AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
3,88

sur 30 notes
5
3 avis
4
3 avis
3
1 avis
2
1 avis
1
0 avis
J'ai eu envie de lire ce livre parce que entre 1989 et 1999, j'ai fait de nombreux séjours à Moscou. Quelques années plus tôt, se déroule l'histoire de la chanteuse russe, juste avant le début de la perestroika incarnée par Gorbachev.
Leif Davidsen rend parfaitement compte de l'atmosphère de cet avant.
" La société de l'union Soviétique excelle à décrire le mensonge comme si c'était la vérité et à regarder le mensonge en face, pour finir par lui tourner le dos en prétendant qu'il n'existe pas.
Bien que la chanteuse russe s'inscrive à mi-chemin entre le polar et le roman d'espionnage. Leif Davidsen nous montre à voir ce qu'est la société russe et l'émergence de cette nouvelle société dans ses années d'ouverture sur l'occident.
Cela lui permet par exemple de nous parler et nous faire connaître le mouvement Pamiat se présentant comme un mouvement néofasciste, ultranationnaliste et antisémite qui émerge à Moscou dans les années 80 avec son redoutable leader: Pamioukov.
Ce roman est complet, il est un bon polar teinté d'une histoire d'amour mais surtout une très bonne iniation à ce monde russe.
"Je suis un artiste russe. Je sais qu'il faut que l'âme crie sa douleur et ses désirs."
Bref, un très bon moment de lecture.
Commenter  J’apprécie          475
A l'occasion d'un passage en revue de tous ces petits pays producteurs de polars et situés entre ici et le cercle polaire arctique, je découvre aujourd'hui le Danemark et son écrivain Leif Davidsen. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne suis pas revenu déçu du voyage ! Ancien correspondant à Moscou et ancien reporter dans les pays de l'Est pour Radio Danemark, Leif est un spécialiste du sujet et décrit à la perfection l'ambiance fin de règne de l'union soviétique juste avant la glasnost et la perestroïka. Leif Davidsen est un équivalent danois de John le Carré (on imagine d'ailleurs très bien la même histoire se produisant avec des ressortissants britanniques).
Jack Andersen est un diplomate danois en poste à Moscou, en voie de divorce rapide et mal accepté par une partie de ses collègues en raison de ses origines modestes et de son inaptitude chronique à la langue de bois en vigueur dans le monde feutré des ambassades (ce qui nous le rend d'emblée sympathique). Un appel téléphonique l'informe que Sonia, l'une des assistantes de l'ambassade, et une prostituée russe notoire, ont été retrouvées mortes dans des circonstances compromettantes. Jack entreprend alors une enquête personnelle, la thèse officielle de l'accident et du suicide ne trouvant à ses yeux aucun semblant de crédibilité.
Jack va donc réveiller ses contacts (au Danemark, à l'ambassade américaine, chez les officiels soviétiques et dans les milieux artistiques). Au cours de son périple, Jack fait la connaissance de Lilli, une mystérieuse chanteuse russe qui va littéralement bouleverser son existence.
Le roman est bâti en trois parties, très inégales en longueur (la première étant de loin la plus développée, les deux autres peuvent presque passer pour des épilogues successifs). Ce triptyque donne une nouvelle dimension au roman qui prend alors l'ampleur d'une fresque et raconte une toute autre histoire, s'étalant sur plusieurs années : retour au Danemark et changement de cap pour Jack, coup de balai réformateur de la perestroïka, reprise à zéro et résolution de l'enquête dans le cadre du nouveau pouvoir, et surtout, magnifiques histoires personnelles de Jack et Lilli qui finiront par unir leurs destins lors d'une course contre la montre digne des plus grands thrillers.
Commenter  J’apprécie          90
A Moscou en 1985, deux femmes sont retrouvées mortes dans l'appartement de fonction de l'une d'elles. Sonia, secrétaire à l'ambassade du Danemark à Moscou, semble s'être ouvert les veines dans sa baignoire après avoir étranglé Véra, une prostituée soviétique, lors de jeux sado-masochistes. Jack Andersen, un Danois employé par l'ambassade, est appelé sur les lieux pour découvrir les corps en même temps que la police soviétique. Il décide alors de mener son enquête…

La chanteuse russe (1988) est le premier roman du Danois Leif Davidsen. Il a été publié en France par Gaïa, avant d'être repris par Actes Sud dans la collection Babel noir. A noter qu'il a été publié en France après Un russe candide, troisième roman de Leif Davidsen. Ce n'est pas un hasard si plusieurs des romans de Leif Davidsen traitent de la Russie. Ils lui ont été inspirés pas les quatre années qu'il a passées à Moscou comme correspondant de Radio Danemark.

Dans La chanteuse russe, c'est Jack Andersen qui raconte l'histoire à la première personne. Passionné par la Russie, il a choisi la carrière diplomatique pour ne pas devenir prof de russe au Danemark. Mais il détonne pas mal dans ce milieu, sans doute en raison de ses origines modestes.

Jack a beau adorer la Russie, il est tout de même très critique face au régime soviétique. Il décrit cette société où l'on manque de tous les biens de première nécessité et où l'on n'a aucune liberté. En tant qu'étranger, il a pourtant plus d'argent et plus de liberté de mouvement que les Russes, mais il est surveillé en permanence, les téléphones sont sur écoute et les relations avec les Russes presque interdites. C'est cette dernière règle que Jack va enfreindre quand il va rencontrer Lilli. Lilli est la soeur de Vera. C'est aussi la chanteuse russe qui donne son titre au roman. Elle se produit avec un petit orchestre dans un restaurant où elle chante de la variété. Mais elle aime surtout le rock et tout ce qui vient de l'Occident. Réunis par un tube de Bruce Springsteen, Jack et Lilli ne vont pas tarder à tomber amoureux…

La chanteuse russe n'est pas à proprement parler un roman policier, ni même un roman d'espionnage. Il s'inscrit entre ces deux genres, mais l'enquête sur la mort des deux jeunes femmes est de toute évidence un prétexte pour évoquer la fin du régime soviétique, décrire ce monde dominé par le marché noir, la corruption, et où les ennemis du régime, ou plus simplement ceux qui en savent trop, ont d'étranges accidents ou se suicident subitement. Mais rien de tout ça n'est très nouveau. En lisant ce roman, je n'ai pas appris grand chose sur la Russie et ne me suis pas passionnée pour la résolution de l'affaire policière. J'ai pourtant beaucoup aimé ce roman. Il est l'oeuvre d'un véritable écrivain, qui décrit merveilleusement les lieux, les sentiments, les états d'âme, et nous permet de bien sympathiser avec son narrateur. Je retrouverai donc très certainement Leif Davidsen bientôt, probablement avec le Danois serbe dont l'action se situera cette fois au Danemark.
Commenter  J’apprécie          80
Je voulais découvrir le roman policier danois, et cette découverte est à la fois ratée et réussie. Elle est ratée, car l'action se déroule en URSS. Minuscule bémol, en regard de la grande réussite qu'est ce roman.
La chanteuse russe nous plonge dans une époque que nous avons déjà oubliée, celle de l'URSS d'avant la Perestroïka, d'avant l'éclatement de l'URSS pour tout dire, bien avant la reconnaissance de l'indépendance des républiques baltes. L'action prend place du bon côté des choses, celui du monde diplomatique. Contrairement aux russes, les diplomates ne manquent de rien. Contrairement aux russes, ils ne sont pas obligés de rester ad vitam aeternam dans ce pays, qui n'est que l'avant-goût d'une meilleure affectation.
Le seul personnage qui tranche dans ce milieu est Jack Andersen. Il m'a été immédiatement sympathique. Lui aime ce pays, et c'est par amour pour lui, pour sa culture, qu'il a choisi cette affectation, hors de tout choix de carrière. Il n'a pas été élevé pour devenir un brillant diplomate et tranche avec ce milieu trop policé. Peu importe les piques qui lui sont lancés, il accentue comme à plaisir sa différence. Il refuse les discours convenus et déjà, le politiquement correct. Il lui importe peu que Sonia ait été légère et que sa compagne se prostituaient : justice doit leur être rendues.Il est le seul à en avoir envie puisque les intérêts du pays priment avant tout.
Il rencontre, au cours de son enquête, Lili, sa soeur de Véra, la seconde victime. Son histoire est si tragique et si absurde qu'elle serait inconcevable dans un autre pays. J'en connais même qu'elle pourrait faire rire. Lili est veuve et chante pour gagner sa vie, "sans ardeur ni intérêt", non parce qu'elle n'est pas douée, mais parce qu'elle n'aime ni ne vit ce qu'elle chante. Il n'en sera pas toujours ainsi, heureusement. le jazz, le rock, deux genres musicaux qu'elle pratique de manière quasi clandestine, lui permettent d'exprimer sa passion pour la musique. Jack, dont la vie sentimentale est un désastre, tombe amoureux d'elle, et un homme amoureux est bien plus fragilisé.
Il en faudra du temps, des renoncements pour que les meurtres de Sonia et de Véra soient jugés. Les ramifications du pouvoir sont telles, les intérêts des uns et des autres si variables suivant l'évolution du régime qu'un intermède sera nécessaire entre les deux temps forts de l'enquête pour que tout soit enfin résolu. Il en faudra aussi, des accidents qui n'en sont pas vraiment, des rencontres clandestines, des contournements des absurdes règles de vie en vigueur pour nous mener jusqu'au dénouement. Au milieu de ce chaos, l'amitié et l'amour sont les deux seules valeurs qui ne se monnayent pas - mince rayon d'optimisme, dans un récit dont l'issue restera incertaine jusqu'à la dernière page.
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
Commenter  J’apprécie          50
Un polar en URSS vers la fin du communisme, en 1985, écrit par un danois qui se met dans la peau d' un diplomate travaillant à l'ambassade du Danemark à Moscou. Ce roman restitue avec précision le contexte des derniers soubresauts du communisme à travers une intrigue tenant bien la route où se mêlent, à partir de sa propre enquête sur deux meurtres, deux destinées, la sienne et celle de la chanteuse. le livre détaille fort bien les contraintes de la vie quotidienne en Union Soviétique et nous entraîne aussi dans un suspense digne des meilleurs thrillers.
Commenter  J’apprécie          30
Andersen, diplomate danois en poste à Moscou est passionné par la Russie, mais n'a pas le profil traditionnel du diplomate occidental.
Quand Sonia, une secrétaire de l'Ambassade, est retrouvée morte, Jack va mener son enquête personnelle. Il va croiser en chemin Lili, la soeur de la petite amie de Sonia, retrouvée morte elle-aussi. Lili chante des chansons à 2 sous dans un cabaret pour gagner sa pitance, mais sa passion pour la musique va bien au-delà. Lili est la "chanteuse russe"... elle aime Bruce Springsteen. Jack aussi.

Nous sommes en 1985, encore en "URSS", et à la veille de la mort de Tchernenko. (je me permets une citation un peu ironique (ah bon ?) de Libération : "L'URSS vous présente ses meilleurs vieux", relue récemment dans Limonov d'E. Carrère, car Tchernenko venait de succéder à Andropov qui venait de succéder à un Brejnev impotent...).

La fin du roman met le lecteur hors d'haleine aux côtés des deux tourtereaux : "Run for your life". Magistral.

Le roman de Léif Davidsen, écrit en 1988, évoque le quotidien soviétique oppressant, la corruption, la surveillance, les "accidents de personnes" inexpliqués... C'est une bonne immersion dans la vie de la Russie (de l'Urss...), à une époque où Est et Ouest se surveillaient à qui mieux mieux. En tant qu'ancien correspondant à Moscou pour Radio Danemark, l'auteur maîtrise très bien le sujet. Un an après avoir écrit ce roman, "le mur" tombait.
J'avais lu le livre en oct. 2008 dans la très jolie édition Gaïa, aux pages roses...
Lien : http://coquelicoquillages.bl..
Commenter  J’apprécie          20
Davidsen Leif - «La chanteuse russe», publié aux éditions Acte-Sud-Babel Noir en mars 2011, précédemment publié chez Gaïa en 1999 (cop. 1988 pour l'édition danoise originale)

Le récit prend pour cadre l'Union Soviétique au moment de sa déliquescence.
Rappel historique : Leonid Brejnev était mort le 10 novembre 1982 dans un état de santé qui ne lui permettait plus de vraiment gouverner tout en offrant un spectacle lamentable pour l'opinion publique ; c'est lui qui avait pris, en décembre 1979, la désastreuse décision d'intervenir militairement en Afghanistan. Iouri Andropov (né en 1914) lui avait alors immédiatement succédé, dès novembre 1982, lançant quelques réformes ainsi qu'une certaine lutte contre la corruption, mais il mourut (lui aussi de "maladie grave" à la mode KGB ?) en février 1984, après avoir exercé le pouvoir suprême pendant à peine 15 mois.

Je me souviens encore aujourd'hui de la stupeur générale lorsque nous parvinrent les premières images de son successeur, Konstantin Tchernenko : né en 1911, âgé donc de 73 ans à son accession au trône, ce vieillard était déjà à demi grabataire et ne parvenait pratiquement pas à lire l'éloge funèbre de son prédécesseur ! Il fallut le hisser sur le mausolée de Lénine, et l'en redescendre à bras d'homme ! Il prétendait mettre fin à l'expérience dite «libérale» lancée par Andropov pour revenir au bon vieux communisme stalinien à la Brejnev et à la guerre froide. A ce moment-là, pas mal de gens en Occident eurent vraiment peur qu'un tel dirigeant physiquement aussi diminué, manipulé par l'état-major de l'armée devenue une puissance économique en soi, ne se lance dans une guerre désespérée n'importe où sur la planète.
C'est alors, en mars 1985, que les dirigeants soviétiques se décident à élire un «jeune» réformateur qui piaffait en coulisses, à savoir Mikhaïl Gorbatchev, 54 ans, l'adepte et le promoteur de la Perestroïka qui finalement détruisit le système communiste.

Le roman de Davidsen se déroule précisément pendant le bref intermède de Tchernenko, alors que l'URSS craque de partout. L'énigme proposée – deux femmes retrouvées mortes assassinées – n'est qu'un vague fil conducteur qui permet au personnage central, Jack Andersen, de parcourir diverses strates de la société moscovite, et surtout d'exhiber cette déliquescence du système soviétique qui a directement mené à ce que personne n'avait prévu, à savoir l'effondrement de l'URSS par l'intérieur même du pouvoir et de la société, par la pourriture inhérente à ces cercles dirigeants communistes corrompus jusqu'à la moelle.

Ce roman est un témoignage intéressant en ce qu'il met à la portée du public occidental – fort ignorant de la réalité vraie des anciens pays communistes européens – diverses clés de compréhension de cet effondrement d'un système monolithique qui aura tout de même déterminé une bonne partie de l'histoire du vingtième siècle… et de notre jeunesse !
Commenter  J’apprécie          10
Grand spécialiste des pays de l'est, Leif DAVIDSEN nous entraîne à Moscou.
Belle excursion dans cette drôle de ville...dans ce drôle de régime.....avec de drôles de personnages.....dans une époque de transition vers.....c'est passionnant mais il y a toujours un fond de roman d'espionnage, était ce indispensable, je n'en suis pas sûre....c'est certainement ce qui me gêne à chaque fois chez cet auteur....
Commenter  J’apprécie          10


Lecteurs (73) Voir plus



Quiz Voir plus

Etes-vous incollable sur la littérature scandinave ?

Qui est l'auteur du roman "Bruits du cœur" ?

Herbjørg Wassmo
Jens Christian Grondhal
Sofi Oksanen
Jostein Gaarder

15 questions
149 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature scandinaveCréer un quiz sur ce livre

{* *}