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Critiques sur N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures (49)
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Adl
  04 décembre 2013
Attirée (trop) plus jeune par les récits sur la seconde guerre mondiale et sur les camps, mes lectures s'étaient éloignées de ce sujet. J'étais un peu sur la réserve en entamant le récit d'Alba, jeune bohémienne sous l'occupation allemande.

Surprise: loin des clichés, des a priori et des "déjà lu", j'ai enlevé mes chaussures et suis entrée dans l'intimité feutrée et aimante de ces nomades tout autant méconnus que non reconnus.

Un peuple riche de liberté simple, abandonné sur la route (c'est un comble!) de la reconstruction d'après guerre, auquel on a tout pris et rien redonné, bien qu'il ait eu son lot de misères, comme tout le monde à l'époque.

Je ne saurais démêler le vécu de la fiction et peu importe. Paola Pigani a habilement retranscris les propos recueillis et me faire entrevoir un pan de l'histoire régionale et européenne peu abordée dans les livres d'Histoire.

A lire au coin du feu, enveloppé dans une couverture, avec la bande originale de Gadjo Dilo en fond musical.
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virginiedelattre
  30 décembre 2015
Un récit émouvant, fort pour évoquer un sombre moment (encore un!) de la seconde guerre mondiale : l' internement des populations "manouches" en France. Printemps 1940, un décrit interdit la libre circulation des nomades et les roulottes sont à l' arrêt.
On découvre alors, 6 années d' existence de la jeune Alba, internée au camps des alliés avec toute sa famille. le récit oscille alors entre colère, incompréhension, peur, famine, découragement, sentiment d' injuste...On découvre alors une population à qui on retire tout ce qui fait l' âme : la liberté, la nature, le bruit de l' eau, le vent, le ciel au dessus de la tête.... Un récit poignant.
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isanne
  25 janvier 2015
Un seul regret pour ce livre : avoir tourné la dernière page ... mais il reste toujours la possibilité de le relire !

La rencontre avec Alba nous fait rencontrer, en fait , tout un peuple, toute une culture au travers de ces six années d'enfermement et d'adversité. Une foule de sentiments vous envahira à la lecture de ces jours, mois, années passés derrière des grilles dans la plus grande misère.
Mais tout autant que le récit qui permet d'ouvrir les yeux sur des faits oubliés , c'est l'écriture et le style de Paola Pigani qui vont vous emporter et vous envoûter tout au long de ces pages, une émotion émane des mots comme elle émane des faits.

Une magnifique lecture pour une leçon d'histoire. Un livre à lire absolument...
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MarieRouviere
  06 janvier 2015
L'histoire dans l'Histoire. L'histoire des Manouches au travers une famille qui vivait dans les Charentes avant la dernière guerre. Depuis leur incarcération due aux lois de Vichy à leur libération en 1949 ! C'est par Alba l'héroïne que nous suivons le fil et découvrons cette communauté, leurs vie, leurs habitude, leur formidable appétit de Vie. Et aussi l'horreur d'avoir enfermé ces fils du vent dans cette cage malpropre et malodorante. On y croise aussi la résistance, bien sûr, et surtout des Hommes et des Femmes dont le mode de vie est brisé, puis, peu à peu délité dans ce qu'il est convenu d'appeler le progrès.

Style : Paola Pigani a une très belle écriture, sensible, riche. Elle a écrit et publié des poèmes, cela se sent. Et il le fallait pour parler de ces êtres riches et forts mais sensibles comme la feuille au vent.

C'est un très beau roman, un écrit pour une société sans écrit, sans archive, qui passe à côté de nous légers malgré le poids de nos légendes et de nos peurs, pour un peuple qui perd peu à peu ses racines qui étaient de vent et d'insouciance.
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yaki
  20 mars 2014
Décret du 6 avril 1940 : « En période de guerre, la circulation des nomades, des individus errant généralement sans domicile fixe, ni patrie, ni profession effective, constitue pour la défense nationale et la sauvegarde du secret, un danger qui doit être écarté. »

A la suite de ce décret, les tsiganes sont regroupés au camp des Alliers en Charente-Maritime pendant six longues années. C'est cet épisode de la seconde guerre mondiale que nous relate Paola Pigani à travers l'histoire, tirée de faits réels, d'Alba. Alba a quatorze ans quand elle entre dans le camp, vingt quand elle en sort, six années de misère, de faim, de saleté, de maladies et surtout six années sans liberté, les soldats français leur ont tout enlevé et surtout leur roulette qui fait partie intégrante de la vie des tsiganes ! Six années qui permettront malgré tout à la jeune Alba de devenir une femme.

C'est un très beau roman, écrit avec beaucoup de sensibilité. Les personnages sont touchants, l'auteur nous offre un joli portrait de femme et un joli portrait des « gens du voyage ». J'ai eu un vrai coup de coeur pour ce premier roman !
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Stellabloggeuse
  04 mars 2014
En France, au printemps 1940, l'avenir est sombre pour les tsiganes, dont les déplacements sont entravés depuis le début de la guerre. La jeune Alba et sa famille continuent tant bien que mal à vivre selon leurs coutumes. Finalement, sur demande des Allemands, Alba et son clan sont conduits dans un camp non loin d'Angoulême. Ils y resteront six ans, libérés seulement en 1946. Six ans prisonniers de murs, s'efforçant tant bien que mal de préserver leur âme, leur liberté d'esprit et de prendre soin les uns des autres. Entre temps, Alba sera devenue femme.

« N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures » est une maxime tsigane qui signifie que l'on n'entre pas facilement ni impunément dans l'intimité de ce peuple. Et en effet, c'est avec une grande délicatesse que l'auteure lève le voile sur cette famille tsigane, nous fait entrer dans son intimité et nous fait partager un peu de sa philosophie de vie. Il en ressort un grand désir de liberté, un amour de la nature, et une fierté que l'enfermement et les privations n'auront pas réussi à entamer. Les personnages ont souffert, leurs chants se sont tus, mais ils sont restés droits et n'ont jamais dérogé à leurs valeurs.

Historiquement, ce roman est également intéressant, l'auteure ayant recueilli des témoignages de tsiganes. En effet, je n'avais que très peu entendu parler de l'enfermement de ce peuple avant d'avoir lu ce roman. L'auteure nous montre l'enfermement, les hommes qui partent à la journée pour un dur labeur, les femmes qui restent confinées, la nourriture extrêmement rationnée, les maladies qui emportent les plus faibles. Malgré cela la vie continue, portée par les femmes. La trajectoire personnelle d'Alba, que nous suivons tout au long de ce roman, en est révélatrice. Les tsiganes d'Angoulême ne seront libérés qu'en 1946 et en garderont une grande méfiance vis-à-vis des autorités.

Les personnages de ce roman sont insaisissables mais attachants. J'ai l'impression de ne pas vraiment connaître Alba, même si on passe beaucoup de temps en sa compagnie. Elle symbolise la vie et l'espoir. J'ai été touchée par la relation qu'elle entretient avec sa maman, Maria, qui est aveugle. Son père, Louis, est très digne même s'il est dépassé par les évènements. Enfin, j'ai été émue par le petit René, un enfant qui n'a pas toute sa tête.

L'écriture de Paola Pigani, qui a publié des recueils de poésie, est très délicate, joliment ciselée. J'ai beaucoup apprécié cette expérience de lecture. Elle raconte des évènements sombres avec de belles phrases et beaucoup de pudeur, sans misérabilisme. En équilibriste, elle donne vie sur le papier à cette âme tsigane, un peuple auquel elle n'appartient pourtant pas.

Ainsi, ce premier roman de Paola Pigani est un essai réussi. Avec finesse et pudeur, elle nous fait entrer dans ces années sombres vécues par les tsiganes, et un peu dans leur âme également. le tout étant servi par une belle plume, que je vous conseille de découvrir.
Lien : http://romans-entre-deux-mon..
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Hel
  23 septembre 2013
A travers la voix d'Alba, adolescente au moment du récit, on suit le quotidien des 350 Tsiganes qui furent internés pendant 6 ans dans le camp des Alliers (Charente Maritime) au titre de la collaboration du gouvernement français avec les nazis.
C'est un combat de tous les jours auquel on assiste de cette communauté pour garder sa dignité et ne pas se laisser enfermer dans ce quotidien aliénant.
La force de ce récit basé sur un témoignage réel réside dans la force de personnes qui luttent et restent libres dans leur tête grâce à leur travail, grâce à leur culture.
Le plus bouleversant à mon sens, c'est qu'ils restèrent dans ce camp pendant un an après la libération de la France, avant que l'on ne se souvienne d'eux, et qu'ils furent libérés, alors qu'ils avaient tout perdu, chevaux, roulottes, sans le moindre dédommagement.
Une leçon de l'histoire et un texte formidablement beau et émouvant.
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emmyne
  30 août 2013
Il m'a fallu un moment, que le récit se déroule peu à peu, pour parvenir à accompagner Alba lors de cette lecture.

Dans une préface, l'auteur explique que son roman s'inspire d'un témoignage, précieux, qu'elle souhaite préserver et respecter, comme le raconte le titre de ce livre. Peut-être est-ce ce que j'ai ressenti, l'impression qu'elle avançait à petits pas, feutrés, et que je restais sur le seuil, à distance de cette histoire des nomades français de Charente durant la Seconde Guerre Mondiale, spectatrice de la « tristesse de leur voyage immobile » sans les rencontrer vraiment.

Bien que rythmé par de courts chapitres, le récit m'a paru lent, les personnages lointains dans cette première moitié du roman. Pourtant, cette narration s'adapte bien à ce que vit la famille d'Alba qui découvre la différence entre » camps et campements « , l'isolement, l'enfermement, une déliquescence par la perte de leurs traditions, de leur raison de vivre – » Quelle est cette guerre hors les murs ? [...] Quatre hivers ont fini par s'enchevêtrer dans le même temps fou de la guerre et de la paix. Une mémoire pâteuse où les évènements qui touchent la France s'immiscent à peine à l'intérieur du camp. Sur quel territoire vivent-ils depuis l'automne 1940 ? Les saisons se suivent, semblables. Les chemins, les forêts, les roulottes calcinées sont derrière eux. Ils ne voyagent plus qu'en aveugles dans une nostalgie douloureuse. » -; une narration qui dévoile un sens certain de la description, de l'image et de la formule évocatrices, mais il me manquait un souffle, une présence, un monde. Leur monde, leur culture. Qui apparaissait à peine. » La peine de n'être plus que l'ombre d'un peuple « , le grand absent, le disparu. Comme l'écrit l'auteur dans cette préface » J'écris sur des silences, sur un lieu qui n'existe plus. » En séquence, c'est le camp au quotidien, le racisme et les préjugés alentours. Je m'impatientais, le roman d'apprentissage – Alba découvrant sa féminité, les réalités de la maternité lors d'une grossesse de sa mère, la mère dont le portrait se détache en magnifiques lignes – me semblait prendre le dessus dans le récit. Puis, Alba devient femme. Elle prend corps, de l'assurance et le récit la suit, prend de l'ampleur, s'affirme, se libère. La fierté retrouvée. Par sa voix, l'auteur a trouvé la sienne, en hommage, en mémoire.
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Valentine62
  14 juin 2019
« N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures », belle expression tzigane, qui rend très bien compte du ton de ce récit, témoignage romancé écrit à partir d'une rencontre réalisée par Paola Pigani avec une rescapée du camp des Alliers, qui y a passé, avec sa communauté, les quatre années de la seconde guerre mondiale. Vie, mort, chant, maladie, naissances, entraide, résistance, charité, religion, liberté, privation, chevaux, nature, feu, rires, tempérament, rencontres, amour : tel est le quotidien de ces nomades, contraints à l'immobilité, souffrant du froid, de la faim, de l'incompréhension de beaucoup, mais aidés aussi par des gens très attachants. Je ne peux donner que des mots, car il est impossible de rendre compte de la justesse du style utilisé, qui fait vivre ces manouches et leur donne du relief. Après « Grâce et Dénuement » d'Alice Ferney, voilà le deuxième livre que je lis, et qui permet de découvrir la richesse de ces gens mis souvent en marge de la société, du fait de beaucoup d'a priori. Un excellent moment de lecture.
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JMLire17
  05 septembre 2017
En 1940, Alba est une fille de quatorze ans, c'est le drame qu'elle va vivre avec les siens, que l'on suit dans ce beau roman, qui traite d'un sujet sombre avec beaucoup d'empathie et de poésie. Entre 1940 et 1946, les nomades, tziganes, romanichels des Charentes ont été internés au camp des Alliers à Angoulême, sous la surveillance des autorités française et sur ordre de la Gestapo. le lecteur est plongé au coeur de la détresse des gens du voyages obligés d'être sédentaires, privés de tout, qui vont perdre des êtres chers, leurs roulottes, leurs chevaux, les cordes de leur violon mais ne perdront pas leur résistance face à l'adversité. Alba qui devient femme dans ses conditions dantesques passe par des moments d'immense tristesse, mais l'espoir revient car elle rencontre l'amour et la maternité. C'est très beau regard sur la différence.
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