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Critiques sur The Girls (152)
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michfred
  13 septembre 2016
En m'attaquant, après California Girls, au premier roman de la très jeune et talentueuse Emma Cline, je m'attendais à une version fictive et psychologique de la sanglante saga de la Manson Family, voire à une analyse psychologique du phénomène de l'emprise sectaire sur l'esprit fragile d'une jeune fille..à moins que ce ne soit sur l'esprit d'une jeune fille fragile!

Bref, après l'épopée baroque, le rock diabolique, l'opéra lynchéen de Simon Liberati, je pensais aborder le même sujet sur le mode mineur.. et je vais même risquer le mot qui fâche :je m'attendais à une version « féminine » du tragique fait divers- un peu comme on dit d'un roman un peu fade et néanmoins distingué qu'il est « féminin », si vous voyez ce que je veux dire…

Ne poussez pas des cris d'orfraie : je provoque ! LOL, comme on ne disait pas encore dans les années 60..

En fait de roman féminin, voilà un roman puissamment féministe, mais d'un féminisme complètement renouvelé –adieu Annie Leclerc et autres bacchantes déchaînées –

Il s'appelle « The Girls » et je vous renvoie, pour l'analyse du titre, à l'excellente critique de Henri-l-oiseleur.

The Girls. Les filles.

Les filles, celles de la famille Manson bien sûr, mais aussi les filles américaines conditionnées par les publicités et les magazines de l'époque, les filles qui passent à se rendre désirables , - « remarquables »- un temps fou, ….temps que les garçons occupent, efficacement , à devenir eux-mêmes.

Les filles qui sont tellement plus fortes quand elles sont ensemble, qui semblent de jeunes requins arrogants en maraude dans les supermarchés où Evie les rencontre, ces filles qui disent « nous » et « on », alors qu'Evie, la jeune narratrice, perdue dans une famille qui ne l' éduque pas, qui ne la calcule pas, qui ne la comprend pas, ne peut utiliser qu'un « je » misérable et esseulé.

Les filles qui deviennent, comme Evie Boyd, des femmes «d'un certain âge», mais qui gardent la peur au ventre quand on sonne à leur porte, quand on les regarde avec un peu trop d'insistance au bowling, quand un coureur au crâne rasé semble foncer sur elles au bord d'une plage…

Les femmes qui voudraient pouvoir dire aux très jeunes filles qu'elles rencontrent que quand les hommes, devant elles, parlent entre eux, c'est leur silence à elles qu'on entend, et que ce silence est assourdissant…

Les filles , les femmes qui ont souvent en elles une telle frustration, une telle haine parfois, que c'est un miracle qu'elles ne deviennent pas des tueuses...

Formidable livre d'Emma Cline, construit sur deux plans , sur deux temps, alternés avec subtilité : celui du récit retraçant la rencontre, l'emprise puis le rejet brutal de la très jeune et très paumée Evie par les « Filles » de Manson, et celui du recul critique, de l'évaluation, où Evie, mûrie, 30 ans plus tard, constate que les choses, pour les jeunes filles américaines, même celles qui se donnent des airs très affranchis, n'ont pas tellement changé..

Remarquablement construit, écrit avec une sorte de poésie froide, parfois très glauque, souvent étincelante et aigüe comme un poignard, en tous les cas dans une langue qui n'est jamais convenue- je salue au passage la qualité rare de la traduction- , le livre d'Emma Cline m'a sidérée par son audace, sa désacralisation radicale des sweet sixties et du flower power, et sa cinglante actualité…


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Annette55
  10 octobre 2016
L'histoire se passe au nord de la Californie à la fin des années 60.
Evie Boyd, quatorze ans, un peu paumée s'ennuie : fille unique, mal dans sa peau, seule dans une grande maison vide désertée par sa mère, tout juste divorcée.

A part Connie, son amie d'enfance, personne ne la comprend.
Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, par un étouffant après- midi, elle observe une bande de filles à l'allure étrange, qui la fascinent.

Ces filles aux cheveux longs et tenues débraillées semblaient glisser au-dessus de tout ce qui les entourait, tragiques et.....à part....
Bientôt adoptée par le groupe, Evie fréquente leur ranch pour le moins étrange, crasseux et délabré.
Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée du groupe et se met à zoner en compagnie de ces marginaux, mal nourris et sales qui ressemblent en tout point aux membres de la secte hippie de Charles Manson, commanditaire d'une série de meurtres perpétrés en 1969 par "ses" filles.
Beaucoup plus tard, seule, isolée dans le ranch d'un ami, Evie se remémore cette période capitale de sa vie., la revit avec densité ...
Mais l'affaire Manson n'est qu'une toile de fond, un père absent, une mére démissionnaire, Evie est désenchantée, désabusée, naîve et fragile, drôle et grave , elle a une piètre opinion d'elle-même .......Russel , l'avatar romanesque du criminel reste en retrait , sans épaisseur, il s'efface devant "les girls ".
Ces filles et leurs personnalités abruptes, sensuelles restent constamment en éveil, sur le fil de la corruption et du vice, le portait le plus intéressant est celui de Suzanne dont Evie tombe peu à peu amoureuse.
Des énergies oppressantes, tendues à l'extrême envahissent le livre.
L'auteur, à l'aide d'une langue soutenue, poétique, raffinée, puissante, rythmée désigne les odeurs avec des adjectifs consacrés aux couleurs. Les cheveux ne sont pas roux mais" orange", les avant-bras ont la couleur "des toasts" , les dents sont "mouillées"et les emballages de brownies ressemblent à des "bonnets de pélerin".
Ce roman à l'intrigue serrée, d'une acuité intense revisite une épopée sanglante pour parler au mieux de l'adolescence , de son désir à tout prix d"appartenance, de sa fragilité, des mécanismes insidieux mais violents de la dépendance, de la vie communautaire et ses dérives , des addictions, des relations sexuelles et surtout "de la prise de conscience du monde qui l'entoure de l'adolescent "qui cherche partout des "modèles " .attirants quitte à ce qu'ils soient dangereux .

La Vision acérée d'une Époque, des portraits remarquables, saisissants de perspicacité psychologique !

Du grand art pour ce jeune auteur de vingt- sept ans !
À suivre !

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iris29
  10 octobre 2017
Glauque, poétique ,fin et sublime...

1969 :Evie Boyd, 14 printemps, vit en Californie avec sa mère, ses parents sont divorcés . Pendant que son père est occupé à refaire sa vie avec son assistante de 20 ans , sa mère "s'essaie " à refaire la sienne et ,de nouvelles amitiés en nouvelles expériences en passant par un nouvel amour, elle en oubliera sa fille.
Evie , seule du matin au soir ,tombe sur une bande de Girls dont l'aînée, Suzanne ,la fascine littéralement . Libres de toutes attaches familiales , soudées, décontractées et pleines d'assurance , elles la présenteront au leader charismatique de ce qu'il faut bien appeler une secte et Evie fuguera pour les rejoindre . Dans ce ranch crasseux , circule de la drogue , et les filles sont pour Russell , une monnaie d'échange ...relations sexuelles, prostitution, viols ...Evie fera son "apprentissage" , et sera prête à tout pour l'affection de Suzanne , quitte à la suivre au bord du précipice .
Directement inspiré par un fait divers sordide ,( l'assassinat des occupants d'une maison à Hollywood par des membres de la secte de Charles Manson , dans lequel fut assassinée ,entre autres , la femme enceinte du cinéaste Roman Polanski ) ,ce roman va bien plus loin et nous offre un scanner de la condition féminine .
L'Evie d'aujourd'hui, se souvient de ce qu'était son adolescence : une ultra solitude, et des prédateurs qui savent profiter des opportunités. Une immense liberté d'aller et venir (compte tenu de son jeune âge ), visiblement tolérée par l'époque - Mais que fait la police ? -

Emma Cline, 27 printemps, nous livre un portrait d'ado sans concession, un personnage complexe , innocent et trouble à la fois ...mais aussi le polaroïd d'une époque flower power, qui ne nous fait pas rêver ...
Un premier roman magistral, servi par une écriture originale et poétique , un putain de coup de poing ! A quand le film ?
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palamede
  23 octobre 2016
Le mouvement hippie, courant de contre-culture né dans les années 60 aux USA, qui s'est répandu ailleurs ensuite, réinvente une organisation sociétale avec les communautés où la liberté sexuelle, la consommation de drogue, les cheveux longs et l'habillement négligé sont la règle - une manière de rejeter les valeurs traditionnelles des générations précédentes et la société de consommation.

Si le mouvement a été bénéfique dans les domaines musical et littéraire (confer le festival de Monterey ou de Woodstock et les auteurs de la Beat Generation comme Kerouac), et a fait évoluer la société dans son ensemble, il a été aussi à l'origine de dérives comme l'affaire Manson qui a traumatisé l'Amérique et le monde par son épouvantable violence gratuite.

The girls, inspiré de ce sordide fait divers, montre à quel point, dans ce contexte libertaire, certains ont profité de la naïveté de filles très jeunes (plus que des garçons) pour abuser d'elles, réaliser des ambitions personnelles ou assouvir une vengeance. C'est une dérive sectaire avec une manipulation des plus fragiles dont le mécanisme est remarquablement décrit ici.

Une histoire relatée avec la volonté de lui donner aussi une portée plus générale, car l'auteure ne se contente pas de rapporter des faits mais conduit à une réflexion sur l'adolescence, ses fragilités, ses basculements, et plus encore sur la place des femmes dans une société patriarcale qui les néglige et les fragilise en leur fermant les portes de l'indépendance et de l'autonomie. Un premier roman pénétrant, subtil et poétique qui révèle le beau talent de la très jeune écrivaine, Emma Cline.
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nameless
  08 janvier 2017
Grâce à son succès planétaire bien mérité, tout le monde sait désormais qu'Emma Cline dans The girls a choisi de romancer un fait divers qui a traumatisé le monde en 1969 : l'assassinat de Sharon Tate, de son enfant sur le point de naître, de ses amis, par les membres de la secte Manson. L'onde de choc produite par l'événement a été amplifiée par sa sauvagerie gratuite, par la notoriété de l'actrice et de son époux, Roman Polanski, et par la personnalité des meurtriers, en apparence de doux-dingues-rêveurs qui vivaient en communauté selon le modèle en vogue à l'époque du Peace & Love, flowers in the cheveux.


Mais au-delà de ce choix percutant qui réveille d'emblée la mémoire collective du lecteur, ce qui m'a frappée dans ce roman, c'est son universalité, son intemporalité pour décrire avec une acuité quasi-surnaturelle ce passage si délicat entre l'enfance et l'âge adulte qu'est l'adolescence, ainsi que les techniques utilisées par des manipulateurs charismatiques pour réduire en esclavage leurs adorateurs. Pour ces deux motifs, The Girls deviendra certainement un classique parce que ses thèmes sont éternels.


Evie est comme de nombreuses adolescentes de 14 ans, mal dans sa peau, boutonneuse, maladroite, elle conteste le modèle parental, cherche à repousser les limites, espérant l'amour sans savoir à quoi s'attendre, elle est délaissée par ses parents en cours de séparation. Aussi, quand elle croise Suzanne, qui affiche un aspect miteux qui annonce une hostilité vis-à-vis du monde dans son ensemble, qui vole dans les magasins et les poubelles, et semble libre, Evie s'entiche. Suzanne vit au ranch, en compagnie de Russell, musicien raté avant d'avoir été produit, à qui elle est inféodée. Il y a d'autres membres, tous paumés et surtout pâmés devant le gourou. Pour se rapprocher de Suzanne, Evie vient de plus en plus souvent au ranch où, « en cible enthousiaste, impatiente de s'offrir », elle se découvre appréciée, une pensée inconnue et réconfortante, un mystérieux cadeau. Grâce à la communauté, elle remplit tous les vides qui sont en elle avec les certitudes du ranch et le chouette bagou de Russell, plus d'ego, débrancher l'esprit, capter le vent cosmique à la place. Elle se libère du vieux contrat, ne se laisse plus polluer par l'éducation civique ou les livres de prières, car le bien et le mal n'existent pas selon Russell. Il l'émerveille, capable de rapiécer les parties vides de son existence. Lorsqu'elle ne comprend pas certaines choses, comme lorsqu'il gifle Helen par exemple, Evie recycle les paroles entendues, procède à un réarrangement mental et les façonne sous forme d'explication satisfaisante : il est obligé de punir pour prouver son amour, il ne veut pas le faire mais doit les inciter à aller de l'avant dans l'intérêt du groupe. Ca lui fait du mal de faire mal, mais il le doit.


Ca, c'est la vision d'Evie. La mienne, bien moins romantique, c'est que cet homme qui use de son pouvoir magnétique, distribue des caresses et des mots doux et creux, s'appuie sur des théories fumeuses, n'a pas créé ses girls, il s'est appuyé sur leur vulnérabilité, leur fragilité, leurs doutes, solitudes, abandons, désorientations, confusions pour les embrigader. Il a saisi leurs souffrances, leurs désirs, pour les utiliser contre elles. Sous prétexte d'amour « libre », il viole. Sous prétexte de partage, magnifique notion, il offre ses girls à des pervers dont il espère un contrat pour sa musique minable. Sous prétexte de liberté, toutes les drogues sont en circulation au ranch, qui bien loin d'éveiller la conscience comme il le professe, grillent les neurones et la volonté des filles. Sous prétexte que les enfants n'appartiennent pas à leurs parents, les jeunes moutards errent, sans soins, sans éducation, les couches pleines et leurs chevelures dévorées par les poux.


Il s'agit d'un roman électrique. La langue est fébrile, la poésie n'est jamais loin. Sans doute le très jeune âge de son auteure prodige est-il pour beaucoup dans cette description chirurgicale de toutes les émotions adolescentes. L'exemple donné est celui de Charles Manson, la période choisie est celle des sixties. Il me semble qu'aujourd'hui encore, cet embrigadement de jeunes vulnérables est toujours d'actualité, avec d'autres gourous, pour d'autres motifs. D'ailleurs en fin de roman, lorsque Evie, plusieurs décennies après les faits, passe une soirée en compagnie de très jeunes gens, Sasha, son pticopain Julian, et Zav, avec qui Julian est « en affaires de drogues », elle constate que rien n'a changé, la fille reste une monnaie d'échange, "cible enthousiaste, impatiente de s'offrir".

C'est puissant et tellement vrai, tellement juste et tellement bien écrit.
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Titania
  20 septembre 2016
Je me souviens de cette affaire criminelle glaçante qui défraya la chronique en 1969. Elle mit un terme à notre représentation idéalisée des communautés hippies chevelues et mal fagotées, considérées alors comme inoffensives et pacifiques. En effet, l'une d'entre elles sous l'emprise de son gourou mégalomane s'est acharnée à l'arme blanche sur ses victimes, dont la femme du cinéaste Roman Polanski, alors enceinte de 8 mois.

Je ne m'attendais pas à cette relecture des événements par une auteure de 27 ans, sur le mode de l'introspection d'une très jeune adepte d'une secte fictive plus vraie que nature, une variation sensible, profonde et tragique sur la quête des points de bascule de son héroïne et à travers elle, ceux des autres membres de cette communauté, comme si de cette affaire lointaine, elle cherchait à tirer une leçon pour le présent, ou sur l'être humain en général.

L'aspect politique de l'affaire Manson est gommé, place à la vérité des sentiments. Comment des jeunes femmes en manque d'amour, ont elles pu commettre des abominations d'une violence inouïe ?

Emma Cline est surprenante de précision et de nuance, dans son approche de la crise d'adolescence des filles sur fond de terribles manques affectifs, ne demandant qu'à être comblés, faisant d'elles des proies plus faciles que les garçons, pour des hommes manipulateurs, s'appuyant parfois sur le charisme personnel de l'une d'entre elle, et la consommation de drogues dures pour relayer leur emprise.

Avec cette précision dans la réflexion, on en oublie que l'Evie adulte a bizarrement perdu quelque part, la fortune et la maison de sa grand mère actrice célèbre et survit de petits boulots, rien n'est parfait dans un récit, mais c'est un détail.

Que la frontière entre celle qui est en prison et celle qui est dehors soit si mince, c'est très troublant. C'est le fait d'un mélange compliqué de libre arbitre, de conditionnement et de hasard, qui nous embarque dans les pensées complexes de ce personnage troublant et brisé, qui dès le début affirme qu'elle aurait très bien pu, elle aussi, devenir une criminelle...

Un très bon moment de lecture, c'est dense, intense et ça interpelle
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Bazart
  03 novembre 2016
J'ai un peu honte de l'avouer, mais l'assassinat de Sharon Tate, la femme de Roman Polanski, par Charles Manson et des adeptes de sa secte, je ne connaissais pendant longtemps rien, ou si peu qu'on peut résumer par les vers de Nicolas Peyrac dans So far away from L.A. : « Pauvre Madame Polanski / D'un seul coup on t'a pris deux vies / Mais qui donc s'en souvient ici ? » (le dernier strophe permettant de me déculpabiliser de mon ignorance"...

Heureusement, en cette rentrée littéraire, deux romanciers, l'une américaine et l'autre français, ont décidé de rafraichir notre mémoire en revenant sur cette tragédie de l'assassinat de Sharon Tate, par des adeptes du gourou Charles Manson. The Girls, d'Emma Cline et California Girls, deux romans incontournables de cette rentrée littéraire, et deux lectures finalement complémentaires sur un même sujet.

Pour son tout premier roman, The girls, la première d'entre elles i a fait sensation aux USA.

Emma Cline choisit de partir des événements et de la personnalité des membres de la secte pour créer une histoire et des personnages fictifs, bien que leur source d'inspiration parait assez évidente.

Ainsi, Russell, grand gourou séducteur et spirituel, musicien à ses heures perdues , évoque largement Charles Manson, tandis que Suzannre, objet de désir pour la narratrice, Evie, semble totalement inspirée par la plus charismatique des filles Manson, celle présentée comme étant la plus cruelle également : Susan Atkins, dite « Sadie ».

Si les faits sont bien évidemment inspirés des fameux meurtres perpétrés par les acolytes de Charles Manson en 1969, Emma Cline donne l'impression d'utiliser ce contexte plus pour aborder des thèmes assez proche de l'univers d'une Laura Kachiske, à savoir ceux de l'adolescence et de ses tourments.

Etude particulièrement fouillée et profonde sur les troubles et la psychologie adolescente et tout ce que cela induit :l'envie de trouver sa place, la vulnérabilité, la découverte de la sensualité, le manque de confiance en soi, l'envie de plaire, l'éveil à de nouveaux désirs : The Girls est une fort brillante et vraiment magnifique analyse des troubles de l'adolescence.

La plume de Cline, d'une grande puissance évocatrice et d'une forte tension psychologique ausculte avec ce qu'il faut de subtilité et de lyrisme la frontière tellement ténue entre le bien et le mal dans un roman qui laisse de fortes traces durables dans la mémoire et qui est assurément un des plus beaux livres de cette rentrée littéraire.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Tostaky61
  15 octobre 2016
The girls, un titre au pluriel pour une fille au singulier.
Enfin presque. Dans son livre Emma Cline nous raconte une adolescente, Evie, jeune fille de 14 ans dont la vie bascule avec le divorce de ses parents.
Perdue, fâchée avec sa meilleure amie, un regard suffit pour qu'elle tombe sous le charme de Suzanne. Evie fugue, part rejoindre la jeune femme qui squatte, en compagnie d'autres âmes égarées, une communauté , sous la protection de Russell, gourou mystérieux d'une secte sans nom.
Sexe, drogue et errance sont le quotidien de cette famille décomposée.
Emma Cline nous raconte, a sa façon romancée, et par le regard et la voix de sa jeune héroïne, une histoire qui n'est pas sans rappeler le drame qui se noua à la fin des années soixante et qui vit le clan Manson massacrer l'actrice Sharon Tate (épouse de Roman Polanski) et ceux qui se trouvaient en sa compagnie.
L'auteure nous fait un récit sans pathos, sans parti pris, sans condamnation ni justification, sur le désoeuvrement, la fragilité, la naïveté, l'admiration sans mesurer les conséquences, l'obéissance, la manipulation. On vit dans les pas de l'adolescente.
C'est ce détachement qui donne sa force a son livre.
Et ne vous y trompez pas, The girls n'est pas un livre que pour les filles....
Merci à Babelio et les Editions La table ronde pour cette découverte.
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Allantvers
  26 mars 2017
Enterrement définitif des magiques mais illusoires années hippies, qui plus est par une auteure de vingt plus jeune que moi qui ne les ai pas vécues mais beaucoup fantasmées.
Transcription extraordinairement juste de l'adolescence et de ses tourments, ses miasmes, son ennui et ses errances.
Portrait saisissant d'une époque, les sixties américaines, trop riche, trop corsetée, marquée par des mouvements de libération qui portaient en eux les germes d'un individualisme qui s'avérera délétère.
J'ai adoré ce texte, son ton, sa construction, sa perspective sixties / présent, la désillusion qui le traverse.
Décidément, la génération montante a compris beaucoup de choses, a beaucoup à dire, et le dit bien.
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stokely
  24 novembre 2016
J'ai beaucoup aimé cette lecture et pourtant j'ai eu peur d'être déçu car on voit beaucoup de bon avis sur ce livre.

Il est inspiré par ce qui est arrivée aux Etats-Unis avec la "Manson family" et le meurtre de Sharon Tate alors qu'elle était enceinte.

On suite ici la jeune Evie en 1969 qui a 14 ans, elle va rencontrer trois jeunes filles donc Suzanne et elle va trouver celle-ci avec un charme magnétique. Elle va retrouver ces filles à plusieurs reprises car Evie est en rupture avec sa mère qui cherche plus à plaire aux hommes qu'à s'occuper de sa fille.

Elle va faire la rencontre "du gourou" du squat qui se nomment Russel et passer de plus en plus de temps avec Russel et les filles dont Suzanne entre autres. La philosophie de ce "groupe" est de tout partager (chose matériel, les sentiments amoureux etc....).

On voit petit à petit l'emprise de ce groupe sur Evie elle se détache de sa famille, de ses précédentes amies comme Connie. Il s'agit d'un roman sur l'emprise, mais aussi sur l'adolescence période délicate de la vie.

Une écriture très plaisante, un style fluide on est complétement embarqué dans cette Amérique des années hippies.
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