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ISBN : 2867467853
Éditeur : Liana Lévi (27/08/2015)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 72 notes)
Résumé :
En 1999, Mirko et sa soeur Simona, des Albanais du Kosovo fuient leur pays déchiré par la guerre. Après avoir passé quelque temps en Italie puis dans un centre de transit de Haute-Loire, ils décident de s'installer à Lyon. Simona trouve rapidement du travail, apprend le français et noue des amitiés tandis que Mirko vit dans la nostalgie de son pays. Une nuit, il rencontre Agathe.
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
isabellelemest
  26 novembre 2015

"On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments." Rarement cette phrase de Gide n'a été aussi vraie, car peu de livres ont suscité chez moi autant d'agacement et d'irritation. Il m'a même carrément horripilée.
J'attendais beaucoup de ce sujet prometteur et actuel, mettant au centre d'un roman un frère et une soeur kosovars, migrants et désireux de s'intégrer en France, mais condamnés à des boulots alimentaires à Lyon, après un passage par toutes les administrations et associations qui gèrent l'accueil des demandeurs d'asile.
Hélas, je n'ai trouvé dans ce livre, par aileurs bien écrit, qu'une vision misérabiliste, pleurnicharde, et surtout fausse à tous points de vue, tant sur le plan factuel que sur le plan psychologique, des problèmes des migrants.
De quel droit porter un tel jugement ? Eh bien, française de père étranger, je me trouve enseigner le FLE depuis fort longtemps, plusieurs heures par semaine, à des étrangers de toutes origines et nationalités, migrants ou non.
Je ne retrouve leur volonté de construire une nouvelle vie que dans le personnage de Simona. Tous veulent tourner une page et des traumatismes dont ils ne sont pas près de parler au premier venu, comme Mirko. Même si certains dépriment devant les obstacles que dresse la société francaise face à leur désir d'intégration, ils sont là pour réussir et ils s'en donnent les moyens. Et d'abord il faut survivre, puis simplement vivre et il y a d'autres urgences que celle que de se complaire dans une mélancolie négativiste.
A propos de l'enseignement du français ou FLE, tout est faux. Tous les autres détails sonnent irrémédiablement faux, la liste en serait trop longue.
Le parti-pris poétique, esthétisant, mélancolico-nostalgique, la vision systématiquement négative participent d'une sorte d'imposture. On pourrait faire une recension des termes à connotations négatives du roman, cela serait interminable et en montrerait bien la dimension caricaturale.
Il ne suffit pas de de montrer un pauvre migrant de façon geignarde et misérabiliste, d'ajouter un zeste de sexe et de violence raciste pour avoir traité le sujet. Il faudrait d'abord le connaitre et se refuser à la facilité d'imaginer une psychologie dont l'auteur semble tout ignorer. Que dit-elle de la discrimination ? D'une xénophobie qui ne se limite pas à des agressions violentes mais se traduit par une indifférence méprisante ou hostile ?
"Se pencher" sur un problème humain et social n'a jamais été une entreprise salutaire, mais c'est ici une exploitation de l'actualité à des fins pseudo-littéraires dérisoires.
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umezzu
  01 décembre 2015
Beau roman d'une grande sensibilité, magnifiquement écrit, qui amène le lecteur à partager le quotidien de deux demandeurs d'asile kosovars, Mirko et sa soeur Simona, leur histoire passée et leurs espoirs présents.
Sans en rajouter, à petites touches, Paola Pagani décrit par bribes l'horreur d'un conflit, la fuite à l'étranger comme seule solution à une spirale de violence, l'arrivée dans un pays étranger où tout est inconnu, angoisse et incompréhension, à commencer par la langue.
La langue, c'est ce qui soutient Simona, qui se projette dans son désir d'intégration. Elle se veut comme les autres et pour se faire apprend la langue française, mot par mot, avec la complicité taquine d'Ousman, le vigile du magasin qui l'emploie.
Mirko, de chantiers en chantiers, côtoie la communauté bigarrée des travailleurs étrangers. Ses pauses, ses déplacements, sont autant de moments où son esprit erre encore là bas, au Kosovo. Plus âgé que Simona, il ressort plus marqué de ce qu'il a vécu.
Par moments, dans sa nouvelle vie à Lyon, il retrouve un groupe informel de tagueurs. Un univers d'où vient Agathe, désormais passée à peinture, et qui commence à exposer lorsqu'elle croise Mirko. De non dits en regards croisés, Agathe et Mirko se rapprochent. Mirko se laisse aller avec elle à verbaliser ce qu'il a vécu et subi.
Ce beau roman a le grand mérite de ramener ces « venus d'ailleurs » à leur quotidien, au plus prés, sans esbroufe. Bien au delà des statistiques et des chiffres.
Au passage, la ballade dans Lyon, vue au niveau de la rue et des quartiers si différents, recrée bien les ambiances de la ville, pour qui la connaît un peu.
La fin du livre perd un peu de la magie que les mots avaient su créer, mais qu'importe ; ce court roman mérite une plus large diffusion.
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mireille.lefustec
  23 octobre 2015
Après "N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures" sur le regroupement des nomades en France, en 1940 , Voici "Venus d'ailleurs", un livre sur l'exil dramatique.
Jamais accepté pour ceux dont le coeur reste dans le souvenir du pays perdu, résolument contourné pour d'autres afin de conquérir la nouvelle vie.
Un frère et sa soeur, d'une vingtaine d'années, ont fuit le Kosovo mis à feu et à sang par les Serbes de Milosevic. Il en allait de leur survie.
Le garçon, taciturne, solitaire, crie sa rage, sa douleur dans les graffs dont il couvre les murs d'ateliers désaffectés. La fille, combative, ambitieuse, met toute son ardeur à réussir son intégration.
L'écriture colle au ressenti des jeunes gens qui doivent "apprendre l'exil au fil des kilomètres, apprendre à se délester de presque tout".
Bref, j'ai vraiment, vraiment aimé la façon dont Paola Pigani nous fait partager cette tranche de Vie;
Et, mais cela est très personnel : comme j'ai vécu plusieurs années proche Lyon, j'ai retrouvé avec plaisir des rues et des lieux.
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jg69
  31 août 2015
Très beau un roman sur le drame de l'exil.
Deux jeunes réfugiés kosovars, Simona, 20 ans, et son frère Mirko, 22 ans, fuient leur pays en guerre et se retrouvent à Lyon après une marche dans la boue jusqu'à l'Italie avec un passeur et un séjour dans un centre d'accueil de demandeurs d'asile. Leur désir le plus cher est d'obtenir le statut de réfugié et un permis de travail.
Leur frère est resté au pays avec son fils, né en pleine guerre, que Mirko adore.
Deux personnalités très différentes, l'une extravertie, l'autre plus introverti et deux façons de vivre leur arrivée en France.
Simona a une volonté farouche de s'intégrer, de sortir vite du statut de primo arrivant, de ne plus être globalisée dans l'expression "Gens de l'Est", elle travaille dans un magasin discount de vêtements. La maîtrise de la langue française est un enjeu capital pour elle.
La guerre du Kosovo est évoquée au travers de quelques souvenirs qui émergent de temps en temps pour nous éclairer sur ce qu'ils ont vécu dans leur pays sans aucun sensationnalisme, juste des petites touches.
L'atmosphère de Lyon et de sa banlieue est parfaitement rendue avec le quartier de la Guillotière, le Vieux Lyon, les bouchons....
L'auteure nous fait rencontrer un vieux libraire de St Jean, un vieux travailleur émigré italien, des enfants rom, un collègue de chantier mort d'accident, des graffeurs...autant de portraits finement ciselés en quelques phrases.
Simona fait tout pour s'inscrire dans un avenir en France, essayant de ne pas penser à ce qu'elle a vécu dans son pays. C'est beaucoup plus difficile pour Mirko malgré sa rencontre avec Agathe et leur histoire d'amour, elle aussi finement distillée par petites touches. La nostalgie du pays ne le quitte pas.
C'est le second roman de Paola Pigani dont le talent se confirme ici avec toujours son écriture poétique et sensible qui nous porte, toute en délicatesse. Toujours une extrême sensibilité pour évoquer les sentiments avec un ton très juste.


Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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PickItUp
  11 juillet 2017
Apres N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, encore une fois Paola Pigani décrit avec poésie, humour et gravité les tribulations d'une autre communauté que les tziganes. Cette fois-ci, ce sont des réfugiés Kosovars, un frère et une soeur, débarqués en France, lui manoeuvre, elle vendeuse et bien décidée à s'intégrer, quitte à utiliser des formes désuettes de la langue française.... Nouveau petit bijou de l'auteur que je relis avec bonheur. Avis aux amateurs.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
ghis38ghis38   03 janvier 2016
Il s'étonne de ces agencements à l'occidentale, préfère le baroque des cimetières de son pays où Turcs, Albanais, Serbes se côtoient dans un désordre séculaire. C'est le premier et le dernier cimetière qu'il découvre en France. Pourquoi est-il désert ? Là-bas, dans son pays, la rue se poursuit entre les tombes, chiens, chats, enfants et vieilles dames avec leurs seaux, leurs fleurs. On s' y assoit, on y mange. Il y a du bruit, des pleurs, des cris. Ici, ce n'est qu'un monde minéral qui l'enserre.
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StellarStellar   20 avril 2016
Avait commencé pour eux une longue représentation théâtrale. Il fallait jouer le rôle unique des demandeurs d'asile. Ne pas essayer d'en faire plus. Entrer dans la peau des requérants. S'armer de patience et acquérir tous les codes. Apprendre à répondre aux questions et à prononcer des chiffres, donner des dates. Naissance, arrivée sur le sol français. Mort du père, exode. Nombre de frères et soeurs. Nombre de jours, de mois passés avant la frontière. Après la frontière. Nombre de kilomètres. Nombre de vaccins à recevoir, de papiers à fournir. Nombre de jours d'accueil possibles, nombre de jours à ne pas dépasser avant d'envoyer le dossier de demande d'asile à l'OFPRA, nombre de semaines à attendre la réponse. Le probable, l'improbable, et en attendant, vivre. Au milieu d'hommes, de femmes et d'enfants venus du monde entier. Rwanda, Mali, Turquie, Sri-Lanka, Chine, République du Congo. Arrivés jusqu'ici le plus souvent par miracle. Sur une île boisée entourée d'une France inconnue.
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StellarStellar   18 avril 2016
Il la regarde penchée comme sur l'eau d'une rivière. La fatigue le berce tout autant que les gestes qu'il découvre. Elle prend sa matière première, du gris-brun dans une écuelle de gouache. Elle peint avec la tranche de la main. Un balayage doux et sombre sur des reliefs bleus. Lui reste suspendu au mouvement de son bras, aux couleurs qui se rencontrent. C'est trouble. Plus encore l'expression de son visage, un rien douloureuse. Ses cheveux tombent sur ses joues, elle pince ses lèvres. Une fossette qu'il ne lui connaissait pas apparaît. Un CD tourne dans le lecteur. Une musique indienne qu'il a jamais entendu.

Le balancier du corps d'Agathe est régulier entre ses couleurs, son matériel et la grande toile. Mirko voit les marques du châssis sur ses genoux, deux traits rouges sur sa peau blanche. Elle n'a sur elle qu'un vieux sarrau noué par deux attaches en haut du dos. À chaque mouvement, le tablier se fend, laisse voir un peu de sa peau nue. Il touche un à un les petits cailloux de ses vertèbres, en partant du bas de ses reins. Ses doigts remontent lentement toute la colonne vertébrale. Lorsqu'ils atteignent enfin sa nuque, Agathe a cessé de peindre. Dans un mot, il égrène son approche, gravit ce dos offert jusqu'au noeud osseux des cervicales où la peau est tendue et tiède sous la masse de cheveux. Un parfum de savon et d'orgeat. L'odeur de sa peau se révèle à lui alors qu'il ne voit pas ses yeux, sa bouche, alors qu'il est à présent tout contre son corps sans visage.
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tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   14 juillet 2017
Avait commencé pour eux une longue représentation théâtrale. Il fallait jouer le rôle unique des demandeurs d'asile. Ne pas essayer d'en faire plus. Entrer dans la peau des requérants. S'armer de patience et acquérir tous les codes. Apprendre à répondre aux questions et à prononcer des chiffres, donner des dates. Naissance, arrivée sur le sol français. Mort du père, exode. Nombre de frères et sœurs. Nombre de jours, de mois passés avant la frontière. Après la frontière. Nombre de kilomètres. Nombre de vaccins à recevoir, de papiers à fournir. Nombre de jours d'accueil possibles, nombre de jours à ne pas dépasser avant d'envoyer le dossier de demande d'asile à l'OFPRA, nombre de semaines à attendre la réponse. Le probable, l'improbable, et en attendant, vivre. Au milieu d'hommes, de femmes et d'enfants venus du monde entier. Rwanda, Mali, Turquie, Sri-Lanka, Chine, République du Congo. Arrivés jusqu'ici le plus souvent par miracle. Sur une île boisée entourée d'une France inconnue.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   23 octobre 2015
Sa vie s'organise, se décide, s'oriente. Tout est rationnel, intentionnel. Ne pas laisser de place au hasard, aux regrets. Ranger sa mémoire. Ne garder de la jeunesse que le velouté de la peau sur les joues, l'envie de chanter. p 135
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Vidéo de Paola Pigani
Du 3 au 6 novembre 2016 - Pays Voironnais Invités d'honneur : Gaëlle Josse et Olivier Tallec Invités : Thomas Baas, Fred Bernard, Arno Bertina, Emile Bravo, Delphine Chedru, Cécile Coulon, Alice de Poncheville, Béatrice Fontanel, Pascale Gautier, Guillaume Guéraud, Antoine Guilloppé, Céline Lapertot, Mathieu Larnaudie, Régis Lejonc, Gaëlle Nohant, Xavier-Laurent Petit, Paola Pigani, Yann Rambaud, François Roca, Joy Sorman Auteurs régionaux et locaux : Arielle Alby, Corinne Bourrillon, Paul Giraudi, Alain Graz, Elyane Guillaud-Rollin, Sylvie Lainé, Jean-Philippe Landru, Li-Cam, Lou-Jan, Serge Revel, Fabienne Swiathly, Ghislaine et David Trouilloud
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