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EAN : 9782809822359
240 pages
Éditeur : L'Archipel (01/06/2017)
3/5   2 notes
Résumé :
Brême, avril 2000. Vladimir Poliakov, 90 ans, transporte une lourde valise. Sans prêter attention aux gouttes de pluie, le vieil homme se dirige vers le musée dont il a griffonné l'adresse sur un bout de papier : Am Wall 207. Arrivé à la Kunsthalle, il est reçu par la conservatrice en chef, à qui il dévoile ses chefs-d'oeuvre : des dessins de Du rer, des esquisses de Rembrandt, des aquarelles de Rubens... Une collection inestimable ! Comment cet ancien commandant de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Rodin_Marcel
  22 mai 2019
Brighelli Jean-Paul – "Noirs dessins" – éd. de l'Archipel, 2017 (ISBN 978-2-8098-2235-9) – format 23x15cm, 232p.

Déception. Voilà un roman qui commence de façon passionnante, pour s'enliser au fil des pages dans de navrants archétypes.

En effet, l'auteur aborde avec un certain talent et des connaissances solides le thème de la spoliation, par les nazis, des biens artistiques appartenant à des familles juives dans toute l'Europe occupée.
La première mention de l'ERR (pour "Einsatzstab Reichsleiters Rosenberg" dirigé par Kurt von Behr), en page 98 (compléments en p. 133), est immédiatement complétée (page 99) par celle de l'ouvrage de Rose Valland "le front de l'art" paru en 1961, preuve s'il en est que l'auteur connaît son sujet.
Il conforte cette impression en se livrant à plusieurs reprises à quelques digressions (bien amenées à mon sens) sur la posture des hauts dignitaires nazis par rapport à la peinture, en commençant par Adolf Hitler, peintre raté (pp. 91-95) et ses séides (pp. 100-102), au premier rang desquels Goering (pp. 131-134).

Mieux encore, il prend soin d'exposer ces connaissances – qui pourraient paraître quelque peu arides dans le cadre d'un roman policier – par le biais de deux personnages bien amenés : d'une part le vieux russe venu restitué une vieille valise remplie de trésors à un musée allemand (mais hélas ce personnage attachant disparaît dès la fin du prologue), d'autre part le professeur d'université en histoire de l'art.
Concernant ce personnage dénommé Loutrel, qui va servir de héros tout au long de la narration, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est particulièrement bien campé, en vieux beau collectionnant les jeunes étudiantes éperdues, cultivant son pseudo-dilettantisme de dandy, veillant à arrondir ses fins de mois en vendant (à vil prix, à l'aune de sa petitesse) ses précieuses connaissances, bref, le cabotin parfait tel qu'on le voit sévir dans les universités de sciences humaines (cf par exemple Houellebecq "Soumission").

Ainsi structuré autour d'un thème fort et bien documenté, et porté par un personnage principal soigneusement typé, le récit semble bien engagé.

Malheureusement, malheureusement, lorsqu'il se met à élargir la trame, l'auteur tombe rapidement dans les pires clichés de la littérature policière contemporaine.
Il y a d'abord le personnage du tueur Drajko, ukrainien, androgyne, le vraiment très très grand-vilain archétypal, qui permet à l'auteur de nous servir de ces scènes extrêmement violentes devenues incontournables dans la littérature policière de gare actuelle.
Il y a ensuite de Grand Chef d'extrême-droite, Garcia, caricaturé lors d'une réunion d'un groupuscule se tenant "bien évidemment" à Neuilly (pp. 137-148), puis lors d'un entretien avec Loutrel au cours duquel il dévoile sa Profonde Nature (pp. 150-156) et "bien évidemment" son passé dans l'OAS : on baigne dans le cliché le plus éculé, on tombe au niveau particulièrement caricatural des romans d'un Jérôme Leroy ou d'une Dominique Manotti, ces gens qui ne comprennent rien à la montée de l'extrême-droite tout en se proposant de la "dénoncer" par leurs propos hors sujet : Jean-Paul Brighelli pourrait faire beaucoup mieux, me semble-t-il.
Il faudrait encore citer le personnage de la cheftaine du FBI, avec lequel l'auteur verse carrément dans le "Zorro" ou dans le "Tintin au pays des soviets".
Plus consternant encore, tous ces personnages se voient attribuer des caractéristiques sexuelles glauques, on ne coupe à la scène sado-maso sanguinolente, ni à l'homosexualité attribuée aux chefs fascistes (véritable standard depuis le navet publié par Jonathan Littell ("Les Bienveillantes" cf recension), ni à l'androgyne féminine.

A mes yeux toutefois, le plus grand ratage dans son roman réside dans le personnage allemand, vieillard dont le père participa à la curée sur les biens culturels juifs et ayant ainsi amassé une collection extra-ordinaire. Bien sûr, l'auteur fait allusion à l'affaire Gurlitt et à la découverte en 2011, à Munich, d'une collection inestimable d'oeuvres rachetées à vil prix aux nazis de l'ERR par son père – Hildebrand Gurlitt – d'origine partiellement juive.
On pourrait également citer les troubles origines de la collection Emil Bührle (cf exposition tenue au musée Maillol en ce début 2019).

Mais je connais d'autres allemands, fils de dignitaires nazis, qui aujourd'hui encore, septuagénaires, tombent en pleurs dès qu'ils racontent les "exploits" de leurs parents : Ferdinand von Schirach n'est pas un cas isolé.
Bref, c'est un roman raté, et c'est vraiment, vraiment bien dommage...
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