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EAN : 9782894355763
624 pages
Editions Michel Quintin (30/11/-1)
3.38/5   4 notes
Résumé :
C’est dans le désarroi le plus total qu’Éloise a quitté l’Angleterre à la fin de ses études de maîtrise, sans même se donner la peine de soutenir sa thèse, pourtant brillante.

Les circonstances ont amené la jeune femme à s’impliquer dans la libération de Wallegh et de Morgane, prisonniers d’une malédiction séculaire qui les condamnait à errer sans fin. Ce faisant, elle a soustrait aux forces des ténèbres deux âmes réputées leur appartenir et elle a ai... >Voir plus
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Ma douce Vïelle,

En lisant ceci, tu auras compris que ma quête a enfin connu
son dénouement . La septième fille d’Avalon a trouvé le chemin jusqu’à
moi et m’a libéré du maléfice qui nous retenait prisonniers
d’une vie misérable, ma soeur et moi. Tu seras étonnée d’apprendre
que l’élue n’appartenait pas, comme nous, à l’Ancien Monde,
ainsi que je l’avais toujours imaginé, mais au nouveau. Elle est
québécoise.
Son prénom est aussi mélodieux que le tien, empreint à la fois
d’une noblesse et d’une force inouïe : Éloise. L’automne dernier, elle
laissait derrière les deux hommes de sa vie, son frère jumeau taré et
son amoureux, pour voler vers son destin, ignorant alors que c’était
moi qui en tenais les ficelles. Dès son arrivée à Bristol, elle s’est liée
d’amitié avec Philip, mon assistant, qui la secondait et l’appuyait à
chacun de ses pas. C’est lui, d’ailleurs, qui lui a révélé l’existence de
la prophétie qui a fait de moi un homme maudit.
Au fil de ses recherches et de ses visites des hauts lieux de la
légende arthurienne, autour de laquelle s’articulait sa maîtrise,
Éloise a peu à peu compris qui j’étais réellement et a deviné que,
comme toi, j’étais une créature de la nuit. Je la revois me brandir
la croix de Jeanne d’Arc au visage lorsqu’elle m’a démasqué. C’en
était presque drôle. Mais il en fallait, du courage, pour se tenir droite
devant un vampire et réclamer des explications. Et j’ai tout déballé.
Enfin, presque.
Elle ne sait rien encore de Beltane1, tant à propos de sa signification
que des choses qui viendront à échéance à ce moment-là. Je lui ai
par contre exposé une partie du passé inconnu de sa famille, de ses
ancêtres écossais et de leur lien direct avec Excalibur et le Graal, et
nous sommes allés voir l’épée en question à Édimbourg. Bien sûr, il
y avait aussi la pierre, et c’est la raison pour laquelle je t’écris cette
lettre. Tu connais son histoire et son véritable pouvoir. Sur elle les
monarques écossais ont longtemps juré d’honorer leur couronne et
c’est aussi avec l’épée forgée à même le Graal de mon frère qu’ils ont
régné. Tu n’es pas non plus sans savoir que c’est au coeur de cette
pierre qu’Uther Pendragon a fiché Excalibur et qu’elle y est restée
jusqu’à ce que je l’en retire.
Tu vois, Vïelle, les deux sont indissolublement liées et c’est ainsi
que je vous vois, que je vous veux, Éloise et toi, sans quoi la pierre
sera perdue. J’ai reçu ce matin la visite d’un fils que je n’avais pas
revu depuis des lunes et qui, je le crains, a pour dessein de s’en
emparer. Patrick croit que c’est à Éloise que je la léguerai, mais il ne
sait rien de toi. Il ne songera pas à te pourchasser.
J’ignore dans quel état se trouvera Éloise après Ostara, lorsque
tout sera terminé, mais elle m’a demandé d’effacer sa mémoire afin
de ne pas vivre avec le poids du souvenir et je lui en ai donné ma
parole. Par contre, si les choses devaient mal tourner, si je n’avais pas le dernier fils d’avalon le temps de manipuler suffisamment son esprit, j’ai chargé Philip de lui expédier une copie de la lettre que tu tiens en ce moment même,
afin qu’elle sache que mon intention première était sincèrement
d’honorer son souhait de tout oublier, en plus de lui apprendre ton
existence.
Aussi, je redoute que ma mort ne vienne créer des remous au
sein de notre communauté et je crains qu’on ne tienne Éloise pour
responsable de mon décès, malgré le fait que le voeu de mourir soit
mien. J’ai pour cette jeune femme énormément de respect, tant pour
son intelligence que pour sa personnalité, sa fougue et sa passion. Je
refuse de penser qu’elle puisse subir les contrecoups de ma décision
et qu’elle soit l’objet de représailles ou de vengeance. Morgane ne le
voudrait pas plus que moi.
Par ailleurs, il faut que tu le saches, c’est nous qui avons supprimé
Maurice LeBreton. Nous n’avions pas le choix. Tu connais donc
le danger qui la guette et c’est pourquoi j’insiste, très chère et vieille
amie. Je voudrais que tu te rendes auprès d’Éloise et que tu te fasses
son ange gardien quelque temps, histoire de voir à ce que son retour
à la vie quotidienne se fasse le plus sereinement possible.
Dernière chose, j’ai pris les dispositions nécessaires pour que
jamais Éloise ne manque de quoi que ce soit. Tu trouveras ci-joint
une copie de mes actes testamentaires. Quant à toi, lumière de mes
nuits, je te rends ce qui t’appartient. Garde la pierre aussi précieusement
que je l’ai fait moi-même, à l’image de ce que représentait pour
moi ton coeur.
À présent, tout est dit. Je t’en prie, veille sur elles. Fais cela pour
moi et nous serons quittes.
Wallegh
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Comme Wallegh refusait catégoriquement de s’ouvrir
au sujet de la simple mortelle qu’il logeait entre les murs
de son manoir et qui, fort heureusement pour elle, était
partie quelques jours visiter Stonehenge, Patrick en avait
déduit que c’était à cette impie qu’il la léguerait, et cela lui
était inacceptable, inconcevable. Autrefois, Wallegh n’avait
aucun secret pour son fils spirituel.
— E n gardant le silence, gronda Patrick, non seulement
me prives-tu de ma propre rédemption, tu Le bafoues une
seconde fois. Tu sais ça ?
Wallegh afficha un sourire narquois.
— Admirable tentative d’intimidation, mais c’est peine
perdue. Je te l’ai répété cent fois, tu cours après des
chimères.
— Comment peux-tu affirmer pareille ânerie ? Tu es
mieux placé que quiconque pour savoir qu’Il a bel et bien
fondé sur elle son Église.
— T u oublies tes propres enseignements, mon cher.
Tu sais très bien que le Christ ne s’exprimait qu’en paraboles.
Patrick jaugea son mentor quelques secondes. Il ne parlerait
pas.
Tant pis ! Il ne lui restait plus qu’à trouver la fille. Il
réussirait bien à lui faire cracher, à elle, où se trouvait le
trésor immémorial. Après, s’approprier son pouvoir ne serait
qu’un jeu d’enfant. « Et alors, je serai assis à la droite
du Père tout-puissant ! » songea-t-il pour lui-même.
— Je ne voudrais pas te brusquer, enchaîna soudain
Wallegh en regardant sa montre, mais je dois recevoir des
gens d’une minute à l’autre.
Cela faisait cliché, mais c’était efficace, d’autant plus
que l’excuse était fondée. Sans rien ajouter, Patrick se leva
et adressa à son mentor un dernier regard.
le dernier fils d’avalon

— Dans ce cas, que le seigneur des damnés ne t’éloigne
pas de ta coupe, si tel est ton désir !
Il avait à peine franchi deux mètres que la voix de
Wallegh s’éleva dans son dos.
— C’est bien mal me connaître, que d’espérer pouvoir
l’atteindre une fois que je serai mort.
Patrick ignora la pointe de tristesse que ces mots suscitèrent
en lui et sortit sans honorer la réplique de ce frère,
de ce père qu’il ne reverrait jamais plus.
Il parcourut le dédale de couloirs et d’escaliers qui le
menèrent à la sortie de l’université. Il buta dans un tournant
contre trois hommes impeccablement vêtus, mallette
à la main. Reconnaissant l’un des avocats les plus respectés
du Royaume-Uni, Patrick ne mit qu’une seconde pour
deviner la raison de leur présence.
Il s’éloigna du bâtiment sans toutefois quitter le périmètre
de l’imposant édifice et, insensible à la désagréable
morsure de l’humidité, s’installa sous l’arche d’une galerie.
Il avait tout son temps.
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L’étincelle lubrique qui animait son regard bleu fit place
à une curiosité patente.
— Aucune idée, répondit l’homme. Tout ce qu’on peut
vous dire, c’est que la caisse est arrivée par avion et qu’elle
provient d’Angleterre.
— Vraiment ? s’exclama Vïelle en fronçant les sourcils.
Eh bien ! venez, suivez-moi. Vous la déposerez dans le
séjour.
Elle leur tourna le dos et, sans attendre, traversa le
vestibule. Elle se posta dans la pièce située à droite de
l’entrée, consciente du regard des deux hommes posé sur
ses rondeurs toutes féminines. Mais l’envie d’un amusegueule
lui était passée. Le contenu du colis l’intriguait trop,
sans compter le pressentiment soudain qui avait figé un
rictus sur ses lèvres en forme de coeur.
En s’efforçant de ne rien laisser paraître de son trouble,
elle regarda les coursiers passer de larges courroies autour
de leurs solides épaules pour d’abord soulever la caisse,
puis la poser au pied du foyer.
— Vous savez, c’est sacrément lourd, observa celui qui
avait les cheveux longs. Voulez-vous un coup de pouce
pour l’ouvrir ?
Et son collègue de renchérir, dans un superbe élan de
drague sans finesse :
— N ous ne voudrions pas que vous abîmiez vos si
jolies petites mains de musicienne. Vous semblez avoir
une dextérité exceptionnelle…
Vïelle contempla ses mains un instant et, d’une gracieuse
rotation du poignet, tourna ses paumes vers le haut. Elle
s’attarda une seconde sur sa ligne de vie, la caressant du
bout de l’ongle. Tous ces chemins qui y étaient imprimés…
Relever l’allusion aurait été un jeu d’enfant, mais elle
s’en garda.
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À la fenêtre, la silhouette était toujours immobile.
Wallegh observait les gens qui s’activaient, qui vaquaient
à leurs occupations, l’esprit coincé dans leur immédiat
chargé et exigeant. Son esprit à lui aussi fonctionnait à
plein régime. Il devait voir à tout avant que la fin arrive,
que tout soit accompli.
L’entretien qu’il avait arrangé avec son notaire, son
avocat et son planificateur financier venait de prendre
fin. Les choses étaient en règle. Tous les biens qu’il avait
acquis au cours de sa très longue existence, ses propriétés,
ses avoirs qui n’étaient pas moindres, de même que son
impressionnante collection d’oeuvres d’art allaient être
distribués à des fondations ou à des musées ; quant à ses
liquidités, elles iraient à des fiducies.
Des arrangements précis avaient également été pris
relativement à certains objets personnels que Wallegh tenait
à léguer à des êtres chers en particulier, qui se comptaient
sur les doigts d’une main. Le premier concerné était
Philip, son assistant, qui allait hériter de Redmill et du
manoir, sous condition de garder Mina et Jean-René à son
service. Les rentes qui seraient versées à ses deux fidèles
domestiques leur assureraient une vieillesse plus que
confortable. C’était le moins qu’il pouvait faire pour eux,
après tant d’années de loyauté et de dévouement. L’intendante
et le chauffeur ne s’étaient pas détournés de leur
maître, même lorsqu’ils avaient été mis au courant de la
nature réelle du grand homme chauve pour qui ils travaillaient.
C’était un zèle qui se récompensait.
Il y avait aussi Éloise. Sa rédemptrice. Sa mort. Elle
ne serait pas en reste. La jeune femme avait demandé à
Wallegh de l’empêcher de se souvenir, une fois que tout
serait achevé, de ne pas la laisser vivre avec ses fantômes
jusqu’à sa propre mort. Il avait acquiescé, mais c’était là
une bien piètre gratification, comparée à ce qu’elle allait
lui offrir.
À travers la brume, Wallegh aperçut l’avocat, le notaire
et le comptable qui sortaient par l’entrée principale. Le
trio marcha quelques instants comme un seul homme et
se scinda sur un échange de poignées de mains pour permettre
à chacun de prendre sa propre direction. Les dés
étaient jetés. Il ne restait plus à Wallegh qu’une seule tâche
à accomplir.
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Montepulciano, région de la Toscane, Italie, 13 avril
’était là. Précisément là, lorsque le premier mouvement
de la symphonie amorçait son poignant allegro
con brio. Vïelle ferma les yeux de bonheur et laissa son être
vibrer une fois de plus au son de cette pièce fantastique
qui, entre toutes, était sa préférée. Perdue dans les images
que la troublante mélodie faisait naître en elle, la jeune
femme n’entendit pas la sonnette retentir. Quelqu’un
se tenait devant sa porte avec un imposant colis à lui
remettre.
Elle se pencha un peu plus vers les touches, ses doigts
martelant l’ivoire sans merci, exactement comme le lui
avait montré le maestro. Elle aimait reproduire au piano
certains extraits de ses pièces préférées, même s’ils avaient
d’abord été conçus pour un ensemble à cordes. Elle s’en
balançait éperdument. Elle ne respectait que très rarement
les règles, d’ailleurs, et ne vivait que pour le plaisir.
Avec vigueur, elle joua les dernières notes et accompagna
l’accord final d’un fervent hochement de la tête,
comme pour honorer son noble instrument. L’émoi se
serait prolongé, n’eût été les coups précipités frappés avec
insistance à sa porte.
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