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Jusuf Vrioni (Traducteur)
EAN : 9782253150992
220 pages
Le Livre de Poche (12/09/2001)
3.89/5   73 notes
Résumé :
L'arrivée de deux Irlandais new-yorkais, Max Roth et Willy Norton, dans le ville de N., au cœur de l'Albanie, fait l'effet d'une bombe dont les intéressés auraient bien étouffé l'explosion. Le sous-préfet de N. partage bien sûr l'avis de son ministre : il n'est pas exclu que les deux étrangers soient des espions...
Devant la théorie des deux voyageurs - prouver, en enregistrant le chant des Rhapsodes, que l'Iliade et l'Odyssée sont la retranscription de lége... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Un côté sérieux avec l'arrivée dans une petite bourgade albanaise de deux chercheurs irlandais étudiant les rhapsodes, derniers chanteurs issus de l'antiquité homérique, capables de mémoriser et transmettre des milliers de vers.

Un côté déjanté avec le sous-préfet persuadé que ce sont des espions et les faisant suivre par son 'indicateur', une ridicule caricature du contre-espionnage albanais.

J'ai adoré la scène truculente et admirablement rendue par une délicieuse traduction de la 'réception' des irlandais répondant candidement en vieil albanais aux suspicieuses questions du sous-préfet pendant que fantasme sa jeune épouse.
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A sa manière, Ismaïl Kadaré est, lui aussi, un rhapsode. A sa manière, bien évidemment, car lui a écrit des livres tandis que les rhapsodes albanais récitaient et chantaient les vieilles épopées populaires, lesquelles avaient traversé les siècles depuis le lointain âge antique de la Grèce homérique, quitte à subir quelques transformations. Toutefois, c'est bien de mémoire collective, de mémoire populaire, de mémoire albanaise dont parle Kadaré dans ses livres. le dossier H. est, à sa façon, une sorte de patchwork littéraire où viennent se rencontrer, liés par la langue simple et fluide de l'auteur, l'épopée, l'enquête littéraire et le conte populaire, et même la satire.

Deux Irlandais se rendent en Albanie pour y rencontrer les derniers rhapsodes. Ils veulent enregistrer leurs voix, comparer leurs récits, retrouver dans ceux-ci le matériau homérique originel en même temps que, en rencontrant ces conteurs modernes, ils espèrent identifier quel littérateur fut Homère : un rhapsode ou un compilateur, génial dans tous les cas, et dont le seul trait caractéristique connu est qu'il était aveugle. Ils s'établissent dans une auberge dans le nord du pays où, dérangé seulement par les punaises, ils compilent les récits narrés au son de la lahuta et densifient leur réflexion sur la matière rhapsodique. Toutefois, leur venue dans ce pays en butte avec ses voisins yougoslaves et grecs provoque des réactions de suspicion chez les autorités du pays. Ainsi le ministre et le sous-préfet de la ville de N. les mettent sur écoute, persuadés que les deux Irlandais sont en réalité des espions.

L'épopée est le prétexte. Fixée par Homère durant l'Antiquité grecque, elle semble survivre dans ce recoin des Balkans. Sa survie est double : par ses thèmes et par ses modalités. Les personnages homériques reviennent dans les chansons de geste albanaises sous différents noms et avec différentes destinées mais leur type littéraire est le même. de la même façon, il y a chez les rhapsodes albanais une manière de faire qui est l'héritage direct, mais lointain, des aèdes grecs. L'épopée est un genre littéraire oral qui se meurt ; en cela les deux Irlandais qui arrivent en Albanie essaient de le sauver. Il y a pourtant une dichotomie évidente qui place d'un côté l'oralité de l'épopée, son caractère fragile, instable (les rhapsodes oublient volontairement ou non des parties, font évoluer le récit selon leurs propres caractères et selon les faits qui émaillent leurs propres vies) et menacé ; de l'autre, l'enregistrement vocal et l'écrit qui stabilisent les récits, assurent leur survie dans le temps mais sur lesquels plane l'ombre de la mort. Avec l'écrit, la nécessité de l'oral disparaît et avec elle, l'essence de l'art rhapsodique. Cette dichotomie se retrouve dans la destinée de Willy Norton, l'un des protagonistes, dont la vue baisse au fur et à mesure de l'avancée du récit. Paradoxalement, c'est lorsque la cécité se fait presque complète qu'il cesse d'être un copieur de voix pour se faire le transmetteur des récits antiques.

Toutefois, loin de se circonscrire à ce genre d'enquête littéraire, le dossier H. se veut aussi un conte moderne sur l'Albanie. La bonne société de la ville de N. y est décrite de façon satirique : on s'ennuie ferme à N. et la venue des deux Irlandais est un événement qui en appelle d'autres. le sous-préfet fait surveiller les deux étrangers par l'un de ses indicateurs, Dul Lasoupente, lequel révèle, dans ses rapports, un véritable talent littéraire caractérisé par la précision des informations autant que par l'obséquiosité de ses remarques. L'épouse du sous-préfet rêve, elle, d'aventures érotiques et amoureuses tandis que le reste de la bonne société se complaît et se confond dans sa médiocrité. le pays, fermé, montre, par l'attitude de son ministre, qu'il n'est pas même conscient de sa richesse intellectuelle tandis que, dans près des Cimes maudites, les montagnards croient encore en leurs traditions séculaires (cf l'histoire de l'homme qui se meurt car son ombre a été enfermée). le dossier H. révèle donc, au fil des pages, un grand nombre de réflexions littéraires. Et, de la même façon que l'identité et le travail d'Homère demeurent une énigme, le livre de Kadaré reste ouvert à une relecture : histoire de s'assurer que, entre les circonvolutions verbales de Dul Lasoupente, quelque chose ne nous a pas échappé.
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Le roman a été publié en 1981, et nous avons pu lire la traduction française à partir de 1998. Ce n'est donc pas un best-seller des années en cours, mais c'est un récit qui vaut vraiment la peine qu'on aille ou retourne le visiter.
D'abord il nous parle de l'Albanie. Ismaïl Kadaré nous fait remonter aux années 1930, sous le règne du roi Zog. Ce nom est celui d'un roi bien réel (et non, ce ce n'est pas une invention d'écrivain qui s'amuse !), mais il est particulièrement bienvenu pour inaugurer la description ironique et impitoyable que fait Kadaré du pouvoir en place et de son fonctionnement. le sous-préfet est un modèle du genre ! On en retire l'idée d'un petit monde, lâche et bête, obsédé par la recherche de l'espion qu'on voit partout (je n'ai pas de connaissances sur l'époque dont parle Kadaré, mais j'ai l'impression que cette névrose de l'espionnage pourrait bien faire allusion à une Albanie plus actuelle)... Ce monde fait contraste avec une autre Albanie, celle des montagnards, hommes rudes et fiers, loyaux et courageux. Dans cette autre Albanie, le sol du pays compte encore, ce qui nous vaut de beaux moments décrivant les lieux et atmosphères de la montagne albanaise. Envoûtant voyage.
Mais avec qui faisons-nous ce voyage ? Avec deux jeunes scientifiques, Max Roth et Willy Norton, Irlandais de Washington diplômés de Harvard, qui viennent en mission scientifique. Ils découvrent l'Albanie du premier genre, pitoyable, dans la petite ville où ils atterrissent avant de partir dans la montagne. Ils vont se demander comment un peuple si fier peut se laisser diriger par des hommes politiques aussi nuls : « Peut-être que cela tient au fait que certains peuples comme les Albanais, habités de fantasmes et de désirs grandioses, la tête dans les nuages, peuvent, à cause de leur singularité, dès lors qu'il s'agit d'affaire de gouvernement intérieur, se laisser aisément prendre au dépourvu comme un homme surpris dans son sommeil… »
Mais que font ces deux-là en Albanie ? C'est là que se situe le deuxième intérêt fondamental du récit. Ils vont à la rencontre de... Homère ! D'où le titre du roman. Car il ne s'agit de rien de moins que d'étudier l'épopée d'Albanie encore vivante, récitée par ses rhapsodes, en la comparant aux poèmes homériques pour tenter de voir, en comparant le présent vivant et le passé perdu, comment l'épopée homérique a pu se construire, et pouvoir ainsi savoir enfin qui était Homère. le sujet pourrait paraître ardu, mais par le truchement de ces deux scientifiques passionnés, Kadaré écrit des pages magnifiques sur ce que peut signifier l'épopée, et sur les rhapsodes de la montagne albanaise. Pas nécessaire d'être très cultivé sur la période homérique pour goûter à fond ce qui nous est dit. Et si vous voulez aller plus avant dans ce domaine, il est peut-être possible de lire le dénouement du roman comme une réflexion sur le mystère insondable de la création littéraire. Mais de toute façon suivez la piste du dieu magnétophone, cette invention étrange, par laquelle va venir le dénouement...
Et puis il y a la beauté de l'écriture. Je ne connais pas l'Albanais, mais je crois qu'on peut faire confiance au traducteur, Jusuf Vrioni, qui a tant contribué à faire connaître Kadaré en France. Vous allez pouvoir goûter le style incroyable des rapports de l'indicateur Dul Lasoupente, et vous distraire de l'Albanais des deux scientifiques, qui, l'ayant appris pour lire des textes anciens, le parlent comme nous l'ancien français, car c'est cette traduction-là que nous propose Vrioni..
Bonne lecture !
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Je découvre enfin, avec ce "Dossier H." Ismaïl Kadaré, auteur autour duquel je tourne depuis bien longtemps, et c'est une très belle surprise. C'est une histoire, un conte même, au parfum du « Sceptre d'Ottokar » de Hergé, avec une touche de Kafka, qui se déroule dans une Albanie hors du temps, traitée ici avec dérision, sans concession, avec condescendance, mais néanmoins avec une certaine tendresse.
Une Albanie décrite comme un pays replié sur soi, sur son hiver interminable, figé, dont les montagnes se nomment les « cimes maudites », dont les habitants se surveillent, dans une société étriquée, corsetée, étouffante, frileuse, conservatrice. Même les cloches des églises y sonnent différemment, elles produisent des « tintements lugubres et solitaires » jamais entendu ailleurs qu'en Albanie.
Deux chercheurs Irlandais, mais qui viennent de New-York, décident de venir en Albanie pour tenter de découvrir l'origine de l'épopée Homérique ! Car il semblerait que survivent encore quelques rapsodes, sortes de poètes vagabonds dépositaires des épopées qu'ils chantent dans les auberges. Mais le temps est compté. Cette antique culture s'éteint inexorablement. Max et Willy ne semblent pas taillés pour l'immensité de la tâche qu'ils se sont assignée. Mais ils ont pour eux un positivisme naïf et juvénile, ils sont volontaires, enthousiastes. Ils ont aussi une certaine ambition, celle d'être les premiers découvreurs des origines de l'Iliade et de l'Odyssée, et de clarifier le mystère qui entoure Homère, l'antique aveugle. L'invention toute récente du magnétophone devrait leur permettre d'enregistrer les fameux rapsodes.
Aux yeux des autorités Albanaises, il ne fait aucun doute que toute cette histoire d'épopée n'est qu'une couverture qui masque leurs intentions réelles : ce sont des espions occidentaux. Et en Albanie, on espionne les espions !
Kadaré, grand écrivain, n'a pas choisi Homère au hasard. L'Illiade et l'Odyssée sont les livres fondateurs d'une culture, de notre culture gréco-latine. Ce serait donc au coeur de l'Albanie, c'est-à-dire nulle part, que le foyer de la Culture serait né, et mieux, continuerait de vivre, d'émettre ses chants, ses épopées ! Quelle étrangeté ! Bien sûr, les représentants de l'Etat Albanais non seulement ne semblent pas du tout se soucier de ce riche fond culturel, mais qui plus est, ils n'y croient pas. Ils n'ont même aucune envie d'y croire. Cela renverserait l'ordre établi ! Cette découverte est donc subversive.
Une épopée, c'est une parole qui se transmet, d'hommes à hommes, de génération en génération, au travers des siècles. Une parole qui résonne et qui traverse les âges. L'épopée raconte les hommes, elle dit le monde. En cela, elle est le liant primordial d'une société. Elle initie le récit d'un peuple, elle en est la fondation.
Il est à noter que les derniers vers ajoutés à l'épopée datent de 1913 ; c'est l'année où seront réglées les questions difficiles des frontières du tout nouvel État indépendant (1912), qui se verra amputé de plus de la moitié des territoires revendiqués. Depuis, aucun ajout n'a été signalé. L'Albanie se mure dans un silence toujours plus épais. L'État se doit d'étouffer toute velléité de mettre en lumière un passé qui lui échappe, une histoire non officielle. Seul, l'État sait ce qu'il est bon de dire ; c'est de lui que doit émaner la vérité historique du pays, son récit.
L'entreprise des Irlandais tournera court, les forces hostiles et réactionnaires l'emporteront. L'Albanie ne se fera pas dévoilée par des étrangers, étalée au grand jour, et qui sait, ridiculisée par on ne sait quelles légendes ou épopée.
Mais un État, tout autoritaire qu'il soit, peut-il définitivement museler la Culture dans ce qu'elle a de plus profond ? On ne décide pas par décret de faire taire les origines...
Les thèmes abordés dans ce romans sont autant de "dossiers" de première importance. La culture comme fondement de l'humanité, voilà une boussole que chacun devrait avoir à portée de main. Ce livre en est une immédiate émanation.

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Quel émouvant récit que le dossier H de Kadaré.
H comme Homère car il s agit bien ici de l'épopée contée par Homère.Deux irlandais partent en Albanie enregistrer les voix des raphsodes qui ne sont pas sans lien avec les épopées de l' Iliade et L'odyssée.
Mais au_ delà de cette recherche passionnante, toute l'Albanie nous est contée.D'abord, l'évocation politique avec ces espions qui traquent sans cesse le traître, les rapports que lit le sous_ préfet ne sont pas dénués d humour et de l'esprit caustique dint fait preuve Kadaré pour dénoncer un état totalitaire.
On s'envole aussi avec la femme du sous_ préfet qui a même changé de prénom: Daisy.Daisy nous renvoie l'image d'une Emma Bovary albanaise perissant d'ennui dans cette province où il ne se passe rien.Alors, elle s'invente sa vie avec une passion avec ces deux étrangers.La chute est dure, elle tombe enceinte de l'indicateur albanais.
Pauvre Daisy, le sort en est jeté.
Beaucoup de compassion pour ces deux chercheurs qui voient anéanti leur travail par le saccage du magnétophone.
Émouvantes paroles que nous laissent Kadaré pour finir
«En ce bas monde, le temps de l'épopée était bel et bien révolu, et ç'avait été un pur hasard s'ils avaient pu capter les derniers scintillements avant son extinction pour l'éternité.Ils les avaient captés, puis les avaient reperdus. le voile du crépuscule était tombé pour toujours sur le terrain épique»
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Un autre jour, des montagnards des Ravins noirs, conduisant un malade à la capitale, vinrent demander le gîte. À l'aube, quand les Irlandais descendirent prendre leur café, le malheureux était encore là, gisant sur une civière. Son visage avait l'air d'un masque. Ils demandèrent de quoi il souffrait, et Martin, cherchant à les rassurer, répondit qu'il ne s'agissait pas d'une maladie contagieuse.
"On craint qu'on ne lui ait emmuré son ombre, expliqua-t-il. Si c'est vrai, il sera inutile de le conduire jusqu'à la capitale. Il ne s'en tirera pas.
– Mais à quoi rime ce mal ? questionna Max. Qu'est-ce que veut dire, "emmuré son ombre" ?
Martin tenta de le lui expliquer. C'était un mal auquel on ne pouvait survivre. La victime était maçon et, à ce qu'il semblait, au cours de la construction d'une kulla, un de ses compagnons, à dessein ou non, avait emmuré son ombre, autrement dit avait recouvert son ombre alors qu'elle se projetait sur le mur en construction. De façon générale, les montagnards-maçons se gardaient comme du diable de l'emmurement de leur ombre, car tous n'étaient pas sans savoir que celui dont l'ombre est emmurée reste prisonnier du mur, et est donc promis à une mort certaine. Mais le montagnard en question, d'après ce qu'on disait, était nouveau dans le travail, il manquait d'expérience.
"Et voilà, conclut Martin. Volontairement ou pas, on lui a ôté la vie. C'est vraiment dommage : dire qu'il a à peine vingt ans !"
Les Irlandais échangèrent un regard.
"Mais peut-être n'est-ce pas là la véritable origine de son mal, dit Willy. Tu dis toi-même que ce n'est qu'une hypothèse...
– Bien sûr que ce n'est qu'une hypothèse ! Sinon, ils ne prendraient même pas la peine de le conduire jusqu'à la capitale."
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C'était un son si monocorde qu'il paraissait inviter à entrer dans quelque rêve envoûtant. Willy et Max échangèrent un regard. Le rhapsode se mit à chanter d'une voix qui n'avait rien de commun avec celle qu'on lui avait entendue lorsqu'il parlait. C'était une voix contre nature, d'une froide uniformité, qui sécrétait l'angoisse comme issue d'un autre monde. Willy se sentit des frissons dans le dos. Il tenta à plusieurs reprises de saisir le sens du texte, mais le débit uniforme de la voix l'en empêchait. Il avait l'impression qu'un vide se creusait en lui, qu'on l'étripait, qu'on évidait indéfiniment son être comme le fil tiré d'une quenouille. La voix du rhapsode avait le don de creuser un trou en vous. Encore un peu et tous ces gens allaient se dissoudre sur place les uns après les autres. Mais le joueur de lahuta s'arrêta avant.
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De fait, elle avait passé une matinée on ne peut plus morne. Comme la veille, les vitres étaient trempées de pluie ; vues à travers elles, de l'autre côté de la rue, les cheminées des toits paraissaient dessiner des lignes brisées. Mon Dieu, encore une journée calquée sur celle d'hier, avait-elle soupiré, étendue sur son lit. Nulle pensée ne parvenait à prendre vie dans son esprit, et la similitude de ce jour avec le précédent lui avait semblé la confirmation la plus éclatante que ce serait encore une journée inutile, dont elle aurait fait don sans regret.
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Incipit :

C'est par un jour morne, de ceux dont l'hiver, comme à dessein, semble vouloir gratifier prioritairement les capitales des petits États arriérés, que parvint le courrier diplomatique.
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De fait, elle avait passé une matinée on ne peut plus morne. Comme la veille, les vitres étaient trempées de pluie ; vues à travers elles, de l'autre côté de la rue, les cheminées des toits paraissaient dessiner des lignes brisées. Mon Dieu, encore une journée calquée sur celle d'hier, avait-elle soupiré, étendue sur son lit. Nulle pensée ne parvenait à prendre vie dans son esprit, et la similitude de ce jour avec le précédent lui avait semblé la confirmation la plus éclatante que ce serait encore une journée inutile, dont elle aurait fait don sans regret.
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Vidéo de Ismaïl Kadaré
Ismaïl Kadaré présente son ouvrage "Il a fallu ce deuil pour se retrouver : journal de la guerre du Kosovo" aux éditions Fayard. Entretien avec Jean-Marie Planes. Rencontre enregistrée le 23 février 2000.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/210891/ismail-kadare-il-a-fallu-ce-deuil-pour-se-retrouver-journal-de-la-guerre-du-kosovo
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