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Critiques sur Le sillage de l'oubli (64)
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palamede
21 février 2016
Depuis la mort de la seule femme qu'il a aimé Vaclav Skala n'a plus qu'une obsession : son domaine et qu'une seule faiblesse : ses deux magnifiques chevaux. Avec eux, Karel, le plus jeune de ses fils, est chargé de gagner les courses qui étendent les terres de ce père rendu brutal et impitoyable par le chagrin. Des terres labourées par les frères attelés à la charrue en lieu et place des chevaux. Pourtant cet odieux ordre des choses qui semble immuable prend fin à l'arrivée dans ce coin du Texas d'un riche Espagnol et de ses filles.

Une vraie réussite pour le fils de fermier Bruce Machard qui met en scène une région et un milieu qu'il possède bien, et signe un premier roman d'une force exceptionnelle. De ses personnages et ses paysages inoubliables émanent la puissance romanesque des plus grands auteurs.
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LiliGalipette
25 février 2012
1895, au Texas. Klara Skala meurt en mettant au monde son quatrième fils, Karel. Inconsolable veuf, Vaclav Skala enferme sa peine dans le travail et fait de ses fils des bêtes de somme. « À compter de ce jour, les gens du coin diraient que la mort de Klara avait transformé cet homme d'un naturel gentil en une personne amère et dure, mais en vérité, Vaclav le savait, l'absence de sa femme avait seulement fait ressurgir celui qu'il était avant de la connaître, celui que seule cette compagnie féminine avait su adoucir. » (p. 17) La seule marque d'attention que Vaclav accorde à son dernier-né, c'est de lui laisser monter ses chevaux de course. Devenu adolescent, Karel court pour son père : les enjeux sont toujours des terres et l'appétit de Vaclav le pousse à en vouloir toujours plus.
Jusqu'au jour où Gillermo Villasenor traverse la frontière mexicaine et offre ses trois filles en mariage aux aînés de la famille Skala. Cela doit encore se conclure par une course : que Karel gagne et le domaine de son père s'étendra. Qu'il perde et ses frères auront de jeunes et belles épouses. Mais Karel ne sait s'il doit gagner la course pour satisfaire son père ou la gagner pour ne pas que la belle Graciela n'épouse son frère aîné. Et puisque les désirs ne sont pas toujours satisfaits ou qu'ils ne le sont que partiellement, le seul recours possible est l'imagination. « Karel allait désormais adopter cette façon de déformer la réalité pour instiller un peu de merveilleux dans le quotidien, en particulier dans les histoires qu'il raconterait à sa progéniture. » (p. 68) le cou rendu difforme par des années sous le double joug paternel, Karel tord la réalité à son goût, l'adapte à sa vue et à sa vision du monde.
Une quinzaine d'années plus tard, Sophie, l'épouse de Karel, est sur le point d'accoucher et c'est toute une vie de souvenirs, réels ou fantasmés qui fait surface et s'empare du jeune fils d'émigrés tchèques. Karel est aujourd'hui un homme séparé de ses frères par une querelle qui sourd et perce quand le ciel gronde. Et quand les jumeaux Knedlik entreprennent de le rouler et de rouler les autres frères Skala, il est temps de savoir ce qui définit une famille et ce qu'il est bon de laisser au passé.
Un personnage est omniprésent dans ce roman alors qu'il n'apparaît qu'au début, Klara Skala, la mère de Karel. Conscient de l'avoir entraînée dans la tombe en poussant son premier cri, Karel manque de sa mère, même à l'âge adulte. Il ne cesse de la rêver et de l'imaginer, superbe cavalière blonde. À cette image surgie du néant se superpose celle de Graciela : cavalière émérite et belle à se damner, elle hante les rêves du jeune Karel et reste son fruit défendu. Cette obsession de la femme inaccessible est nourrie de ressentiment et de frustration. « Quelle sorte de femme, se demande-t-il, se donnerait à un homme pour ensuite le renvoyer et épouser son frère le jour suivant après une bonne nuit de sommeil ? Quel genre de femme met un garçon au monde pour l'y abandonner sans la chaleur de sa poitrine, sans le doux tourbillon de ses jupes ni la caresse apaisante de ses mains et de ses lèvres, et surtout sans les mots qui pourraient dissiper les peurs qui le réveillent au milieu de la nuit et le laissent seul, les yeux écarquillés dans l'obscurité ? » (p. 249) Chez les Skala, on ne met pas de mots sur les sentiments mais, comme est immuable la chasse du hibou grand duc, jamais Karel ne cessera de chercher la tendresse originelle.
Le récit se compose d'allers et retours entre les années 1895, 1910 et 1924, soit celle de la naissance de Karel, celle de la mort de son père et celle de la naissance de troisième enfant. Ces trois éléments fondateurs s'enchevêtrent dans le présent. L'intrigue se tisse lentement et inexorablement : la navette du temps ne revient en arrière que pour mieux dessiner le motif à venir.
Pour un premier roman, Bruce Machart entre d'un bond dans la cour des grands. Son texte a l'âpreté et la rugosité des romans de Steinbeck et la superbe des romans de Faulkner. Ouvrir le sillage de l'oubli, c'est fouler le sol sec et poussiéreux d'un comté texan oublié du monde, c'est remonter le temps pour rejoindre l'époque où la vie se jouait à pile ou face sur le comptoir d'un débit de boisson. Si vous voulez savoir qui, de l'enfant ou du cheval, a le plus de valeur, lisez ce roman. Si vous pensez que les liens du sang parlent plus fort que les liens du coeur, lisez ce roman. Si vous êtes prêt à tout parier sur la course d'un cheval, lisez ce roman. Mais ne regardez pas de quel côté tombe la pièce : vous risquez d'être déçu dans les deux cas. Mais par le roman de Bruce Machart, non, vous ne serez pas déçu.
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mesrives
25 mars 2016
Le sillage de l'oubli de Bruce Machart est un livre qui m'est tombé dessus le jour de Noël…
Je ne crois plus au Père Noël mais là j'ai été soufflée !

Quelques semaines après sa lecture (je voulais qu'elle décante), je m'adonne à un petit remue-méninges pour un roman qui m'a remué les tripes et découvrir ce qu'il m'en restait :
cri, sang, labeur, sueur,
soumission, rébellion, chevaux, courses
odeurs, poussière,
haine, père
amour,mère,
femmes, frères …

Texas, années 1870, sur les pas de Karel, le tout dernier de la famille Skala (une famille d'immigrés tchèques qui trime dur sur les terres à coton).
L'avenir de ce fils, arraché à la matrice originelle dans un bain de sang, débute dans un cri.
A l'adolescence, il est pris en tenaille entre la folie de son père et les extravagances d'un étranger, nouveau venu en ces terres, Gillermo Villasenor.
Karel devra réunir toute son énergie et concentrer sa force vitale pour tracer son chemin...

Géant, fort et puissant.
J'ai adoré.
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trust_me
26 février 2012
Texas, 1895. Klara Skala meurt en donnant naissance à son quatrième garçon, Karel.

Texas, 1910. Vaclav, le mari de Klara, élève seul ses fils, à la dure. Propriétaire d'une des plus grosses exploitations agricoles de la région, il bichonne ses chevaux de course et laisse trimer ses enfants dans les champs de coton, derrière la charrue. Il faudra un pari perdu pour que ses trois ainés quittent la ferme et se marient avec les filles de Guillermo Villasenor, un riche espagnol.

Texas, 1924. Karel a hérité des terres de son père. Il n'a plus de relations avec ses frères depuis des années. Marié, père de deux fillettes, sa femme est sur le point de mettre au monde leur troisième enfant…

Pour son premier roman, Bruce Machart frappe fort. Possédant un sens évident de la dramaturgie et du découpage, il déroule une histoire ample et vaste, une fresque familiale tragique et sombre. Effectuant des allers-retours dans le temps, il dévoile les zones d'ombre avec parcimonie, alternant montées d'adrénaline et scènes plus contemplatives, descriptions des travaux de la ferme et courses de chevaux frénétiques. le personnage de Karel est le point central du roman. Sa naissance a plongé la famille dans le tourment. C'est à cause de lui que les enfants Skala ont grandi sans leur mère dans un environnement aussi brutal et dénué de toute affection. Il porte comme un fardeau ce sentiment de culpabilité, cette blessure béante impossible à refermer.

Un récit superbe, une prose sensuelle, attentive au moindre détail. Machart est un conteur. Il prend son temps et sait exactement où il veut emmener le lecteur. Après David Vann, Pete Fromm et Howard Mc Cord, les éditions Gallmeister peuvent se targuer d'avoir trouvé une nouvelle pépite. A l'évidence, un écrivain est né.


Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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sandrine57
17 octobre 2012
Lavaca County, Texas. Vaclav Karel propriétaire terrien d'origine tchèque, élève ses quatre fils à la dure, n'hésitant pas à les attacher à la charrue pour le travail des champs. Jamais remis de la mort en couches de sa femme, Vaclav n'est plus qu'une brute, préoccupé seulement par ses chevaux de course et l'agrandissement de son domaine. C'est Karel, le dernier-né, celui qui a tué sa mère, qui monte les chevaux dans des courses organisées par son père avec les voisins. Karel est toujours vainqueur et le domaine s'étend jusqu'au jour où un étranger, fraîchement arrivé en ville, lui propose un étrange marché...


C'est par les yeux de Karel que l'on découvre une rude contrée peuplée d'hommes rudes. On le retrouve à différentes époques de sa vie. Nouveau-né en 1895, marqué par le sceau de la culpabilité, désigné par ses frères et son père comme celui qui a tué la mère. Adolescent en 1910, le cou déformé par le travail de trait, arme de son père dans son combat pour acquérir des terres, indécis quant à l'issue qu'il doit donner au pari qui engage toute sa famille. Jeune homme en 1924, seul héritier de la ferme familiale, marié et déjà père de deux filles, dans l'attente d'un troisième enfant à venir, un fils si possible.
Ces trois époques décisives vont alterner au gré d'un récit dur et puissant, un récit d'hommes sur une terre hostile. On fume, on boit, on se bat et si on aime, on ne le dit pas. Absence de la mère, haine du père, liens fraternels malmenés, désirs contrariés, les frères Skala s'en sortent comme ils le peuvent, entourés de femmes, discrètes mais essentielles.
Grande maîtrise pour un premier roman qui a le goût des grands espaces, des terres brûlantes et des pudeurs masculines. A découvrir.
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litolff
11 février 2012
Karel Skala vit au Texas, une immense plaine brûlante en été et boueuse en hiver, entouré de ses trois frères, de son père,immigré tchèque brutal, exigeant, autoritaire et peu aimant, de vaches et surtout de beaux chevaux de course avec lesquels il gagne des courses et des parcelles qui agrandissent la propriété de son père. La mère de Karel est morte à sa naissance et il n'en finit plus de pleurer silencieusement son absence. Avec son cou tordu par la charrue qu'il a tirée avec ses frères, Karel est un écorché vif, qui essaie de trouver auprès d'un père mutique, l'amour maternel qui lui a tant manqué. Mais son père, en perdant la femme qu'il aimait, a également perdu la capacité d'aimer ses enfants et leur préfère ses chevaux. Autant le préciser tout de suite, on n'est pas chez les Bisounours, et ce n'est pas le climat qui va arranger les choses : quand le soleil brûlant ne grille pas terres et êtres vivants, c'est la boue visqueuse qui engloutit les bottes et la pluie qui noie les récoltes. Voilà pour le décor.
D'un récit qui aurait pu être pathétique et larmoyant, l'auteur a fait une formidable fresque puissante, noire et haletante qui s'étale sur 30 ans, de 1895 à 1924, en pleine prohibition. Avec une écriture précise et lyrique qui exsude la violence et la colère, la chaleur ou la pluie, il offre au lecteur une véritable tragédie américaine, pleine de noirceur, qui parle de famille, de drames, de rédemption, de fratries déchirées, d'amour, magnifique !
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Arakasi
22 octobre 2013
Tout débute en 1895 au Texas dans une petite famille de pionniers tchèques. La mère, Klara Skala, meurt en couches à la naissance de son quatrième fils, laissant derrière elle un mari dévasté par la douleur et une famille déchirée. Incapable d'accepter la mort de son épouse, Vaclav Skala déporte toute sa rage et sa souffrance sur ses quatre enfants et particulièrement sur le petit dernier, Karel. La vie des garçons ne tarde pas à devenir un enfer où les coups et les insultes pleuvent sans cesse et où leur père leur accorde moins d'égards qu'aux chevaux de course qu'il élève. Parlons-en d'ailleurs de ces chevaux… Deux bêtes magnifiques et vigoureuses qui remportent toutes les compétitions du pays, accroissant de façon prodigieuse les terres de Vaclav dont le chagrin semble s'être mué en une avidité insatiable et sauvage. de ses quatre fils, seul le jeune Karel montre de réelles capacités de cavalier et, dès douze ans, il chevauche pour son père et gagne course sur course, malgré sa nuque horriblement déformée par les violences paternelles.

Quinze ans après l'accident dramatique qui a réduit en miettes la famille Skala, survient alors un événement inattendu, à savoir l'arrivée dans la région d'un riche éleveur de chevaux mexicain, Gillermo Villasenor, et de ses trois superbes filles. Afin d'assurer l'avenir de sa progéniture, Villasenor propose un pari à Vaclav Skala : si sa plus jeune fille, Graciela, parvient à battre Karel à la course, les trois jeunes femmes seront mariées aux trois fils ainés de Vaclav, sinon les terres de celui-ci gagneront encore en envergure. Qu'il perde ou qu'il gagne, l'avenir ne s'annonce guère rose pour Karel, déchiré entre le désir de satisfaire son père et la peur de spoiler ses frères qui voient dans la possible défaite de leur cadet une chance inespérée d'échapper au joug familial. Torturé par le présent et sans espoir pour le futur, Karel se réfugie dans ses rêves – des rêves où la belle Graciela, ses longs cheveux noirs et ses lèvres roses ont une place de choix…

Premier roman de l'écrivain texan Bruce Machart, « le Sillage de l'oubli » stupéfie d'emblée par sa puissance et sa crudité, véritable gifle littéraire. Tenant davantage du drame familial que du western pur et dur, il nous entraîne dans l'Ouest des petites gens, celui des fermiers et des miséreux, de ceux qui souffrent et triment journellement sous le soleil impitoyable de la Frontière. A l'image du pays, les habitants en sont durs, revêches, brutaux, souvent cruels et leur férocité nous rebute, autant que leur détresse attire notre pitié. Autant dire qu'amour, tendresse et compassion n'y ont guère leur place ou si peu.

Menée de façon inhabituelle mais tout à fait maîtrisée, l'histoire alterne sans cesse entre passé et présent, nous dévoilant ainsi petit à petit la tragique destinée de la famille Skalta. C'est la vie du jeune Karel qui sert de fil directeur au récit et c'est à lui que s'identifie le lecteur, tant il est difficile de rester indifférent à ce personnage tourmenté et touchant, rongé par une culpabilité écrasante et jamais apaisée depuis la mort de sa mère. L'ensemble donne un fort beau et sombre roman, riche en passions et en désirs contrariés, au rythme plutôt contemplatif malgré plusieurs séquences d'une extrême violence – preuve absolue que le western est un genre aux multiples facettes qu'il serait scandaleux de mépriser par snobisme intellectuel... Je le conseille, bien entendu, très chaleureusement !
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GabySensei
14 février 2012
La nature est injuste! Ce roman l'illustre bien.

Il nous raconte la vie et la mort d'une famille dans le Texas du début du siècle. Dès l'ouverture une mère meurt en donnant la vie à son 4ème fils. Son mari, qu'elle avait réussi à adoucir un peu, va redevenir l'homme frustre et violent qu'il était avant de la rencontrer. L'homme est un éleveur de chevaux qui va désormais élever seul ses enfants, comme des canassons, en les attelant à la charrue pour qu'ils travaillent la terre. Passionné par le jeu et les courses de chevaux il va régulièrement faire des paris risqués avec son voisin en misant des terres sur l'issue d'une course de chevaux. Jusque-là il avait toujours gagné. C'est donc avec confiance qu'il va engager la vie de ses trois fils dans un pari avec un riche inconnu...

J'ai peine à croire qu'il s'agit là d'un premier roman tant la construction de ce livre est maîtrisée. L'élégance de l'écriture et l'ampleur des descriptions sont à couper le souffle. Les scènes de courses hippiques sont sans doute les meilleures qu'il m'ait été donné de lire. Il y a quand même des petites longueurs vers le milieu du livre, mais on aimerait lire plus souvent des premiers romans de ce calibre. Un grand auteur est né, vivement son prochain livre!
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Renod
18 mai 2015
Le roman débute en 1895, au Texas, dans une communauté d'immigrés d'origine tchèque. La famille Skala est frappée par un drame : la mère meurt en mettant au monde son quatrième fils, Karel. Trente ans plus tard, ce même Karel tient dans ses bras un nouveau-né, son fils. Cette naissance fait remonter de nombreux souvenirs dans l'esprit de ce fermier, ceux d'une enfance difficile que l'on peine à convoquer. Elle ravive aussi la culpabilité toujours vive d'avoir ôté la vie la vie à cette mère dont l'absence pèsera lourdement dans son existence.
Le récit du « sillage de l'oubli » alterne sans cesse entre passé et présent. La fresque familiale est dressée par petites touches, autour de trois périodes principales, dévoilant progressivement la complexité des rapports entre les personnages. Tout débute par le décès de la mère qui change définitivement le caractère du « patriarche ». le jeune homme souriant s'est mué en un père redoutable qui se montre d'une grande dureté dans l'éducation de ses fils, et en un propriétaire avide qui cherche à agrandir ses terres par tous les moyens. Toute son attention est centrée sur son étalon, Whiskey. Dans la famille Skala, les chevaux sont préservés des travaux des champs ; ce sont les fils qui tirent la charrue. L'arrivée inopinée d'un riche étranger va briser le cours de ces existences et créer des rivalités au sein de la fratrie. Les années passent, le temps fait son travail, le pardon, la rédemption et l'oubli sont maintenant possibles.
Le roman comporte de nombreuses descriptions rédigées dans un style travaillé. le lecteur doit savoir se montrer patient, savourer ces longues phrases décrivant les magnifiques paysages du sud du Texas. le rythme du récit s'accélère par à-coups pour narrer des courses de chevaux ou des scènes d'action. Si la peinture de l'Ouest peut sembler parfois naïve, le roman est parfaitement construit et écrit. Je conseille ce livre à tous ceux qui apprécient la littérature et les grands espaces américains.

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caro64
23 mars 2012
Sud du Texas, 1895. Un homme se réveille dans un lit maculé de sang. A côté de lui, sa femme a commencé à donner naissance à leur quatrième garçon. Ça se présente plutôt mal. Il comprend rapidement que ses minutes sont comptées.

C'est à travers le regard de Karel, le dernier de la fratrie qui n'aura donc jamais connu sa mère, que nous est racontée l'histoire de sa famille. Sous le joug d'un père tyrannique et castrateur qui ne vit plus désormais que pour acquérir de nouvelles terres et voir courir ses chevaux, les quatre garçons grandissent dans un univers marqué par la violence et l'absence de la moindre forme de tendresse, en permanence tiraillés entre la terreur qu'il leur inspire et la volonté de lui plaire. Leur destin est scellé à partir du jour où un riche propriétaire mexicain s'installe dans le coin avec ses trois filles, et lui propose un pari bien étrange qui affectera l'ensemble de leurs destinées.

Ancré dans la conquête de l'Ouest, ce premier roman très réussi se lit comme une magnifique variation sur le thème de la rédemption. Avec ses airs de tragédie grecque, l'épopée haletante de ces quatre frères livrés à la violence de leur père promet de ne pas vous lâcher tant que vous n'en aurez pas terminé la lecture. C'est dur, c'est rude, c'est âpre, ça sent le cheval, l'alcool et les coups de cravaches. Mais ne vous y trompez pas, derrière tout cela se cache ce qu'il faut de lyrisme, d'images fortes, de drames familiaux, de sentiments et d'amours déçus, le tout servi par une écriture remarquable. le tour de force, le coup de génie, c'est le souffle, la puissance narrative hors du commun, le ton, la profondeur, la densité. Un livre qui ne laisse pas insensible, qui nous emmène au grand galop. Un auteur à suivre !
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