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EAN : 9782742728824
304 pages
Actes Sud (01/08/2000)
4.17/5   1046 notes
Résumé :
Dans un décor de banlieue, une bibliothécaire est saisie d'un désir presque fou : celui d'initier à la lecture des enfants gitans privés de scolarité. Elle se heurte d'abord à la méfiance, à la raillerie et au mépris qu'inspirent les gadjé. Mais elle finit par amadouer les petits illettrés, en même temps qu'elle entrevoit le destin d'une famille sur laquelle règne une veuve mère de cinq fils.
Dans ce troisième roman, récompensé par le prix Culture et bibliot... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (171) Voir plus Ajouter une critique
4,17

sur 1046 notes

Ladybirdy
  15 octobre 2018
Voici un bien joli roman tout aussi beau que profond promettant en toile de fond un grand message de tolérance.
Esther est une bibliothécaire pour qui, le savoir et les livres sont aussi importants qu'un morceau de pain. C'est ainsi qu'elle brave le froid et la misère pour quelques heures de lecture auprès d'une tribu de gitans.
Au-delà des nombreux visages entre ces deux mondes, il y a surtout le visage du coeur qui réconcilie les deux mondes, il y a dans Esther le visage de l'amour, des lettres, de l'ouverture d'esprit, et quand elle commence à lire, c'est un seul et même monde qui enveloppe la rue froide.
Il y a un goût de liberté dans cette histoire, malgré les difficultés, les vols, l'illettrisme, il y a beaucoup de solidarité, et il y a des mots qui bout à bout amènent des phrases, puis des histoires, puis des rêves, puis de l'espoir.
Beaucoup de grâce dans la plume d'Alice Ferney pour qui l'impossibie n'existe pas.
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joedi
  02 février 2017
Angéline, ses quatre fils, ses trois brus et leurs enfants, toujours menacés d'expulsion parce qu'ils sont gitans, occupent un terrain abandonné. Esther, ancienne infirmière reconvertie en bibliothécaire, a un projet : lire des histoires aux enfants gitans. Tous les mercredis, par tous les temps, Esther arrive au volant de sa voiture, sort des livres, raconte, montre les images aux enfants de plus en plus attentifs au point qu'ils l'attendent avec impatience jusqu'à essayer de prolonger ces instants de lecture. Les mois passent, grâce à la fidélité dont fait montre Esther, si les gitans la nomment encore gadjé c'est gentiment et avec respect.
Alice Ferney, de sa belle écriture, raconte les conditions de vie et le mépris que doivent supporter les gitans. Grâce et dénuement, un beau roman à lire.
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Myriam3
  18 septembre 2015
Voici un livre magnifique. Alice Ferney ne dément pas la triste situation des gens du voyage: la crasse, l'analphabétisme, le vol, mais dépeint cette univers avec pudeur, amour et lucidité.
Esther, infirmière mariée et mère de deux enfants, vient demander l'autorisation de venir lire une heure par semaine une histoire aux enfants d'une famille Rom installée sur le terrain d'une institutrice à la retraite. Angéline, la grand-mère, la chef de la tribu, accepte non sans un certain a priori la présence de cette gadgé, qui saura se faire adopter par sa gentillesse et sa générosité. Elle apprendra à connaître les cinq fils d'Angéline, mais surtout leurs enfants, non scolarisés, libres, toujours dehors qu'importe la saison, et à travers eux, les quatre belles-filles effectuant la grosse partie des taches domestiques alors que leurs hommes, oisifs, discutent voitures et ferrailles clopes à la main.
Alice Ferney dépeint ce camp de Roms français depuis plusieurs générations avec beaucoup de réalisme: les morceaux de ferraille et de verre jonchant la terre, les vêtements et les cheveux sales, parce qu'il n'y a ni eau potable ni électricité, et le plus terrible, cette frontière quasi infranchissable entre le monde des Roms et celui des Gadgé, c'est-a-dire les Blancs, les civilisés, parce que la crasse, parce que l'analphabétisme, parce que les enfants sont si difficiles à scolariser, et quand on les accepte dans les écoles, ceux-ci doivent apprendre à se coucher de bonne heure dans une caravane occupée par cinq personnes, à venir tous les jours et à faire les devoirs alors que les adultes n'y entendent rien.
Un monde si éloigné alors qu'ils vivent au pas de nos villes...
Alice Ferney caresse les visages et les âmes de ces Roms, en particulier de ces femmes qui portent leur famille; on s'attache à eux, on voudrait, nous aussi, les écouter et les réconforter, s'asseoir à côté de ce feu éternel qu'Angéline alimente nuit et jour de ses théories sur l'amour et sur les hommes.
Plus d'une fois j'ai eu les larmes aux yeux et je vous recommande vraiment ce beau livre qui nous fait pénétrer dans le foyer de cette famille Rom. Angeline, Milena, Misia et Anita existent-elles vraiment? Pour moi, il n'y a pas de doute.
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Roggy
  15 avril 2020
Dans Grâce et Dénuement, Alice Ferney poursuit son exploitation dans la veine introspective, avec beaucoup de talent.
Elle raconte, sans jugement et avec beaucoup de respect, la vie des gens du voyage, des gitans, dans une atmosphère feutrée et contemplative à travers un prisme nouveau, où l'amour des livres est capable de rapprocher des êtres humains qui tout sépare.
Rêveuse des mots et magicienne des songes, Alice Ferney possède cet art subtil qui consiste à nous faire oublier qu'elle emploie des mots, nous prenant en otages de son récit et d'un univers que nous découvrons avidement.
Le dénuement est matériel dans la vie des gitans. Sans moyens de subsistance véritable, sans infrastructures sanitaires, malvenus, indésirables, ils mènent une vie singulière dictée par les traditions, les rituels, une grande fierté, un choix de vie qu'ils acceptent d'endurer dans une inertie pourtant remplie de grâce.
On le sait, les écrivains sont des « voleurs de vie », s'inspirant des confidences et des aveux recueillis. Ils observent, guettent, imaginent la vie des gens qu'ils croisent.
Alice Ferney a une capacité folle à incarner ses personnages avec une aisance presque insolente et elle raconte son histoire de façon poétique, aussi inattendue qu'irrésistible.
Cela permet un juste éclairage et fait naître des réflexions sur certains destins.
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litolff
  05 novembre 2012
Le premier livre que j'ai lu d'Alice Ferney, et un énorme coup de coeur !
Douze ans après sa parution, il est toujours autant d'actualité.
Avec ce portrait d'une famille gitane sédentarisée en banlieue parisienne elle nous fait pénétrer dans le monde inconnu des gens du voyage, de leur dénuement et de leur misère sociale. Visitée par une bibliothécaire persévérante dont le désir, tel un sacerdoce, est d'apporter la littérature à cette communauté, on découvre, par petites touches et sans angélisme un univers de « grâce et de dénuement », dominé par l'amour, la fierté et la pauvreté, un univers violent où le sort des femmes n'est pas très enviable, un univers où l'illétrisme est un fléau et une souffrance tue.
En accédant aux livres que leur lit Esther, les gitans découvrent un monde jusqu'alors inaccessible qui leur ouvre de nouvelles perspectives… ténues mais réelles.
Un roman extrêmement touchant ciselé par la plume magnifique d'Alice Ferney qui rappelle que la soif de connaissance est ancrée au plus profond de chaque être et que l'apprentissage de la lecture en est le sésame magique.
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Citations et extraits (180) Voir plus Ajouter une citation
claudine4449claudine4449   03 août 2022
Ils n'avaient pas les jouets que reçoivent d'ordinaire les enfants, mais ils avaient la liberté. Ils faisaient un butin de tout ce qu'ils ramassait. Ils allaient et venaient comme bon leur semblait. Les petites jambes grises et nues, sur les trottoirs et caniveaux des rues voisines, ça sautillait, courait, revenait, s'arrêtait, reprenait.
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litolfflitolff   30 novembre 2010
Parce qu’on a beau vouloir croire le contraire, un homme, un mari, ça ne comprend pas tout. Ca ne comprend rien ! disait Angéline, qui pensait à ses nuits de désir muet que l’époux n’avait pas soupçonnées, lui qui avait pu dormir à côté d’elle sans la toucher. Oh mais oui ! Il avait refusé de voir cette nature flamboyante qui avait fait cinq fils sans se coucher. Elle le répétait : les hommes et les femmes, c’est rien de commun, et ça tient toujours à cause des femmes. Parce qu’elles en finissent assez vite de s’aveugler et de vouloir. Elles voient, après la chair, l’amour et les caresses, qu’ils s’arrêtent jamais de prendre, et qu’il y a rien d’autre à faire que donner. Et ce qu’elle-même avait donné, non décidément elle ne l’avait plus, pensait Angéline., son ventre, sa douceur de nid, son élan pour diriger la vie sur un bon chemin et la gaieté d’avoir à le faire. Toute cette grâce pour vivre s’était diluée dans une grande fatigue. L’épuisement était entré en elle imperceptiblement, un jour derrière l’autre à se dire qu’elle se sentirait mieux le lendemain, un mois glacé après un autre, une année mauvaise suivant une qui n’avait pas été facile (on passe son temps à attendre au lieu d’être). L’épuisement avait d’abord emporté la fraîcheur de son visage – sans que personne n’y vît rien car elle continuait de sourire et elle était encore jolie. Puis la force incroyable de son corps, la vitalité inaltérable qui le portait vers une tâche, cela s’était perdu ensuite. Son visage alors était devenu ridé et gris (lui qui avait été rond et fruité) et ses yeux étaient entrés dans deux petites cavernes bleues dont ils ne sortiraient plus jamais, et elle avait grossi à force de moins se remuer. Pour finir il n’était rien resté de ce qui avait fait la femme et la mère. Quand l’immense appétit (de plaisir et d’enfant, de vin, de fêtes, de bon sommeil et de vie) s’était usé contre le mari endormi, affalé, mort enfin, elle était restée seule avec une étrangère : elle-même veuve et vieillie. Elle était lasse maintenant, et lui, ce mari qui l’avait prise et gardée, tout de même n’en était pas venu à bout : il était mort avant elle.
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sylviesylvie   10 mai 2008
Esther prenait son livre. Ils ne bougeaient plus et hormis quelques reniflements, le silence était total. Elle ignorait qui, de la chaleur ou de l'histoire, les apaisait d'un seul coup, sans qu'ils ne demandent rien. Ils ne sont pas difficiles, se disait-elle. Jamais ils ne réclamaient jamais ils n'avaient soif ou faim comme d'autres enfants qui ont sans arrêt besoin de quelque chose. Elle lisait dans ce calme. On entendait juste le ronflement d'air chaud. Les enfants avaient posé les mains sur leurs cuisses.\"
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fanfanouche24fanfanouche24   15 août 2013
C'étaient les livres qui faisaient rêver la vieille. elle n'en avait jamais eu. Mais elle savait, par intuition et par intelligence, que les livres étaient autre chose encore que du papier des mots et des histoires: une manière d'être. La vieille ne savait pas lire mais elle voulait ce signe dans sa caravane (p.55)
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jbicreljbicrel   12 juillet 2016
Chaque mercredi (vers onze heures) Ester les installait l'un après l'autre dans la voiture. Elle laissait tourner le moteur et mettait le chauffage au plus fort. Tu vas bouziller ta batterie, disait Sandro. Tu crois ? s'inquiétait Esther. Il hochait la tête. Je coupe ? demandait-elle. Non ! hurlaient les enfants.Ils riaient. C'était toujours le même plaisir. La petite soufflerie ronflait. Esther prenait son livre. Ils ne bougeaient plus et hormis quelques reniflements, le silence était total. Elle ignorait qui, de la chaleur ou de l'histoire, les apaisait d'un seul coup, sans qu'ils ne demandent rien? Ils ne sont pas difficiles, se disait elle. Jamais ils ne réclamaient, jamais ils n'avaient soif ou faim comme d’autres enfants qui ont sans arrêt besoin de quelque chose . Elle lisait dans le calme. On entendait juste le ronflement d'air chaud. Les enfants avaient posé leurs mains sur leurs cuisses. "Un âne comme Cadichon est un âne à part. - Bah! tous les ânes se ressemblent et ont beau faire, ils ne sont jamais que des ânes. ". Ils entraient petit à petit dans la chose du papier, ce miracle, cet entre deux-deux. "Il y a âne et âne. " Certaines tournures leur semblaient drôle. Ils riaient sans retenue. Esther ne s'arrêtait plus de lire pendant près d'une heure, et quand elle finissait, ils s'étiraient, revenant de l'autre monde, plus enveloppant, plus rond, plus chaud que celui dans lequel ils retournaient à peine sortis de la voiture et qui les mordait au visage comme un chien fou.p 110, 111, Babel, Acte Sud
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Videos de Alice Ferney (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Ferney
Qu'est-ce qui se joue lorsque l'on décide d'écrire sur sa famille ? Et comment rejoint-on ce terrain d'écriture en particulier ?
Voici quelques-unes des questions que nous explorons avec Anne Berest dans ce nouvel épisode de notre podcast. Son roman, "La Carte postale" , une enquête palpitante et glaçante sur sa propre histoire familiale, a été sélectionné pour le prix Goncourt des lycéens. Alice Bourhis, lycéenne à Brest, nous en dira quelques mots.
Et pour terminer, nous découvrirons les coups de coeur de notre libraire Romain : cinq histoires familiales que nous ne pouvons que vous recommander.
Pour retrouver les livres d'Anne Berest, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/personne/personne/anne-berest/1960930/
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairie.dialogues/ FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
Bibliographie :
- La Carte postale, d'Anne Berest ( éd. Grasset) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19134288-la-carte-postale-anne-berest-grasset
- Gabriële, d'Anne et Claire Berest (éd. le Livre de poche) https://www.librairiedialogues.fr/livre/14416364-gabriele-anne-berest-claire-berest-le-livre-de-poche
- Soleil amer, de Lilia Hassaine (éd. Gallimard) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18955847-soleil-amer-lilia-hassaine-gallimard
- Les Impatientes, de Djaili Amadou Amal (éd. J'ai lu) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19924245-les-impatientes-djaili-amadou-amal-j-ai-lu
- Tous, sauf moi, de Francesca Melandri (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/17044694-tous-sauf-moi-francesca-melandri-folio
- Les Survivants, d'Alex Schulman (éd. Albin Michel) https://www.librairiedialogues.fr/livre/20116962-les-survivants-roman-alex-schulman-albin-michel
- Nature humaine, de Serge Joncour (éd. J'ai lu) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19924222-nature-humaine-serge-joncour-j-ai-lu
- Lettre au père, de Franz Kafka (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/712442-lettre-au-pere-franz-kafka-folio
- Miniaturiste, de Jessie Burton (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/10951710-miniaturiste-jessie-burton-gallimard
Et voici les romans dans lesquels vous pourrez retrouver les familles citées dans l'introduction de l'épisode :
- Les Rougon-Macquart : Les Rougon-Marcquart, d'Émile Zola (éd. Pléiade Gallimard) https://www.librairiedialogues.fr/livre/247912-les-rougon-macquart-1-le-ventre-de-paris-his--emile-zola-gallimard
- Les Rostov : La Guerre et la Paix , de Léon Tolstoi (éd. Pléiade Gallimard) https://www.librairiedialogues.fr/livre/205936-la-guerre-et-la-paix-leon-tolstoi-gallimard
- Les McCullough : le Fils , de Philipp Meyer (éd. le Livre de poche) https://www.librairiedialogues.fr/livre
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