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EAN : 9782351782248
Éditeur : Gallmeister (02/04/2020)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 36 notes)
Résumé :
1748. Dans les montagnes enneigées de l’Ouest de la Virginie, un voyageur affamé arrive près d’une cabane isolée. Reathel erre depuis des mois, flanqué d’un dogue féroce. Mais l’entrée lui est refusée par un colon hostile qu’il n’hésite pas à tuer. Il découvre alors à l’intérieur une jeune femme, Della, sur le point d’accoucher. L’enfant naît dans cette solitude glaciale. Pourtant, le froid, la faim et l’ourse qui rôde dans les parages ne sont pas les seuls dangers ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  07 juin 2020
Quel incipit ! Rarement lu un démarrage de roman aussi brutal et effarant.
1748 dans l'hiver glacial des Cumberland Mountains en Virginie, un homme et une femme sont retranchés dans une cabane branlante assaillie par une ourse que la faim a tiré de son hibernation. Lui est un errant accompagné d'un dogue prodigieux, il vient de tuer le propriétaire de la cabane qui lui refusait le refuge, il semble fuir ou chercher quelque chose. Elle est au bord de l'accouchement mais affiche une vitalité et un charisme surprenant.
Telle est l'Amérique des pionniers que nous raconte Alex Taylor dans ce western radical à l'humanisme désespéré. Tout pousse les hommes dans leurs retranchements les plus extrêmes, ravalés au rang d'animaux comme les autres. La volonté d'y survivre se transforme en rage pour ne pas mourir de faim ou de froid, pour ne pas être dévoré par une meute de loup ou un ours. Mais la folie des hommes est la plus dangereuse des épreuves, plus terrible que celles imposées par la nature, qu'elle vienne des Indiens Shawnees qui sentent que la colonisation européenne naissante précipitera leur chute, ou des colons eux-mêmes.
Cette épopée féroce est éprouvante, la violence crue est omniprésente, tenant aussi bien du drame shakespearien que de la tragédie biblique. Dans cette Amérique des origines, les bébés sont des offrandes aux Shawnees pour gagner quelques mois de survie ; des frères s'entretuent pour l'amour d'une femme qui pourrait apporter la rédemption ; on ose franchir des tabous comme celui du cannibalisme sans aucun remord ou barrière morale.
La noirceur est peut-être parfois un peu forcée mais il en reste des images et des scènes dingues, très cinématographiques comme la séquence époustouflante de l'attaque de la colonie par les Shawnees avec la statue féminine en bronze transformée en canon, arrivant comme un veau d'or apportant l'espoir, vain forcément.
Si ce roman est aussi puissant, c'est parce que les images qu'ils convoquent naissent d'une prose brillante et habitée qui dit tout de la solitude des hommes qui avancent aveugles vers un destin en forme d'impasse. Les personnages principaux pourraient tous être caricaturaux, mais avec cette écriture-là qui les présente, les décrit et les accompagne, ils sont juste formidables de complexité et surprenants par la révélation de leur moi profond.
Et pourtant, ce conte furieux se clôt avec, enfin, une lueur, un répit, une promesse d'un pays de Canaan pour ceux qui auront survécu à l'apocalypse. La fin est sublime.
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CasusBelli
  26 juin 2020
L'Amérique de 1748 est celle des tous premiers colons, la survie y est précaire et le danger omniprésent, surtout aux frontières des mondes hostiles où cohabitent tant bien que mal (souvent mal en fait) indiens, anglais, allemands ou français.
Pour avoir lu et apprécié "Louisiana" de Michel Peyramaure, je me souviens aussi que ces premiers colons étaient principalement des repris de justice et des prostituées encadrés par des soldats dont la mission était de coloniser le nouveau monde.
Des gens durs au mal, brutaux et souvent immoraux dont la principale qualité tenait essentiellement de l'aptitude à la survie.
Tout ceci est une large digression et je vais la justifier pour la raison que, au moment de donner mon avis je me rend compte qu'il sera difficile de ne pas spolier. Si le scénario est captivant, l'histoire par contre est assez courte.
C'est une histoire qui va nous captiver par son contexte et son ambiance, mais surtout par la personnalité dérangeante de la quasi totalité de ses acteurs dont la morale pourrait se résumer à "vivre et laisser mourir" (mais sans la musique).
En fait, même la nature et les animaux concourent au climat délétère permanent, et j'allais oublier de dire que c'est aussi le plein hiver, ça commence à faire beaucoup d'ingrédients pour une histoire résolument dramatique et brutale, bon, vous n'y couperez pas, ça va être le cas.
J'ai aimé le style, assez direct sans être minimaliste, le découpage des scènes, le rythme, rien à dire, c'est très bon.
Le scénario tient la route, on rentre très vite dans le vif du sujet et tout va s'enchaîner de façon passionnante et cohérente sans temps mort, j'ai de plus apprécié la conclusion de l'histoire.
Une très bonne lecture, je n'ai pas vu défiler les pages, un critère en ce qui me concerne.
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Crossroads
  21 août 2020
Alex Taylor, c'est une nature généralement aussi hostile que le propos qui l'anime.
Le sang n'y suffit pas n'y déroge point.
En même temps, avec un titre pareil...
Les Shawnees, lu comme ça, perso, me vendent du rêve.
J'y vois un peuple fier, ombrageux, soucieux des traditions séculaires.
Puis je découvre, ébaubi, que pour maintenir une paix de papier avec leurs colons - et là d'évoquer l'habitant d'une colonie, bien évidemment - de voisins, cette nation indienne n'hésite pas à ordonner qu'on leur livrasse un nouveau-né (bonjour l'ambiance à la teuf des riverains !).
Pouf pouf ce se-ra ce-lui de De-lla !
To be continued...
Légèrement moins enthousiaste qu'à la lecture du verger de marbre pour d'obscures raisons, je referme ce livre avec le sentiment prégnant d'être légèrement passé à côté. À sa droite, pour être précis.
Pourtant, moult ingrédients que j'affectionne tout particulièrement parsèment généreusement ce récit.
La violence, la mort, le sang versé par containers entiers, bref, autant d'éléments qui me feront toujours louper le prix Nobel de la paix d'un chouïa.
Alex Taylor fait dans la chasse à la femme, ce qui nous change agréablement de ce coquinou de Zaroff, tout en évoquant un monde qui s'éteint peu à peu.
La trame est haletante, le déroulé férocement ancré dans un instinct de survie fort louable.
Les personnages détonent, tout comme leurs flingues qu'ils usent à l'envi.
Les animals ne sont pas en reste avec un gros toutou increvable et une ourse un brin rancunière.
Cela n'a pas suffi à sortir de ce récit aussi guilleret que je le fus à la découverte des résultats du bachot, sixième tentative du nom.
Alex Taylor écrit bien.
Alex Taylor écrit peu sur le développement personnel autre que celui recherché dans l'extermination d'autrui.
Alex Taylor vaut cependant le détour.
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JIEMDE
  02 juin 2020
Si le deuxième livre est souvent l'exercice de vérité d'un jeune auteur, alors Alex Taylor l'a réussi haut la main avec le sang ne suffit pas, traduit par Anatole Pons-Remaux. Quatre (trop) longues années après le verger de marbre, il revient avec un livre magistral et puissant, qui prend immédiatement place parmi mes lectures US de référence et confirme Taylor comme un très grand auteur de noir.
Un premier chapitre fulgurant, tendu et violent nous place immédiatement dans l'ambiance : 1748, les Cumberland Mountains dans l'ouest de la Virginie, « terre sinistre et ancestrale, sertie dans le bijou insensible de l'hiver », terre historique des cinq tribus de Shawnees qui tentent d'y rester chez eux tandis que les soldats français et anglais y guerroient et que les colons de tous horizons s'y fourvoient. La mort est partout, et pour ceux que le froid et le gel n'ont pas encore tués, les ours ou les loups s'en chargeront. Ou la faim. Ou l'autre. Celui qui vient, celui qui a intégré qu'entre tuer ou être tué, la frontière est toujours ténue.
Pour calmer les velléités guerrières du chef shawnee Black Tooth, l'enfant à naître de la métisse Della lui a été promis mais avant d'accoucher, la belle s'est enfuie. La chasse peut commencer. À ses trousses, les frères Elijah et Beltram, puis le français Simon Cheese. Et sur sa route, protecteur inattendu, Reathel et son molosse. Tout est réuni pour que « le sang coule en abondance, mais ce n'est pas encore assez. le sang ne suffit pas ! ». Fin du pitch.
Équilibriste du style, Taylor est à l'aise dans tous les domaines : le cynisme réaliste, froid et immoral, lorsqu'il décrit les travers causés par la faim, l'envie et la violence gratuite ; le descriptif cinématographique avec des scènes d'anthologie lors de la bataille du fortin, la caverne du français ou le camp indien ; le dark nature writing quand le territoire et son climat sont à la fois magnifiés et repoussants. Un style qui en deux livres seulement, semble déjà reconnaissable au premier chapitre…
Le sang ne suffit pas est le livre des contrastes dans lequel Taylor multiplie les oppositions. Au froid mortel omniprésent, il oppose la chaleur des entrailles fumantes d'un cheval, d'un pigeon ou d'une accouchée. À la mort qui n'épargnera pas grand monde, il oppose la vie du jeune bébé qui traverse le livre. Aux dieux des indiens ou à celui des colons qui planent au-dessus du carnage, il oppose la seule foi qui vaille là-bas, celle de la survie et du lendemain. Âmes sensibles, s'abstenir. Adeptes du noir le plus sombre, accourir !
Écrire une telle histoire en tout juste 300 pages est un tour de force, c'est dire si le style est grand, si le style est puissant, si chaque mot est à sa place. le sang ne suffit pas est un grand livre. C'est dit.
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alexb27
  11 juin 2020
S'il y a un endroit où il ne fait pas bon vivre en cette année 1748, c'est bien à Bannock dans le Montana. Pionniers de la première heure, Reathel, Elijah, Bertram, Della ne vous diront pas le contraire. Il y fait un froid piquant et les indiens shawnees y sont menaçants, en quête du bébé de Della que le docteur Integer Cratbee, chef du village, leurs a promis, pour éviter pillages et attaques. Mais il n'est pas toujours facile de tenir ses promesses...
Car Della n'est pas prête à abandonner son enfant. Elle s'enfuit et se retrouve rapidement poursuivie par Elijah et Bertram, 2 frères colons, connus (et reconnus), pour leurs talents de pisteurs...
C'est un roman d'une grande dureté que propose L'auteur, où, si le sang ne suffit pas, il ne manque pas 😰
Famine, violence, animaux sauvages, torture, guerre fratricide, rien n'est épargné aux différents protagonistes (et au lecteur !). Aucun tabou n'est insurmontable quand la peur et la faim rôdent. C'est cru, abrupte, indicible. Heureusement, l'écriture, très descriptive, lyrique parfois, adoucit le propos. Et les nombreux rebondissements font de ce récit de nature writing un excellent western, passionnant et instructif (parfois trop ; il y a des choses que l'on préfère ignorer quelquefois), que l'on ne peut s'empêcher de dévorer.
Un excellent roman donc et un auteur au top. Je vais m'empresser d'ajouter le verger de marbre, premier texte d'Alex Taylor, dans ma très (trop) longue PAL.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
alexb27alexb27   06 juin 2020
« — Ça vous dérange pas de porter les chaussures d’un mort ? demanda-t-elle.
Reathel lécha son pouce et frotta une tache sur le devant d’une botte.
— M’est avis qu’il n’en aura plus beaucoup usage.
— Elles vous emporteront peut-être sur le même chemin.
— C’est-à-dire ? Que je vais finir par y passer aussi ? ricana Reathel. C’est le lot de tous les hommes nés d’une femme et de l’adversité. »
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Corboland78Corboland78   08 juin 2020
Ce n’est que du sang. Vous avez dû en voir en quantité, dans ce pays ? Reathel regarda le bandage du Français s’assombrir. – J’en ai vu un peu, admit-il. Le Français lissa son pantalon comme s’il était en train de se pomponner. – N’est-ce pas chose étrange ? Il y a du sang en quantité, et pourtant les hommes le convoitent comme de l’or. Que doit-on en penser ? Qu’un homme ne doit pas pleurer une vie qui est perdue. Pas une femme. Pas un fils. Il y a, après tout, beaucoup de femmes, beaucoup de fils. Le sang coule en abondance, mais ce n’est pas encore assez. Le sang ne suffit pas.
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JIEMDEJIEMDE   01 juin 2020
- Ça ne marchera pas
- Quoi ?
La bonté. Y a rien à faire pour nous autres que d'accepter ça, puis de vivre et mourir.
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JIEMDEJIEMDE   31 mai 2020
Celui qui puisait du plaisir dans l’espérance était un homme pauvre, car il ne connaissait rien de la saveur forte et ancienne de la désolation.
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JIEMDEJIEMDE   31 mai 2020
Il faut être fou pour racheter des vies d’hommes avec des vies d’enfants. Ainsi en allait-il des adeptes de Moloch. Et votre sort ne sera pas différent du leur.
Commenter  J’apprécie          30

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