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ISBN : B0049H7LYI
Éditeur : NRF, Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
245pages. in8. broché. Un vol. couv. imprimée, int. frais. Collection Littératures Soviétiques dirigée par Aragon. Nouvelles traduites par Lily Denis. Première édition. Service de Presse. Bon exemplaire
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Nastasia-B
  04 mars 2018
Ce Nord maudit est le troisième et dernier recueil de Iouri Kazakov traduit en français à ma connaissance. (Les deux autres étant La Petite Gare et La Belle Vie, beaucoup d'autres nouvelles de cet auteur n'ont jamais été traduites.) On y retrouve la plume sensible de l'auteur, sa description des espaces grandioses, mi-sauvages, mi-colonisés par l'homme du nord-ouest de la Russie, aux alentours de la Mer Blanche.
Personnellement, j'adore sa façon de dresser le portrait d'un travailleur ou d'un coin de plage perdu dans le grand nord. Il sait admirablement dépeindre au format " nouvelle ". J'ai été un tout petit peu moins enthousiasmée que dans les deux autres recueils même si je considère son travail d'écriture comme de haut vol.
Le livre se compose de sept nouvelles et d'un récit a priori véridique sur les impressions personnelles de l'auteur lors de ses virées dans le grand nord (Ce récit s'intitule Journal du Nord). J'ai particulièrement savouré la nouvelle La Laide, qui selon moi est la plus poignante du recueil. J'ai également beaucoup apprécié Les Souliers Roses ainsi que Nestor & Kir. Cette dernière, sans remettre en cause le communisme de l'époque, évoque sans complaisance le fait que les anciens koulaks (paysans aisés) avaient une haine affichée pour la révolution communiste ainsi que les raisons de cette haine.
Les autres nouvelles et le journal, tous sans jamais être déplaisants m'ont moins marquée. En somme, un bon livre, très agréable à lire, mais pas aussi succulent à mes papilles de lectrice que d'autres du même auteur. Bien entendu ce n'est que ce retors maudit d'avis qui me souffle dans la tête, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Sachenka
  05 juin 2016
J'ai bien aimé ce recueil de nouvelles de Iouri Kazakov. Il s'agit d'un auteur russe du milieu du 20e siècle, peu connu. Je ne peux pas dire que ces nouvelles sont particulièrement mémorables, mais il s'en dégage un petit quelque chose qui les rend précieuses. Je crois que ce sont des histoires qu'on apprécie surtout au moment de la lecture, elles laissent une impression, en tous cas. En effet, même si elles sont de facture réaliste, le ton et le style de l'auteur leur donne une sorte de poésie, presque de magie. C'est ce qui fait que, même s'il n'y est pas question de gestes héroïques, ô que non, on peut les apprécier. Kazakov a le don de s'attarder et de nous intéresser aux détails de la vie quotidienne, qui peuvent paraître insignifiants mais qui ont leur importance.
Dans « Ce Nord maudit », il raconte le quotidien, le destin de ces hommes qui vivent là-haut, dans le Nord. On est loin des grandes villes comme St-Petersbourg ou Moscou, loin aussi de ces riches campagnes de l'Ukraine. Avant de lire ce recueil, Mourmansk, Arkhangelsk, la Carélie, ce n'étaient que des noms dans un atlas. Les hommes et les femmes (même si on parle peu d'elles) y mènent une rude vie. Mais, en même temps, c'est là que se trouve l'aventure et, un peu, la liberté. Qui ne rêve pas de se rendre au bout du monde, de quitter la terre ferme pour s'exiler un moment sur un chalutier ? Explorer la mer Blanche ou la mer de Barents.
Là, on est entouré par la mer, bercé par ses vagues. Oui, il y a l'odeur du poisson, de l'huile de morue, du sel, mais ça fait partie du lot. Et on s'y habitue. Tellement que ce sont les escales dans les petits villages qui deviennent étranges. Là, dans les bars où l'on boit la vodka, on peut se défouler via une partie de football, rencontrer des étrangers de passage ou bien écouter des anecdotes, des histoires passées de génération en génération. On peut même voir les rennes passer, suivis par les Nénets, qui vivent en transhumance avec ces animaux. Certains s'y plaisent et acceptent de rester dans des kolkhozes (des coopératives) à cultiver un potager ou s'occuper d'un cheptel. Même cette vie de subsistance a ses mérites.
Tout ce Nord, même s'il peut être terrible, est fascinant. le narrateur de la dernière nouvelle de ce recueil, « Journal du Nord », l'explique bien à la fin. « Ainsi le soir, dans ma tiède maison de l'Oka, j'évoque le Nord. Et l'on dirait qu'entrent en moi Popov le mécanicien, Malyguine le maitre d'équipage, le commandant Joukov, Kotsov le pêcheur, et Pulchérie Ieremeïevna, et les Nénets, tous ceux qui figurent dans mes notes et ceux dont je n'ai rien dit, héros silencieux qui luttent toute leur vie contre une nature cruelle. »
Kazakov y croit à ce nord, il l'aime. Son dernier narrateur continue. « Je regrette de ne pas avoir parlé de bien des choses, d'en avoir beaucoup laissé passer, de très importantes, peut-être. Je veux retourner là-bas. Car le Nord commence seulement à vivre, son ère n'en est seulement qu'à ses débuts. Cette ère, nous la verrons, elle éclatera et fleurira de toute la puissance accessible à une époque comme la nôtre. » Décidément, je devrai lire les autres romans de cet auteur russe pas comme les autres.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   06 mars 2018
Je me rappelle Moscou, nos entretiens, nos discussions sur la poésie, les tendances de l'art, sur un tel qu'on livre à la vindicte publique, tel autre qu'on refuse de publier, tout cela avec accompagnement de cognac et de célébrités à chaque pas, l'impression que de votre accord ou désaccord avec tel ou tel autre, dépend la vie spirituelle du pays, du peuple comme on aime à dire chez nous. Mais ici…
Ici, allongés non loin de moi, il y a des pêcheurs et toute la conversation tourne autour de ceci : la marée descend-elle, les pluies ont-elles ou non commencé, le vent qui souffle est-il le " vent de la côte " ou celui " de la Chélona ", le filet est-il au fond ou non. Le temps que nous laisse la pêche, on le passe à faire la soupe, réparer les filets, recoudre les seines, à vaquer aux soins du ménage et à dormir en ronflant tout son soûl.
Ce qui compte pour moi, pour eux ne compte guère. Sur les quelque un million cinq cent mille titres que nous avons publiés, ils n'en ont pas lu un seul. D'où il semble résulter que les problèmes de l'actualité la plus brûlante n'existent que pour moi seul et que ces deux pêcheurs se trouvent encore au stade primitif où l'on gagnait-son-pain-à-la-sueur-de-son-front, totalement étrangers à la moindre culture.
Mais peut-être leur vie est-elle précisément la plus saine et la plus utile, socialement parlant ? Ils se lèvent avant l'aube, vont poser leurs filets, reviennent trempés et transis, avalent leur thé et vont se coucher. Avant que la nuit tombe, ils iront à plusieurs reprises inspecter leurs installations, s'occuperont de leur ménage, le soir ils remonteront leurs filets, puis ils iront dormir avec le sentiment d'avoir bien rempli leur journée, une journée dont le fruit est indiscutable, matériel : du saumon. Qu'ont-ils besoin de livres ? Qu'ont-ils besoin de culture sur ce rivage battu par la mer ? Il y a eux et la mer, rien de plus, les autres sont restés là-bas, derrière eux, ils ne les intéressent pas, ils n'en ont que faire.

NESTOR ET KIR, II.
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Nastasia-BNastasia-B   08 mars 2017
— Dis-moi un peu, me demanda mon ami, est-ce que tu plais aux femmes ?
— Non, répondis-je. Je ne suis pas beau. Je m'ennuie toujours. Et puis, je ne sais pas…
— Moi, il n'y a que les moches, dit mon ami. Pour ça, je suis gâté. Je ne peux pas en voir une sans que ça me travaille, elles me font pitié. Et elles le sentent, les garces. Des jolies, je ne sais pas, mais je n'en ai jamais eu. C'est quand même curieux.
— Qu'elles aillent se faire voir, dis-je. Les jolies, ça te fait tourner en bourrique, tandis que comme ça, tu vois, on a l'esprit en repos.
— Mais c'est peut-être de ça que j'ai besoin, de tourner en bourrique ? Peut-être que c'est précisément de ça que j'ai envie, d'un truc à en crever, tu comprends ? D'y laisser ma nom de cinq cent mille diables de peau ! Hein ?
— Allons ne t'en fais pas comme ça, dis-je, calme-toi, mon vieux. Toi, au moins, tu en as des moches, moi je n'en ai pas du tout. Et tu vois, ça ne m'empêche pas d'être là à siroter mon cognac et écouter la musique.

CE NORD MAUDIT.
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Nastasia-BNastasia-B   16 septembre 2015
Ce que j'ai pu traîner à chacun des nombreux étages de la Direction des chalutiers ! Me propulser du bureau en bureau ! Et entouré de quelles gens ! Des galonnés, des en casquette ou en simple béret, des élégants bagués, des barbus, des tondus, des tignasses coupées en frange, des vestes matelassées et des chemisettes bariolées comme ça se fait à l'étranger. J'en ai entendu des discours sur les visas, les primes, polaires ou équatoriales, quelle animation dans la file qui s'allongeait devant le service du personnel, chefs et capitaines de tout poil ! Le Canada, Terre-Neuve, l'Atlantique Nord, le Groenland, l'Afrique, l'équateur, les côtes de Norvège, voilà d'où venaient navigateurs, chefs mécaniciens, barbus, élégants, pantalonnés à la dernière mode, et où ils partiraient demain.
Et me voilà inscrit au rôle d'un équipage, je sais sur quel bateau je vais embarquer, le RT-106, je sais quand je suis convoqué à bord et ce que je dois emporter, j'erre dans Mourmansk, clair et quasi désert, mais je n'ai de cesse que je ne sois allé au port.

SUR LE BANC DE MOURMANSK.
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Nastasia-BNastasia-B   04 mars 2017
« Dire que Maman courait comme ça autrefois ! » se dit Ilya avec amour et tristesse en se retournant. À présent, sa mère est si loin qu'on ne voit plus si elle s'est arrêtée ou si elle clopine encore.
Non, elle avance toujours, elle ne peut pas encore faire demi-tour. Les larmes lui montent aux yeux, elle les essuie du bout de son fichu. Elle n'a plus besoin de se retenir, il n'y a qu'elle dans la plaine… « Seigneur ! pense-t-elle, ils n'ont rien à en faire de la maison de leurs pères. Ça voyage, ça voyage, la Terre entière s'est mise en chemin. Quels temps on vit, au jour d'aujourd'hui !

EN ROUTE.
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Nastasia-BNastasia-B   21 août 2018
Je trouve que c'est bien dommage. Bien dommage qu'on n'ait pas eu l'habitude d'honorer nos ancêtres, artisans, laboureurs, bref tous les travailleurs. Parce que c'est grâce à nous que la Terre tient debout, et que tout ce qu'elle a de beau, c'est bien nous qui l'avons enfanté.

LES SOULIERS ROSES, I.
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