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EAN : 9782901000709
204 pages
2024 (20/08/2021)
3.79/5   201 notes
Résumé :
" Mais… Manel Naher, c'est moi !" Qui est donc cette autre Manel Naher, qui fait la Une des journaux ? Elle fait de l’ombre à Manel Naher, la vraie Manel Naher, l'héroïne de cette histoire ! Elle ne se rend pas compte qu’elle la met en danger, la vraie Manel Naher, en ayant tout ce succès ? Vous comprenez, si tout le monde se met à penser à cette Manel Naher qui devient célèbre, au lieu de penser à Manel Naher, qui passe ses journées au fond d'une petite librairie… ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  20 décembre 2021
Savez-vous si, dans votre ville, votre pays ou au-delà, vous avez un homonyme ? Une personne qui a les mêmes nom et prénom que vous, et pas grand-chose d'autre en commun ? Parfois cela génère des situations cocasses ou des tracas administratifs, mais rien de comparable à ce qui arrive à Manel Naher, l'héroïne de ce roman graphique dystopique, puisqu'ici il s'agit ni plus ni moins que d'une question de vie ou de mort.
Car dans le monde de Manel, la vie des gens dépend de leur Présence. C'est-à-dire de leur existence dans les pensées des autres. C'est-à-dire que si personne ne pense à vous, vous mourrez. Alors pour qu'on pense à eux, les gens affichent leur nom sur des pancartes qu'ils accrochent partout dans les rues, aux fenêtres, sur les murs. Certains font tout et n'importe quoi pour devenir célèbres et obtenir suffisamment de Présence pour atteindre le but ultime : l'Immortalité. A l'autre extrême, les pauvres ne mendient pas de l'argent ou de quoi manger, mais des regards. D'autres paient des sociétés privées qui paient des salariés pour lire les listes des noms de leurs clients à longueur de journée. C'est le boulot de Manel.
Le reste de son temps, elle le passe à fouiner dans une librairie, ou à discuter avec son meilleur ami des possibilités d'échapper au système infernal de cette mégalopole toute en verticalité. Elles sont peu nombreuses : hors des limites de cette ville tentaculaire, il n'y a rien. C'est le Grand Vide. Enfin, c'est ce que la plupart des gens croient, ou veulent croire. Malgré les risques et les inconnues, Manel et son ami préparent pourtant leur départ en secret.
Et c'est là qu'intervient l'autre Manel Naher, chanteuse à succès de plus en plus célèbre. Et plus elle devient populaire, plus notre Manel dépérit, puisque de plus en plus de gens pensent à la vedette, et de moins en moins à Manel la souris de librairie, dont la famille et l'entourage sont, en plus, assez restreints. Manel tombe malade, on lui prescrit un traitement de choc consistant à lui organiser des tas d'activités, inintéressantes au possible, mais qui lui apporteront un peu de cette Présence vitale...
« Le grand vide » est donc une fable dessinée, une métaphore d'un mal-être actuel, à savoir la conviction de certaines personnes que pour exister, il faut se distinguer de la masse, être présent sur les réseaux sociaux et récolter plus de likes que les autres. Être célèbre et populaire, mais donc être dépendant du regard des autres. Est-ce cela, exister ? Une addiction à l'attention virtuelle et souvent éphémère d'inconnus ? Tout le contraire de « pour vivre heureux, vivons cachés ».
« le grand vide » est une satire sur le sens de la vie à l'heure du virtuel, un sujet profond dont la pesanteur est compensée par la forme : un dessin en quadrichromie, plein d'énergie, dynamique, bouillonnant, explosif même. le propos est parfois trop elliptique, on ne comprend qu'après coup les césures qui font avancer la narration, et la fin un peu facile m'a laissée perplexe. Malgré cela, « le grand vide » est un premier roman graphique qui sonne juste, audacieux et prometteur.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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JCLDLGR
  01 janvier 2022
Le scénario, particulièrement flippant, est digne de la série black mirror. le graphisme et la colorisation sont simplissimes mais tapent (presque au sens propre) juste.
L'angoisse de l'inexistence pousse la logique des réseaux sociaux jusqu'au bout, surtout quand une homonyme célèbre capte toute l'attention. Se montrer, faire le buzz ... tout est superficiel, mais c'est le seul moyen d'exister.
L'humour noir et le suspense (qu'est-ce que ce grand vide?) contribuent à la qualité de l'intrigue, mais la répétition de certaines scènes et quelques longueurs en atténuent l'impact ! le dessin est de plus en plus nerveux au fur et à mesure qu'on avance, jusqu'au paroxysme.
Un peu long, même si beaucoup de pages sont uniquement graphiques, et on en ressort comme fatigué par autant de stress !
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Michel69004
  22 octobre 2021
Mais c'est quoi ce livre ????
Juste un roman graphique exceptionnel.
Dystopie ultra-flippante où la survie dépend de la renommée.
L'heroine , Manel Naher, va survivre, pour son plus grand malheur.
Accrochez-vous : c'est assez terrifiant, le graphisme est à la hauteur du propos et nous ballade dans une mégapole chargée de patronymes.
Première BD très réussie !!!!
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Lesvoyagesdely
  29 octobre 2021
"Le Grand Vide" est un album étrange, fascinant, particulier, voire dérangeant. Une couverture un peu énigmatique, un éditeur qui l'est tout autant pour moi : 2024, ça ne me disait rien. Une histoire troublante. Et ironiquement, un album qui a fait un petit buzz sur instagram, ce qui lui a donné une certaine visibilité et interrogeait.
Même sans vraiment lire l'avis, on le voit passer, on sait qu'il existe.
On pourra remarquer que l'éditeur fait un vrai effort pour lui donner de l'accessibilité en numérique, avec une différence de prix qui vaut la peine.
Le graphisme est lui tout aussi bizarre, troublant. Tout est sur 3 couleurs : bleu, rouge, blanc. Par moment, les membres s'allongent, parfois on se sent comme agresser, surtout par tout le brouhaha extérieur qui nous rappellent des tonnes de publicité, de grandes villes. Il y a un coté décousu, insolite, on ne maîtrise rien à ce monde dans lequel on est tombé, tout vas très vite, trop vite.
Quand on rencontre Manel Naher, c'est une jeune femme qui a sa famille, pas beaucoup d'amis mais des sincères, pas vraiment beaucoup de relations, ne sort pas beaucoup, passe beaucoup de temps dans une librairie, et réfléchit avec son meilleur ami au grand vide, à échapper à la folie de ce monde.
Dans celui-ci, la présence est importante. Plus de gens connaissent et scandent votre nom, mieux c'est. Pire encore, sans elle, vous pourriez disparaître sans que personne ne se rappelle de vous.
On voit Mahel à son travail, qui nous donne un choc, tout comme d'autres petites choses vont le faire. On voit la prescription de son médecin, un autre.
Elle est menacée par cet homonyme, chanteuse, qui a son succès, sa présence est plus que jamais en danger.
Ce n'est pas sans nous rappeler les dérives de nos sociétés modernes, des réseaux sociaux, des relations où les gens ne vous connaissent pas vraiment mais ce besoin de reconnaissance, de like, et plus généralement de faire mieux que son voisin, d'être adulé, d'être au-dessus des autres, etc.
Mais également le non-sens de certaines, et la perte de repère et de valeurs bien plus importantes.
C'est un livre psychédélique, qui nous explose en pleine figure, il exploite pas mal certains éléments, il se vit, il se découvre. A mettre si possible dans les bibliothèques/médiathèques, car l'expérience vaut quand même le coup, même si elle me met mal à l'aise, fait grincer des dents, et qu'il y a un côté trop décousu, barré et de ne pas en savoir assez pour moi. Par contre, vous aurez pas mal de surprises, et des réflexions intéressantes, percutantes.
Une expérience insolite à faire si l'occasion se présente.
Le grand vide qu'on peut voir de plusieurs manières même, et une ironie qui frappe de plein fouet.
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jamiK
  17 novembre 2022
Étrange graphisme hors de tout académisme, il y en a qui ne vont pas apprécier, mais en ce qui me concerne, ça aurait plutôt tendance à m'attirer. Visages ronds corps qui s'étirent, traits épais au pinceau, soigné, travaillé uniquement en aplats de trois couleurs, imprimé en trichromie (trois encres Pantone© non primaires), indigo, cyan et orange, peu de mélanges, peu de trames, mais on remarque un aspect artisanal et non numérique car dans les grands aplats de tons indigos, il reste quelques traces de dilution, d'étalement au pinceau. Les corps se déforment, comme vus à travers des glaces déformantes, les effets de perspectives surdimensionnent les pages, et puis des noms de personnes envahissent chaque recoin, comme des panneaux publicitaires accrochés dans chaque espace disponible. La ville est tentaculaire, étouffante, difficile de s'y faire une place. Ces noms de personnes profitent de chaque espace pour sembler nous demander de les lire, à la recherche de la visibilité.

Léa Murawiec invente un monde, une sorte de dystopie où la vie ne tient qu'à la visibilité de chacun : si on t'oublie, tu vieillis puis tu meures, et au contraire, si ton nom est sur toute les lèvres, tu restes jeune éternellement. Problème pour Manel Naher, elle a une homonyme qui est une star de la chanson, donc dès que son nom est lu ou vu, c'est à l'autre que bénéficie de cette visibilité. Elle va devoir se ressaisir, c'est une question de survie.

Le grand vide est une façon détournée de critiquer une dérive actuelle de notre société, la starification par les réseaux, Tiktok©, Twitter©… l'idéal de vie basée sur un nom, une image, la course aux abonnés, où tous les coups sont permis et peu importe le sens du message, positif, négatif ou même absent. J'adore cette façon détournée de cingler nos travers, le monde où vit Manel Naher semble ridicule, artificiel, un claque filmée va changer sa vie, telle Kanye West et son tee-shirt “White lives matter”, l'autoflagellation qui fait plus de bruit que l'art, qui éclipse tous les talents, et pourtant tellement pitoyable et inutile, voire honteux. En rendant son univers ubuesque, la diatribe est d'autant plus percutante. L'histoire est joyeuse et tragique, la caricature fait mouche, elle moque notre “Grand vide” qui lobotomise, la quête de l'inconsistant, du futile, dont les réseaux sociaux nous abreuvent tous les jours.

Le choix d'un graphisme hors des modes, hors des canons, semble vouloir nous dire, apprenez à regarder autrement, et arrêtez d'aimer par mimétisme moutonnier. le message est fort, simple mais percutant. La bande dessinée a du caractère, de l'audace, du culot, de l'humour, de la violence et de la douceur, et tout ça, j'aime.
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critiques presse (5)
BulledEncre   31 janvier 2022
Murawiec happe son lecteur dans son univers graphique très particulier qui exploite habilement par ses couleurs les règles de l’impression Pantone retenue par l’éditeur.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
LaCroix   11 octobre 2021
Léa Murawiec livre une première BD exaltante, dystopie où la survie dépend de la renommée.
Lire la critique sur le site : LaCroix
BDGest   01 octobre 2021
Entre forme bluffante et fond lourd de sens, cette première bande dessinée impressionne par sa maturité. Léa Murawiec s'impose d'entrée comme une signature à suivre.
Lire la critique sur le site : BDGest
Telerama   20 septembre 2021
Avec “Le Grand Vide”, Léa Murawiec livre une fable très actuelle, portée par un travail graphique impressionnant.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesInrocks   19 août 2021
Un premier roman graphique bourré d’énergie, doublé d’une satire enlevée du besoin d’exister sur les réseaux sociaux.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
JCLDLGRJCLDLGR   20 décembre 2021
Tu as vu ?
Tous les journaux font la une sur une autre Manel Naher que moi !
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LesvoyagesdelyLesvoyagesdely   20 octobre 2021
Écoutez…la présence est liée directement au nom des gens mais elle s’oriente surtout en fonction de la pensée.
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Videos de Léa Murawiec (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léa Murawiec
Dans un monde où si trop peu de personnes pensent à vous, vous risquez de mourir, Manel Naher voit sa vie mise en danger par l'existence d'une homonyme célèbre. Solution : gagner en Présence. Ou bien, choisir de fuir la mégapole et rejoindre, là-bas, au-delà des gratte-ciels, le Grand Vide... le Grand Vide, c'est la première bande dessinée de Léa Murawiec, publiée chez 2024.
Chaque jeudi, Sonia Déchamps s'entretient avec une autrice qui a récemment publié sa toute première bande dessinée. En partenariat avec la Bibliothèque Publique d'Information. Habillage sonore : Sparky. Dessins d'Émilie Gleason.
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