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ISBN : 2490417282
Éditeur : Noir d'Absinthe (17/05/2019)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Plus de huit cents ans après la chute des Rois-Panthères, les Kunji constituent la caste la plus méprisée du Royaume Mojun. Leurs tentatives pour renverser la dynastie des Mojunsha se sont toutes soldées par des échecs.

Japsaro, descendant des Rois-Panthères, passe un pacte terrible avec Panthère-des-ténèbres, l’un des Avatars du Grand Dieu, afin de rendre aux Kunji leur prestige d’antan. Est-il cependant prêt à tous les sacrifices que lui demande Pan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
coquinnette1974
  21 juin 2019
Je remercie énormément les éditions Noir d'Absinthe pour l'envoi, en service presse, du roman Mojunsha, tome un : Panthère-des-ténèbres de Sara Pintado.
Plus de huit cents ans après la chute des Rois-Panthères, les Kunji constituent la caste la plus méprisée du Royaume Mojun. Leurs tentatives pour renverser la dynastie des Mojunsha se sont toutes soldées par des échecs.
Japsaro, descendant des Rois-Panthères, passe un pacte terrible avec Panthère-des-ténèbres, l'un des Avatars du Grand Dieu, afin de rendre aux Kunji leur prestige d'antan.
Est-il cependant prêt à tous les sacrifices que lui demande Panthère-des-ténèbres en échange de son soutien ?
Et surtout, sert-il vraiment sa cause ou n'est-il qu'un pion dans les luttes des Avatars du Grand Dieu ?
Panthère-des-ténèbres est donc le premier tome de la série Mojunsha.
J'ai souhaité lire ce roman car le résumé m'intriguait beaucoup, et j'avais envie de lire un peu de fantasy, pour changer un peu.
Dès le début, j'ai compris que ma lecture allait être un peu compliquée car très rapidement je me suis perdue dans les nombreux personnages. Ils ont des noms exotiques auxquels je n'ai pas du tout l'habitude. C'est écrit du point de vue de chaque personnage, ce qui est intéressant certes.
Il n'y a pas de réelles longueurs. Toutefois, j'ai eu quelques difficultés à savoir qui était qui, à un moment j'ai été obligé de prendre des notes.
L'univers crée par l'auteure est très intéressant et j'ai adoré me perdre dans cette jungle indienne où tout est riche en émotions.
Mais à un moment, je me suis un peu trop perdue à mon goût, toujours à cause du nombre de personnages. J'ai décroché ici et là.
J'ai apprécié l'histoire, le fait qu'il y a des dieux, tout ce que crée l'auteure est vraiment très riche, et c'est passionnant.
Mais je n'ai pas accroché avec le fait de passer d'une personne à l'autre, il y a trop de points de vue c'est dommage.
Malgré tout, je serais ravie de lire la suite et il y a de bonnes choses dans ce premier tome.
Certes, mon avis est mitigé mais je mets trois étoiles et demie, et je vous invite à le lire à votre tour.
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PapillonVoyageur
  03 août 2019
Lorsque j'ai lu le résumé de ce livre, j'avais peur que l'on ne suive que le point de vue de Japsaro. L'idée de base semblait bien, même si je redoutais la manière dont cela allait être abordé. Je me suis dit « Un livre de fantasy avec une caste misérable, une rébellion ? Qu'est-ce qui le rend unique ? ». Quelques pages plus tard, j'avais ma réponse : tout. Tout dans ce roman le rend unique. Sara Pintado a créé un univers à elle, avec ses Avatars, ses règles, sa mythologie, sa profondeur, sa personnalité propre, ainsi qu'un scénario divin et cohérent du début à la fin. Ce tome se divise en trois parties ; chaque partie se déroule durant plusieurs années et tout est daté, selon le calendrier mojun. J'ai trouvé ça vraiment génial, parce que l'on suit la narrations de diverses personnages, de leur jeunesse à leur vieillesse (pour ceux qui survivent jusque là). Nous observons leurs évolutions, leurs attitudes changeantes, leurs regrets, leurs espérances… C'est incroyable. L'autrice a géré un monde, des centaines (voire, des milliers ?) de personnages et plusieurs intrigues (géopolitiques et/ou familiales) de malade : j'ai l'impression d'avoir découvert un univers à la Game of Thrones, en carrément différent. Ici, nous avons surtout affaire à une fresque au décor de jungle fantasmagorique, aussi riche que dense, aussi profonde que maniée à la perfection. Sara Pintado, pour moi, c'est une déesse, un Avatar suprême : Sara-la-Magnifique. ​
En plus d'avoir créé sa propre mythologie, des coutumes à ses peuples, l'autrice fait passer des messages forts et lourds de sens. Ils laissent leurs empreintes. Par Neyro, elle crée une femme forte, une Générale dure, froide et prête à tout pour son peuple. Elle lui attribue des défauts, des qualités, et certaines discussions en viennent à nous faire comprendre que dans un autre peuple, les femmes ont leur place dans une cuisine. Il y a une sorte de collision entre plusieurs valeurs différentes. Qu'est-ce que j'ai adoré cette diversité !
Un autre point qui m'a chamboulé : sa plume. Comme je vous le disais, Sara Pintado jongle entre plein de personnages différents, sans jamais s'arrêter et le tout… dans des points de vue internes. Elle passe de Shantaro à Aysso, de Aysso à Neyro, de Neyro à Sandako, de Sandako à Japsaro… sans jamais nous perdre. Bien entendu, elle précise lorsqu'elle change de narrateur, mais quand même… Son style s'est adapté à chacun de ses personnages. Ils avaient tous une personnalité à eux, leurs termes, leurs convictions, leurs pensées. C'est extraordinaire de se dire qu'une seule autrice soit parvenue à nous faire entrer dans plein de têtes différentes sans jamais s'emmêler (ni emmêler ses lecteurs). Ce don, ce travail, ce talent, peu importe comment on l'appelle, bah ça m'épate. Je suis plus qu'admirative, et cela rend le background du livre encore plus enivrant qu'il ne l'est déjà. Parce qu'en plus d'alterner ses narrations sans aucune difficulté, Sara Pintado nous offre une écriture fluide, descriptive et prenante. Elle nous embarque avec elle à travers son monde, tout en nous permettant de suivre le cheminement des personnages à l'aide de deux cartes illustrées à l'intérieur du roman (d'ailleurs, elles sont vraiment sublimes !). Dès les premières pages, sa plume nous happe, rend accro. Je n'avais qu'une envie : connaître la suite. À chaque fois. Je me demandais ce qu'il allait arriver aux héros et antagonistes, aux adultes, aux enfants, à tout le monde. Des émotions soufflées par-ci par-là, quelques descriptions bien dosées et une incroyable fluidité, le tout concocté avec sérieux et amour par une autrice au potentiel énorme. Je peux d'ores et déjà affirmer que Sara Pintado figure parmi mes auteurs préférés de tous les temps.
Je ne vais pas parler de chaque personnage de cette histoire, parce qu'il y en a vraiment beaucoup, et qu'ils mériteraient tous d'être mis à l'honneur. Mais, si je fais ça, il se peut que cet avis devienne interminable. de manière générale, il y avait des personnages principaux, secondes et récurrents. Mais, il est difficile d'évaluer lesquels sont gentils et lesquels sont méchants, parce que ce roman se compose de nuances, d'injustices, d'un panel de tons et d'attitudes menant à une escalade interminable. Vous rappelez-vous le schéma de Game of Thrones ? Si X n'avait pas fait tuer Y, il n'y aurait pas eu le massacre de V, ni une vengeance de la part de R… etc. Bah, dans ce roman, cela fonctionne de la même façon. Japsaro aime Aysso, Aysso finit par aimer Shantaro, mais Shantaro aime-t-il Aysso ? Quel avenir pour leur mariage, leur peuple, et tout ce qui s'ensuit ? L'histoire nous fait découvrir ce qu'ils ont été, ce qu'ils deviennent et comment certains finissent. Il y a des passages merveilleux, d'autres plus durs et tristes… On passe par toutes les émotions. le pire dans tout ça ? Nous sommes incapables de détester complètement un personnage ! Nous les aimons tous, à leur façon, tant l'autrice a su les rendre attachants et authentiques. Il y a des décisions ou des réactions que l'on approuve, d'autres non, et même si certains personnages peuvent parfois nous agacer énormément (coucou Kojo), on garde toujours à l'esprit qu'il y a des raisons derrière les actes, un vécu derrière les paroles. Envers et contre tout, on s'y accroche. On a peur pour tout le monde, peu importe le camp, alors que l'on sait au plus profond de nous qu'ils ne pourront pas tous survivre… Au final, tous les intervenants de cette histoire laissent leur marque dans notre vie de lecteur. J'ai fini par m'attacher à eux comme s'ils étaient des amis, voire une famille. C'est vraiment incroyable.
La fin clôture ce premier opus avec dextérité. C'était ce qu'il fallait, ni plus ni moins. Il ferme une porte, tout en laissant les autres ouvertes – celles nécessaires au développement de la suite de la saga. Je suis triste du sort de certains personnages, heureuse de celui d'autres… Globalement, cette fin m'a plu et me donne envie de poursuivre ! Je sens que l'attente va être horrible, c'est un univers dans lequel je suis entrée très facilement et duquel je n'arrive plus à me sortir… Heureusement, cela n'entrave pas mon avancée dans mes nouvelles lectures, sinon je me serais retrouvée bien démunie, littérairement parlant.
Grosso modo, le premier tome de Mojunsha débute une saga mythique de fantasy, une série que tous les amateurs du genre ne peuvent se permettre de louper. Elle est originale, dense, riche et très addictive. En plus de rafraîchir les codes de la fantasy, elle apporte son lot d'intrigues géopolitiques et familiales, non sans laisser des personnages de côté. Vous suivrez leurs péripéties, vous souffrirez avec eux, vous aimerez et vous haïrez, vous évoluerez à leurs côtés et, enfin, vous aurez peur pour n'importe qui, quel que soit son camp. G.R.R Martin a inventé un univers de dingue avec Game of Thrones, mais Sara Pintado revisite la fantasy avec Mojunsha.
​Êtes-vous prêts pour la rébellion ?
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AlexianeTh
  12 juillet 2019
Sara Pintado et Noir d'Absinthe nous propose le premier tome d'une saga fantasy très originale dans le contexte et le folklore abordés. Est-ce surprenant ? Non, c'est un peu la signature des éditions NdA.

Huit-cents ans se sont écoulés depuis la chute de la dynastie des Rois-Panthères. Les kunjis — ou pieds-trempés — sont désormais la caste la plus mal considérée du royaume dirigé à présent par les Mojunshas. Peu de droits, peu de considération, des conditions de vie déplorables et une surveillance accrue… Leurs espoirs qu'un jour le Roi du Nord vienne les libérer les plongent sous un règne de tyrannie, où chaque prophétie murmurée peut conduire à la décapitation.
Parmi ce peuple, Jasparo, sa soeur Nayti et leur mère sont les descendants de la lignée des Rois-Panthères. Au service du gouverneur de l'île d'Oiseau de feu, ils sont plutôt bien traités ; Jasparo noue un lien particulier avec Aysso, la délicate fille de leur maître.
Mais en parallèle, un échiquier paraît se remettre en place, bouger à nouveau ses pions, loin du regard humain. Un conflit gronde entre les Avatars. L'ordre préétabli est menacé dans les sphères célestes.
Il suffit d'une décision, d'un choix d'une femme finalement, pour que tout chavire.
Les terres Mojun tremblent jusque dans le palais.
Quelle dynastie fera l'échec et mat ?

L'univers de Mojunsha est très particulier. Exit les pays aux consonances médiévales, et européennes. On se détache des ambiances Tolkien, G.R.R Martin pour aborder une toute nouvelle conception d'un monde fantasy. Partons plutôt au coeur de terres exotiques où cocotiers dissimulent des soldats armés, où les frangipaniers se plient au gré de la brise pour émaner leur doux effluve, et où la jungle est la principale scène des guerres et de la politique.

Les saros et turbans remplacent les cottes de mailles, armures et surcots. Les peaux brunes, hâlées, ébènes chassent les carnations habituelles. Les épées sont des sabres, les hallebardes des bâtons…
C'est un maelstrom de couleurs chaudes, d'odeurs sucrées de dattes, de miel, de safran, curcuma. Une explosion de tissus, dorures. Un mode de vie, des traditions, des moeurs qui se rapprochent de l'Asie et de l'Afrique que nous connaissons — à plusieurs détails près, bien entendu.

Même la religion apporte sa touche inédite. En fonction de l'heure de la naissance, les enfants sont prédestinés à un Avatar — une sorte de divinité animale. Ces Avatars servent ou appliquent les lois du Grand Dieu, celui qui est la source de « tout. » Mais dans cette hiérarchie céleste, ces entités sont eux-mêmes en proie aux tensions, entre les Avatars de la Clairière, les Indépendants… et interviennent dans le monde des hommes. Nous vous laissons découvrir un peu plus en détail ce qu'il en est, lors de la lecture : c'est une hotte de richesses et d'imagination dans laquelle nous plongeons bien volontiers.
Toute la construction de l'univers, des castes, de la monarchie, etc., est sans doute le plus gros point fort de ce texte. C'est un petit soufflet d'originalité qui est susceptible de prendre au dépourvu les plus friands du genre fantasy.
Concernant les personnages, ils sont nombreux.
Très nombreux.

Ce sera donc compliqué de tous les évoquer pour en glisser un petit mot au risque d'y passer un certain temps ou de noircir dix pages supplémentaires.
Néanmoins, nous ne pouvons pas considérer qu'il y ait vraiment un héros, un antagoniste. Les bons ou les méchants.
Chaque intervenant a sa psychologie, ses idéaux, plus ou moins louables, ses méthodes pour parvenir à ses fins, et il s'avère peu évident de conclure qui a raison ou qui a tort dans le lot.
Vous l'aurez compris : aucun manichéisme.

C'est à vous, lecteurs, de vous forger votre propre idée. Que ce soit le camp des Kunji, ou celui des Mojuns, à vous de décider qui vous soutenez d'une certaine manière.
L'intrigue est plutôt complexe à suivre, surtout si l'on doit prendre un certain temps pour s'habituer aux noms exotiques, au monde innovateur dans lequel nous tombons. Il y a plusieurs points de vue ce qui engrangent plus de conflits et d'enjeux qui s'entrecroisent ou se délitent.
Aussi, nous parlons bien de saga.

Le nombre de personnages évoqué est justifié, mais nous ne révélerons pas en quoi au risque de trahir toute la construction de ce premier tome et la suite.
Ce peut être toutefois à double tranchant : nous pouvons avoir quelque difficulté à réellement nous attacher à un personnage plus qu'un autre, ou, à l'inverse, comme un Game of Thrones, nous sommes amenés à choisir notre favori et à attendre impatiemment sa prochaine apparition.
La politique est sur le devant de la scène, les complots aussi. Entre faits d'armes, batailles et poursuites dans les îles et la jungle, c'est aussi un combat de stratégie et de réflexion.
L'écriture est accessible à tout le monde. Nous ne sommes pas dans une plume élitiste ou « pompeuse » qui oblige une concentration accrue pour assimiler le texte ou les mots. La lecture est fluide, simple et efficace, talentueuse dans ses descriptions et « juste ce qu'il faut » pour les émotions sans dérouler des introspections interminables.
Les narrations sont d'un point de vue interne au récit, qu'importe les personnages abordés. Nous sommes dans la tête de chaque protagoniste.

Les chapitres sont longs, mais séquencés par des parties datées : la fresque chronologique a son importance, libre à vous d'y prêter attention ou non. Il est néanmoins vrai que ce peut être vite laborieux de retenir toutes les dates et de calculer le temps qui s'écoule, puisque les ellipses sont assez nombreuses. C'est aussi parfois un simple « deux heures plus tard », par exemple, qui donne alors au texte un petit aspect scénaristique.
Le rythme varie et impose un tempo assez changeant : des parties du roman seront plus calmes, posées, et se concentrent sur la politique et la toile relationnelle, tandis que d'autres seront une explosion d'action, de stratégies militaires. Certains passages peuvent être un peu longs, mais tout ne peut pas être dynamique au risque d'essouffler le lecteur.

Mojunsha, Panthère-des-ténèbres de Sara Pintado est une innovation dans le genre fantasy. Une bouffée d'air frais dans ces rayons du genre qui finissent par se ressembler, trop ancré dans la bible Tolkien ou trop frileux pour s'éloigner du folklore bien connu. C'est un texte très riche, curieux dans sa construction et ses personnages, original dans son univers, mais c'est aussi un roman qui défend, en sous-marin, les conditions de la femme.
Très prometteur.
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LeslivresdeRose
  29 juin 2019
Je tenais tout d'abord à remercier chaleureusement les éditions Noir d'absinthe pour l'envoi de ce service presse numérique.
Si j'ai accepté de lire et chroniquer ce roman, c'est avant tout parce que la couverture et le résumé me proposaient une plongée au coeur d'un univers fantasy aux accents « indiens ». C'est une partie de l'Asie qui reste assez obscure pour moi. J'entends par là que je ne m'y suis jamais vraiment intéressée, je n'y ai jamais voyagé, etc… Toutefois, je suis très curieuse de nature et j'adore découvrir de nouvelles choses à travers mes lectures. C'est pourquoi ce récit m'a tout particulièrement attirée !
Comme je vous l'ai dit, c'est un univers fantasy et, de ce fait, il est assez éloigné, finalement, de la véritable Inde (ou tout autre pays proche culturellement). Cependant, le monde créé par l'auteure s'en rapproche, notamment au niveau des paysages et des saisons. de nombreuses scènes se déroulent, en effet, en pleine jungle et très souvent soit sous un climat sec et caniculaire soit dans une atmosphère humide et pluvieuse. Tout comme les personnages, j'ai ressenti plus d'une fois une sensation d'étouffement due à la chaleur et à la densité de la végétation. Au coeur de cette nature oppressante, les hommes ont su construire de véritables havres de paix, de magnifiques palais dans lesquels le lecteur prend plaisir à flâner. La faune et la flore y sont bien présentes mais domptées et cadrées. L'auteure dépeint avec brio les paysages de son univers ; elle les rend vivants, tangibles, aussi bien d'un point de vue olfactif que visuel. Les noms de plantes exotiques comme les camphriers, les frangipaniers,… contribuent à éveiller notre imagination. Je me suis projetée très facilement dans ce monde chaud et humide, dépaysant ; tellement bien même que j'ai eu du mal à en ressortir. Plusieurs jours après ma lecture, les images de Mojunsha me poursuivaient encore. [Et petit plus très appréciable, une carte est placée en début d'ouvrage.]
L'auteure développe également une mythologie originale et étoffée dans laquelle ses adeptes vénèrent des Avatars, sortes d'animaux qui protègent les hommes ou les combattent (selon le cas) et qui, surtout, luttent aussi pour le pouvoir ! Ainsi l'intrigue prend une toute autre dimension puisque les guerres des hommes font échos à celles menées par ces entités supérieures. L'air de rien (parce que le tout m'a paru très abordable), l'univers de ce roman est complexe et bien exploité.
L'intrigue m'a fait un peu peur au début ! J'ai cru voir venir un triangle (voire même un quatuor) amoureux. Toutefois, mes craintes étaient totalement infondées ! Oui, l'amour a sa place dans ce récit mais aucun triangle amoureux ne pointe le bout de son nez. Ce roman choral nous conte la vie et l'évolution de toute une série de personnages, alors, oui, dans leur quotidien, les sentiments entrent en jeu, qu'ils soient, d'ailleurs, amoureux, familiaux ou amicaux, bienveillants ou hostiles.
Avec le recul, je ne peux m'empêcher de me dire que le postulat de départ n'est sans doute pas très original, de prime abord. Deux peuples aux idéaux différents, voire même souvent opposés, s'affrontent. L'un étant opprimé par l'autre. Pourtant, si la base est « classique », certains éléments, certains choix narratifs en font un récit qui a su me tenir en haleine du début à la fin et que j'ai sincèrement apprécié ! Tout d'abord, le fait de suivre des protagonistes qui appartiennent à l'un et à l'autre camp nous permet d'appréhender le conflit sous différents angles et…c'est parfois bien difficile de se positionner. Rarement dans un roman de ce type, je n'ai eu autant la sensation de ne pas savoir, finalement, qui j'avais envie de voir « gagner ». Si les Pieds-Trempés sont injustement (mal)traités par les Mojunshas, je me suis, par contre, davantage retrouvée dans les valeurs prônées par ces derniers : leur notion d'égalité homme-femme, par exemple.
Ensuite, le fait que ces protagonistes, eux-mêmes, ne soient jamais tout noir ou tout blanc ! Je me suis attachée à chacun d'eux et, pourtant, tous, à un moment ou à un autre, font des choix ou ont des réactions discutables. Ils ont tous un côté sombre : des pensées moins avouables, des envies pas toujours bienveillantes, parfois même cruelles,... Des personnages très humains et réalistes, en somme ! Certains d'entre eux, malheureusement, vont s'enfoncer peu à peu. Une décision en entraînant une autre, leurs limites morales vont s'effriter et seul comptera alors le but à atteindre. Cependant, le tout se fait de manière tellement insidieuse que je n'ai pas pu les détester. Leurs choix successifs les mènent petit à petit vers des extrémités qu'ils n'avaient, je pense, pas envisagées au départ. Ce qu'ils font est horrible et impardonnable mais compréhensible. Pour atteindre le nirvana et le coup de coeur, il m'a toutefois manqué un personnage auquel je me serais identifiée. Tous m'ont plu mais aucun n'a vraiment eu ma préférence ou ma totale adhérence.
L'intrigue peut sembler lente, elle s'écoule sur plusieurs décennies avec des périodes de conflits et des temps de paix. Comme rien n'est jamais vraiment résolu, tout parait toujours recommencer. Dis comme ça, cela peut paraître fastidieux mais, une fois plongé dans le récit, celui-ci se révèle prenant et addictif. Aucun passage n'est inutile, tous servent à construire l'histoire et les personnages ; ils contribuent à nous immerger au coeur de cette intrigue chatoyante et étonnante.
En bref, j'ai été totalement conquise par ce premier tome ! Je ne m'y attendais absolument pas et comme je vous le disais, le principe de base peut paraitre, a priori, très simple, déjà vu. Même avec le recul, j'ai encore du mal à comprendre vraiment ce qui a créé cet engouement chez moi, si ce n'est l'univers riche et dépaysant, les personnages complexes et réalistes, auxquels on s'attache presque malgré soi et malgré eux et la volonté de l'auteure de ne pas sombrer dans le manichéisme, de mettre les lecteurs face à eux-mêmes et à leurs propres contradictions. Je crois que j'ai aimé les messages distillés tout au long de ce roman et la portée qu'ils ont eu sur moi ! Un premier tome que je ne peux que vous conseiller, en espérant sincèrement que ses thématiques vous toucheront autant que moi ! Certains repéreront sans doute des défauts et trouveront, peut-être, le temps long mais, pour ma part, j'ai été transportée par ce récit au point que je n'en suis pas ressortie indemne !

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LesLivresdeFlo
  17 juin 2019
Lorsque Dorian des éditions Noir d'Absinthe m'a proposé ce livre, j'ai évidemment accepté. Tous les titres que j'ai découvert dans leur catalogue m'ont plu, et les autres me font de l'oeil les vilains (Immortel Ad Vitam en tête !). Alors je le remercie une fois encore pour sa confiance et pour le livre :D.
Mojunsha est un livre que j'ai trouvé très original, dans les idées et dans l'écriture, beaucoup de choses m'ont plu, mais malheureusement je dresse un bilan assez mitigé de ma lecture.

Le livre commence sur une discussion entre différents dieux animaux, des Avatars. Ce prologue m'a tout de suite mise dans le bain, et j'étais très emballée. L'idée était inédite pour moi et j'avais très envie de découvrir cette histoire magique. Mais j'ai assez vite déchanter. J'ai trouvé le rythme au début du roman assez lent. J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire et j'ai fait patienter ce livre plusieurs jours avant de m'y ré-intéresser. On suit plusieurs personnages différents, et de leurs points de vue, dans un même chapitre. A chaque changement de personnage il y a une date pour nous situer dans le récit qui se déroulera sur plusieurs années. J'ai eu beaucoup de mal à m'habituer à ce style, et après plusieurs dizaines de pages j'ai arrêté de lire ces indications. Je voulais juste savoir quel personnage je suivais. C'est quelque chose qui m'a dérangé mais je pense que beaucoup de lecteurs n'y prêterons pas attention, ou ne seront pas gênés par ces indications, c'est juste une histoire de goûts.
Concernant les personnages j'ai parfois été un peu perdue également. Il y a beaucoup de personnages, et comme nous les suivons de leur point de vue à tour de rôle c'est parfois déstabilisant. Je me suis surprise deux ou trois fois à me demander qui était tel ou tel personnages, et à confondre un père et son fils. J'ai également eu du mal à vraiment apprécier un personnage en particulier, car ils me semblaient tous perdus dans une énorme masse. C'est un style et un choix d'écriture auxquels je n'ai pas accroché, parce que je ne suis pas habituée, mais là encore c'est un avis très personnel, et je pense que cette différence surprendra et plaira sûrement à beaucoup d'autres lecteurs. Ce n'est pas un gros défaut, c'est juste un choix dans le format auquel je n'ai pas été sensible :).
Enfin, la dernière chose qui ne m'a pas trop accrochée, c'est toute la partie stratégique du roman. Là encore c'est juste que je n'aime pas lire ça, les adeptes du genre seront ravis. L'histoire nous parle d'un homme à la tête d'un royaume, de sa famille, de ses commandants, de ses ennemis etc., il y a donc une bonne part du livre qui traite de stratégies militaires, de politiques, de guerre et de combats. Moi ça m'ennuie un peu tout ça, donc il y a plusieurs pages qui ont été assez difficiles à lire. Mais ceux qui aiment ça, ou que ça ne dérangent pas, apprécieront sûrement les descriptions et les dialogues qui y réfèrent.
Vous l'aurez compris plusieurs choses m'ont déplu dans Mojunsha, mais aucune d'entre elles n'est un gros défaut. Ce ne sont que des histoires de goûts personnels, et les détails que je n'ai pas apprécié ne manqueront pas de plaire à beaucoup d'autres, ça ne fait aucun doute. Cela dit, il y a aussi des choses qui m'on plu dans Mojunsha. Tout d'abord j'ai aimé l'idée de base. Je n'ai pas l'habitude de lire ce genre d'histoire et il y a des détails que j'ai aimé. Toute la mythologie de cet univers est très riche et attractive. Les dieux animaux, les relations qu'ils entretiennent entre eux et avec les Hommes, toutes leurs légendes, leur prophéties… c'était un régal de tout découvrir et ça apporte énormément de profondeur au roman.
La deuxième partie du roman a été ma préférée. Les bases de l'univers sont posées, on commence à mieux apprivoiser les personnages, à comprendre toutes l'étendue de l'intrigue, et on se laisse plus facilement emporter. Si le début du roman m'a ralenti dans ma lecture, j'ai dévoré cette deuxième partie très vite. Neyro est un personnage très intéressant. C'est une femme complexe, qui se bat depuis son enfance pour diverses choses. C'est au travers de ce personnage que j'ai vu les plus beaux messages de ce livre. Il y a une belle image du féminisme grâce à elle, cette femme si forte, haut gradée malgré ses blessures. Et son histoire avec son amour de toujours est inspirante. Ils ont traversés beaucoup d'épreuves tous les deux, individuellement ou ensemble, mais leurs sentiments surpassent tout, et c'est un beau message. C'est pour tout ces raisons que je pense que c'est un bon roman, mais que nous n'étions tout simplement pas compatibles tous les deux ^^.
EN BREF : Mojunsha est un roman original, avec une idée de base très intéressante. L'univers est très riche, et j'ai l'impression de n'avoir fait que le survoler dans ce tome 1. La suite nous réserve de belles surprises. La mythologie de ce roman est très développée et c'est LE point fort du livre selon moi. le rythme et le format sont néanmoins assez spéciaux, et je n'ai pas accroché à tous les choix de l'autrice. Cependant ce ne sont que des préférences de ma part et je suis sûre que Mojunsha saura trouver un public qui l'appréciera à sa juste valeur.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Elo-DitElo-Dit   29 juillet 2019
"Tant de merveilles ont été détruites, des fleurs aux mille couleurs, des animaux de toutes sortes, des arbres verdoyants. Toutes ces ressources, toute cette beauté, sacrifiées à cause de la folie humaine."
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