dis qu'on nous raconte son histoire, oui, mais elle partage en quelque sorte la vedette avec douze de ses servantes-esclaves, qui forment le choeur de son histoire (lien à faire avec le théâtre antique). À vous de découvrir comment ces deux trames vont converger.
Au début, j'ai appris quelques informations intéressantes. Je m'y connais plutôt bien en mythologie gréco-romaine mais je dois admettre que toutes ces légendes forment un réseau tellement complexe qu'il est difficile de se rappeler de tout et de connaître tous les détails sur chacun de ces héros (et héroïne !) d'un autre temps. Par exemple, tout ce qui entoure la naissance et l'enfance de Pénélope. Pour moi, elle n'était que l'épouse d'Ulysse, point à la ligne. Mais non, il y a plus à dire sur elle. Fille d'Icare, roi de Sparte, et d'une naïade (divinité mineure de l'eau), on avait prophétisé qu'elle tisserait le linceuil de son père. Ce dernier a donc voulu se débarrasser de sa fille en essayant de la noyer. Pas très futé ! Après un repentir presque sincère, il lui procura une situation à la cour de Sparte puis l'épousa à Ulysses. le reste fait partie de l'histoire… mythologique.
Par la suite, Atwood relate les événements mentionnés dans L'Odyssée d'Homère. Rien de nouveau ici et, après une cinquantaine de pages, ça m'a agacé un peu. Pas mauvais mais j'avais l'impression de relire une histoire déjà lue maintes fois et je commençais à m'ennuyer. Bien sur, elle racontait cette histoire du point de vue de Pénélope, féminin. Mais la même histoire quand même… Jusqu'au trois quart du livre. Là, retournement de situation. L'auteure a réussi à trouver un filon, à rendre son histoire originale. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir de cette lecture. Ce que je peux dire, c'est que l'auteure est parvenue à me surprendre en inventant un secret à Pénélope. Mais, ce qu'il y a de génial, c'est qu'elle l'a fait en interprétant différemment un passage du mythe tout en y restant fidèle. Et je dois admettre que ça fait du sens… du grand art !
De plus, elle a concilié son mythe avec ces douze servantes-esclaves qui constituaient le choeur de son histoire et dont je cherchais le sens, l'utilité. Beau travail ! À la toute fin, il y a cette histoire de procès moderne dans l'au-delà qui m'a laissé de marbre mais je ne m'y suis pas trop attardé. J'étais encore tout chamboulé par le dénouement précédent. Bref, L'Odyssée de Pénélope est une petite lecture bien agréable.
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TiboLexie
  12 avril 2021
J'étais enthousiaste à l'idée d'aborder cette grille de lecture du mythe de l'odyssée sous le prisme de l'épouse d'Ulysse, Pénélope. En effet, Margaret Atwood y change de perspective en faisant parler celle qui incarne la fidélité et la loyauté à toute épreuve. On découvre qu'ayant échappé de peu à une noyade durant son enfance, l'épouse rêvée avait très tôt appris à se défendre seule. C'est dire qu'elle s'était forgée un caractère tenace bien avant d'être contrainte par les péripéties de son légendaire époux.
Pénélope est alors réhabilitée dans sa propre personnalité. Malheureusement, ce propos perd en intensité par la suite à l'exception notable de sa "confrontation" avec sa cousine Hélène instigatrice ( avec son amant Pâris) de la fameuse guerre de Troie.
Aussi, l'épisode de l'exécution des douze servantes, coupables de trahison pouvait déboucher sur une hypothèse intéressante mais l'autrice l'effleure et se garde bien de la creuser.
L'odyssée de Pénélope reste néanmoins un ouvrage audacieux qui pousse à questionner les mythes tels qu'ils nous sont contés à travers les générations.
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Arakasi
  06 mars 2018
« Toi l'épouse modèle, le grillon du foyer, toi qui n'a point d'accrocs dans ta robe de mariée, toi l'intraitable Pénélope…En suivant ton petit bonhomme de bonheur, ne berces-tu jamais en tout bien tout honneur de jolies pensées interlopes ? » chantait Brassens. Il est sympa, Brassens, et je l'aime beaucoup. En plus de cela et tout gros macho qu'il soit, il sait taper juste quand il s'agit de psychologie féminine – enfin, parfois. En effet, à quoi pensait-elle, Pénélope, pendant toutes ces longues années d'abandon à attendre son mari vadrouilleur ? Quelles réserves d'amertume, de frustration, de colère et d'angoisse a-t-elle engrangées, confrontée à un fils ingrat, un époux infidèle et absent, des prétendants avides et hypocrites ? Du fond des Enfers où elle se morfond, Pénélope se souvient et nous conte, avec humour et acidité, ses années de jeunesse, ses noces avec un petit roitelet à l'esprit rusé et à la langue bien pendue, son court mariage suivi d'une interminable attente…
On parle souvent (en bien ou en mal) de l'ingéniosité d'Ulysse, le plus roué des monarques achéens dont l'intelligence causa la chute de Troie, mais on oublie que sa fidèle épouse, Pénélope, n'avait elle aussi rien d'une sotte. Margaret Atwood lui rend justice dans ce court roman et nous offre un intéressant pendant féminin aux récits de l'Iliade et de l'Odyssée. L'idée est attirante et Atwood l'exploite avec habilité, pourtant je suis sortie assez mitigée de ma lecture. Que le portrait d'Ulysse dressé par l'auteure soit globalement à charge ne m'a pas trop gênée – je n'aime pas trop qu'on tape sur mon Ulysse, mais j'ai toujours trouvé que son côté un peu connard faisait partie de son charme – mais je regrette le manque de profondeur et de subtilité du récit d'Atwood.
Les thématiques explorées sont nombreuses et fascinantes, mais généralement traitées de façon superficielle et trop rapide. Le récit, sans être déplaisant, reste assez anecdotique jusqu'au meurtre des servantes par Ulysse qui introduit une attrayante ambiguïté dans la narration. Pénélope, de son propre aveu « menteuse émérite et éhontée » comme son illustre époux, est-elle tout à fait franche quand elle déplore leur massacre ? Ou cache-t-elle sous son voile de vertu quelque secret inavouable que les pauvres filles auraient pu révéler ? En conclusion, un petit livre intéressant, mais qui aurait pu l'être encore plus avec un brin de nuance supplémentaire.
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sylvie
  06 juillet 2008
Je suis ravie d'avoir découvert ce roman et cette auteur que je ne connaissais pas. J'y reviendrai, c'est sûr. Elle a écrit de nombreux romans et nouvelles dont les thèmes m'intéressent.
Pour l'heure, j'ai découvert son "Odyssée de Pénélope", parce que j'aime beaucoup l'Odyssée d'Homère et que j'essaie de m'intéresser à ses personnages féminins. Pénélope en est un et pas des moindre...
L'éditeur écossais Cannongate Books a proposé à certains auteurs contemporains de "réécrire"un des grands mythes de leur choix, constituant ainsi une collection internationale qui les "revisite"avec un oeil vivant et fécond.
Margaret Atwood, faisant partie de l'aventure, nous livre ici l'Odyssée, pas moins, mais racontée par Pénélope.
Elle fait de ce personnage le centre de l'intrigue et du même coup nous en propose une lecture riche et libre, étayée sur des recherches passionnantes.
J'ai vraiment beaucoup aimé faire la connaissance d'une Pénélope, fille d'Icare et d'une Naiäde.
A moitié nymphe, elle survit de la noyade organisée par son père qui voulait s'en débarrasser.
Cette généalogie lui est conférée par des sources autres que l'Odyssée, (Hérodote, Pausanias, Apollodore et Hygin).
Margaret Atwood a travaillé à incarner ce fameux personnage grâce à l'ouvrage de Robert Graves, "Les Mythes grecs" dans lequel on trouve aussi des éléments relatant des rumeurs d'infidélités.
Le récit est court et extrêmement construit. Il s'enroule autour de la recherche d'une réponse à une question : "Comment expliquer la pendaison des douze servantes ? Et que manigançait vraiment Pénélope ?"... "J'ai toujours été hantée par l'image des servantes pendues"... Dans l'Odyssée de Pénélope, Pénélope l'est aussi."
Du royaume des morts, Pénélope dit tout, parce qu'elle sait tout, enfin, et ne peut plus se taire.
Elle raconte pas à pas l'histoire d'Ithaque sans Ulysse, et celle de son retour avec le carnage qui s'ensuit.
Les servantes assassinées poursuivent Ulysse sans répit, criant à l'injustice et se vouant à une vengeance éternelle.
Elles forment un choeur antique qui revient régulièrement rythmer le texte pour annoncer de manière burlesque, grotesque, ou tragique ce qui va suivre.
Mais au chapitre 24, c'est à un cours d'anthropologie qu'elles nous invitent, et là, elles nous exposent la théorie brillante et étonnante de Margaret Atwood qui voit dans la tuerie l'image d'un rite ancien, détourné par Ulysse, pour sauver sa peau.
Pénélope devient l"implacable déesse de la lune", incarnation d'Artémis en personne .
Les douze servantes seraient ses compagnes, aux fonctions religieuses...
Leur massacre, l'ultime prise de pouvoir d'Ulysse sur le royaume de sa femme.
Voilà donc une interprétation audacieuse de cette fameuse histoire que j'ai lue avec une certaine jubilation.
Cette théorie en fait un texte féministe qui ne se prend pas pour autant au sérieux et qui sait nous amuser.
Pénélope a le verbe haut et des talents de conteuse comparables à ceux de son illustre époux .
Je ne vous citerai pas tous les passages où elle raconte à sa manière les exploits d'Ulysse qui lui sont rapportés, comme l'épisode du cyclope où elle ne voit qu'un borgne belliqueux voulant jeter Ulysse hors d'une taverne sordide...
Je vous invite simplement à la lecture de ce texte qui vraiment, offre de bons moments.
Des images et des liens en + : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/07/lodysse-de-pnlope-margaret-atwoood_06.html
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
berym_berym_   16 mai 2022
Si nous le souhaitons, nous avons la possibilité de renaître et de faire à nouveau l'essai de la vie ; mais auparant, nous devons boire les eaux de l'oubli, qui effacent de notre mémoire la moindre trace de nos vies antérieures. La théorie le veut, semble-t-il. A l'instar de toutes les théories, celle-ci vaut ce qu'elle vaut. Les eaux de l'oubli ne fonctionnnet pas toujours comme elles le devraient. Nombreux sont ceux qui se souviennent de tout.
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SachenkaSachenka   13 décembre 2016
Où en étais-je, déjà? Ah, oui. Les mariages. On se mariait pour avoir des enfants, et les enfants n'étaient ni des jouets ni des animaux de compagnie. En fait, ils servaient de courroies de transmission. Que transmettait-on? Des royaumes, de précieux cadeaux de noces, des récits, des rancunes, des vendettas sanglantes. Par l'entremise des enfants, on scellait des alliances ; par l'entremise des enfants, on vengeait les affronts. Faire un enfant, c'était libérer une force vive.
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SachenkaSachenka   15 décembre 2016
Ma belle-mère était circonspecte. C'était une femme pincée, malgré le bon accueil qu'elle m'avait fait pour la forme, je sentais sa réprobation. Elle n'arrêtait pas de répéter que j'étais certes très jeune. Ulysse lui a fait remarquer un jour, narquois, que c'était un défaut qui se corrigeait avec le temps.
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SachenkaSachenka   14 décembre 2016
[Ulysse] m'a dit un jour que chacun a une porte secrète, celle qui s'ouvre sur le coeur, et qu'il se faisait un point d'honneur d'en trouver la poignée. Car le coeur était à la fois la clé et le verrou.
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SachenkaSachenka   16 décembre 2016
J'avais dit préférer les réponses honnêtes, mais, bien entendu, personne ne les préfère pour de vrai, surtout lorsqu'elles sont si peu flatteuses.
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Videos de Margaret Atwood (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Margaret Atwood
Provocant, déconcertant et prophétique, La Servante écarlate est un phénomène mondial. Une adaptation graphique originale et stupéfiante du roman de Margaret Atwood, superbement illustrée par l'artiste Renée Nault.
Dans la république de Galaad, les femmes n'ont plus aucun droit. Vêtue de rouge, Defred est une « Servante écarlate » à qui l'on a ôté jusqu'à son nom. Réduite au rang d'esclave sexuelle, elle a été affectée à la famille du Commandant et de son épouse et, conformément aux normes de l'ordre social nouveau, met son corps à leur service. Car à une époque où les naissances diminuent, Defred et les autres Servantes n'ont de valeur que si elles sont fertiles. Sinon… Dans une description d'une force peu commune, Defred se remémore le monde d'avant, quand elle était une femme indépendante, jouissant d'un emploi, d'une famille et d'un nom à elle. Aujourd'hui, ses souvenirs et sa volonté de survivre sont de véritables actes de rébellion.

Crédit musique : Loik Bredolese - All the regrets
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