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EAN : 9782709668750
240 pages
J.-C. Lattès (05/01/2022)
3.35/5   49 notes
Résumé :
Cet été-là, Gabriel, douze ans, est seul à la maison. Un bol de glace devant le tour de France, il admire Pantani attaquer l’Alpe d’Huez quand quelqu’un sonne. Planté sur le seuil, le mono au jogging rouge, celui de sa dernière colo. Mais Gabriel ne le fait pas entrer et referme la porte. Le temps de remonter le couloir et c’est comme si rien ne s’était jamais passé.

Vingt ans plus tard, alors qu’il est à Tonnerre pour aider son grand-père à vider sa... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Cancie
  06 février 2022
Après Mémoire de soie, premier roman multi récompensé, Adrien Borne revient avec La vie qui commence.
Le romancier, journaliste et présentateur de télévision, avait osé brisé le silence, il y a plusieurs années, en révélant avoir été victime lui-même d'un pédophile, à l'âge de 13 ans, lors d'une colonie de vacances.
Il vient donc de choisir le roman pour évoquer avec beaucoup de pudeur et de poésie cette agression pédocriminelle qu'il a subie à l'adolescence, explorant ainsi l'intime, la mémoire, le silence, la culpabilité, la honte, la douleur.
Trois parties composent cette autofiction.
Dans la première, la chambre verte, Gabriel, double d'Adrien, raconte son séjour d'été en colonie de vacances et comment sa vie a basculé quand un moniteur va abuser de lui. Sans aucun voyeurisme, mais avec beaucoup de pudeur, l'auteur parle de cette chambre verte dans laquelle entre Yannick chaque matin « Et puis il est revenu le lendemain matin . Et puis, ... », cette répétition quotidienne, cette incompréhension face à cet indicible, cette impossibilité à dénoncer les faits. Traumatisé, Gabriel a décidé de ne rien dire, ni à la directrice, ni à ses parents. Quand, trois jours après être rentré de colo, Gabi, seul à la maison, en train de suivre à la télé, l'arrivée de l'étape du Tour de France, pestant en entendant la sonnette, va ouvrir, il reste coi ! : « Bonjour Gabi. Il est planté là ». Gabi lui refusera l'entrée prétextant des ouvriers travaillant au salon.
Mais il lui manque une question : Qui était-ce ? Une question qui serait venue casser le silence sur lequel il s'assoie. Ce jour-là, il s'enterre…
Vingt ans ont passé, il a tout oublié. Mais voilà que se trouvant un été à Tonnerre pour aider son grand-père à ranger et vider sa maison avant son départ en maison de retraite, en sondant le passé de celui-ci dont le bureau installé sur une petite estrade domine la fameuse fosse de Tonnerre, titre de la seconde partie, un secret gardé tout une vie lui sera révélé. Ce secret dévoilé va permettre à sa propre mémoire de remonter à la surface, donnant son titre à la dernière partie.
Un chemin de renaissance va alors se dessiner pour ce trentenaire abusé dans son enfance et la vie commence alors pour lui en ayant retrouvé cette mémoire enfouie.
La vie qui commence est un livre choc, bouleversant, émouvant qui ne peut laisser personne indifférent. C'est un livre puissant, tout en pudeur et délicatesse qui montre bien comment l'humiliation et les non-dits peuvent conduire à l'enfermement sur soi, et combien il peut être difficile, une fois la mémoire revenue, de parler et de ne pas se sentir coupable et honteux en n'ayant pas dénoncé les faits pour éviter d'autres victimes.
Si j'ai été bouleversée par le souvenir de ce terrible été qui a chamboulé la vie de cet enfant, j'ai un peu moins accroché ensuite lorsque le narrateur affronte sa mémoire traumatique et j'ai eu parfois du mal à suivre cette écriture un peu particulière.

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musemania
  07 février 2022
Adrien Borne et sa plume ne m'étaient pas inconnus puisque j'avais découvert en 2020 son tout premier roman, « Mémoire de soie ». A l'époque déjà, des sujets comme les mystères enfouis, les secrets de famille avaient été traités avec beaucoup de sobriété et de sincérité.
Pour son nouveau livre, « La vie qui commence », Adrien Borne revient sur ces thèmes forts, avec une nouvelle fois, retenue et pudeur. Malgré que ce livre soit classé dans la catégorie « roman », l'auteur prend comme point de départ un fait personnel douloureux.
On découvre Gabriel, garçon de 12 ans, qui passe les congés estivaux devant le Tour de France à la télévision et reçoit la visite de Yannick, l'un des moniteurs de sa dernière colonie de vacances. Celle-ci écourtée, Gabriel ferme la porte sur Yannick ainsi que sur ses souvenirs. Pourtant, 20 ans plus tard, malgré cet enfouissement mental, son corps lui rappelle quelque chose de pénible et au fil des jours, il doit se rendre à l'évidence : il ne pourra plus occulter les faits terribles qui se sont déroulés 20 ans plus tôt.
Sans jamais tomber dans le pathos, Adrien Borne a choisi d'utiliser cette agression pédophile subie par lui-même à l'âge de 13 ans pour conter la complexité de l'enfouissement des souvenirs, la honte, les douleurs, la culpabilité qui envahissent les victimes. Sans voyeurisme d'aucune sorte, c'est en quelque sorte un témoignage poignant que nous livre l'auteur par le biais d'une fiction.
La douleur est perceptible à chaque page et on ne peut s'empêcher de vouloir protéger Gabriel de ses « démons ». Avec l'aide de son grand-père, avant le départ de ce dernier en maison de repos, les souvenirs referont surface – près de 20 ans après – permettant à sa mémoire de se « libérer » et de se réapproprier son corps.
Le seul grief que je soulèverais serait, peut-être, la façon abrupte du passage entre les deux premières parties du livre. Avant de bien en comprendre la raison, j'ai éprouvé des difficultés à comprendre cette transition et de ne pas avoir certaines réponses à mes questions. Cela n'enlèvera en rien en la qualité du roman.
J'ai beaucoup apprécié la manière intime dont l'auteur évoque cette souffrance enfouie et ce, avec tant de poésie. Au même titre que d'autres livres sur ce sujet douloureux, Adrien Borne signe un roman à la fois fort et bouleversant. Il est l'un des grands noms à suivre de la littérature française contemporaine.
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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Eve-Yeshe
  19 mars 2022
Gabriel, alors qu'il est en colonie de vacances avec son frère aîné, voit une nuit le moniteur, Yannick se faufiler dans son lit, dans la chambre verte, après une journée de sport. Il ne comprend pas ce qui se passe et alors que le scenario se répète nuit après nuit, il décide de se taire, même lorsque la directrice lui pose des questions. Il choisit de ne rien dire non plus à ses parents, comme s'il était peut-être coupable de quelque chose.
" Je ne sais pas si Yannick m'a choisi parce qu'il avait senti que j'avais ça en moi. Pas au point de raconter tout d'un coup, patatras. Je sais toujours pas pourquoi il m'a choisi mais là, ça ne compte pas, tout de suite, là. Si ?"
Vingt ans plus tard alors qu'il aide son grand-père à débarrasser sa maison, à Tonnerre (coup de tonnerre dans un ciel serein!) pour aller vivre en EHPAD les souvenirs enfouis remontent…
Adrien Borne a choisi de découper son texte qui est un roman, non un témoignage, en trois parties, donc, pour mettre en évidence l'enfouissement des souvenirs liés au traumatisme, pour arriver à la période actuelle, et les souffrances de Gabi qui évoluent avec le temps. Ce laps de temps est nécessaire mais dérange en même temps par son côté trop abrupt. La troisième partie est surprenante…
Il m'a donc fallu un certain temps pour rédiger ma chronique, une fois le roman refermé. J'ai été touchée par cet adolescent de douze ans, victime d'un moniteur pédophile, compris sa décision de garder le silence. L'enfouissement et la brutale remontée des souvenirs, des années plus tard également.
Par contre, j'ai moins compris son désir de ne pas vouloir de « réparation », car on ne peut pas lui rendre ces années volées, certes, mais la condamnation de l'agresseur est importante à mes yeux. le style de narration, un peu trop heurté, comme pour tenir le lecteur à distance m'a également laissée désemparée, même si je comprenais la pudeur de Gabriel.
Un livre touchant, qui fait réfléchir en abordant une thématique dure, une vie d'enfant brisée par un criminel, qui tente de s'en sortir malgré tout.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions J.C. Lattès qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteur dont le précédent livre « Mémoire de soie » dort hélas encore dans ma liseuse, faute de temps comme toujours… il serait temps de l'en sortir !
#Laviequicommence #NetGalleyFrance !
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Didjmix
  20 mars 2022
Quelle belle écriture, encore ! Pour l'exercice, je commence par ce bémol qui en réalité n'en est pas un : l'aspect décousu de l'histoire au départ m'a un peu perdu, mais, mais, mais... ça nécessite une reconstruction une vérité qui éclate, un souvenir douloureux qui sort d'un abyme pour éclabousser de sa violence : il faut oser recoudre les morceaux épars. C'est en déménageant son grand-père, et parce que celui-ci lui fait une confidence, que Gabriel va voir ressurgir ce qu'il avait enfoui pendant 20 ans. Pour la deuxième fois, j'aime cette écriture d'une exactitude déconcertante, cette beauté dans laquelle on s'abandonne : je l'ai écrit déjà ? J'aime. Il y a tant à dire sur ce roman. Sur cette montre arrêtée à 6h47, et le pourquoi de cet arrêt : qu'est-ce qui s'en passe des choses à 6h47 quand les aiguilles n'avancent plus mais que le monde continue sa ronde. Quand il sera toujours 6h47 face à la vacuité du monde. Les personnages de ce roman sont magnifiques, Pauline, hors norme, et Lucien le grand-père. Et puis cette directrice qui l'accueille encore mais autrement :
" - Vous le fermez jamais, ce portail.
- le soir uniquement. Ça permet à qui veut de rentrer. J'ai envie de croire qu'il y a plus de bonnes surprises à saisir que l'inverse."
On découvre la fosse de Tonnerre dans l'Yonne. Un mystère que je vous laisse découvrir, et ce dernier record en 2019 :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/tonnerre-plongeur-reprend-exploration-mysterieuse-fosse-dionne-1549156.html
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AudreyT
  19 janvier 2022
****
La vie qui commence, c'est celle de Gabriel. Mais quand s'est-elle arrêtée ? Il ne s'en souvient pas, ou plus vraiment. Les souvenirs lui reviennent par bribes, de manière floue, sans qu'il n'ait de réelles certitudes. Il faut dire que les faits remontent à plusieurs années, il avait 12 ans. Gabriel se rappelle alors d'une chambre verte, de cette colonie de vacances et de ce mono au jogging rouge. Cet homme qui lui a volé sa vie, son innocence. Doucement, Gabriel t'emplît les silences, les oublis, les secrets. Mais comment rattraper toutes ces années effacées ? Comment croire en son histoire ? Pourquoi n'avoir rien dit ?
Le second roman d'Adrien Borne est d'une pudeur étincelante. Avec une douceur infinie, avec des mots poétiques, il raconte l'indicible.
C'est le regard de cet enfant sali, violenté, écrasé, que l'histoire commence. C'est avec cette enfance volée, arrachée, qu'Adrien Borne nous foudroie. Tout comme Gabriel, il ne prononcera jamais les mots terribles. Il tait la violence, la solitude, l'incompréhension. Il choisit l'oubli pour avancer…
Mais quelques années plus tard, ce grand-père qu'il faut aider à déménager, les souvenirs de toute une vie qu'il faut ranger, font remonter à la surface des secrets enfouis. Les silences ne sont pas les mêmes. Pour l'un et l'autre, l'obligation de se taire n'a pas eu les mêmes effets. Mais chacun souffre, et chacun vit dans sa chair un traumatisme profond.
Quand enfin Gabriel retrouve la mémoire, il ne s'agit pas d'être victime. Il ne s'agit pas de mettre des mots sur ses blessures, de pointer du doigt le coupable, de l'empêcher de nuire. Il s'agit simplement de survivre à cet effacement, cet anéantissement, cette dissolution. Il s'agit de revenir dans la lumière, quitter ce gouffre obscure, reconquérir l'oxygène nécessaire à la vie et accepter enfin ce corps qu'un autre s'est approprié…
Merci à NetGalley et aux Éditions JC Lattès pour leur confiance.
Lien : https://lire-et-vous.fr/2022..
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critiques presse (2)
LeFigaro   03 mai 2022
Un livre déchirant sur un traumatisme d'enfance.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   18 janvier 2022
Pour évoquer l’agression pédocriminelle qu’il a subie à l’adolescence, Adrien Borne a choisi le roman. Manière de suggérer, à l’aide des déplacements et condensations propres à la fiction, la violence des événements. Et, surtout, d’en laisser percevoir les effets.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   05 mars 2022
Je voulais juste leur dire que j’étais bien et rassuré d’être assis entre eux ce soir-là. Mais ça se dit pas comme ça ou alors il faut développer et ça se complique rapidement derrière. Ça se dit pas de trouver que la vie de tous les jours elle sent bon, avec ses airs de d’habitude. Alors j’ai rien dit. Rien dit du tout.
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CancieCancie   06 février 2022
J’ai tiré les rideaux pour effacer les reflets du soleil sur la télé. Je me suis préparé un bol de glace à la vanille avec de la confiture d’abricot. Je laisse fondre, l’une se mêler à l’autre, il faut faire mijoter, à température ambiante. Je surveille le chat qui ne serait pas contre y fourrer le museau. La vie quoi. 12 ans. Seul à la maison, l’été. 12 ans. La liberté. Une glace, le Tour de France.
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CancieCancie   21 février 2022
Là, je fais du tennis contre le mur dans ma chambre avec une balle en mousse en attendant le dîner. J’écoute les bruits de mes parents. C’est important les parents et leurs bruits, je trouve que ça donne le niveau de bonne humeur : la télévision qui s’allume sur le journal de 20 heures, le micro-ondes, le tiroir des couverts, le chat qui miaule au plus offrant, leur discussion …
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CancieCancie   16 mars 2022
Mon repli est directement indexé sur la crainte du regard de l’autre. C’est pour ça que je me suis tu si longtemps après la fin de l’enfouissement, j’ai préféré ne pas ajouter à mes propres doutes ceux des autres.
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Eve-YesheEve-Yeshe   19 mars 2022
Ils veulent un coupable et moi, le coupable, je m’en fous. Je sais bien que c’est pas dans l’air du temps de dire ces choses-là. Je sais qu’il faut dénoncer. Mais je veux juste qu’on me rende mes années enfouies et je sais que c’est pas possible.Ils veulent un coupable et moi, le coupable, je m’en fous. Je sais bien que c’est pas dans l’air du temps de dire ces choses-là. Je sais qu’il faut dénoncer. Mais je veux juste qu’on me rende mes années enfouies et je sais que c’est pas possible.
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