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EAN : 9791038700857
192 pages
Zulma (03/02/2022)
3.87/5   105 notes
Résumé :
Dans un bourg de l'Albanie médiévale, une vieille femme et sa fille - seules survivantes d'une famille dont la guerre et la peste ont fauché tous les enfants mâles - succombent à un épisode troublant sur lequel l'inspecteur local est chargé de faire la lumière: Doruntine a été mariée "au loin", selon la tendance moderne de l'époque; son frère Constantin avait, de son vivant, juré à leur mère de lui ramener sa fille chaque fois qu'elle exprimerait le désir de la revo... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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HORUSFONCK
  27 avril 2020
Me voilà reparti pour un deuxième voyage avec Ismaïl kadaré.
Cette fois, il ne s'agit plus d'un général qui cherche les mort dans la terre d'Albanie..
Cette fois, dans ce court roman, c'est un frère défunt qui serait allé chercher sa soeur mariée au loin pour la ramener près de sa mère.
La légende de Doruntine est née.
L'histoire est envoûtante, de cette chevauchée sous les étoiles qui s'achève dans le village où une lignée va s'éteindre définitivement.
Le mystère semble épais et impénétrable comme cette brume froide de l'automne qui absorbe les cris et les appels.
La légende naît et se répand comme un feu que l'on ne saura maîtriser.
L'église et le gouvernement, redoutant l'orage religieux et les troubles, pressent l'autorité de faire la lumière sur le retour de Doruntine.
Quelle vérité, s'il en est une, découvrira le capitaine Stres au bout de son enquête?
Et qui ne rêve pas, au moins une fois, de revoir un être défunt?
Le roman est puissant, emmené dans la tragédie d''une famille anéantie et la malédiction d'une promesse non tenue car intenable: Cette terrible bessa.
Cette solennelle promesse qui marque le peuple d' Albanie.
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Patrijob
  19 août 2022
Petite incursion dans la littérature albanaise avec ce court roman d'Ismail Kadaré paru aux éditions Zulma.
Un roman que l'on peut qualifier de fantastique, basé sur la légende et ballade albanaise "Constantin et Doruntine" ou " le serment de Constantin".
Qui a ramené Doruntine de la lointaine Bohème où elle a suivi son mari après leur mariage ?
Est-ce Constantin, son plus jeune frère, soucieux d'honorer la promesse (la "bessa") faite à leur mère ?
Mais Constantin est mort à la guerre ainsi que tous ses frères...
Maudit par sa mère, il se réveille de sa tombe et ramène sa soeur ignorante du drame, avant de rejoindre son trépas.
" Oh Dhoqina, Dhoqina
Ne te languis-tu pas de ta famille ?
Des larmes coulent sur le visage de ta mère
Qui pleure pour voir sa fille.." (traduction de Robert Elsie)
Le choc de la révélation provoque la mort quasi instantanée des deux femmes.
Dans sa version, Kadaré fait intervenir un enquêteur qui, sur fond de rivalité religieuse entre catholiques et protestants, va mettre en doute l'intervention surnaturelle et analyser toutes les hypothèses de cet étrange phénomène.
Car personne ne peut accepter la résurrection des morts.
Ismail Kadaré puise essentiellement son imagination dans l'histoire des Balkans et de ses légendes anciennes.
Il revisite le folklore et les mythes de son pays natal dans une prose d'une ironie parfois mordante et avec un talent de conteur volubile.
Il s'attache également à dénoncer le totalitarisme à travers des métaphores habiles.
Je suis totalement conquise par cette littérature et je suis bien décidée à découvrir les nombreux autres livres de l'auteur.
Si vous aimez les contes et légendes des pays lointains, je vous engage à faire de même.
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Isacom
  01 août 2022
Qui a ramené Doruntine, ou comment débunker les fake news au Moyen-Âge.
Vers l'an mil dans une riche et ancienne famille albanaise, Doruntine Vranaj est l'unique fille d'une fratrie de dix. Elle épouse un homme d'un pays lointain, ce qui est déjà une entorse aux traditions. Encore que ça se discute, les traditions, surtout quand on voit Palok, l'idiot - consanguin - du village.
Bref, Doruntine traverse "la moitié d'un continent" pour aller vivre en Bohême chez son mari, mais son frère Konstantin a promis qu'il irait la chercher si elle leur manquait trop. Ce n'est pas une promesse anodine : c'est la "bessa", c'est une affaire d'honneur.
Mais la guerre et la peste emportent Konstantin ainsi que les huit autres frères, et les brus quittent avec leurs enfants la maison endeuillée. La pauvre mère solitaire, devant la tombe de Konstantin, le maudit de n'avoir pas tenu sa promesse.
Qu'à cela ne tienne : Doruntine reparait chez sa mère, et assure à tous que c'est bien Konstantin qui l'a ramenée.
De cette légende albanaise, Kadaré fait... un polar.
Eh oui, c'est l'anachronique policier du village, Stres, un homme rationnel, qui mène l'enquête pour découvrir Qui a ramené Doruntine ?
Et c'est bien compliqué de démêler le vrai du faux, dans cette ambiance complotiste où "il leur fallait à tout prix apprendre quelque chose, vite même, car ils constituaient le premier cercle que les nouvelles devaient atteindre pour se propager ensuite par vagues à travers le monde entier."
(Kadaré a anticipé Twitter.)
Pour les pleureuses aux obsèques, c'est la construction d'un mythe : le frère lié par la "bessa" qui sort de sa tombe pour accomplir son devoir.
Pour les Églises, en conflit entre catholiques et orthodoxes, il n'est pas question de parler de la résurrection d'un mort, ce serait une concurrence déloyale : il va falloir trouver une explication plus politiquement correcte.
Pour l'adjoint qui enquête dans les archives de la famille Vranaj, il y a un secret croustillant mais inavouable - que je ne dévoilerai pas.
Pour le témoin... et bien il avouera volontiers tout ce qu'on veut, au vu des circonstances - que je ne dévoilerai pas non plus.
Et à la façon d'un Hercule Poirot, le policier Stres rassemblera tout le village pour la révélation... et le twist final.
Un roman remarquable, court mais dense, qui décortique tous les ressorts de la propagande et de la manipulation, avec une grande ironie et un grand talent.
Traduction impeccable de Jusuf Vrioni.
(J'aurais dû éviter l'édition Larousse, faite pour des scolaires et plombée par de multiples notes en bas de page : je déteste les notes en bas de page. Même la numérotation des lignes a perturbé ma lecture. Et "Niveau recommandé : collège" c'est vite dit, lorsqu'on explique par exemple le mot "hérésie" par "doctrine contraire au dogme officiel" : au lieu d'un mot compliqué, mettez-m'en deux !)
Challenge Globe-Trotter (Albanie)
LC thématique de juillet 2022 : "Les prénoms, saison 2"
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LiliGalipette
  29 décembre 2018
Doruntine Vranaj revient chez sa mère après trois ans passés loin de sa famille, auprès de son époux. Elle affirme être revenue avec Konstantin, son frère, mais celui-ci est mort depuis des années, ainsi que les huit autres fils de la famille Vranaj. Qui, alors, a ramené Doruntine chez les siens ? « Peut-être que ce genre de choses plaît aux jeunes mariées d'aujourd'hui. Peut-être qu'elles aiment chevaucher la nuit enlacées à une ombre, dans les ténèbres et le néant. » (p. 185) L'affaire ne manque pas d'affoler le village et le capitaine Stres qui ne peut hélas pas interroger la jeune fille et sa mère, violemment ébranlées par leurs retrouvailles empreintes de mystère macabre. « Sous nos yeux est en train de naître une légende. » (p. 64) D'une noce à des funérailles, entre une promesse et une malédiction, le retour de Doruntine n'est pas seulement une énigme, c'est surtout la puissance manifestation de l'âme albanaise.
Je découvre Ismaïl Kadaré avec ce court texte et je suis enchantée. Sous le prétexte de présenter une fable médiévale albanaise, l'auteur célèbre son pays, son identité et la force d'esprit de son peuple. En outre, l'édition dans laquelle j'ai lu cette nouvelle est destinée aux scolaires et l'appareil critique est très intéressant.
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kathel
  19 août 2022
Perdez tout repère temporel, vous qui commencerez ce conte. Y parcourt-on des temps anciens, où l'on se déplace à cheval, ou plus modernes, puisqu'un inspecteur de police est chargé par les autorités laïques comme religieuses de mettre fin à une rumeur qui apporte avec elle une certaine perturbation ?
En effet, Doruntine, une jeune femme partie depuis trois ans se marier et vivre au loin, revient un soir dans sa famille. Elle ignore que ses frères sont morts de faits de guerre ou de maladie pendant son absence et elle affirme, provoquant un grand choc à sa mère, que c'est son frère Konstantin qui est venu la chercher, et derrière lequel elle a chevauché de longues nuits. Bien qu'elle n'ait pas distingué son visage, elle en est sûre, c'était lui. Konstantin était réticent à ce mariage en Bohême, et avait promis à sa soeur que si elle le désirait, il viendrait pour la chercher et lui permettre de revoir sa famille. Comment Konstantin a-t-il pu tenir sa promesse au-delà de la mort ?
Quantité de suppositions et de rumeurs circulent. le capitaine Stres devient obsédé par cette affaire, d'autant qu'il est pressé par ses supérieurs et rattrapé par sa fascination passée pour Doruntine.
J'ai été attirée immédiatement à la sortie de ce roman, grâce à la conjonction du nom d'Ismaïl Kadaré (dont j'ai beaucoup aimé Avril brisé et le palais des rêves), du titre énigmatique et de la réédition par Zulma… que des signes encourageants !
Et ma lecture a été très plaisante, avec sa langue rappelant celle des contes, mais utilisant aussi à merveille le dialogue ou les parenthèses de manière très moderne, et son thème s'inspirant d'un vieux mythe albanais : la « bessa ». La bessa est une promesse, une parole donnée, que rien, même la mort, ne saurait empêcher. On est parfois dans le domaine du surnaturel, avec ce cavalier sans visage, sans identité. Mais aussi, comme dans un roman policier, l'auteur, par les réflexions du capitaine Stres, explore des pistes, cherche des explications à ce phénomène étrange, et s'interroge, avec l'esprit critique qui le caractérise, sur la force de la promesse, sur le poids des traditions, sur le carcan religieux. le texte rend à merveille les rudes saisons albanaises et la beauté des paysages. Les personnages sont passionnants, en particulier le policier, dans lequel l'auteur s'est projeté, entraînant à sa suite les lecteurs, ravis.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
giatigiati   19 novembre 2017
A cause du froid, les gens se déplaçaient moins, mais, curieusement, la rumeur courait tout aussi vite que si le temps avait été plus clément. On eût même dit que, figée par le froid hivernal, cristalline et scintillante, elle filait plus sûrement que les rumeurs d'été, sans être exposée comme elles à la touffeur humide, à l'étourdissement des esprits, au dérèglement des nerfs. Néanmoins, cela ne l'empêchait pas, en se répandant, de se transformer de jour en jour, de s'amplifier, de s'éclaircir ou de s'assombrir.
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ArtiolaArtiola   08 mars 2022
...il n'est personne en ce monde que n'habite quelque regret à propos d'un disparu et qui ne se soit dit : ah ! s'il pouvait revenir une fois, une seule fois, que je l'embrasse ( mais quelque chose m'empêche alors de l'embrasser); même si cela ne peut jamais advenir ni adviendra jamais dans les siècles des siècles et c'est là une des plus grandes tristesses en ce bas monde, tristesse qui continuera de l'envelopper comme la brume jusqu'à son extintion.
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IsacomIsacom   31 juillet 2022
Le mariage de Doruntine, en revanche, était un évènement dont tout un chacun se souvenait avec netteté. C'était un de ceux que le temps a la faculté d'embellir, et cela non point parce qu'ils sont inoubliables en soi, mais parce qu'ils ont le don de coaguler tout ce qui, du passé, est beau ou jugé tel, et qui n'est plus.
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ArtiolaArtiola   08 mars 2022
"Les Vranaj se sont éteints", redit une voix. Il leva la tête pour voir qui avait proféré ces mots, mais inconsciemment, au lieu de chercher quelqu'un dans la petite foule, il porta son regard vers les avant-toits de la maison, comme si la voix était venue de là. Pendant quelques instants, il n'eut pas la force de l'en détacher. Noircies et tordues par les intempéries, les poutres des larges auvents, saillant hors des murs, évoquaient mieux que tout autre signe le lugubre destin de la lignée qui avait vécu sous ce toit.
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nineentreleslignesnineentreleslignes   18 février 2022
J’ai vu des empereurs massacrés, traines dans des hippodromes, les yeux crevés, la langue coupée, uniquement parce qu’ils avaient osé penser pouvoir amender telle ou telle thèse de l’Église. Peut-être vous souvenez-vous qu’il y a deux ans, après l’ardent débat sur le sexe des anges, la capitale faillit être le théâtre d’une guerre civile qui aurait certainement tourné au carnage.
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Videos de Ismaïl Kadaré (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ismaïl Kadaré
http://www.club-livre.ch#Bessa_Myftiu Interview de Bessa Myftiu réalisée par le Club du Livre en partenariat avec Reportage Suisse Romande
Bessa Myftiu, née à Tirana, est une romancière, poète, conteuse, essayiste, traductrice, critique littéraire, journaliste, scénariste et actrice établie à Genève, en Suisse romande, de nationalité suisse et albanaise. Pour commander un ouvrage de Bessa Myftiu : En SUISSE : https://www.payot.ch/Dynamics/Result?acs=¤££¤58REPORTAGE SUISSE ROMANDE36¤££¤1&c=0&rawSearch=bessa%20myftiu En FRANCE : https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0%211&Search=bessa+myftiu&sft=1&sa=0
Fille de l'écrivain dissident Mehmet Myftiu, Bessa Myftiu fait des études de lettres à l'université de Tirana et par la suite elle enseigne la littérature à l'université Aleksandër Xhuvani d'Elbasan. Elle devient ensuite journaliste pour le magazine littéraire et artistique albanais La scène et l'écran. Elle émigre en Suisse en 1991 et s'établit à Genève dès 1992, passant son doctorat et devenant enseignante à l'université de Genève en faculté des Sciences de l'éducation, tout en poursuivant en parallèle ses activités dans les domaines de l'écriture et du cinéma. Depuis 2013, elle enseigne à la Haute École Pédagogique de Lausanne. Elle est par ailleurs membre de la Société Genevoise des Écrivains BIOGRAPHIE 1994 : Des amis perdus, poèmes en deux langues, Éditions Marin Barleti [archive], Tirana 1998 : Ma légende, roman, préface d'Ismail Kadaré, L'Harmattan, Paris (ISBN 2-7384-6657-5) 2001 : A toi, si jamais?, peintures de Serge Giakonoff, Éditions de l'Envol, Forcalquier (ISBN 2-909907-72-4) 2004 : Nietzsche et Dostoïevski : éducateurs!, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-05-6) 2006 : Dialogues et récits d?éducation sur la différence, en collaboration avec Mireille Cifali, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-09-4) 2007 : Confessions des lieux disparus, préface d'Amélie Nothomb, Éditions de l'Aube, La Tour-d'Aigues (ISBN 978-2-7526-0511-5), sorti en 2008 en livre de poche (ISBN 2752605110) et réédité en 2010 par les Éditions Ovadia (ISBN 978-2-915741-97-1), prix Pittard de l'Andelyn en 2008. 2008 : An verschwundenen Orten, traduction de Katja Meintel, Éditions Limmat Verlag [archive], Zürich (ISBN 978-3-85791-597-0) 2008 : le courage, notre destin, récits d'éducation, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 9782915741087) 2008 : Littérature & savoir, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-39-1) 2011 : Amours au temps du communisme, Fayard, Paris (ISBN 978-2-213-65581-9) 2016 : Vers l'impossible, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-36392-202-1) 2017 : Dix-sept ans de mensonge, BSN Press, (ISBN 978-2-940516-74-2)
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