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Critiques sur Elles se rendent pas compte (21)
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Ellane92
  01 août 2014
Washington, années 50. Francis Deacon est très occupé à mettre les faux seins en plastique emprunté à sa maman : ce soir, son amie d'enfance, Gaya, fête ses 17 ans et son entrée dans le monde à l'occasion d'un bal costumé. A maline, malin et demi, Francis, Frances je veux dire, est bien décidé(e) à tirer son épingle du jeu en devenant la plus belle souris de la fête.
Oui mais voilà, Gaya annonce son intention de se marier avec un certain Richard, qui se met du maquillage sur le visage, alors qu'il est le seul de la soirée à ne pas être déguisé. C'est peut-être suite à cette annonce qu'elle a envie de se faire une petite piqûre dans sa chambre, alors que la fête n'est pas terminée ?
Quoiqu'il en soit, Francis décide de mener l'enquête, et quand il s'avère que c'est un clan de gouines et de tapettes qui revend sa came à Gaya, il appelle son frère Richard à la rescousse. Non mais, elles se rendent pas compte, les souris, mais ils auront besoin d'être deux pour remettre tout ce petit monde-là dans le droit chemin !

"Elles se rendent pas compte" est le quatrième roman publié par Vernon Sullivan.
Pastiche du roman noir américain (même s'il commence avec des histoires de fesses dans la haute société américaine), ce livre est à prendre au quatrième voire cinquième degré. Avant toute chose, je souhaiterai dire aux âmes sensibles de s'abstenir : sexe, drogue, violence, homophobie et humour sont au rendez-vous !! Personnellement, ce mélange de :
- machisme : "Sur qu'elle n'entend rien à la mécanique, y a pas une souris qui y comprenne quoi que ce soit, elles confondent l'admission avec l'échappement et prennent les bougies pour un éclairage de secours"
- homophobie : "Si une seule des bonnes femmes qui sont ici a jamais couché avec un homme, alors moi je suis une méduse ; et si ces gars-là taquinent le sexe opposé, Washington vendait du popcorn. Des gouines et des tatas, voilà le public…"
- mauvais gout : "Au fond, je suis sûr que ce qui lui a manqué, c'est un paternel qui lui file la trempe de temps en temps". Et encore, je ne dirais rien sur l'origine supposée et le moyen de remettre sur le droit chemin les lesbiennes croisées sur le chemin…
me fait hurler de rire (ben oui, on ne peut pas n'avoir que des lectures à la fois intelligentes et de bon gout ! non !)
Bref, tout ça, c'est juste horrible et ignoble au premier degré, mais ça me fait éclater de rire tous les deux paragraphes à peu près, et ça, c'est quand je suis en petite forme. le début est un peu comparable, dans l'écriture, à "Et on tuera tous les affreux", avec un humour potache assez irrésistible et les effets de style à la Vian ("je me réveille un beau matin de printemps, en plein mois de juillet, et ceci n'est pas si invraisemblable que ça en a l'air, car le printemps est aussi une qualité et il n'y a pas de raison pour qu'un jour de printemps ne prenne pas place à n'importe quel moment de l'année." C'est vrai quoi !). Puis le récit monte vite en tension et en action, le vocabulaire et l'écriture baissent de façon proportionnelle, avec ça et là des pauses sensuelles désopilantes, et un grand final qui, pour le coup, tombe dans le noir très noir plus vraiment drôle, excepté par son orgie… de violence (ouf !).
En tout cas, moi, quand j'ai le blues (pas le "blouse du dentiste", chanson d'un certain Boris Vian), je m'installe confortablement, je me sers un petit verre, et je passe deux heures avec ce non politiquement correct "Elles se rendent pas compte". Et c'est très efficace !!
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lecassin
  23 février 2013
On connaît tous le goût de Boris Vian pour le jazz, et pour le polar américain.

« Elles se rendent pas compte » est une émanation de cette corde « polar américain » piquée à l'arc de ce poly-artiste, qui toucha à la musique, à la peinture, à la littérature comme romancier, poète et traducteur (réel ou fictif)…chanteur, parolier, acteur, scénariste… j'en passe sans doute…

Paru en 1950, ce roman de Vernon Sullivan prétendument traduit par Boris Vian alors qu'il en est l'auteur, raconte les péripéties de deux frères, Francis et Richie, au milieu d'une bande de truands trafiquants de drogue.
Nous sommes à Washington dans les années 50. Francis Deacon, travesti en Francès pour l'occasion, participe à la soirée costumée donnée par son amie d'enfance Gaya qui lui apprend son mariage imminent. Surprise ! D'autant que le futur mari n'est autre que Richard Walcott, un trafiquant de drogue notoirement homosexuel …
Les deux frères n'auront de cesse que de comprendre les raisons de ce mariage contre nature…

Un bon polar très pastiche « Amérique des années 50 », sur fond d'homosexualité féminine. « Elles ne se rendent pas compte »… de ce qu'elles ratent, semble penser le narrateur.

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PiertyM
  24 mai 2018
Très dynamique! Plein d'actions, d'aventures, aussi de ral-bol pour cette jeunesse pourrie, crie clairement Boris Vian, qui se donne à la drogue, pis ces filles déraillées, elles se rendent pas compte, devenir gouines, se prennent pour des dures, se livrent aux dangers, elles se rendent pas compte! Hé bien, c'est du Vian pur jus, on y trouve de l'humour, du sexe, de l'invraisemblable, haine, vengeance, un langage plus approprié au cinéma qu'à un roman. Lu d'un trait mais je n'en garde pas un grand souvenir!
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HORUSFONCK
  27 avril 2017
Boris Vian, génial touche-à-tout,avait parfaitement pigé le truc. Trousser un roman noir "hard boiled" dans la meilleure tradition américaine n'était qu' un jeu d'enfant pour l'auteur de l'écume des jours!
Le coktail "Série Noire" cher à Marcel Duhamel, Vian le concocte à sa façon: c'est corsé en sexe, ramponneaux, meurtres et retournements de situations!
Du génie yankee, vous dis-je!
Francis Deacon et son frangin Ritchie, dérouillent autant qu'ils distribuent de mandales dans leur lutte contre ce gang aussi étrange que criminel... Tout cela dans une ambiance presque bon-enfant et un tempo de chris-craft de course.
Le titre du livre, représente le leitmotiv de Deacon: "Elles se rendent vraiment pas compte..."
Un livre à lire ou à relire. Sûr.
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AnGeeErsatz
  01 juillet 2013


J'avais déjà lu ce livre lorsque j'étais plus jeune, lorsque j'avais 16 ou 17 ans, et à l'époque, j'avais tout simplement adoré! Je ne vous le cache pas, dans une ère où la plupart des adolescentes me parlaient de Twilight, j'avais l'impression d'être une rebelle en lisant du Boris Vian, d'autant plus que je trouvais cet auteur incroyablement original et foufou.

Aujourd'hui, j'ai 21 ans, et j'ai un peu plus de "background" littéraire derrière moi, donc en rouvrant ce roman, je me suis demandée si j'allais aimer autant, ou si mon opinion allait changer après quatre ans de lecture et de changements dans ma vie... La réponse? Mais j'ai encore adoré messieurs dames!

Dès les premières pages, nous sommes entraînés dans les aventures de Francis Deacon, des aventures complètement improbables, folles et barrées. Je pense qu'il est impossible de s'ennuyer avec ce roman: on va de péripéties en péripéties, on passe d'une course-poursuite en bateaux à une bagarre d'une virilité incroyable, le tout à une vitesse folle. le livre est assez court, mais ce qui s'y passe est dense, et l'intrigue très, très originale!

En ce qui concerne les personnages, j'ai tout de suite accroché à Francis, qui est terriblement drôle, mais aussi à son frère Ritchie: ils forment un vrai duo à la Starsky et Hutch, et même les personnages secondaires (je pense surtout à Louise Walcott ou à Donna) sont accrocheurs. Par contre, je tiens à prévenir: l'image de la femme en prend un coup!

L'humour est également l'un des grands moteurs de ce roman: je fais partie des gens qui sont capables de rire à gorge déployée face aux traits d'humour et aux jeux de mots de Boris Vian, un humour travaillé et intelligent, donc les amateurs se régaleront!

En bref, ce livre est l'un de mes préférés, mais je tiens à apporter une précision: je pense que pour vraiment l'apprécier, il faut être réceptif à l'univers de Boris Vian, et savoir faire un peu faire la part des choses entre littérature et réalité. Par exemple, dans ce roman, les femmes sont assez mal présentées, tout comme les homosexuels, mais il faut le prendre avec humour et recul. Donc si Boris Vian ne vous parle pas à la base, je doute du fait que vous puissiez apprécier ce roman. Les autres, foncez!
Lien : http://livroscope.blogspot.f..
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paulmaugendre
  23 juin 2019
Convié à une soirée organisée pour les dix-sept ans de Gaya, Francis Deacon a décidé de se déguiser en femme. Et il se rend compte que tous les invités ont adopté la même idée, mais inversement.

Il a eu du mal à se transformer, empruntant de véritables faux seins, demandant à un Chinois de procéder à une séance d'épilation à la cire, se parant d'une perruque. Il est plus vrai que nature et de nombreuses femmes, dont Flo qui s'est déguisée en page, se laissent prendre à sa nouvelle identité. Même Gaya ne le reconnait pas. Francis, qui pour l'occasion se prénomme Frances, prénom dont la sonorité est approchante, en profite pour démontrer que même déguisé en femme il reste un homme, ce qui amène Flo, qui au départ pensait lutiner avec une femme, se laisse emporter par ses attributs masculins. Mais ce n'est qu'un divertissement.

Il surprend Gaya montant dans sa chambre en compagnie d'une homme qu'il ne connait pas. L'homme redescend, et Francis trouve Gaya quelques minutes plus tard dans sa salle de bain dans un état lamentable. Elle s'est droguée, quelques marques rouges de piqûres sur son bras l'attestant.

Une semaine plus tard, il reçoit une invitation de Gaya lui annonçant son prochain mariage avec un dénommé Richard Walcott, qui n'est autre que l'approvisionneur de drogue et homosexuel non déclaré. D'ailleurs Francis est convié à un repas auquel assistent outre Gaya, Walcott, un autre personnage dont le maquillage facial ne laisse guère de doute. Francis subtilise une liasse conséquente de billets, dix mille dollars ce qui peut lui fournir de l'argent de poche pour des années, dans le sac de Gaya.

Les échanges sont vifs et Francis, désirant protéger Gaya va se mettre en chasse contre les fournisseurs de drogue, Ritchie, son jeune frère qui poursuit des études de médecine, lui prêtant main forte volontiers. Seulement Francis ne sait pas où il vient de mettre les pieds. Dans une fourmilière gérée par la propre soeur de Walcott. Et le Chinois qui avait été mandé chez Francis pour épiler Ritchie, se retrouve avec un couteau planté dans le ventre, ce qui est pour le moins gênant pour enduire de cire les jambes du frérot qui est soulagé de ne pas être obligé de se voir supprimer les poils par une méthode qu'il juge barbare.

Francis ne désarme pas car il se demande pourquoi Gaya accepte un mariage contre nature, comment elle en est arrivée à se droguer, et pourquoi autant de lesbiennes et d'homosexuels gravitent autour d'elle.



Washington sert de décor à cette histoire plantée au début des années cinquante, et Vernon Sullivan, alias Boris Vian, avec humour, pastiche les romans noirs américains de l'époque.

De l'action, encore de l'action, toujours de l'action, et le pauvre Francis voit pousser sur son crâne les bosses plus rapidement que les agarics champêtres après une ondée estivale bienfaisante. Mais s'il encaisse, tout comme son frère d'ailleurs, il n'est pas égoïste et il rend les coups sans en calculer le nombre. Les morts résultant de coups de feu ou d'armes blanches ne sont pas comptabilisés, et c'est tant mieux, il faudrait une calculette. Sans oublier les courses poursuites effrénées en automobiles ou canots à moteur sur les rives du Potomac.

Mais qui dit action dit aussi scènes de libertinage, mais afin d'échapper à la censure, lorsque les ébats deviennent un peu trop chauds, un peu trop explicites, Vernon Sullivan remplace les descriptions par des points de suspension. D'ailleurs il explique dans une note en bas de page :

Les points représentent des actions particulièrement agréables mais pour lesquelles il est interdit de faire de la propagande, parce qu'on a le droit d'exciter les gens à se tuer, en Indochine ou ailleurs, mais pas de les encourager à faire l'amour.

Les digressions en forme de point de vue énoncées envers les homosexuels et les lesbiennes, ne seraient pas forcément de nos jours au goût de bon nombre de personnes bien-pensantes mais parfois hypocrites, notamment en ce qui concerne les divers qualificatifs employés. Mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un pastiche et que les scènes de sexe ne sont décrites qu'elliptiquement ou allusivement, même celle de triolisme. Nonobstant, de lire ce genre de propos laisse un petit goût amer que ne devaient pas ressentir les lecteurs des années cinquante. Des propos misogynes qui ne sont plus de mise de nos jours. Ainsi Ritchie s'exprime ainsi à son frère, qui n'est pas en reste de mauvais esprit :

Parce que souvent les gousses, c'est des filles qui ont tourné de ce côté-là parce qu'elles étaient mal aimées. Elles sont tombées sur des types brutaux, des qui les ont blessées ou brusquées. Si on leur fait ça bien gentiment… Elles doivent y reprendre goût.

Il en a des ressources, mon petit frère. Ça m'a l'air de bien s'organiser drôlement ce boulot.

Et puis, m'envoyer une lesbienne, ça m'a toujours dit quelque chose.

Au fond, ce qu'on est en train de faire, c'est un genre d'entreprise de redressement des dévoyées.

Je suis sûr mesdames que vous apprécierez cette analyse machiste !



Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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Tipee
  13 juillet 2016
Très bon roman policier de Boris Vian dans un style américanisant.
Le concept est simple. Après avoir eu envie de rendre jaloux sa meilleure amie, Francis va s'apercevoir qu'elle est entrée dans le monde de la drogue. Il va donc faire tout ce qui est possible pour l'en sortir, et pour s'en sortir aussi.

Le rythme est très soutenu, l'action rondement menée, le récit ponctué de quelques blagues détendant l'atmosphère (dans notre esprit mais aussi dans l'enquête), mais aussi de petits jeux coquins (parce qu'elles se rendent pas compte).
J'ai vraiment aimé ce livre, que ce soit en tant que policier quand tant que livre de Boris Vian. C'est ma deuxième lecture de ce récit et je me suis autant amusé que la première fois. C'est dire si j'ai de l'estime pour ce roman.
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lnbsi
  06 mai 2010
Tout avait pourtant commencé comme prévu pour Francis, riche héritier de Washington, et il ne s'agissait que d'un bal costumé organisé par Gaya, sa super copine. Comme il n'aime pas les bals costumés, il avait décidé de lui faire une blague en se déguisant en fille. Une fille presque aussi jolie qu'elle pour la rendre jalouse. Mais c'est alors que l'histoire prend un tournant qu'il n'avait absolument pas prévu. Et c'est parti pour une course poursuite dans les bas fonds très huppés de la capitale américaine ou se mêlent drogués, gangs de lesbiennes, d'homos et de personnages à la sexualité incertaine en tous genres. Un véritable thriller qui nous fait voir à la vitesse d'une Chevrolet en accélération maximale, l'envers du décor de la jeunesse dorée de Washington.
(Cliquez sur le lien suivant pour lire la suite)
Lien : http://aufildeslivres.over-b..
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kathel
  21 février 2010
Lu il y a une semaine, je me rends compte qu'il ne me reste pas grand chose de ma lecture. C'est agréable à lire, divertissant, mais pas très marquant. L'histoire est loufoque à souhait, pleine de rebondissements, de courses-poursuites en voiture ou en bateau, de bagarres, d'alcool... J'y ai trouvé moins de trouvailles de langage que dans certaines nouvelles du Loup-garou et moins de noirceur que dans d'autres de ces nouvelles. le fait que Boris Vian ait situé l'intrigue à Washington favorise le dépaysement, mais j'ai trouvé le milieu bourgeois friqué et tape à l'oeil pas très agréable : c'est volontaire, bien sûr, et les propos vaguement homophobes ou sexistes du héros ne sont pas à attribuer à Vian lui-même, mais cela ne rend pas le personnage de Francis attachant, et pousse à se réjouir quand il ramasse une bonne raclée !
Ces petites réserves ne m'empêcheront pas de lire ou de relire d'autres écrits de Vian à l'occasion. J'ai vu que des comédies musicales (Mademoiselle Bonsoir et La reine des garces) venaient d'être rééditées en poche, ce serait amusant à lire, je pense.
Lien : http://lettres-expres.over-b..
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Dasazi
  09 juillet 2008
Publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, ce court mais intense roman est un polar jouissif où l'on suit les (més)aventures d'un personnage, Francis, n'ayant pas froid aux yeux. Francis ne recule devant rien pour agir selon la ligne de conduite qu'il s'est fixé.

Violence, sexe et humour sont les ingrédients de cette histoire totalement opposée dans le ton à d'autres romans de Sullivan/Vian comme "J'irais cracher sur vos tombes".

"Elles se rendent pas compte" est une histoire loufoque, sans prétention, macho, saignante. Un vrai plaisir de lecture sur le pouce !
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