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ISBN : B075PR5GQ9
Éditeur : (28/10/2017)

Note moyenne : 4.62/5 (sur 33 notes)
Résumé :
5 mai 1809, cinq mille soldats prisonniers de l'armée napoléonienne sont déposés sur l'île déserte de Cabrera. Parmi eux, vingt et une femmes, dont une jeune cantinière de dix-huit ans qui vient juste de perdre son mari. Sur tous les visages, la même question : les a-t-on abandonnés à leur propre sort sur ce rocher aride ? Le lecteur vivra avec Angélique ce drame oublié de notre histoire. Il partagera son quotidien, ses émotions, ses moments de joie, de tristesse, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Valmyvoyou_lit
  24 octobre 2017
"Le rocher" se situe dans un cadre historique, méconnu du grand public. de 1809 à 1814, quelques 110000 soldats de l'armée napoléonienne furent emprisonnés sur l'île déserte de Cabréra sans rien, sans eau et avec de très maigres rations. Environ 3500 furent libérés en 1814. Des chiffres qui font froid dans le dos. C'était un des premiers camps de concentration en Europe, au début du XIXème siècle. Parmi ces soldats, il y avait une poignée de femmes. Dans ce livre, nous suivons l'histoire d'Angelique, une cantinière, veuve, âgée de dix-huit ans. Nous vivons ses amitiés, ses amours, ses deuils, ses épreuves...

Ne prenez pas peur en lisant le prologue du livre. Il est un rappel des événements historiques, nécessaire pour appréhender ce roman. J'avoue que c'est une période de l'Histoire que je connaissais mal, contrairement à Elisa Sebbel. Docteur en Littérature Française, l'auteure donne des cours dans une université espagnole et fait de la recherche. Passionnée par l'histoire, elle s'intéresse particulièrement au XIXème siècle et à l'Empire. Elle a publié de nombreux articles académiques de littérature et participé à de nombreux congrès et colloques. le rocher est son premier roman.
J'aime les lectures qui m'apportent des connaissances, sans que je m'en aperçoive. le travail de recherche de l'auteure est si fourni que, j'ai appris beaucoup sur ce fait de notre histoire. A la fin du livre, une série de documents authentiques, objets retrouvés sur l'île, lettre, etc... apportent un vrai plus.

Au départ, j'ai été surprise par la longueur des phrases. Et très vite, je me suis aperçue que ce qui me surprenait au début, me plaisait. Cela donne un charme à cette écriture, et lui donne un rythme qui, s'impose naturellement au lecteur. J'allais toujours plus loin dans ma lecture.
J'ai énormément apprécié le style de l'auteure : les mots sont recherchés, elle maîtrise l'emploi des temps. J'ai adoré que ce livre soit au passé simple. J'aime quand une plume me rappelle que la langue française est belle et riche.

Cette histoire est racontée du point de vue d'Angelique. Elle nous est dépeinte avec ses forces, ses faiblesses. Plusieurs signes me montrent que j'ai adhéré au personnage : il m'est arrivé de ne pas vouloir qu'elle fasse certains choix, tout en la comprenant; je voulais savoir ce qui allait se passer pour elle. J'ai une image physique d'elle qui ne correspond pas à sa description, ce qui me démontre que je suis entrée dans l'histoire, que j'en ai fait mon histoire. Je me suis aussi attachée à d'autres protagonistes : Henri, Louis, Gilles, etc... Chacun d'eux a un rôle auprès de l'héroïne : l'un est protecteur, l'autre est passionné, un autre est un vrai ami, etc...
Angélique est une femme de coeur, indépendante de caractère, avec ses passions. Nombreuses sont les femmes qui se reconnaîtront en elle. Les hommes, quant à eux, l'aimeront.
L'auteure maîtrise bien les fins de chapitre. Plusieurs fois, il se passe un événement qui nous "oblige" à lire la suite. Vous savez, quand on dit "Je lis la fin du chapitre et j'arrête." Et bien non, l'annonce d'un rebondissement fait, que vous continuez la lecture.

Cela fait plusieurs semaines que j'ai terminé ce livre et je m'aperçois que j'y pense encore. Angélique m'est toujours proche. Je ne l'ai pas oubliée. La bonne nouvelle, c'est que le dernier chapitre laisse la porte ouverte à une suite que, je lirai avec plaisir.

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Soukiang
  16 mai 2018
5 mai 1809, cinq mille soldats de l'armée napoléonienne sont faits prisonnés et débarqués sur l'île déserte et perdu de Cabréra, en pleine Méditerranée.
Sans rien, presque pas d'eau, de très maigres rations alimentaires. Un camp de concentration avant l'heure ...
Au nombre de la foule des militaires, vingt et une femmes s'y trouvent presque par hasard, malgré elles, débute alors un long calvaire pour toutes ces personnes livrées à une terre inconnue, isolées de tout, oubliées.
La même question se lit alors sur tous les visages, les a-t-on vaiment abandonnées sur ce rocher ?
Parmi l'une de ces femmes, l'histoire d'une jeune cantinière de dix-huit ans, Angélique Delage, mariée très jeune et déjà veuve, son mari n'ayant pas supporté le voyage en bateau.
Le commencement d'une nouvelle vie ...
L'auteure introduit d'abord un rappel des faits historiques, manière de situer le contexte géopolitique, cela peut paraître de prime abord un peu fastidieux mais indispensable.
Il permet d'appréhender, de comprendre, de s'immerger dans les tourments de l'histoire avec un grand H, celles qui va façonner et bouleverser l'Europe dans les troubles et les méandres de son évolution telle qu'on la connaît aujourd'hui.
Dès les premières lignes, à travers un récit à la première personne, je me suis fondu dans le personnage principal d'Angélique.
Ce qui frappe d'emblée, c'est l'écriture limpide, un style littéraire juste et équilibré, alternant descriptions intérieurs et extérieurs avec des dialogues aérés, tout est magiquement imagé, un sentiment de pénétration avec tous les états d'âme d'une femme prise comme dans un étau, pas seulement en prise avec cette île déserte, une terre hostile, âpre.
Mais au milieu de tous ces hommes, sans tomber dans le piège de considérer tous les hommes comme des masochistes, dans un petit espace à forte tendance masculine, il faut déjà se rappeler l'époque du livre, ces militaires viennent d'être battus, humiliés lors d'une guerre en Espagne (Bataille de Bailén), la plupart sont des conscrits en pleine fleur de l'âge, ils sont là parce qu'ils ont été appelés, selon la loi française.
Angélique n'aurait jamais dû se trouver en cet endroit pour des raisons que vous pourrez découvrir dans ce livre qui peut se lire comme une forme de journal intime, jour après jour (ou presque).
En sus du prologue historique, l'auteure sait de quoi elle parle, elle a fait des recherches poussées, en épluchant des mémoires et des archives historiques (dont vous trouverez les sources en fin d'ouvrage), j'apprécie le style de ne pas trop abonder dans le sens du roman historique.
Avant tout, c'est le récit d'une femme, miroir de toutes ses acolytes qui ont dû survivre, prendre sur elle, vivre et composer avec tous les éléments naturels et humains.
Angélique est vivandière ou cantinière, elle l'est devenue pour suivre son mari, Armand, conscrit. Un métier qui consiste à rendre des services (cuisine, infirmière etc ...) au sein des régiments militaires.
Quand elle doit faire le deuil de son mari qui n'a pas survécu à la traversée jusqu'à l'accostage sur ce rocher, le récit débute. Je n'ai pas mis longtemps à faire battre mon coeur à l'unisson de celle qui va tout donner, un symbole, un exemple ... jusqu'à la dernière ligne.
Fort d'une écriture fluide et sans temps mort, c'est un livre qui se lit d'une traite, la succession des chapitres appelle à toujours savoir, à avancer, un concept original pour mieux happer le lecteur, donner un cachet d'urgence, cette zone de survie et quelque peu en vase clos, même si l'île fait une dizaine de kilomètres carrés, il n'en reste pas moins plus de 5 000 personnes présentes.
Basé sur des faits historiques rigoureux, l'auteure a choisi la liberté de conter l'histoire de cette vivandière, en insufflant une inspiration romanesque, un souffle prégnant, les caprices du destin, la solitude d'une jeune femme même si l'amour n'est jamais loin, à l'instar de ses compagnons d'infortune, homme ou femme, Angélique oscille souvent entre espoir et désespoir, illusion et désillusion, la faim et la soif d'une part, les affres du temps (froid, chaleur) ne seront pas en reste, tous les moyens sont bons pour arriver à survivre un jour de plus et encore un autre, la culpabilité et le remord ne sont pas ici des notions abstraites, elles s'imposeront de force ou pas, les aléas de la vie, en lutte et en butte devant les préjugés, j'ai été impressionné par la capacité de l'auteure à donner cette consistance et cette épaisseur à plusieurs d'entre eux, pas seulement à la protagoniste.
L'aspect psychologique est palpable car souvent, c'est un long processus qui découle de tel ou tel, latent, irrévocable, irréversible.
Aux situations les plus précaires et les chaotiques succèdent ceux qui rivalisent d'émotions les plus inattendues et les plus belles, comme un signe divin, une larme ici, des sentiments contrariés là. Ses forces et ses opposées, ses faiblesses et ses contraires.
"... mes angoisses, mes peurs, mes doutes, ma culpabilité ..."
Une réussite pour reconstituer un microcosme à l'échelle d'un petit bout de rocher, c'est criant de vérité dans l'attitude de chacun, dans l'attente espérée non seulement d'une vie meilleure ou d'un avenir s'il existe mais surtout cette lueur, ce petit bout d'étincelle qui suffirait à leur bonheur, de croire à son prochain, de se considérer encore comme faisant parti de l'humanité.
Au milieu de l'horreur de cet abandon et de cette déperdition quasi totale, l'amour peut-il redonner force et vitalité, courage et espérance ?
L'autre point fort de ce roman est l'espace géographique décrite, le titre éponyme est le rocher, les lieux si désertiques sont époustouflants d'authenticité, c'est bien simple, en suivant les traces et les pas d'Angélique, on s'y croirait, après avoir baigné le lecteur du contexte historique au départ, puis de présenter les personnages au fur et à mesure de la progression de l'histoire d'Angélique, cet environnement erratique et d'une nature sauvage va petit à petit dévoiler ses secrets, les ruines d'un château par ci, le petit puit qui va permettre se sauver bien des personnes, d'autres sources naturelles viendront compléter donnant une ampleur inattendue.
J'avais appréhendé que l'auteure n'en fasse trop dans la partie "historique" de l'époque du livre, bien au contraire, j'ai découvert un vrai roman littéraire en ce sens qu'elle est arrivée à me captiver de bout en bout, à me faire éprouver de l'empathie exponentielle à l'égard d'Angélique mais pas seulement, une forme de compassion jamais gratuite ni complaisante pour bon nombre des personnages jusqu'à un pic culminant du livre, vous le découvrirez assez tôt, en un mot, déchirant.
L'intrigue se conjugue à plusieurs niveaux de lecture.
Un mariage réussi de la grande histoire réelle et de la petite histoire (celle d'Angélique) qui m'a ému, littéralement parlant et ... humain. La vie et c'est tout.
Un roman littéraire auto-édité qui mérite d'être lu par le plus grand nombre, un magnifique hommage à toutes ces femmes oubliées de l'histoire, c'est mon premier coup de coeur littéraire de l'année 2018, le rocher de Elisa Sebbel. ❤️
Je remercie l'auteure de m'avoir contacté, un soir de décembre😉, pour me faire découvrir son premier roman.
N'hésitez pas à vous rendre également sur le superbe site de l'auteure https://elisasebbel.weebly.com/unique.html qui est vraiment agréable à l'oeil, complet et d'une inspiration divine, vous y découvrirez notamment les premiers chapitres de son roman pour vous donner une idée et bien d'autres choses qui valent la peine de les lire ... à travers ses mots et sa pensée.
Je termine en vous laissant avec cette citation extraite des mémoires du soldat, Sébastien Boulerot qui était présent lors de cette période, il m'a accompagné pendant toute la lecture, la voici :
"Il y avait parmi nous des femmes ; ce furent des anges ! Quel dévouement ! Quelle activité ! Eh bien, quoiqu'en butte aux outrages et aux vexations de nos bourreaux, elles se portaient mieux. Elles étaient dans un perpétuel mouvement pour donner des soins aux uns et aux autres et le mouvement était le remède qu'il nous fallait.".
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Laurence21
  25 novembre 2017
Un petit retour sur un livre que j'ai sincèrement adoré: le Rocher d Elisa Sebbel , je l'ai lu reçu en cadeau de l'auteure elle même en version numérique.
Résumé:
5 mai 1809, cinq mille soldats de l'armée napoléonienne sont déposés sur l'île déserte de Cabréra. Parmi eux, vingt et une femmes, dont une jeune cantinière de dix-huit ans qui vient juste de perdre son mari. Sur tous les visages, la même question : les a-t-on abandonnés à leur propre sort sur ce rocher aride ?
Le lecteur vivra avec Angélique ce drame oublié de notre histoire. Il partagera son quotidien, ses émotions, ses moments de joie, de tristesse, de peur, de doute, d'espoir et de désespoir. Il expérimentera la faim, la soif, le froid, la violence mais aussi des instants de bonheur immense, un amour qui emportera la raison et tous les sens et redonnera une raison de lutter, des moments exceptionnels d'amitié, de tendresse, de bonté humaine, il découvrira les ressources inattendues de l'humain quand tout semble perdu… Attrapée entre deux hommes, Angélique l'emportera dans le tourbillon de sa vie. Inspiré de faits réels, ce roman est troublant de vérité.
Mon Avis:
Habituellement j'ai peur d ouvrir un roman historique, je déteste les longs passages de description et de rappel des faits... et je ne suis pas fan des romances non plus (Oui je suis pénible je sais😊).
Mais alors ce roman ci se lit agréablement bien. Il se déroule pendant une période de l'histoire que nous croyons tous plus ou moins connaître mais dont, en réalité , nous ignorons beaucoup de choses...
J ai commencé par visualiser , via internet, le site magnifique de l'île de Cabrera où se déroule l'histoire. Ensuite je me suis très facilement représenté les personnages... et quels personnages !!!
Angelique , la narratrice du récit, captive de cette île.
Henri, le chirurgien gradé, qui lui offre sa protection😉....
Marie, Louis, Victor... tous ces personnages abandonnés , dans un lieu paradisiaque, vivent l'enfer. L'enfer de la captivité, de la faim, du froid, de la violence, de la maladie.... et pourtant ils s'entraident, s'aiment , se soutiennent mutuellement, pour trouver la force de survivre.
Elisa Sebbel a une très belle plume, et nous offre un roman poignant. Elle a aussi un grand sens du suspense et du rebondissement... en fin de chapitre 😊. Et de chapitre en chapitre, vous dévorez ce roman. Et le top du top, ce que j'adore, et qui fait que ce roman devient l'un de mes préféré , c'est qu'une fois refermé ses personnages résonnent toujours en vous...
Merci beaucoup Valmyvoyou lit, pour avoir organisé ce concours qui m'a permis de gagner ce livre. Et un immense merci , Elisa Sebbel , de m'avoir offert ton merveilleux roman. J'ai réellement passé un très bon moment. Si cela avait été une version papier je l'aurai certainement emmené partout , pour avancer dans l'intrigue (même a un feu rouge😜) et dévoré en deux jours. Mais le fait qu'il soit en version numérique ne m'a pas permis de trimballer mon iPad et du coup je n'ai pu le lire que par bride. Ce qui, avec le recul, est très bien car j'avais hâte de le retrouver le soir, en ayant échafaudé des théories diverses et variées sur ce que j'allais trouver dans le chapitre suivant 😜.
Sincèrement, Noël approche, si vous voulez l'offrir , ou vous l'offrir, achetez le , vous ne serez pas déçu.
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Lect71
  22 février 2018
Un cadeau que je me suis offert, en achetant ce livre.
Une version papier de 290 pages. Une couverture avec en visuel, un mélange de roche marine, eau, ciel. le titre en rouge comme pour annoncer un danger.
Une impression et mise en page soignées.
En fin de roman quelques documents authentiques afin de mieux appréhender certains détails cités.
Je ne vais pas faire dans le nautisme et le voyage de luxe pour vous conter mes souvenirs.
La mer est parfois tempête mais ce récit, lui est ouragan.
Il dévaste tous les repères, les intentions, les idées reçues.
C'est dans un cadre austère que se déroule cette épopée.
Des recherches sur l'époque, le lieu, les habitudes, les gens, sont indéniables. Les pages "transpirent" de réalité.
C'est inhumain dans la globalité de la situation et humainement atroce.
Détresse, malheurs, pardon, humiliation, humilité, haine, sont des sentiments naufragés sur ce caillou où le seul espoir sans lendemain est "survivre".
Lutte pour la vie, combat pour l'amour. Choisir son "tuteur" avant que le choix ne se fasse et l'envie ne s'efface.
La subtilité des descriptions est savamment dosée pour que le lecteur devienne acteur, à part entière, dans cet exode forcé.
Un caillou surpeuplé avec autant d'âmes perdues par la volonté d'oubli d'un vainqueur.
Des personnages aux antipodes de la conformité avec pour seul bagage leurs souvenirs et la mort. Nous croiserons Angélique, Henri, Gilles, Victor, Louis, Marie, Rose .... des soldats, gradés, du beau monde au pays de l'immonde où la foi s'invite comme un exutoire.
Que dire de plus: ça souffle le vent de la discorde, ça injecte la fidélité mais respire l'infidélité, ça essaime la solitude, ça partage le bien et cultive le mal, ça viole les codes et les corps.
L'écriture est fine. Très pointue dans la violence, très douce dans la tristesse. Chaque mot est un fer rouge qui "s'encre" au port du texte.
Le style est en équilibre constant mais pas fixe. Il garde le cap suivant le roulis du développement.
C'est un rocher qui nous tient, nous retient, nous appartient et ne nous lâche que rarement.
Belle prestation que cette fresque qui donne au mot liberté un sens profond.
Cet ouvrage, bien que basé sur des faits historiques, est pour moi, en phase avec certaines similitudes de l'actualité de notre temps.
Des hommes et femmes arrivant par bateaux et attendant la délivrance.
J'ai aimé.
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Diabolo44
  29 juin 2018
Jamais facile d'aller à contrecourant d'un raz-de-marée de dithyrambes. Ce "rocher" m'avait été très chaudement recommandé, il cumulait les avis plus que positifs et c'était un roman historique, genre que j'affectionne particulièrement, donc je m'y suis attelé avec un a priori très positif.
Je l'ai lu très rapidement, et sans me forcer pour le finir, là n'est pas le problème. Ça se lit très bien, comme on lit un livre d'histoire, et pour en avoir "englouti" quelques-uns, je sais de quoi je parle.
Elisa Sebbel sait elle aussi de quoi elle parle, c'est indéniable. Elle maîtrise son sujet sur le bout des doigts, ça ne fait pas l'ombre d'un doute : elle est documentée, experte même, et c'est quelque chose que j'apprécie particulièrement dans un roman historique. Qui plus est, l'auteure avait saisi là un fait méconnu, tiré d'une époque pas toujours très exploitée dans la littérature, et le potentiel romanesque de cette histoire de débris d'armée vaincue et abandonnés à leur sort sur une île était très élevé.
Alors me dira-t-on, où est le problème ?
Eh bien, il est sur tout ce qui n'est pas L Histoire, justement. Autant sur ses aspects historiques et documentaires, ce livre est irréprochable, autant sur le plan "fictionnel", je suis resté à la porte. D'abord diffus, le sentiment s'est développé tout au long de la lecture que cela ressemblait bien plus à une chronique historique qu'à un roman historique.
Il n'y a qu'à voir par exemple le recours massif à l'imparfait et au plus-que-parfait plutôt qu'au passé-simple, cela saute aux yeux. Or, l'imparfait nous dit ce qui était, le plus-que-parfait nous dit ce qui avait été : ils expriment des faits, des réalités, là où le passé-simple, le temps des rebondissements par excellence, nous dit typiquement "ce qui se produisit soudain".
Sauf que quand il se passait quelque chose, je l'avais souvent deviné dès les premiers mots de la phrase.
De même, les dialogues, qui ont pour fonction de mettre du rythme dans le récit, sont peu nombreux. Quand il y en a, ils sont souvent convenus, voire peu crédibles.
Quand il se passe quelque chose avec un gros potentiel dramatique (un exemple parmi tant d'autres : la mort de l'âne Robinson), l'évènement est souvent éludé en un paragraphe, parfois même en une phrase. L'auteure ne veut pas s'y attarder, elle passe à la suite de son récit... et c'est la frustration.
Les personnages ne sont pas mauvais en soi, mais ils sont souvent survolés, tout particulièrement les relations entre eux. On voit très peu de rivalité, de jalousie, de haine, de violence, d'égoïsme... ils sont tous étonnamment solidaires, finalement, vu ce à quoi ils sont confrontés. Connaissant l'Homme, cela sonne étrangement.
(Aparté : j'ai été agacé par les scènes explicites, et par le vocabulaire employé. Là, je confesse qu'il s'agit de quelque chose de très personnel : j'ai très peu de goût pour la romance, et aucun goût pour la littérature érotique.)
Au final, tout cela (en-dehors de l'aparté) créé une distanciation entre l'auteure et son récit, qui reste assez "froid", déclenche peu ou pas d'émotion, assez peu d'empathie envers les personnages. Un contexte historique parfaitement maîtrisé, mais dont l'auteure n'aura finalement pas réussi à s'affranchir, donnant lieu à un roman ressemblant trop à une chronique.
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