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EAN : 9782130507154
128 pages
Éditeur : Presses Universitaires de France (01/04/2000)
Résumé :

Omniprésente dans les médias, que recouvre en réalité cette entité « communauté internationale » ? Lorsque cette communauté s’exprime, qui parle en fait ? N’est-elle qu’un de ces faux-semblants que l’on brandit pour dissimuler et justifier la poursuite d’objectifs particuliers ? Est-ce un enjeu permanent entre les États, mais aussi, parallèlement, une amorce d’unité ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
YvesParis
  22 mars 2013
« L'expression “communauté internationale” est désormais omniprésente dans les médias : la communauté internationale regrette, déplore, condamne, proteste… Qu'est cette entité invoquée par la presse, la télévision, mais aussi par les hommes politiques, les chefs d'État ou de gouvernement ? » (p. 3). C'est cette expression galvaudée que Philippe Moreau Defarges interroge en 124 trop courtes pages.
À première vue, la fin du XXe siècle semble avoir consacré l'apparition d'une telle communauté. Les progrès de la mondialisation – Internet, par exemple, qui, en temps réel, permet, où que l'on se trouve, de connaître et de dialoguer – et la fin de la guerre froide – qui signe la réunification de la planète jusqu'alors divisée en deux blocs antagonistes – devraient permettre l'émergence d'un espace public enfin universel. Cet espace partage des valeurs communes, la démocratie dans l'ordre politique, le marché dans l'ordre économique ; en ce sens, il constitue une communauté (Gemeinschaft). Cet espace, en outre, est désormais régi par des règles communes. C'est dans cette mesure qu'il constitue une société (Gesellschaft). On aura reconnu la traditionnelle distinction introduite par Ferdinand Tönnies en 1887.
La société internationale regroupe désormais 193 États à I'ONU. Elle a sa constitution : la Charte des Nations unies du 26 juin 1945, qui pose en principes fondateurs l'égalité souveraine des États et la prohibition de l'ingérence, et son gendarme, le Conseil de sécurité, qui a en charge de prévenir et de sanctionner, le cas échéant, toute violation du pacte fondateur. Cette société internationale a aussi ses sujets de prédilection. Les échanges financiers et commerciaux : ce sont les accords de Bretton Woods et le GATT. Les ressources naturelles : c'est tout le processus de Rio visant à protéger l'environnement, « bien commun de l'humanité ». La prolifération des armements nucléaires (TNP, CTBT…) ou conventionnels (mines antipersonnel). Les droits de l'homme : ce sont l'arrestation de Pinochet, la création d'une Cour pénale internationale.
L'ouvrage de Philippe Moreau Defarges serait de peu d'intérêt s'il se bornait à cette plate description d'une communauté internationale en cours de construction. Loin de tenir pour argent comptant ce phénomène, il en décortique les fondements en posant deux questions essentielles.
Quels acteurs ? En droit, la société internationale est, aujourd'hui, conformément aux principes de la charte de l'ONU, exclusivement composée d'États. Mais à côté des États, au-dessus et en dessous d'eux, une société transnationale se constitue. Les ONG semblent en être les principaux acteurs. L'échec de la conférence de Seattle, la signature du traité d'Ottawa sur les mines antipersonnel ou, dans une moindre mesure, l'intervention alliée au Kosovo pour des motifs soi-disant humanitaires témoigneraient de leur influence croissante sur la scène inter/transnationale.
Pour autant, l'État demeure, quoi qu'on en dise, l'acteur incontournable des relations internationales. Certes, il est désormais influencé par « la société civile mondiale » : le cycle du Millénaire, par exemple, se serait engagé sous de meilleurs auspices, sans la vague de contestations que les ONG, en coulisses, avaient provoquées. Mais, in fine, ce sont toujours les États qui agissent. Ce sont les États qui, à Kyoto en décembre 1997, décident de réglementer les émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce sont les États qui signent ou ne signent pas le traité d'Ottawa. Ce sont les États qui décident de libéraliser le commerce ou, au contraire, de défendre une exception, culturelle ou agricole.
La question de la légitimité est la seconde interrogation essentielle. La communauté inter/transnationale est censément fondée sur des valeurs communes. À première vue, un consensus global s'établit autour d'une liste minimale : droits de l'homme, démocratie, libéralisme... Pourtant, ces valeurs sont lourdes d'équivoques. le respect dû à la libre détermination de l'individu et des peuples oblige-t-il à accepter tous les communautarismes, tous les sécessionnismes ? La liberté des échanges condamne-t-elle toute politique protectionniste ? La protection de l'environnement ne protège-t-elle pas, en fait, les intérêts bien compris des puissances développées au mépris du droit au développement des pays pauvres ?
Il n'existe évidemment pas de réponse catégorique à ces questions. Philippe Moreau Defarges n'a pas la prétention de les apporter. Mais il ouvre au passage une perspective effrayante : si l'adhésion unanime autour de valeurs universelles s'avère si difficile, c'est peut-être que la constitution d'une communauté nécessite d'autres ingrédients. Pour se poser, une communauté, dit-il, a besoin de s'opposer. En replaçant, après Carl Schmitt et Julien Freund, l'ennemi au centre du politique, en posant comme condition préalable à la constitution d'une communauté l'existence d'un extérieur contre lequel s'affirmer, Philippe Moreau Defarges ne condamne-t-il pas la notion même de communauté internationale ?
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Vidéo de Philippe Moreau Defarges
G20 : le nouveau gouvernement du mondePhilippe Moreau Defarges, Politologue, chercheur à l'IFRI (Institut français des relations internationales). Auteur de L'histoire du monde pour les nuls (ed. First Editions)Georges Corm, Economiste et historien. Consultant auprès de divers organismes internationaux et professeur d'université. Auteur de le nouveau gouvernement du monde (ed. La Découverte)
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