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EAN : 9782864249405
178 pages
Éditeur : Editions Métailié (10/10/2013)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Mars 1999, Kosovo. Les bombes pleuvent sur Pristina, la ville est encerclée par les Serbes, personne ne bouge. Trois jeunes femmes se retrouvent coincées dans un appartement, à attendre. Les jours sont occupés par la peur, par l’ennui. Plus d’électricité, plus d’eau, plus de téléphone. Parfois elles tentent une sortie pour aller téléphoner à l’autre bout de la ville. Ou pour acheter du pain. Activités à haut risque. À la télévision, la propagande bat son plein. On n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
dcs919
  19 octobre 2013
Il m'aura fallu plusieurs jours pour digérer cette lecture et me forger une opinion sur ce livre que, au bout du compte, je recommande.
Mais je dois commencer par une mise en garde : la dernière de couverture ne donne pas une image fidèle de ce roman qui vaut le détour à condition de savoir ce à quoi l'on s'engage, car il n'est pas à mettre entre toutes les mains.
Vous vous attendez à lire une sorte de huis-clos impliquant trois femmes enfermées dans un appartement dans une ville, dans un pays en état de siège, avec une fenêtre s'ouvrant sur l'étranger grâce à la diaspora kosovare en exil en Europe et au-delà ? Genre un "Fenêtre sur cour".
Ce n'est pas faux.
Mais l'essentiel, en tout cas en termes de charge émotive, n'est pas là.
L'essentiel est dans ce qui se passe hors de l'appartement, quand il faut en sortir.
Dans les rues autour, dans les bâtiments avoisinants, sur les routes de l'exode dans la campagne kosovare.
Une population civile sans défense cherchant à survivre entre, d'une part, les bombes de l'OTAN qui ne les visent pas, "dommages collatéraux", et une armée serbe et des milices lâchées telle une meute sur le Kosovo avec pour mission de le vider par tout moyens de tout élément non serbe.
Et voilà le lecteur confronté à toute l'horreur d'une opération de "nettoyage" ethnique avec des scènes d'une violence indicible et particulièrement insupportable de part leur absurdité et leur injustice, visant essentiellement des femmes et des enfants. Mieux vaut être prévenu.
La narration juxtapose de telles scènes à vous retourner les tripes et des scènes plus légères, du moins le pense-t-on.
Un flash-back, une conversation avec un proche à l'étranger, une tranche de vie d'une médecin kosovare dont le travail consiste à soigner des serbes, une queue dans laquelle une mère serbe "adopte" une jeune kosovare pour lui sauver la vie et lui donner accès au précieux pain, des journalistes occidentaux prêtant leur téléphone à des réfugiés...en contrepartie de leur récit qui fera vendre du papier en Europe.
Mais la violence n'est jamais loin. Dans les mots, les informations reçues de l'étranger, les "ruses" des femmes kosovares pour échapper aux viols, une caméra qui tourne de manière indécente, une colonne de miliciens qui déboule de nulle part...
Cette juxtaposition d'un salon genevois et d'un charnier kosovar, d'un milicien transportant des cadavres (ou presque) et s'émouvant de ne pouvoir suivre l'actualité du festival de Cannes impose au lecteur de se remémorer: Mais que faisais-je à cette époque, durant ces journées marquées dans nos journaux télévisés par le bilan quotidien des frappes de l'OTAN, Une petite guerre parfaite, pendant qu'à moins de 3 heures de vol de Paris des hommes, des femmes et des enfants perdaient la vie dans des conditions atroces ?
Ces quelques mois, tellement courts dans nos vies bien rangées, et tellement longs pour une population qui a peur et peut mourir à chaque instant, ou pire car parfois la mort semble préférable.
Par son roman, Elvira Dones contribue à entretenir la mémoire de ce qui s'est passé en 1999 aux portes de l'Europe et nous invite à relativiser nos problèmes de populations privilégiées du seul fait que nous vivons en paix.
Espérons qu'il contribuera aussi à permettre à la famille humaine une prise de conscience collective de la responsabilité qu'elle a de protéger chacun de ses membres et de cesser de tergiverser pendant des mois voire des années.
Cette lecture trouve un écho très fort dans l'actualité. Comment ne pas faire le parallèle avec les événements au Darfour ou en Syrie ?
Comment est-il possible d'encore hésiter à intervenir de manière sérieuse pour mettre fin à de telles exactions, notre humanité nous l'impose, et tant pis si des soldats, dont c'est le métier librement choisi, doivent mourir. Ils l'auront fait pour sauver l'honneur de l'humanité et d'innocents.
Lu dans le cadre de Masse Critique. Merci à Babelio et aux éditions Métailié.
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traversay
  24 octobre 2013
La guerre au Kosovo entre les forces de l'Otan et l'armée serbe de Milosevic a duré à peine 3 mois, de mars à juin 1999. Une petite guerre parfaite comme l'indique avec une ironie cinglante le titre du roman d'Elvira Dones, écrit d'après les nombreux témoignages qu'elle a pu collecter peu de temps après. Aucune victime officielle à déplorer pour les combattants de l'OTAN en effet, mais combien de civils tués, massacrés, démembrés dans ce qui a ressemblé à un "nettoyage ethnique" ? Plus de 10 000 et 90% de la population albanaise du Kosovo déplacée. le livre d'Elvira Dones rend compte dans une langue tragiquement sobre de la réalité de l'horreur. Un roman choral entre le quotidien de trois femmes cloitrées dans un appartement de Pristina, les atrocités commises sur le territoire kosovar par les "occupants" et l'inquiétude impuissante de la diaspora qui vit dans un monde en paix. Saisissant et irrespirable de bout en bout, Une petite guerre parfaite n'épargne rien au lecteur. La mort survient en un instant, rapide comme une rafale de kalachnikov, le plus souvent vécue comme une délivrance. Elvira Dones n'insiste pas dans l'abomination, elle raconte et elle montre, ni plus ni moins, dans une langue dépouillée. L'absence d'effets renforce la sensation d'horreur et glace le sang. Les victimes, souvent, ont été des femmes et des enfants qui n'avaient commis d'autre crime que celui d'être albanais vivant dans une contrée revendiquée par la Serbie. Cette petite guerre, propre vue de l'extérieur, n'a duré qu'un printemps. Celui de l'effroi.
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djama
  14 octobre 2013
Merci à Babelio et aux éditions Métailié pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération masse critique. le résumé du livre m'a interpellé.
La guerre au Kosovo éclate en 1999 et dans ce livre nous avons le récit qui est fait de cette guerre par ces femmes enfermées dans leur appartement. On parle aussi bien de la guerre et on entre dans L Histoire que des histoires personnelles et familiales de chacunes et là on entre dans une sphère plus privée qui nous permet de connaître ces femmes toutes issues de différentes catégories sociales. On retrouve la professeure d'université, l'étudiante, la femme au foyer, la jeune cousine chacune avec ces particularités. Ces portraits de femmes très diversifiés parfois opposés dans leur vie d'avant, sont désormais avec la guerre toute logée à la même enseigne elles se retrouvent les premières proies et victimes de ce conflit. On oscille donc avec ces femmes entre description assez crues des combats, des viols, peur de se faire attraper dans la rue, violences et dégout des assaillants, le sentiment d'abandon des nations unies alors que sur le terrain la monstruosité sévit, les calculs politiques, l'utilisation du viol comme arme de guerre, la survie, les questions de rester ou de fuir le pays, les devoirs que l'on a face à sa famille et son pays... L'auteur restitue avec brio tout cela et parfois la lecture peut être dérangeante mais à côté de cela il y aussi ces femmes qui rêvent à leurs époux, à leur avenir car elles espèrent toujours que la guerre va se terminer et elles envisagent leur avenir bien sûr marqué au fer rouge par cette guerre. la solidarité du peuple kossovar et la solidarité des femmes entre elles sont les bouffées d'air frais dans cette histoire parfois difficile.
On suit plus largement le destin d'une famille entière qui est éparpillée aux quatre coins de l'Europe avec toujours les craintes et les regrets que cette guerre a occasionné mais l'angoisse de savoir ce qu'il est advenu de ses membres. L'auteur alterne les points de vue et les situations ainsi nous lecteurs nous savons tout alors que les principaux acteurs mourront ou vivrons sans jamais connaître la destinée de leurs proches.
Elvira Dones écrit et décrit sans forcer le trait, l'écriture est simple et sans fioritures, l'émotion est au rendez-vous à chaque page bien que parfois on puisse être réticent à tourner les pages en ayant lues les atroces violences et les différents actes de cruauté qui semblent sans fin. Un récit qui témoigne de toutes les horreurs de la guerre et qui permet de se pencher sur l'histoire de ce pays. Un roman qui rend hommage à toutes les victimes de ce conflit pour ne pas oublier.
Autre point abordé le comportement des journalistes qui couvrent ce type d'évènements qui oscille entre la quête humaniste ou bien la quête du sensationnel.
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moustafette
  12 mars 2018
24 Mars 1999, dans un appartement du quartier de Dardania, à Pristina, une bande d'amies fêtent tant bien que mal l'anniversaire de Rea. Cadeau offert par l'OTAN qui, le même soir, lâche ses premières bombes sur les installations serbes du Kosovo et les hommes de Milošević. Les invitées ne s'éternisent pas, pressées de fuir la ville avant le début des frappes. Ne restent que Rea, Nita et Hana qui vont vivre enfermées, ou presque, quatre-vingts jours, ne sortant qu'en de très rares occasions, reliées à l'extérieur par la télévision quand l'électricité n'est pas coupée et par quelques appels téléphoniques venus de l'étranger. Les Américains avaient prédit une guerre propre et rapide. Elle fut sale, comme toujours, et trop longue, une guerre c'est toujours trop long.

Parallèlement au quotidien des trois femmes, on suit le périple de quelques uns des membres de leur famille et de leur entourage, plus ou moins épargnés car utiles, raflés ou échappés tentant de rejoindre qui l'Albanie, qui la Macédoine ou le Montenegro. A l'étranger, d'autres Kosovars en exil, frères ou amis, essaient de concilier les futilités de leur vie avec la réalité morbide que délivrent les journalistes ou les organisations humanitaires. Cauchemar et barbarie pour les uns, angoisse et attente pour les autres ; au milieu, quelques actes isolés d'humanité, de solidarité.

Une lecture assez éprouvante, même si l'auteure ne se complet pas dans les scènes de viols ou d'exécutions. Elle porte la voix des femmes qui ont pour mission de protéger les hommes, celles qui n'ont pas voulu fuir ni dire au revoir : "Je ne t'ai pas embrassé donc nous ne nous sommes pas quittés donc rien de grave ne peut arriver." Elle transpire la tension et la peur, l'isolement, l'enfermement et l'ennui qui laissent l'esprit libre de divaguer, d'imaginer le pire ou le miracle. Une lecture qui a su raviver les images de ces années 90 qui me hantent encore alors que j'assistais éberluée à l'exode de tous ces gens, de quelques nationalités qu'ils fussent, sur des routes maintes fois empruntées en temps de paix et associées à des souvenirs heureux. Des gens, des lieux, si proches et si vivants, qui ne renvoyaient que folie et désolation. Et un immense sentiment d'impuissance devant les basculements de l'Histoire.
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Steeph76
  20 novembre 2013
Merci au site Babelio pour m'avoir fait découvrir ce livre et donc cette histoire passionnante, trépidante. J'avoue avoir été réticente suite au thème du livre ainsi qu'en lisant le début du synopsis. J'en suis au final, très contente. Je recommande vivement ce livre à tous les babéliens.
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critiques presse (1)
Lexpress   29 octobre 2013
La tête froide, la rage au ventre, la romancière déploie avec maestria et sobriété ces quatre-vingts jours de tueries. Impressionnant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
moustafettemoustafette   12 mars 2018
Seizième jour. Mais cette guerre est une guerre parfaite. Aucun soldat américain n'est mort jusqu'à présent, parce que cette fois, on combat depuis le ciel. Point. C'est une nouvelle méthode, autant changer un peu de temps en temps, autrement les guerres se ressembleraient toutes, et cela ne voudrait plus la peine de les raconter dans les livres d'histoire : une fois qu'on en aurait décrit une, on serait tranquille pour toutes les autres. Mais on la racontera celle-ci, et comment : la guerre parfaite, sans soldats morts. Les civils crèvent par milliers, la terre se vide de ses habitants pour être remplie ensuite de Serbes exclusivement. Celui qui a inventé ce plan à Belgrade a dû penser qu'il avait affaire à une piscine, pas à une patrie. C'est un raisonnement hygiénique, ce n'est pas pour rien qu'on appelle ça du nettoyage ethnique. Videz la piscine de son eau sale puis remplissez-la avec de l'eau propre.
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moustafettemoustafette   12 mars 2018
Mais les larmes d'un homme sont belles, et si l'on vit dans les Balkans, elles deviennent d'une beauté à vous couper le souffle.
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moustafettemoustafette   12 mars 2018
Je ne t'ai pas embrassé donc nous ne nous sommes pas quittés donc rien de grave ne peut arriver
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ZalvecZalvec   16 octobre 2017
... avec le monde de leur côté, avec le droit de leur côté, et Dieu qui n'est jamais d'aucun côté.
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Video de Elvira Dones (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elvira Dones
Bande-annonce de Vierge sous Serment de Laura Bispuri avec Alba Rohrwacher, Flonja Kodheli, Lars Eidinger!
Plus de vidéos du film : http://www.premiere.fr/film/Vierge-sous-Serment-4143169
Hana a grandi dans un petit village reculé d’Albanie où le sort des femmes n’est guère enviable. Pour ne pas vivre sous tutelle masculine, elle choisit de se plier à une tradition ancestrale : elle fait le serment de rester vierge à jamais et de vivre comme un homme.VIERGE SOUS SERMENT suit la trajectoire d’une femme vers sa liberté, par-delà les écrasantes montagnes albanaises et jusqu’en Italie.
Adaptation du roman Vergine Giurata de Elvira Dones
+ Lire la suite
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