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Critiques sur Le Verger de Marbre (51)
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marina53
  23 avril 2018
Dans le Kentucky rural, Beam Sheetmire remplace parfois son père, Clem, au ferry qui traverse la Gasping River d'une rive à l'autre. Ce soir-là, aux commandes du bateau, accosté sur l'embarcadère, un homme lui demande de traverser, même s'il n'a pas les 5 dollars nécessaires. Arrogant et sûr de lui, il tente d'engager la conversation qui aboutit vite à un échange tendu. Alors que l'homme tente plus ou moins la caisse, Beam le frappe à la tête avec une grosse clé à griffe. Paniqué, il s'enfuit et va chercher son père qui n'a d'autre choix que de plonger le corps sans vie dans l'eau. C'est alors qu'il conseille fortement à son fils de quitter cet endroit au plus vite. Car, ce que ne sait pas encore le jeune garçon, c'est qu'il vient de tuer le fils de Loat Duncan, un homme d'affaires puissant et sans vergogne...


Il a plutôt intérêt à fuir ce jeune Beam Sheetmire s'il ne veut pas finir six pieds sous terre. Lors de ses errances, au milieu d'une nature proliférante, il va croiser sur sa route des personnages insolites, sans savoir que non seulement Loat Duncan le recherche mais aussi le shérif, sans savoir qu'en tuant cet homme sur le ferry, ce sont des secrets de famille qu'il va déterrer. Alex Taylor nous plonge dans une fuite sanglante, jonchée de cadavres, et au coeur de secrets familiaux pleins de fureur. Ce roman, profondément sombre, nous emmène en pleine campagne où la misère, l'alcool et les croyances sont de mise. À la tête de cette petite communauté, Loat Duncan, un homme puissant et louche avec qui tout le monde semble avoir signé un pacte. Dans le verger de marbre, qui n'est autre que le cimetière, on y croisera des salauds, des estropiés, des revanchards, des laissé-pour-compte. L'auteur décrit avec précision la nature omniprésente, ponctue son roman de dialogues ciselés et nous plonge dans une atmosphère lourde, ténébreuse et pesante.
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iris29
  09 février 2017
Pendant la lecture de ce roman , j'avais deux couleurs en tête : Noir , très noir et Vert .
Noir parce que l'histoire est très sombre et qu'il n'y a vraisemblablement aucune porte de sortie pour des personnages coincés dans ce Kentucky comme dans une prison naturelle . On est dans un trou paumé , dans la cambrousse la plus définitive .
Et au milieu coule la Gasping River.
Et un soir, Beam remplace son père afin de conduire le ferry d'une rive à l'autre. Ce soir-là, un seul passager qu'il va devoir tuer car cet homme veut piquer la caisse . Son père, Clem lui donne un peu d'argent et lui dit de fuir car le cadavre n'est autre que le fils du caïd local, Loat . Et Beam va avoir Loat, ses hommes et le shérif à ses trousses , ainsi qu'un certain nombres de secrets prêts à éclater .
C'est sombre, les personnes qu'il va croiser sont, au mieux pauvres et fracassées par la vie et au pire,comme je ne pouvais l'imaginer .
C'est sombre , les femmes de ce roman sont souvent putes et soumises .
Mais j'ai survécu à cette descente aux enfers parce que ce livre est plein de chlorophylle . Alex Taylor habite la région du Kentucky et visiblement, il en est amoureux fou ; et il l'arpente, il randonne , il se promène . Maîtrisant la faune et la flore sur le bout de ses doigts tachés d'encre , il nous enchante par la poésie de quelques noms d'espèces d'oiseaux, d'arbres et de plantes qui illuminent le coté sombre de ce roman . Il y en a que je ne connaissais pas , et ça m'a plu !
Alors voilà ! Juste pour le plaisir, laissez-vous bercer par la poésie des noms : tiarelle, érables, mimosas , sumacs, asiminiers , robiniers , salsepareille, amarante, pacaniers ,ginseng, sanguinaires, ormes, raisin d'Amérique , mousses , moustiques, guêpes, vautours et autres réjouissances ....
Un roman immensément sombre et vert , porté par une écriture brillante .
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Crossroads
  12 mars 2018
Cours, Beam, cours !!

Alors que Forrest galopait, comme ça, pour le plaisir, Beam, lui, n'aspire qu'à sauver sa peau. Plus terre à terre mais tout aussi louable.
Faut dire qu'il a fauté, le jeune Beam.
Trucider quelqu'un, bon, on fait tous des bêtises.
Lorsqu'il s'agit du fils de Loat Duncan, désormais aussi vif qu'un paresseux comateux à deux pattes, plus qu'une seule échappatoire, la fuite, rapido.

J'avoue m'y être perdu dans ce verger.
Pas un gros entrain de base.
Le sentiment cotonneux d'avancer, tant bien que mal, avec l'espoir ténu que ça veuille bien décoller pour de bon.
Le déclic survint assez rapidement.
Vous dire pourquoi, je ne saurais.
Ce que je sais, c'est ce besoin impérieux d'y retourner histoire de démêler les multiples écheveaux que constituent ce ténébreux roman à la noirceur d'une nuit sans lune.

La Gasping River, là où tout commence et tout finit.
Une nature omniprésente comme cadre historique, je prends régulièrement.
Mais mère nature, s'il ne s'y passe pas grand chose, ça va un moment.
Ici, les personnages sont à l'aune de la trame, hors norme.
Cherchez pas une once de normalité, ça fait bien longtemps qu'elle s'est tirée.
Dans le coin, on est pas accro au cassage de neurone.
Ce que tu veux, tu le prends.
La femme d'un autre, le pouvoir, la vengeance, la tangente, peu importe, c'est ici et maintenant.

Vous aimez le billard à trois bandes ?
Vous allez adorer le Verger de Marbre.
Des rebondissements comme s'il en pleuvait.
Des personnalités extravagantes à la violence démesurée.
Un contexte rural omniprésent qui vous donnerait preque envie de siffloter tout du long l'air du banjo dans Deliverance.
Un canevas au déroulé implacable.
Et cette p****n d'ambiance plombante, métallique, aussi poisseuse que le goudron fraichement posé qui vous colle aux semelles.

Le Verger d'Alex Taylor ne vous laissera pas de marbre, sur la tête de mon pôv' paresseux, enfin ce qu'il en reste...
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Stelphique
  17 août 2016
Ce que j'ai ressenti:…Le polar en lumière, la lumière du polar…

« -Voyez vous on ne peut jamais prévoir ce que le monde va vous jeter dessus. J'aime être prêt à toute éventualité. »

Le Verger de Marbre est la lumière noire qui éclairera votre rentrée littéraire! Un de ses grands romans dont on ne se remet pas tout à fait tellement, il est intense…Une de ses magnifiques écritures qui vous submergent, et vous met des papillons dans les yeux durant votre lecture…Une de ces histoires qui ne peuvent pas, décemment, s'évaporer…

« On peut pas disparaître dans une ville. (Il agita une main vers la nuit et toute son immensité.) Mais par ici, un type peut juste…s'évaporer. »

Ce n'est pas tant le destin de ce Beam qui vous bouscule, mais c'est l'excellent cadre dans lequel l'auteur dépeint cette cavale aux milles dangers qui vous arrache les viscères…On est immédiatement assailli d'un étrange malaise, qui vous mènera jusqu'au bas fond d'une ville, où la misère sociale déboite les relations, où la violence a plus de force qu'une simple main tendue, où la jeunesse n'a que peu de perspective d'avenir. Chaque situation mène plus profond dans le tourbillon des abîmes, et ce n'est pas parce que vous dormirez, que le reste du monde ne va pas continuer sa danse folle…Beam va l'apprendre à ses dépens…

Il ne savait pas que les ennuis pouvaient réellement poursuivre un homme, mais ça semblait être le cas avec lui, chacun de ses mouvements le plongeant d'autant plus profond dans les sables mouvants des calamités et de la déchéance. Il pensa tout à coup à ce qu'avait affirmé l'inconnu du ferry, que la rivière n'avait pas de fond. A présent, il se demandait si les ennuis avaient un fond, et s'il le trouverait un jour.

J'ai adoré la double de dose de noirceur avec sa robe de poésie. Il a « un je-ne-sais-quoi » qui rend la lecture particulière, l'impression de tenir un trésor de mots, un coffre fort enfoui pour tous lecteurs avides d'émotions et de qualités littéraires. La traversée dans cet étrange enfer se fait en tiraillements intérieurs, mais elle s'accompagne d'une beauté lyrique qui nous ébloui d'autant plus. J'ai lu et relu certains passages, tant je m'imprégnais de cette cambrousse rurale américaine, et de sa douce voix hypnotique, quel voyage!!!Même le titre devient une évidence et d'une implacable vérité et apporte sa touche d'intemporalité à ce récit. Une merveille à lire, à ressentir!

Des spasmes de clair de lune traversaient la cime des arbres.

J'aime ce genre de polar noir, car il contient assez de puissance pour vous marquer au fer rouge, mais là où celui ci se distingue, c'est dans l'habile lumière de son écriture. Touchée en plein coeur par ses mystères qui se dévoilent dans le sang, il restera une des lectures les plus marquantes de cette année pour moi. Un grand roman que je ne saurai trop vous conseiller lors de sa sortie le 18 aout! Jetez vous dessus si vous le croisez!!!!Coup de coeur !!!!

On pourrait dire ça parce que ça donnerait l'impression que les choses rentrent dans des cases. Mais ce serait négliger la vérité authentique.
-Et c'est quoi cette vérité?
-Le seul genre de vérité qu'il y ait jamais eu. Je parle du fait que le coeur est un mystère.

Lien : https://fairystelphique.word..
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Renod
  02 septembre 2016
Une foule d'ivrognes et de prostituées s'est rassemblée derrière le bar de Daryl pour assister à un spectacle peu commun. Un routier vêtu d'un costume trois pièces enfourche un bouc qu'il a préalablement endormi, lui taille les côtes à l'aide d'un long couteau incurvé et après une minute de fouille extrait un des reins de l'animal. Tout autour, les spectateurs s'excitent et s'égosillent. Cette scène symbolise la tragédie (en grec : chant du bouc) qui se déroule dans ce comté du Kentucky. Les habitants sont marqués par une fatalité qui est à la fois sociale, familiale et géographique. Il leur est impossible de fuir. Un des personnages compare la région à un lazaret : « Les arbres noircis par l'hiver, les collines dévalant vers les plaines détrempées – des cellules où les âmes des patients étaient embourbées de ténèbres, où les démunis et les laissés-pour-compte se retrouvaient en quarantaine. C'était une prison. »
Tout couve dans un équilibre instable pendant de nombreuses années quand un événement va déclencher le mécanisme intraitable du destin : un simple coup de clé à griffe. Beam a donné un simple coup sur le sommet du crâne d'un voyageur qui tentait de dérober la caisse du ferry. Mais il va découvrir que l'homme qui gît à ses pieds est bien loin d'être un inconnu. Et cette mort va déclencher un flot de violences sans commune mesure. La tragédie peut débuter.
Alex Taylor parvient à marier la tragédie classique au roman noir. L'ambiance est sombre dans cette campagne meurtrie par l'exploitation de gisements, les personnages sont marquants (Derma, Daryl, Loat et le routier qui n'est jamais nommé et qui fait figure de "bête" apocalyptique), la violence est livrée crue, et le tout servi par une écriture fluide et travaillée. L'auteur donne une grande importance à la l'observation de la nature, aux arbres (cèdres, pacaniers, robiniers, etc) et aux oiseaux qui sont porteurs de présages. C'est du polar et de la vraie littérature, c'est beau ,c'est fort, et je vous le recommande vivement.
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JIEMDE
  17 août 2016
Ils ne sont pas très frais les fruits de ce verger de marbre… Plutôt blets ; limite rances… Très noirs en tout cas. Mais c'est bien bon !

Car ce premier livre d'Alex Taylor - qui trouve toute sa place parmi les Neonoir de Gallmeister - est une délicieuse réussite, tant dans son style que dans son intrigue d'un bout à l'autre de ses 270 pages, dont aucune n'est superflue.

Au coeur du Kentucky, le long de la Gasping River, il suffirait de presque rien pour que l'équilibre apparent régentant la vie de certains de ses habitants ne se brise. Ce presque rien c'est un ferry que Beam pilote pour faire traverser la rivière, c'est un passager insolite d'un soir, c'est un début d'altercation, c'est un geste qui devient un coup, puis une chute, puis un mort. Tout cet équilibre va alors basculer dans le chaos le plus absolu.

C'est le début d'une longue fuite, d'une traque, d'une chasse à l'homme, dont les étapes sont des meurtres, viols voire mutilations… comme autant d'étapes successives d'une descente aux enfers que rien ne semble plus pouvoir arrêter. Mais qui chasse qui ? Qui est finalement chassé ? Pas le passé manifestement, qui resurgit et s'invite pour fracasser une histoire qui semblait tellement simple et binaire au début.

Au-delà de l'incontestable maîtrise du genre validée par ce thriller au déroulé remarquablement ficelé, il faut souligner le talent d'Alex Taylor à y ajouter trois autres réussites : celle du style, fluide, alternant entre la prose descriptive et narrative douce, imagée et souvent poétique, et des dialogues vifs, secs comme un shot de whiskey et crus quand il le faut sans jamais confiner à la vulgarité gratuite. Celle de l'amoureuse description de ce Kentucky où il vit, de ces paysages de monts, de falaises et de plaines cultivées, prenant place dans le cercle fermé des nature writers américains contemporains au talent éprouvé. Et enfin celle du sens, qui ajoute une dose de réflexion – sans imposer de conclusion - à son intrigue. Réflexions sur le destin (certains diront la destinée), la nécessité de vivre encore quand il n'y a plus qu'à mourir, sur ce qu'est ou n'est pas la famille dans ces profondes contrées US, sur la vengeance et ses bienfaits évolutifs, sur la vision que l'Homme a de sa vie au fur et à mesure que les événements la font évoluer ou la détruisent. Au début du livre, Beam se retrouve au cimetière, allongé sur le marbre de ce verger fascinant. Il y est également à la fin du livre. Mais il est mort depuis longtemps. Sans le savoir…

À l'image du « Saloon… » de Larry McMurtry, le verger de marbre est un western moderne et en même temps, hors du temps. Tous les ingrédients et personnages du western y sont présents. Mais aucun ne s'y comporte de manière conformiste ou attendue.

C'est la grande réussite d'Alex Taylor, et c'est une vraie belle révélation de cette rentrée littéraire 2016 !

Un grand merci à Gallmeister et à Léa pour cet envoi avant parution !
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cardabelle
  13 février 2017
"Néonoir" _ J'avoue devoir faire quelques efforts pour apprécier un roman de cette nouvelle collection de chez Gallmeister.
Et, je m'acharne ,toujours dans l'espoir d'y trouver non pas une pépite, mais un bon auteur peut-être ?

Et, cette fois , Victoire !
J'ai...... terminé ma lecture !

En effet, il me fut possible de m'immerger au fond du Kentucky ,au coeur du terroir,et de goûter de temps à autre à la poésie des bords de la Gasping River ou celle de quelques no man's lands ...
Mais bien sûr, thriller oblige , ce roman ne va certes pas nous retracer la vie de braves paysans du coin !

Peu à peu, on va entrer dans un monde baroque, irréel.
Le récit prend corps autour de deux pseudo-parrains, Loat et Daryl qui ont des comptes à régler bien sûr et qui manipulent comme ils peuvent un entourage fait de personnages déjantés, sociopathes, décérébrés, qui, tout au long du récit vont entretenir une atmosphère aussi lourde que glauque, où règnent en maîtres la violence et la bêtise.
Une caricature de l'Amérique profonde ?
Par moments, il semble difficile de distinguer la fiction de la réalité.

Et, on va se retrouver spectateur d'un road movie tragique dont l'atmosphère cauchemardesque reste malgré tout relative : provoquer le frisson et l'angoisse en manipulant invraisemblances et exagérations n'est pas une évidence, c'est un art .

Difficile de classer ce roman: rural noir ? western ?, thriller ?
Au départ, l'intrigue était intéressante.
Mais, comme trop souvent à présent, dans ce genre de romans, le style de la narration passe au second plan et malheureusement cet ouvrage n'échappe pas aux phrases de remplissage ou à la lourdeur de la syntaxe . Pourtant, à d'autres moments, on sentait poindre des touches de poésie,timides cependant.
Dommage donc.

Mais, pour apprécier ce roman , mieux vaut éviter les comparaisons et ne pas s'attendre à de l'originalité.

Malgré tout, j'ai envie de terminer sur une note positive: certains personnages étaient si caricaturaux qu'ils m'ont ,ici ou là, arraché un sourire !
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belette2911
  06 septembre 2016
Peut-on rester de marbre devant ce verger de marbre ? Non. Pourtant, il n'y a pas plus calme qu'un verger de marbre, ses habitants ayant l'habitude de rester silencieux.

Malgré tout, ce verger ne m'a pas laissé de marbre et son écriture avait l'âpreté et la dureté d'une épitaphe dans un vieux cimetière perdu dans le trou du cul du Kentucky.

Le roman noir rural a le vent en poupe ces derniers temps et il faudra s'attendre un de ces quatre à mettre le pied et les mains dans une bouse, mai rassurez-vous, ce n'est pas encore le cas ici !

Une tragédie grecque à la sauce américaine, voilà ce que je viens de déguster en me reléchant les doigts. Une tragédie à la Caïn et Abel, mais je ne sais si c'est Caïn qui tue Abel ou Abel qui assassine Caïn dans ce cas-ci.

Beam est un ado de 17 ans, qui, comme tous les ados de 17 ans ne pensent pas à grand-chose dans la vie, si ce n'est tirer un coup de temps en temps…

Sa tragédie commencera lorsqu'en pilotant le ferry de ses parents qui fait la traversé sur la Gasping River, il tuera accidentellement un espèce de vagabond qui voulait lui piquer la caisse.

Bah, en temps normal, zigouiller un vagabond évadé n'aurait pas eu de conséquences trop lourdes, mais nous sommes dans une tragédie, donc, ce macchabée n'est autre que le fils du caïd local, Loat Duncan, un trafiquant de drogue, usurier, tricheur, un habitués des bars louches et psychopathe aussi.

D'accord, il n'en avait rien à foutre de son fils, en temps normal, mais là, ne rien dire et ne rien faire mettrait en péril son autorité et puis, il avait quand même un peu besoin de son fils vivant… du moins, une partie de son fils… Un vrai salaud, je vous dis !

Si le départ de ce roman noir est conventionnel au possible, qu'il pue le déjà-lu, je vous conseille de ne pas vous laisser abuser par cet air connu parce que la suite de la partition n'a rien à voir avec la musique du début !

Si au départ on aurait envie de laisser Beam avec ses soucis tant il a le charisme d'une moule avariée ou de lui coller une baffe tant il sait être têtu au possible et se foutre encore plus dans les emmerdes, au fur et à mesure de sa cavale – qui a tout d'une cavale sans issue – on sentira naître en nous de la sympathie pour ce gamin qui a eu la malchance de naître dans une Amérique rurale minée par le chômage et soumise aux caïds locaux.

Quant à Loat Duncan, le caïd local, il est réussi car c'est un salopard de première classe, tout à l'opposé de Beam qui lui est aussi intelligent qu'un bernacle mort et à un potentiel de séduction d'un poulpe rejeté sur la plage. C'est vous dire que face à Loat, Beam ne fait absolument pas le poids !

Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus et auront leur mot à dire dans toute cette histoire et quand bien même ils auraient un petit rôle, ce sont tous des rôles importants et ils laisseront une trace de leur passage dans les pages et dans votre vie de lecteur.

Quand à l'écriture de l'auteur, elle sait se faire poétiquement noire de temps en temps, mais pour le reste, ça clashe, c'est sec, dur, sans édulcorant pour faire passer le breuvage tiré des fruits du verger dont les personnages boiront le calice jusqu'à la lie.

Et puis, il y a cette relecture de l'histoire tragique de Caïn et Abel… ainsi qu'Abraham prêt à sacrifier son fils, même si ici, papa Clem ne veut pas le sacrifier au couteau mais lui demande de fuir.

Un excellent roman noir rural, même si je n'ai pas retrouvé les émotions de « Rural Noir » car ici, impossible de m'identifier avec l'un ou l'autre personnage.

C'est puissant et ça ne se boit pas au petit-déjeuner car ce genre de petit noir, il arrache !

Normal, on plonge sans masque et sans tuba dans la noirceur humaine…

(4/5)
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Apikrus
  04 septembre 2018
Le jeune Beam Sheetmire a toujours vécu dans le Kentucky (dans l'est des USA au sud de l'Indiana et au nord du Tennessee) dans un village isolé, au bord d'une rivière. Faute de pont à proximité, un bac permet le passage d'une rive à l'autre, moyennant quelques dollars. Le père de Beam gère cette petite affaire depuis plusieurs décennies. Beam le remplace occasionnellement pour conduire la navette. Une grosse bévue du jeune homme l'oblige à s'enfuir de ces lieux. Bonne occasion pour lui de démarrer une vie un peu plus palpitante ? Rien n'est moins sûr car son départ précipité attire l'attention et les suspicions, à tel point que Loat Duncan, caïd de la contrée, part à la poursuite de Beam.

Vous ne trouverez rien de bucolique dans ce récit qui se déroule dans un trou perdu des USA dans lequel la loi du plus fort semble toujours la meilleure - avec en toile de fond alcoolisme, prostitution et criminalité.
Certains personnages en prennent donc plein la gueule, et le lecteur aussi par la même occasion.
L'ambiance et l'écriture font penser à celles des romans de Donald Ray Pollock, mais sans la touche d'humour de ce dernier.
La lecture de cet ouvrage n'est cependant jamais fastidieuse, le suspense et l'émotion nous amenant à tourner les pages avec l'espoir d'un dénouement heureux.
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QueLire
  26 août 2016
Le verger de marbre, un premier roman d'exception

Un nouvel auteur vient de rejoindre la collection NeoNoir des éditions Gallmeister : Alex Taylor.

Son premier roman, le verger de marbre, sent la sueur et la poussière. On pourrait croire que toutes les malédictions du monde pourraient s'abattre sur les habitants de cette région du Kentucky. le malheur et la douleur semblent être le lot quotidien des personnages issu de l'imagination de l'auteur.

Rarement, un roman m'aura fait ressentir son atmosphère à ce point. C'est lourd, pesant, et cette histoire nous fait ressentir le mal-être qui règne sur les berges de cette rivière.

Tout commence une nuit, quand Beam Sheetmire prend sur son ferry un passager qui s'avère être violent. Lorsque celui-ci tente de le voler, le combat s'engage. Beam vient de commettre son premier meurtre. Lorsqu'il en parle à son père, celui-ci lui conseille de fuir, car les foudres des caïds locaux ne vont pas tarder à s'abattre sur lui.

Qui est cet inconnu qui git au fond de la rivière ? Quels sont les secrets qui hantent la famille de Beam ? Et pourquoi le terrible Loat Duncan veut-il sa peau ?

Mon avis

Ce roman est addictif. Dès la première page, on se retrouve plongé en enfer, pourtant, ce n'est qu'un début et la chute est encore longue. Un seul roman m'avait fait ressentir une ambiance si malsaine : « le diable tout le temps » de Daniel Ray Pollock. J'ai fortement apprécié les personnages. Alex Taylor a eu le génie de rendre les ordures parfois touchantes. J'ai pu imaginer que certains allaient changer, que d'autres allaient devenir amis, et que même au Kentucky l'espoir existe. J'ai été bien naïve.

Cette chasse à l'homme, dans laquelle Beam rencontre des personnages tous plus abjectes les uns des autres est contrebalancée par une histoire familiale complexe. le Personnage de Derna, la mère de Beam, est également très spécial. Cette femme est un feu qui couve dont les sentiments semblent s'être taris depuis si longtemps...

Vous l'aurez compris, « le verger de marbre » d'Alex Taylor est un roman qui rejoint ma catégorie « Coups de coeur ».

Je vous conseille ce roman pour :

— L'atmosphère pesante

— Les personnages si particuliers

— L'histoire familiale

— La description des scènes et paysages qui est juste magique

Lien : http://que-lire.over-blog.co..
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