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Critiques sur Z le roman de Zelda (41)
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Joe391211
  04 juillet 2013
Ce roman m'a beaucoup plu car il m'a permis de découvrir des personnages que je ne connaissais pas. certes, j'ai entendu parler et lu deux textes de Francis Scott Fitzgerald mais je n'en savais pas plus sur lui et son épouse. c'est donc avec plaisir et curiosité que je me suis plongée dans cette histoire.

Premièrement, j'ai apprécié rencontrer Zelda qui est une jeune femme originale, intelligente et attachante dont j'ai aimé le caractère fort et la détermination. Elle a des ambitions ainsi que beaucoup de talent et veut vivre une belle histoire avec son mari. Au départ, cela ira assez bien et un jour, ils auront une petite fille mais tout ne restera pas ainsi. Les problèmes vont intervenir au sein du couple notamment avec tous les excès où les ont conduits la popularité.

Deuxièmement, j'ai trouvé intéressant de connaître "l'envers du décor" par rapport à l'écriture des oeuvres de Francis Scott Fitzgerald. Voir dans quelles conditions, il écrivait, où il a voyagé, quelles personnes il a côtoyées, quelles étaient ses passions ainsi que celles de son épouse.

Enfin, j'ai adoré voyager avec les personnages. Tout au long du roman, ils changent de pays, de ville et j'ai trouvé cela passionnant. Découvrir de nouveaux décors et de nouvelles personnes dans chaque partie du roman lui donne beaucoup de rythme et permet de ne pas s'ennuyer une seconde.

En résume, j'ai lu un bon et beau roman qui m'a appris pas mal de choses sur le monde, l'univers de l'écriture et de la danse mais surtout sur deux personnages hauts en couleur qui n'ont pas eu une vie très facile mais qui ont vécu une histoire riche en émotions. En tous cas, j'ai envie de découvrir l'oeuvre de Francis Scott Fitzgerald pour apprendre à mieux le connaître.

Lien : http://lecturesmagiquesetfee..
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argali
  03 mai 2013
Quand les Editions Michel Lafon m'ont proposé ce livre, je n'ai pas hésité une seconde, tant cette période de l'histoire de la littérature me fascine. Cette « génération perdue » comme l'appelait Gertrude Stein, formée d'écrivains devenus emblématiques de l'Amérique de l'entre-deux-guerres (Dos Passos, TS Eliot, Hemingway, Ezra Pound…), attire par son insouciance, ses fêtes tapageuses et la personnalité de ses membres. Installés en Europe où le dollar fort leur permet de vivre à l'aise, ils mènent une vie de bohème où l'alcool coule à flot. Ils véhiculent le sentiment d'une perte de sens, d'un déclin des valeurs sociales, religieuses, morales et politiques et proposent une rupture nette avec le passé, tant au niveau de leur mode de vie que de leurs écrits et des thèmes abordés.

Considéré comme le chef de file de la Génération Perdue, F. Scott Fitzgerald en était sans doute aussi le plus glamour. Avec sa jeune épouse Zelda, ils formaient un couple mythique. Jeunes, riches, beaux, pleins de vie, ils auraient pu tout réussir.

Cet ouvrage est une fiction, même s'il se base sur des lettres de Zelda et de son entourage, sur les écrits et carnets de Scott et d'autres documents personnels. Partant du point de vue de Zelda, il essaie de rendre au plus juste la vie du couple, l'époque dans laquelle il vit, la société dans laquelle il évolue et les idées qui s'affrontent alors, tant en Amérique qu'en Europe. Epoque charnière dans l'émancipation de la femme, l'évolution des arts, la situation économique et politique du monde, ces vingt années ont été d'une grande richesse. Thérèse Anne Fowler nous les décrit par le menu.

Dès le départ, l'auteure nous dépeint une Zelda au comportement audacieux, énergique, sans tabou, aimant choquer la société trop puritaine de son Alabama natal. Rien d'étonnant qu'elle se laisse séduire par le fantasque et séduisant Francis Scott Fitzgerald, alors militaire en attente de partir sur le front, mais qui veut devenir écrivain, le plus grand écrivain de tous les temps. Elle sera son épouse et son égérie.

Couple mondain, élégant, chic et noceur, Zelda et Scott deviendront rapidement les icônes de leur génération. Scott s'emploie d'ailleurs très bien à mettre en scène sa jeune et jolie épouse qui ne recule devant aucun défi, aucun esclandre. le couple s'amuse, fait parler de lui, est invité dans tous les cocktails, réceptions et diners mondains et dépense sans compter. Ils sont à la mode et cela leur plaît. Ils s'aiment passionnément et pensent que cela va durer toujours.

Le succès, quoique relatif, de Scott, relègue vite Zelda au second plan ce qui n'est pas du tout dans sa nature. Faire-valoir de son époux, niée dans ses aspirations et ses idées par un mari alcoolique, autoritaire, prétentieux et immature, Zelda s'ennuie et s'étiole. Et ce ne seront plus entre eux que jalousie, ressentiment et acrimonie. Malgré diverses tentatives pour exister par elle-même et gagner sa liberté, Zelda se rendra compte qu'il n'y a pas de place pour deux artistes dans son couple. Chaque fois qu'elle aura l'occasion de briller par elle-même, Scott se chargera de la remettre à sa place d'épouse et de muse, jusqu'à ce qu'elle sombre lentement dans la dépression, voire la schizophrénie.

Divertissant et intéressant, mêlant romance et histoire, ce roman rend hommage à une jeune femme libre, en avance sur son temps. Sensible aux idées progressistes de l'émancipation de la femme, elle est décrite comme la victime d'un mari autoritaire et d'une société machiste (voire entre autres, les propos des médecins qui la soignent) et en devient par là même une sorte d'icône féministe.

Malgré quelques longueurs et une fin trop vite expédiée à mon goût, ce livre vaut la peine d'être lu pour découvrir ce couple mythique et l'époque dans laquelle il a vécu. A deux semaines de la sortie du remake de « Gatsby le Magnifique », il vous donnera aussi l'occasion de mieux appréhender le contexte de l'oeuvre.
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gean25
  08 février 2015
Traduit de l'anglais par Laure Joanin, l'auteur, Thérèse Anne Fowler a enseigné à l'université de Caroline du nord avant de se consacrer à la l'écriture. Elle nous fait vivre la vie de Zelda, une femme du début du siècle dernier, mariée à un homme obstinément écrivain qui l'entraînera, à moins que ce soit l'inverse, dans une spirale infernale !
Nous découvrons ,au passage, un peu de la vie d'Hemingway .
je pensais, au départ que cet ouvrage s'adressait plutôt à un public féminin, mais je me suis laissé prendre au fur et à mesure que je tournais les pages !
Je le conseille fortement.
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Ikebukuro
  03 juillet 2013
J'aime particulièrement la littérature anglo-saxonne et les auteurs américains alors ce roman ne pouvait que me tenter. Il est toujours intéressant de découvrir l'importance des conjoints ou de l'entourage et leur influence sur le travail d'un auteur. A travers ce roman, on découvre Zelda Fitzgerald, sa rencontre avec Scott, son profond désir d'exister et son admiration et son amour pour son mari. Fille du sud, insouciante et bénéfiant d'une certaine liberté dans sa famille, rien ne prédispose Zelda à rencontrer ce jeune soldat, basé près de chez elle, écrivain en devenir, plein d'assurance et séducteur en diable. Ils s'aiment, s'apprivoisent et se marient une fois Scott démobilisé. On va suivre le couple de leur rencontre à la fin de leur vie, à travers leurs espoirs et leurs désillusions, à travers les succès et les échecs, évoluant parmi les gens célèbres et les intellectuels de l'époque.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Zelda, elle apparaît libre, insouciante, dévouée à son écrivain de mari, amoureuse. Rapidement on devine que leur vie est avant tout un leurre ou chacun se perd de fête en coups d'éclats. Tout est bon pour se faire remarquer et se retrouver dans les journaux. Zelda et Scott fréquentent d'autres écrivains, des mondains comme eux et de riches new yorkais qui hantent les clubs de Jazz où l'on trouve de l'alcool de contrebande. C'est une vie frivole et superficielle où il est difficile d'écrire et où Scott produit des nouvelles "alimentaires" pour faire bouillir la marmite. Heureusement le talent est là et la reconnaissance et le succès finissent par arriver. Mais Zelda commence à se sentir à l'étroit dans son couple, elle aimerait exister par elle-même et non plus dans l'ombre de son mari, elle écrit mais c'est Scott qui met sa signature au bas de ses textes pour des raisons purement pécuniaires et parce que c'est lui l'écrivain de la famille.

J'ai préféré la seconde partie du livre qui se déroule en grande partie en France où Scott et Zelda rencontrent d'autres écrivains américains comme Hemingway et fréquentent les cercles littéraires parisiens. C'est une vie de bohème entre Paris et le Sud de la France, au gré des amitiés et des revenus du couple. Jalousie, influences néfastes ou amitiés sincères sont au programme de cette partie, beaucoup plus intéressante que le début du roman. La psychologie des personnages prend du relief et les caractères se dévoilent. Entre faiblesses des uns et manipulations des autres, on découvre certains personnages comme Hemingway sous un jour plus qu'antipathique (je n'aime pas ses livres, donc ça m'a conforté dans l'opinion que j'en avais...). L'insouciance des débuts se transforme en amertume et en regrets, les sautes d'humeur de Zelda face à l'alcoolisme de Scott font des étincelles et le couple se déchire même si on sent malgré tout beaucoup d'amour entre eux. Car ce livre est avant tout un roman d'amour entre un homme et une femme qui se sont perdus de s'être trop aimés.

C'est le portrait romancé d'une femme amoureuse et pleine d'aspirations et de désirs, elle est talentueuse mais à vivre dans l'ombre de Scott, elle semble s'étioler de plus en plus jusqu'à se tenir au bord de l'abîme. L'auteur a su nous décrire cette longue et insidieuse descente vers le repli sur soi et la perte de confiance. Il faut dire que Scott ne l'aide pas beaucoup, influencé par son entourage, il néglige de plus en plus Zelda et se rend à peine compte qu'elle n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Même si je suis bien consciente que c'est avant tout un roman, plus qu'une biographie même romancée, cela ne m'a pas empêchée de passer un très bon moment de lecture. Emouvante et fragile, Zelda a su me toucher et j'ai beaucoup aimé l'évolution des personnages et du couple au fil des pages. L'auteur a su retranscrire l'atmosphère de l'époque et les nombreux dialogues rendent le texte vivant et très agréable à lire. Même si je suis quelquefois restée un peu sur ma faim, l'ensemble est bien documenté et vraiment intéressant à suivre. Comme beaucoup de lecteurs, j'ai trouvé que la première partie du livre prenait un peu trop d'importance par rapport à la fin qui aurait mérité plus d'attention mais je ne me suis pas ennuyée et j'ai appris beaucoup de choses.
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LeManegeDePsylook
  20 juin 2013
J'ai eu la chance de découvrir ce livre grâce à une Masse Critique Babelio. Je tenais donc d'abord à remercier l'équipe de Babelio et la maison d'édition Michel Lafon pour la confiance qu'ils m'ont accordée.
J'ai beaucoup aimé ce livre, je trouve qu'il reflète bien la futilité et la décadence qui régnait lors des années folles. La première Guerre Mondiale a tellement marqué les esprits, que la plupart des gens avaient la sensation que tout pouvait s'arrêter très vite et brûlaient la chandelle par les deux bouts; nos deux protagonistes, Scott et Zelda Fitzgerald, ne sont pas épargnés par ce phénomène, bien au contraire et le succès soudain de l'Envers du Paradis n'a fait qu'accélérer leur escalade.

En lisant ce livre, j'ai eu la sensation d'y être, je n'ai eu aucun mal à imaginer être dans la peau de Zelda, le fait que ce soit écrit à la première personne a dû aider en partie, mais pas que. le récit est prenant, le personnage principal attachant, l'atmosphère de l'époque très bien retranscrite.
On est tellement absorbé par cette histoire qu'on perd tout repère de temps. Arrivée à la moitié du bouquin, j'avais la sensation qu'une bonne dizaine d'année était passée et c'est ce moment que choisit la narratrice pour nous replacer dans un repère temporel et en réalité, il s'était écoulé moins de cinq ans. Ça amplifie énormément la sensation de vie frénétique que fut celle des Fitzgerald.

Le personnage de Zelda est, comme je l'ai dit, très attachant: une jeune fille ou une femme de notre époque n'aura aucun mal à s'y reconnaitre et c'est ce qui fait la force de ce roman. Ses interrogations et son questionnement sur ce qu'elle est réellement, quelle étiquette porte-t-elle, sont très d'actualité. J'ai la sensation que 90 ans après, on se pose toujours la question de la place de la femme dans la société: est-elle en priorité une « travailleuse » au même titre qu'un homme (l'égalité des sexes, c'est une grande réussite -_-)? Une épouse? Une mère?
Alors oui, les idées et les envies de Zelda sont très progressistes: elle aimerait être reconnue l'égale de Scott parce qu'elle a le talent pour cela mais elle reste dans son ombre, lui soufflant une partie des idées de livre par le biais du journal qu'il lui demande d'écrire. Et lorsqu'elle est sur le point de s'envoler, il la « reprend sous son aile », aucun moyen pour elle d'exister à part entière; sans compter qu'on ne cesse de lui rappeler, et ce, jusqu'à la fin qu'elle doit être une épouse et une mère avant toute chose. Finalement, elle finit par se perdre entre ce qu'on lui impose et ce qu'elle souhaite.

Si j'ai relativement bien aimé la fuite du temps, les réflexions de Zelda, j'ai moins aimé sa descente dans la folie (je ne spoile pas, on sait dès le premier chapitre qu'elle a une maladie mentale). On sent bien la dépression monter au fil des pages mais pour sa « folie », je n'ai cessé de me demander si elle était réelle ou si seules ses idées trop modernes ont été la cause d'un faux diagnostique. C'est probablement une volonté de l'auteure, mais j'ai trouvé que ça posait beaucoup de questions et peu de réponses, même si le mot de la fin donne un bout de réponse, ce qui est moins frustrant finalement. Ça laisse quand même un flou.

Je n'ai rien dit quant à l'alcoolisme de Scott, ça fait pourtant partie intégrante du livre, une maladie de plus en plus présente tout au long de l'histoire. Dès le début, je savais comment cela allait tourner. Personnellement, j'ai un très mauvais rapport avec cette « façon de vivre », cette qualité de non-vie, devrai-je plutôt dire. J'ai été tenté d'arrêter le livre trouvant certaines scènes douloureusement réalistes. J'ai persisté parce que c'était un partenariat et je suis finalement ravie d'avoir pu le finir, mais ça ne change rien au fait que ça a été dur pour moi: pas assez de recul; j'ai détesté le personnage de Scott qui m'a malmené autant qu'il a malmené Zelda. Et c'est la raison pour laquelle ce ne sera pas un coup de coeur et c'est dommage parce qu'il le mériterait.

J'ai malgré tout bien apprécié Z le Roman de Zelda, je suis contente de l'avoir lu même s'il m'a laissé un goût amer. Donc non, je ne suis pas maso, ce petit point noir sur la toile qu'est ce superbe livre n'a pas été suffisamment violent pour que ça change profondément mon ressenti positif en négatif. C'est une oeuvre qui a énormément de qualité: un travail de recherche absolument titanesque, une narration fluide et passionnante, un personnage charmant et attachant parce qu'elle ne cache pas ses défauts, (ses qualités non plus d'ailleurs), ni ses doutes et ses remises en question.
Une belle découverte!
Lien : http://psylook.kimengumi.fr/..
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Thalyssa
  21 mai 2013
Therese Anne Fowler a accompli avec ce livre un travail de titan, ne serait-ce qu'au niveau de la documentation et des recherches. Elle a patiemment recueilli tous les articles, lettres personnelles, oeuvres dans divers domaines artistiques,… tous les petits bouts de vie du couple Fitzgerald pour retracer au mieux leur parcours, leurs rêves et leurs échecs. Alors, même s'il s'agit bien sûr d'une biographie romancée comportant des ajouts personnels pour mieux relier les faits, elle a à mes yeux parfaitement su rendre hommage à cet homme et à cette femme entrés si jeunes dans le mythe du rêve américain.

Il est difficile de passer à côté de romans tel Gatsby le Magnifique, mais j'avoue que je ne m'étais encore jamais penchée sur l'envers du décor. J'étais donc loin de connaître la vie tumultueuse que F. Scott Fitzgerald et sa femme avaient vécue. À la veille de l'armistice de la Première Guerre Mondiale, nous découvrons ainsi Zelda dans un Sud encore fortement conservateur, aux traditions rigides malgré l'abolition de l'esclavage. Son père est juge, sa mère soumise même quand elle est en désaccord avec son époux. Ses soeurs suivent peu à peu le même chemin et disent de Zelda qu'elle a du piment dans les veines. Âgée de dix-sept ans, elle aime danser, s'amuser, flirter sans s'impliquer, déroger aux règles tout en gardant un visage d'ange et une âme honnête. Elle veut s'émanciper mais ne s'intéresse pourtant pas aux luttes pour l'évolution des droits des femmes dans la société.

Sa façon de considérer les hommes va pourtant changer de façon radicale lorsqu'elle rencontre Scott au cours d'un bal. Séduite par son regard qui lui évoque l'Irlande, charmée par la danse qu'il lui demande, elle en tombe aussitôt amoureuse – d'autant plus qu'il semble du même tempérament hors-normes qu'elle, avec ses rêves d'écrivain alors qu'il est appelé à rejoindre prochainement le front de la guerre qui ravage l'Europe. Les parents de Zelda commettent l'erreur de vouloir la dissuader de ce qu'il considère comme une vulgaire amourette, et le métier d'écrivain n'avait alors rien de respectable. Zelda était appelée à devenir une épouse modèle, c'est-à-dire une femme au foyer. Autres temps, autres moeurs. Nul besoin de préciser que leur attitude n'a fait que l'encourager à persévérer sur la voie qu'elle avait choisie.

Malgré la fin de la guerre, la situation de ces jeunes amoureux n'a rien de simple… Scott est contraint de rejoindre New York s'il veut mener à bien ses projets et percer dans le milieu littéraire, mais il n'a pas de quoi subvenir aux besoins de sa fiancée qui reste donc en Alabama. Les tensions s'accumulent mais finiront par se dénouer quand le premier roman de Scott, L'Envers du Paradis, connaît des ventes phénoménales dès sa parution. le couple est réuni et peut enfin se marier, il ne manque de rien : l'argent coule à flots et tout le monde les sollicite. Pourtant, à travers ce roman, on prend douloureusement conscience des ambitions démesurées que l'écrivain ne parvient pas à assouvir. Pire encore, elles le paralysent petit à petit et assèchent sa plume, ne faisant que renforcer le sentiment d'insécurité et le manque de confiance en lui dont il souffre. Zelda, quant à elle, joue un rôle : elle se fait passer pour la flapper du roman de son jeune époux pour des questions de publicité, alors qu'elle est toute autre. Scott va très rapidement trouver refuge dans l'alcool et les fêtes interminables. Zelda danse avec lui tous les soirs jusqu'au bout de la nuit, joue les extravagantes, alimente la presse à scandales. Ils collectionnent les amitiés, mais les sommes qu'ils gagnent n'attirent pas forcément les meilleures intentions. Ils dépensent sans compter, des sommes époustouflantes que leurs revenus pourtant conséquents ne suffisent pas à combler. Scott est obligé de vendre : un essai, une nouvelle, un article, peu importe… Il faut trouver de l'argent pour éponger les dettes. Et c'est l'engrenage infernal. Il travaille sous pression, boit de plus en plus pour pouvoir faire face mais produit de moins en moins. Les années passent et les fausses excuses s'accumulent, finissant par exaspérer Zelda qui se sent négligée et abandonnée.

L'argent les avait réunis, il va tout autant les désunir. Comme le souligne l'auteure de cette biographie, on ne saura jamais qui a entraîné l'autre dans le gouffre. Certains affirment que Zelda empêchait son époux de travailler par son comportement fantasque et frivole, d'autres – tout aussi nombreux – ne démordent pas que c'est Scott qui a négligé, rabaissé et poussé sa femme à bout, au point où elle en a perdu la raison. Therese Anne Fowler nous permet de suivre leur périple à travers plusieurs états américains, mais aussi en Italie, en Suisse, à Paris, sur la Riviera méditerranéenne. Les Fitzgerald ne tiennent pas en place, persuadés que leur bonheur se trouve ailleurs. Mais les déménagements n'ont jamais résolu le moindre problème et les conflits et les non-dits qui les opposent finissent toujours par les rattraper. Sur un rythme de vie toujours aussi endiablé et décadent, arguant leur modernité, ils vont et viennent, cachent leurs blessures les plus profondes, ressemblent finalement à des acteurs s'inventant une vie qui n'est pas vraiment la leur, sans réaliser combien ils se perdent tous deux en chemin...

C'est un roman au goût doux-amer, une histoire d'amour corrompue par l'argent où les problèmes de l'un amplifient ceux de l'autre, et vice-versa. On trépigne, on espère, on désespère, on les exhorte à se parler, à trouver une solution, à faire des compromis... L'identité aussi fracturée que leur couple, ils lutteront de toutes leurs forces, au-delà de toute raison, mais s'échoueront sur les écueils de leurs douces illusions.
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MONTPARNOS
  28 août 2014
Grâce à une documentation impressionnante, Therese Anne Fowler nous livre un récit digne de ces êtres exceptionnels qu'étaient les Fitzgerald et ceux qui les côtoyaient. Génération perdue, divisée entre espoir et désillusion, c'est dans une ambiance jazzy que les "personnages" évoluent, tandis que nous les suivons de prêt grâce à un style réaliste et ingénieux.

Le récit d'une vie, ou plutôt d'une génération, à lire, tout simplement.
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FannyNetherfieldPark
  28 avril 2013
1918, Zelda Sayre est une toute jeune débutante de 17 ans du sud des États-Unis qui fait son entrée dans le monde. Elle fait déjà les quatre-cents coups, charme les garçons de la région et développe un caractère bien trempé qui inquiète ses parents. Mais une rencontre va chambouler sa vie, celle de Francis Scott Fitzgerald. Ce jeune homme plein d'ambition rêve de devenir écrivain. Avec Zelda ils vont imaginer les projets les plus fous jusqu'au jour où tout ceci devient réalité. Et c'est à partir de là que la vie de Mrs Zelda Fitzgerald commence à New York dans un premier temps. Malheureusement, elle va vite se rendre compte que la vie d'épouse d'écrivain n'est pas ce qu'elle avait rêvé ni imaginé. Surtout quand on a à faire avec un mari possessif, alcoolique, mégalomane et séducteur. Cet homme va l'emmener dans une chute dont la seule issue sera la folie.

Zelda est un personnage très attachant. Sa vie houleuse a vraiment permis à l'auteur d'écrire sa biographie sous forme de roman. Nous la voyons d'abord naïve et croyant au grand amour. Puis elle mûrit et perd petit à petit de sa fraicheur face à ce mari autoritaire tantôt dépité par son manque d'inspiration tantôt euphorique à l'idée de son succés. On sent d'ailleurs un changement de ton dans le récit. En effet, Zelda devient de plus en plus frustrée car Scott la piège dans son rôle d'épouse et de mère alors qu'elle même a de nombreux talents à dévoiler (danse, peinture, écriture). Nous suivons notre héroïne dans les moments heureux, malheureux ou encore d'espoir. Ce roman est écrit à la première personne. C'est un peu comme si elle couchait ses pensées sur papier. Elle se confie à nous lecteur. On se sent vraiment proche d'elle.

En lisant ce livre, nous avons sous les yeux une véritable fresque des années folles et plus largement des années d'entre deux guerres. L'auteure a une grande capacité à nous décrire avec détails les intérieurs, les vêtements, les ambiances qui règnent dans les hôtels et autre endroits visités. C'est aussi un voyage permanent entre le sud des États-Unis, New-York, Paris, la Riviera française mais aussi l'Italie. L'auteure nous introduit également dans les cercles littéraires, cinématographiques et plus généralement artistiques de cette époque. Nous croisons Picasso, Serge de Diaghilev, Matisse et Hemingway pour ne citer que les plus connus.

La condition de la femme dans ces années est au coeur de ce roman. Zelda souhaite une émancipation sans l'obtenir. Il s'agit d'une période difficile pour la femme entre tradition et modernité. Par exemple, certains personnages secondaires sont lesbiens ou encore suffragettes engagées dans la lutte pour le droit de vote et l'entrée en politique des femmes. Nous rencontrons également Coco Chanel qui a participé à l'émancipation de la femme dans la mode avec des coupes de vêtements à la garçonne et l'adaptation du pantalon. La femme, et ici Zelda, fait aussi souvent l'objet de diagnostics médicaux et psychiatriques obscurs la plupart du temps erronés notamment en ce qui concerne les troubles dépressifs. Ceci m'a d'ailleurs laissé assez perplexe.

Passons aux quelques bémols qui n'ont pas vraiment entaché ma lecture. J'ai trouvé la fin assez précipitée. Les dix dernières années de la vie de Zelda ne sont résumées qu'en quelques pages. Elle concerne principalement sa dépression et ses nombreux internements en hôpitaux psychiatriques et en sanatorium. J'aurai beaucoup aimé que cette facette de son histoire soit plus développée. Il y a également parfois quelques longueurs mais très vite le rythme reprend donc rien de dramatique.

Pour conclure, ce roman est divertissant, instructif et très enrichissant. La traduction me semble excellente. Il possède de grandes qualités romanesques mais aussi biographiques et historiques. Je suis d'ailleurs allée lire d'autres textes sur ce couple par curiosité et il semblerait que ce roman se rapproche d'assez près de la réalité historique. Une très belle surprise!
Lien : http://netherfieldpark.wordp..
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tantquilyauradeslivres
  26 novembre 2016
C'est la deuxième biographie romancée de Zelda Fitzgerald que je lis cette année après Alabama song de Gilles Leroy. Si j'avais été déçue par cette lecture, j'ai été conquise par le roman de Therese Anne Fowler.

L'histoire commence en 1918 à Montgomery en Alabama, lorsque Zelda Sayre rencontre Scott Fitzgerald. de cette première rencontre jusqu'à la mort de Scott une vingtaine d'années plus tard, Therese Anne Fowler imagine le roman de ces personnalités hors du commun.
Aux côtés de Zelda et Scott nous plongeons dans l'insouciance des années folles, la fête perpétuelle. Mais au bout de quelques années, leur relation se dégrade. Scott est de plus en plus dépendant de l'alcool, il se montre tyrannique avec Zelda, la rabaisse et celle-ci supporte difficilement de vivre dans l'ombre du grand homme, de n'être que "la femme de". Elle tente sans succès de faire connaître ses talents personnels (écriture, peinture, danse). L'amitié de Scott avec Hemingway portera un coup fatal au couple déjà mal en point. Mais jamais ces deux-là ne seront capables de se quitter, à l'amour passionnel succède une relation destructrice.

Alors il ne faut pas s'attendre à une véritable biographie. Car même si les personnages sont réels, ainsi qu'un bon nombre d'évènements racontés, tout le reste est fiction. Therese Anne Fowler s'est appuyée sur ces éléments réels pour écrire un roman, inventant dialogues et sentiments, se glissant dans la peau de Zelda Fitzgerald.

Dans la postface, l'auteur parle d'une équipe Zelda et d'une équipe Scott. Clairement ici elle prend le parti de Zelda, Scott étant plutôt pathétique et détestable. Zelda ne peut que susciter compassion et tristesse. Tous deux forment un couple fascinant et pitoyable. Scott s'enfonce dans l'alcool, tandis que Zelda sombre dans la folie. Leurs talents respectifs ne parviennent à s'épanouir et le bonheur n'est qu'un mirage inaccessible.

C'est un excellent roman, bien écrit, aux personnages forts et à l'histoire passionnante. Alors ce n'est certes pas une oeuvre qui restera dans les annales de la littérature, mais je me suis plongée avec passion dans ce roman.
Lien : http://tantquilyauradeslivre..
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Ollie
  21 avril 2014
Dans cette biographie (très) romancée, Therese Anne Fowler nous conte l'histoire de ce couple mythique que fut Zelda et Francis Scott Fitzgerald de leur rencontre en Alabama jusqu'à leur naufrage français.
Zelda est un personnage touchant à souhait. Elle est fantasque, libre et surtout, elle est une féministe qui ne se donne pas ce nom. Avec son fort caractère, elle ne se laisse jamais faire et je l'ai beaucoup aimé pour ça. Malgré sa vie en dents de scie, elle tentera par tous les moyens de réussir sa vie hors de l'ombre de son mari. J'aime tellement eu souvent envie de claquer Scott, ses réflexions misogynes, sa vision étroite et son envie de faire de sa femme une bonniche. Alcoolique et jaloux, il va lui mener la vie dure pendant de nombreuses années avant de se « débarrasser » d'elle en l'envoyant en hôpital psychiatrique.
Je crois que le personnage le plus détestable reste Ernest Hemingway. Décrit comme un coureur de jupons arrogant, il m'a énervé tout le long. J'avais lu une biographie romancée sur sa femme l'année dernière et les deux descriptions se rejoignent : cet homme s'aimait beaucoup et utilisait les autres pour arriver à ses fins. Totalement détestable et je comprends l'aversion de Zelda.
Bien que l'écriture soit très simple, j'ai été transporté par l'histoire. J'aime beaucoup les années folles et les découvrir des yeux d'une de ses grandes figures m'a charmé. Voir ce monde des yeux de Zelda est intéressant car elle aussi y est extérieure et certaines de ses réflexions rejoignent les nôtres. On rencontre les grands noms de cette époque tel Pablo Picasso, Diaghilev ou encore Coco Chanel. Ce roman nous offre une vision d'ensemble sur la vie artistique internationale de ces années-là, les Fitzgerald en ayant été le centre pendant quelques années. J'ai aimé découvrir New-York mais aussi Paris et la Cote d'Azur !
On suit leur couple de leur rencontre à leur chute, lente et douloureuse pour les deux. Au départ, ils sont touchants car jeunes et amoureux puis plus les années passent, plus on se demande pourquoi ils restent ensembles. Je crois que les passages sur la déchéance de Zelda m'ont donné envie de commettre des meurtres : celui de Scott mais aussi celui des médecins qui la « soignent ». Impossible de mettre un diagnostique sur son mal, il l'a font passer pour une mère indigne, pour une femme folle alors qu'elle avait juste besoin d'être libre.
L'émancipation féminine est au centre de ce roman. D'un caractère très libre, Zelda va mal vivre d'être enfermé dans une cage dorée par son époux. Elle serait née 40 ans plus tard, elle aurait pu devenir l'une des grandes féministes du XXe siècle. Elle rencontre des femmes qui se sont émancipées, des lesbiennes aussi et j'ai beaucoup aimé découvrir la culture féministe de ces années-là. En face de ça, on trouve aussi des réflexions terriblement misogynes des hommes mais aussi de la mère de Zelda elle-même. Une des lettres qu'elle envoie à sa fille m'a fait bondir d'horreur, lui expliquant qu'une femme n'a qu'un but : créer un bon foyer pour son époux.

Une biographie romancée avec succès, qui donne envie au lecteur d'en apprendre plus sur la période mais aussi et surtout sur les Fitzgerald eux-même. Si vous avez aimé, je vous conseille de lire aussi Madame Hemingway de Paula McLain qui conte de façon romancé l'histoire d'Ernest Hemingway et de sa première femme, que l'on croise tous les deux dans le roman de Therese Anne Fowler.
Lien : http://leslecturesdeollie.bl..
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Victoria Ocampo

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Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre