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Mitch Gerads (Illustrateur)Mikel Janin (Illustrateur)
ISBN : 1401268544
Éditeur : DC Comics (18/04/2017)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
A part of DC Universe: Rebirth!

Still reeling from the events of "I AM GOTHAM," the epic first arc in Tom King's brand new BATMAN series, the Dark Knight finds himself up against some of the biggest (literally) threats he's ever faced within the city limits of Gotham. To save the city he loves, Batman enlists the help of the toughest members of the Bat-family including Nightwing, Batwoman and more!

Also in this volume, Batman must take ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  14 juillet 2017
Ce tome fait suite à I am Gotham (épisodes 1 à 6, + Rebirth) qu'il n'est pas indispensable d'avoir lu avant. Il contient les épisodes 9 à 15, initialement parus en 2017, tous écrits par Tom King. Les épisodes 9 à 13 sont dessinés et encrés par Mikel Janin, aidé à l'encrage par Hugo Petrus (épisodes 11 & 12), avec une mise en couleurs de June Chung. Les épisodes 14 & 15 sont dessinés, encrés et mis en couleurs par Mitch Gerads.
Épisodes 9 à 13 - Sur l'île de Santa Prisca, Bane revit encore et encore son emprisonnement dans une cellule, submergée par l'océan à chaque marée. Il utilise les talents de Psycho Pirate (Roger Hayden) pour retrouver un semblant de sérénité quand les émotions le prennent à la gorge. À Gotham, Bruce Wayne est au chevet de Claire Clover (Gotham Girl) qui est allongée sur un lit, dans une chambre d'ami du manoir Wayne. Il décide de tout faire pour la sortir de son état. Pour ça, il doit récupérer Psycho Pirate, et il sait qu'il se trouve sur l'île de Santa Prisca. Il décide donc de s'y rendre et de confronter Bane. Conscient qu'il sera attendu, Batman se rend à l'asile d'Arkham, pour recruter quelques supercriminels. Il s'adjoint entre autres les services de Ben Turner et d'Arnold Wesker. Il constitue ainsi son propre escadron suicide pour réaliser cette exfiltration éclair.
Le premier tome avait donné le ton : Tom King écrit un Batman très puissant, fonceur, violent. le lecteur retrouve ces caractéristiques dans cette première histoire. Il pénètre dans l'asile d'Arkham par la grande porte en terrain conquis. Il casse la gueule de Bronze Tiger en guise d'entretien de recrutement et de discours de motivation. Il fonce droit sur l'île de Santa Prisca avec son avion siglé et s'écrase à la surface. Il avance têtu comme une mule, jusqu'à parvenir au pied de Bane, après avoir fracassé quelques os parmi les soldats de l'île. Faut-il parler d'un petit problème de dos qu'il résout de manière ultra virile, au point d'en être ridicule ? le lecteur amateur de la version détective de Batman, de l'individu respectueux d'autrui avec un minimum de compassion en sera pour ses frais.
Dans cette première partie en 5 épisodes, Tom King fait en sorte de piocher dans la mythologie de Batman, à commencer par Bane. le lecteur a bien sûr le droit à un rappel de ses souffrances alors qu'il était emprisonné dans une cellule, manquant de se noyer à chaque marée. Il assiste à de nombreux exploits physiques, reposant souvent sur la force brute de Batman, mais aussi sur sa volonté inflexible. Il répète comme un mantra qu'il veut briser le dos de Bane, même quand c'est ce dernier qui est en train de faire subir ce sort à Batman. Il a conçu un plan d'attaque sophistiqué à tiroir, imposant sa volonté à ces repris de justice, les maintenant sous sa coupe autant par ses promesses que par un ascendant implacable dont le lecteur a bien compris qu'il peut s'exprimer sous forme de violence physique. Batman apparaît comme un individu obsédé par son objectif (récupérer Psycho Pirate), prêt à tout pour y parvenir, à commencer par foncer dans le tas, mais aussi y laisser des plumes, et sacrifier quelques pions si nécessaire.
Mikel Janin impressionne le lecteur tout au long de ces 5 épisodes. Il détoure les formes avec un trait fin et précis, donnant à ses cases une apparence descriptive minutieuse. Par exemple, dans la séquence d'ouverture, le lecteur peut voir les côtes de Bane souffrant de malnutrition, le rat qu'il a attrapé pour se nourrir, les poissons évoluant avec la marée, les crabes, et ressentir le clapotis de l'eau, au fur et à mesure que son niveau s'élève. Il est un peu pris par surprise lorsque dans les 2 pages suivantes, il découvre le face-à-face entre Bane et Psycho Pirate, se déroulant dans la pénombre. Les contours sont toujours aussi précis, mais la mise en scène apporte une dimension onirique, renforcée par la teinte orangée de la coloriste. Cette mise en scène repose sur une forme de théâtralité, à commencer par Bane lui-même qui est nu tout du long, assis sur une montagne de crânes. La scène suivante prend à nouveau le lecteur par surprise, dans une chambre du manoir Wayne, avec un aménagement luxueux et réaliste.
Tout du long de ces 5 épisodes, Mikel Janin va adapter sa mise en scène, son découpage et son rendu à chaque séquence. Batman avance d'un pas ferme et décidé dans les couloirs d'Arkham, avec quelques vues en contreplongée, mettant en évidence sa masse musculaire et sa stature imposante. Les arrière-plans montrent un décor uniforme, froid et clinique. Alors que l'avion de Batman vient de s'écraser, il avance à la rencontre de dizaines de soldats, pour une vue aérienne saisissante, montrant que le héros va être submergé par cette marée humaine armée. Un peu plus tard, Batman est enfermé dans la cellule de Bane, pendant 6 pages, et le lecteur souffre pour lui au vu des douleurs qu'il s'inflige. Régulièrement, le découpage de la planche s'accorde avec ce qui est en train de se passer. Dans l'épisode 11, Catwoman guide Arnold Wesker dans un dédale de tuyauterie, Janin réalisant un dessin en double page de conduites imbriquées, les personnages évoluant au travers de ce dédale. Dans l'épisode suivant, Mikel Janin doit montrer la progression inexorable de Batman au long de 20 pages, alors que le texte évoque un souvenir de Batman. Il découpe chaque planche différemment, les construisant souvent à l'échelle des 2 pages en vis-à-vis, avec l'avancée brutale de Batman, soit affrontant physiquement des gardes, soit surmontant des obstacles matériels. La précision des traits, la mise en page spécifique à chaque double page, la densité élevée d'informations visuelles font de cet épisode un tour de force graphique dont les dessins auraient pu s'auto-suffire, même dépourvus de texte.
Malgré tout, le lecteur reste un peu sceptique devant cette progression violente et très éloignée de l'idéal héroïque. Il peut être séduit par l'intelligence du plan de Batman, par sa planification obsessionnelle, par la manière dont il utilise ses sbires. Il peut être admiratif de sa détermination sans faille, et de son refus de capituler en toute circonstance. Mais en même temps, il ne ressent pas l'idéal de justice qui est celui de Batman. Il n'y a rien qui vient contrebalancer son comportement inflexible, pas de sentiment de culpabilité des pauvres soldats en face de lui, même pas une vengeance à accomplir. En outre, les dessins montrent bien l'impossibilité de cette installation sur Santa Prisca, avec des avions en défense, mais pas de place pour une piste de décollage, des dizaines, peut-être même des centaines de soldats, mais aucune infrastructure logistique telle que des baraquements. Et pourtant il se passe quelque chose au cours de l'épisode 12 qui change la compréhension du lecteur.
Au cours de cet épisode 12, Batman reprend donc son avancée en mode obsessionnel, ce que montre les images, ce que raconte la narration visuelle. Dans le même temps, les cellules de texte contiennent ce qui aurait pu être une lettre écrite par Bruce Wayne à Selina Kyle. Dans un premier temps, le lecteur se dit que c'est sympa, mais un peu exagéré, comme le reste de cette version de Batman. Au fur et à mesure, il peut se lasser de lire ces élucubrations. Mais dans le même temps, il se produit un phénomène inattendu : au détour d'une phrase il se surprend à se dire que c'est logique, que les émotions évoquées par Bruce font sens. Tom King relève le défi risqué de proposer une interprétation différente du comportement de Bruce Wayne suite à la mort de ses parents. Il ne change rien aux faits, il propose une logique psychologique un peu différente de celle de Frank Miller dans Year One et The Dark Knight returns. Bref, il expose sa vision d'auteur sur le personnage, dans une forme narrative sophistiquée et bien construite.
Évidemment, une telle démarche va à contrecourant de ce qu'attend le lecteur. Il souhaite que le scénariste respecte les conventions associées au personnage et en explore les ramifications habituelles un peu plus loin, ou bien qu'il trouve une nouvelle ramification, mais pas qu'il modifie l'interprétation canonique. Tom King se montre bien plus ambitieux que ça. Il prend la version du personnage bâtie par David Finch, puis par Scott Snyder, et il la rend légitime. Il ne prétend pas effacer ou contredire les versions précédentes, mais montrer que cet über-Batman est une possibilité viable, au-delà de la simple esbroufe, et il y parvient. Bruce Wayne s'incarne, ses actions font sens par rapport au traumatisme qu'il a subi en voyant ses parents mourir devant lui. Ainsi retourné quant à l'opinion qu'il pouvait avoir de cette version, le lecteur se lance dans les 2 épisodes suivants.
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- Épisodes 14 & 15 - à l'issue de la mission sur Santa Prisca, Batman tient parole vis-à-vis des supercriminels qu'il a enrôlés. Il ne lui reste plus qu'à ramener Catwoman (Selina Kyle) à l'asile d'Arkham. Il regrette déjà son geste car elle était incarcérée pour avoir assassiné 237 personnes. Mais Catwoman a également son propre avis, et elle n'hésite pas à le partager avec Batman, avec sa sensualité habituelle. Batman est troublé au plus profond de lui-même, et pas seulement par la plastique de Catwoman.
Après la mission à Santa Prisca, Batman doit consacrer du temps à s'occuper du cas Selina Kyle. En feuilletant rapidement ces 2 épisodes, le lecteur éprouve un mouvement de recul. Oh non ! Pas encore Bruce et Selina enveloppés dans la cape de Batman après avoir fait l'amour sur un toit ! Ben si, mais ça n'a rien à voir avec la même scène calamiteuse et racoleuse version New 52, dans la série Catwoman de Judd Winick & Guillem March. Mitch Gerads réalise une mise en scène plus sobre, plus factuelle, mais tout aussi enchanteresse grâce à une mise en couleurs élégante et complexe. Il ne donne pas dans les dessins à l'érotisme plastique, mais plutôt dans un réalisme factuel, légèrement chorégraphié à la fois dans les mouvements des personnages, et dans le découpage très géométrique des planches.
Tom King réitère l'exploit de l'épisode 12 en donnant de la substance à la relation de Catwoman et Batman. Il sait faire apparaître le caractère de l'une et l'autre, et aussi les parcours psychologiques qui les rapprochent, qui créent un lien entre eux, une même souffrance, une même forme d'adaptation à cette souffrance, une même forme de gestion de ce traumatisme. En plus, ces 2 épisodes présentent une construction narrative aussi élégante que construite. Il est évident que les 2 créateurs ont travaillé main dans la main pour penser le découpage des pages, pour aboutir à cette forme à la fois épurée et parlante. le lecteur se doute bien qu'il y a une explication qui exonèrera pour partie Selina Kyle de la responsabilité des 237 morts. Mais rapidement l'intrigue passe au second plan derrière la relation entre les 2 personnages, d'une rare intensité. Quand le lecteur arrive à la scène sur le toit, il se doute déjà qu'elle va avoir lieu, mais elle est devenue pour lui l'aboutissement inéluctable de la relation émotionnelle des personnages, et pas un simple moment d'attirance physique superficiel. À nouveau Tom King a transfiguré un moment factice, en une histoire poignante qui montre Batman sous une autre facette psychologique, aussi convaincante qu'intense. le scénariste se paye même le luxe de référence à quelques éléments de continuité, les mettant au service du récit sans en devenir l'esclave.
Selon toute vraisemblance, le lecteur a choisi de lire ce deuxième tome pour le plaisir d'une aventure bien troussée, avec un Batman qui fonce dans le tas et des dessins de bonne qualité. Il découvre un Batman obsessionnel comme rarement, brutal au point de ne pas pouvoir être qualifié de héros, et des pages savamment construites sans rien perdre en efficacité. En cours de route, il prend conscience que cette narration ne relève pas de l'esbroufe, mais d'une vision littéraire du personnage, avec une forte composante psychologique. Il se rend compte qu'il découvre une histoire adulte de Batman, sous des dehors de foncer dans le tas à l'aveugle. Tom King, Mikel Janin et Mitch Gerads prouvent qu'il est encore possible d'écrire des histoires de Batman étonnantes et intelligentes dans le format d'un comics mensuel (et même bimensuel) avec un personnage créé en 1939, et surexploité par l'éditeur qui en détient les droits de propriété intellectuelle.
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critiques presse (1)
Sceneario   01 août 2017
Une nouvelle aventure du Batman qui ravira les amateurs de bons comics et thrillers ! Un Batman violent et... humain, aussi. Un récit qui ouvre de nouvelles pistes pour la suite.
Un bon comics servi par un duo artistique au top !
Lire la critique sur le site : Sceneario
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