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Françoise Brun (Traducteur)
ISBN : 2070419878
Éditeur : Gallimard (2002)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 957 notes)
Résumé :
Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui: la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.

Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores ver... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (140) Voir plus Ajouter une critique
marina53
14 novembre 2016
  • 5/ 5
Il devait avoir dans les dix jours, guère plus, lorsque ce marin du nom de Danny Boodmann, un nègre géant de Philadelphie, l'a trouvé alors que le Virginia, un bateau de luxe, faisait escale à Boston. Dans une boîte en carton, emmailloté, les yeux grands ouverts, silencieux. Il était dans la salle de bal. Sur la piano. Certainement laissé là par des migrants. Il décida de l'appeler Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. Novecento parce qu'il le trouva la première année de ce siècle. Malheureusement, le marin mourut alors que le gamin avait tout juste 8 ans. Alors introuvable sur le bateau, l'équipage, sans nouvelle de Novecento, reprit la mer, la mort dans l'âme. Or, la seconde nuit de la traversée, une musique s'échappa de la salle de bal. Les marins, les gars de la salle des machines, le commandant, tous, les yeux écarquillés, l'observaient, assis sur la tabouret du piano, les jambes pendantes. Une si belle musique que personne n'osa l'interrompre...
Sous la forme d'un monologue, Tim Tooney, l'ami de Novecento et le trompettiste du bateau, nous raconte l'histoire magnifique de ce gamin devenu le plus grand pianiste au monde. Un gamin élevé sur l'Océan et qui n'a jamais osé poser le pied à terre. Un gamin puis un adulte doué pour la musique. Si doué qu'il est devenu le meilleur. Alessandro Baricco nous tient en apnée durant ces quelques 70 pages. Autant de pages d'une intensité rare, d'une musicalité et d'une poésie étonnantes et d'une virtuosité étourdissante. Un petit roman empreint d'émotion, déchirant, intelligent et subtil. Un destin époustouflant. Un virtuose inoubliable. Une composition musicale brillamment orchestrée.
À noter que ce roman a été interprété au théâtre par André Dussolier.
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palamede
05 mai 2016
  • 4/ 5
D'où vient le nouveau-né laissé à bord du Virginian, en escale à Boston ? Sur le bateau, nul ne le sait. Le marin qui l'a trouvé lui donne un nom : Novecento, mille neuf cents, comme le siècle qui commence.
Longtemps l'enfant puis l'adulte, devenu un pianiste exceptionnel (on dit le plus grand), refuse d'aller à terre. Il dit n'avoir pas besoin de cela pour découvrir le monde. Après tout, il a peut-être raison, il n'est pas nécessaire de parcourir le monde pour le connaitre, il suffit parfois de fréquenter ceux qui l'habitent.
A trente-deux ans néanmoins, poussé par un ami, Novecento tente de changer de perspective. Mais au seuil du monde (en fait, au pied de la passerelle), il renonce. Ce n'est pas la guerre, ni les incertitudes de la fin d'une époque se profilant à l'horizon qui le font reculer. Non, ce qui l'a fait battre en retraite, dit-il, c'est ce qu'il n'a pas vu à la coupée : un monde où il avait sa place.
Voici donc l'histoire de Novecento, une histoire diablement belle, poétique et… désespérée, celle d'un pianiste virtuose resté dans son cocon, bercé par sa propre musique sur l'océan infini – un homme qui a refusé de naître pour ne pas mourir.
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Ptitgateau
24 septembre 2016
  • 5/ 5
Un concentré de poésie que cet écrit composé pour pour le théâtre. le texte en lui-même, rythmé par les mouvements de l'océan omniprésent, rythmé volontairement par l'auteur par je ne sais quel prodige, vous berce et vous enveloppe dans une sorte de cocon littéraire dans lequel vous vous sentez bien, et que vous ne voulez sous aucun prétexte quitter.
Voici donc mon état d'esprit après avoir refermé cette pépite.
Le récit par lui même n'est pas dénué d'intérêt ! L'histoire originale de Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento né sur un bateau, trouvé dans son carton sur un piano, et qui n' jamais posé les pieds à terre, qui n'a jamais quitté sa "mer" et qui deviendra le plus grand pianiste au monde, Novecento que la gloire n'intéresse pas. Son histoire nous est contée par un témoin oculaire, Tim Tooney, le trompettiste du bateau qui se lie avec l'artiste, sous forme d'un superbe monologue.
Génial le duel musical entre novecento et le pianiste de génie qui s'embarque sur le bateau afin de donner une leçon à notre artiste déconnecté !
J'ai lu cette oeuvre parce que je vais avoir la chance d'aller écouter André Dussolier au théâtre et je suis ravie d'entendre ce texte lu par un grand acteur.
Je vous conseille cette lecture !
Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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michemuche
09 octobre 2015
  • 4/ 5
Depuis peu mon horizon littéraire c'est agrandit.
J'avais découvert Italo Calvino et son très beau roman " si par une nuit d'hiver un voyageur ", grâce à Noor j'ai fait la connaissance d'Alessandro Baricco et de son roman " Novecento: pianiste ".
Ce court récit pourrait s'apparenter à un conte, il commencerait par " il était une fois, dans un paquebot appelé le Virginian fut trouvé un nourrisson dans une boîte en carton.
Des fées ou des sirènes se penchèrent sur son berceau improvisé et lui donnèrent le don de faire de la musique et firent de lui un pianiste.
Né avec le siècle nouveau il fut appelé " Novecento ".
"Sa maison c'était l'océan . Quant à la terre eh bien, il n'y avait jamais posé le pied "
Ses doigts glissaient sur le clavier, touches noires, touches blanches, bâbord, tribord, le métronome donnait le tempo pour donner "la musique de l'océan, dont l'echo se répand dans tous les ports ".
Notes bleues, langueurs océanes....
Comme les contes finissent par " ils vécurent heureux " vous connaissez la suite....
La littérature italienne m'a ouvert ses bras, tant mieux sa poésie me fait du bien.
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Lali
07 mars 2012
  • 4/ 5
Il est des livres dont on a tellement parlé, qui ont fait l'objet de tant de critiques qu'on reporte sans cesse la lecture de ceux-ci. Par peur de la déception. Peut-être. Et puis, on finit presque par oublier leur existence. Jusqu'à ce que, au hasard d'une visite en librairie, ils surgissent d'un rayon et nous fassent un clin d'oeil. C'est ainsi que j'ai enfin lu Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco, un de ces livres inclassables parce que certains en font un court roman, d'autres un poème en prose et la plupart un monologue. Or, ce titre est tout ça. Sûrement. Et même plus. C'est un long cri dans la nuit, quelques notes entre deux points d'orgue, le temps suspendu à une vague avant qu'elle ne s'effondre, un soleil qui n'en finit pas de se fondre dans la ligne d'horizon.
Et c'est aussi l'histoire d'un enfant naissant abandonné sur un transatlantique, de sa vie sur ce bateau qu'il n'arrivera jamais à quitter, de sa carrière de pianiste. Et l'histoire de chacun d'entre nous qui nous demandons parfois après quoi nous ne cessons de courir alors que la réponse se trouve au fond de soi. Ou pas très loin.
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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Citations & extraits (101) Voir plus Ajouter une citation
flottieflottie28 novembre 2016
Il l'était vraiment, le plus grand. Nous, on jouait de la musique, lui c'était autre chose. Lui, il jouait... quelque chose qui n'existait pas avant que lui ne se mette à le jouer, okay? Quelque chose qui n'existait nulle part. Et quand il quittait son piano, ça n'existait plus... ça n'était plus là, définitivement...
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marina53marina5326 novembre 2016
Je reveux l'eau que tu connais
je reveux la mer
le silence
la lumière
et les poissons volants
dessus
qui volent.
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CarosandCarosand31 mai 2013
Imagine, maintenant : un piano. Les touches ont un début. Et les touches ont une fin. Toi, tu sais qu'il y en a quatre-vingt-huit, là-dessus personne peut te rouler. Elles sont pas infinies, elles. Mai toi, tu es infini, et sur ces touches, la musique que tu peux jouer elle est infinie. Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infini. Voilà ce qui me plaît. Ca, c'est quelque chose qu'on peut vivre. Mai si je monte sur cette passerelle et que devant moi se déroule un clavier de millions de touche, des millions, des millions et des milliards de touches, qui ne finissent jamais, et ce clavier-là, il est infini/
Et si ce clavier est infini, alors/
Sur ce clavier-là, il n'y a aucune musique que tu puisses jouer. Tu n'es pas assis sur le bon tabouret : ce piano-là, c'est Dieu qui y joue/
Nom d'un chien, mais tu les as seulement vues, ces rues ?
Rien qu'en rues, il y en avait des milliers, comment vous faites là-bas pour en choisir une/
Pour choisir une femme/
Une maison, une terre qui soit la vôtre, un paysage à regarder, une manière de mourir/
Tout ce monde, là/
Ce monde collé à toi, et tu ne sais même pas où il finit/
Jusqu'où il y en a/
Vous n'avez jamais peur, vous, d'exploser, rien que d'y penser, à toute cette énormité, rien que d'y penser ? D'y vivre... /
Moi, j'y suis né, sur ce bateau. Et le monde y passait, mais par deux mille personnes à la fois. Et des désirs, il y en avait aussi, mais pas plus que ce qui pouvait tenir entre la proue et la poupe. Tu jouais ton bonheur, sur un clavier qui n'était pas infini.
C'est ça que j'ai appris, moi. La terre, c'est un bateau trop grand pour moi. C'est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer. Pardonnez-moi. Mais je ne descendrai pas.
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PtitgateauPtitgateau22 septembre 2016
Il savait écouter. Et il savait lire. Pas les livres, ça tout le monde peut, lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs, leur terre, leur histoire...écrite sur eux du début à la fin. Et lui, il la lisait avec un soin infini. il cataloguait, il répertoriait, il classait...Chaque jour, il ajoutait un petit quelque chose à cette carte immense qui se dessinait peu à peu dans sa tête, une immense carte, la carte du monde, du monde tout entier, d'un bout à l'autre, des villes gigantesques et des comptoirs de bar, des longs fleuves et de petites flaques, et des avions, et des lions, une carte gigantesque. Et ensuite il voyageait dessus, comme un dieu, pendant que ses doigts se promenaient sur les touches en caressant les courbes d'un ragtime.
+ Lire la suite
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SachenkaSachenka15 février 2016
[Novecento] avait du génie pour ça, il faut le dire. Il savait écouter. Et il savait lire, ça tout le monde peut, lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs, leur terre, leur histoire... écrite sur eux, du début à la fin. Et lui, il la lisait, et avec un soin infini, il cataloguait, il répertoriait, il classait... Chaque jour, il ajoutait un petit quelque chose à cette carte immense qui se dessinait peu à peu dans sa tête, la carte du monde, du monde entier, d'un bout à l'autre, des villes gigantesques et des comptoirs de bar, des longs fleuves et des petites flaques, et des avions, et des lions, une carte gigantesque. Et ensuite il voyageait dessus, comme un dieu, pendant que ses doigts se promenaient sur les touches [du piano] en caressant les courbes d'un ragtime.
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