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> Françoise Brun (Traducteur)

ISBN : 2070419878
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 533 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 07 mars 2012

    Lali
    Il est des livres dont on a tellement parlé, qui ont fait l'objet de tant de critiques qu'on reporte sans cesse la lecture de ceux-ci. Par peur de la déception. Peut-être. Et puis, on finit presque par oublier leur existence. Jusqu'à ce que, au hasard d'une visite en librairie, ils surgissent d'un rayon et nous fassent un clin d'œil. C'est ainsi que j'ai enfin lu Novecento : Pianiste d'Alessandro Baricco, un de ces livres inclassables parce que certains en font un court roman, d'autres un poème en prose et la plupart un monologue. Or, ce titre est tout ça. Sûrement. Et même plus. C'est un long cri dans la nuit, quelques notes entre deux points d'orgue, le temps suspendu à une vague avant qu'elle ne s'effondre, un soleil qui n'en finit pas de se fondre dans la ligne d'horizon.
    Et c'est aussi l'histoire d'un enfant naissant abandonné sur un transatlantique, de sa vie sur ce bateau qu'il n'arrivera jamais à quitter, de sa carrière de pianiste. Et l'histoire de chacun d'entre nous qui nous demandons parfois après quoi nous ne cessons de courir alors que la réponse se trouve au fond de soi. Ou pas très loin.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/novecento/
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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 21 novembre 2012

    MachaLoubrun
    « Novecento : pianiste » est un texte au charme puissant, singulier. Alessandro Baricco a écrit cette courte fable poétique pour un comédien et elle a fait l'objet d'un spectacle….
    Novecento est né sur paquebot où il fut abandonné à la naissance. Son père adoptif, un marin, lui donna son amour et un nom : Danny Boodman T.D. Lemon Novecento. La vie du jeune garçon a changé le jour où il a posé ses mains sur les vingt-huit touches d'un piano… Il fait corps avec son instrument, il refuse de quitter le bateau mais le monde entier a entendu parler de ce merveilleux pianiste de jazz… Un jour, un autre pianiste, Jelly Roll Morton veut se mesurer à lui….
    C'est l'ami de Novecento, un trompettiste, qui nous raconte cette poignante destinée. L'histoire d'un virtuose énigmatique et fascinant… qui passe sa vie dans les entrailles de la mer, bercé par ses remous.
    Ce texte rythmé m'accompagne encore plusieurs semaines après avoir tourné à regret la dernière page. Comme une musique que l'on a toujours dans la tête.
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    • Livres 5.00/5
    Par Hebephrenie, le 28 juin 2010

    Hebephrenie
    Il y a des livres qui marquent une vie. Novecento pianiste est l'un de cela. Alors que près d'une dizaine d'années me séparent de sa lecture, j'en garde un souvenir émouvant, éblouissant. D'une qualité littéraire rare (comme tout ce que fait Barrico... qui a dû apprendre à faire chanter sa langue), cette histoire si simple nous fait voyager entre ses deux rives que le héros ne connait que de vue. Parce que la connaissance est intérieure : jouer du piano suffit à Novecento pour faire le tour du monde. Fil sur la mer, fil musical, fil entre le personnage et son lecteur...
    Je ne peux que souscrire au vocabulaire des autres critiques, le hissant au rang de "perle", "petit bijou"...
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    • Livres 4.00/5
    Par Noctenbule, le 28 janvier 2013

    Noctenbule
    J'ai découvert le roman Novecento d'Alessandro Baricco qui m'a rappelé un magnifique film que j'avais vu : La légende du pianiste sur l'océan. Et bien, c'est l'adaption de ce livre.
    En fond sonore, je mets un concert de Keith Jarrett. Je m'installe dans mon canapé, un petit thé Christmas Weeding, aux parfums de chocolat et café, à la main. le livre débute avec un note de l'auteur et son intention avec ce texte. Il l'écrit comme une pièce théâtre, façon monologue. « Je ne crois pas qu'il y ait un nom pour des textes de ce genre. Peu importe. L'histoire me paraissait belle, et valoir la peine d'être racontée. J'aime bien l'idée que quelqu'un la lira. » Nous sommes dans l'univers de cet auteur italien. Je tourne la page, et ici débute l'histoire passionnante de Novecento.
    « Ca arrivait toujours, à un moment ou à un autre, il y en avait un qui levait la tête… et qui la voyait. » Nous sommes sur le Virginian, un bateau qui voyage dans le monde. Il va souvent en Amérique, et il y en a toujours un qui voit en premier la statut de liberté. Une chance peut-être? Les gens descendent vers cette nouvelle terre promise. Mais une boîte est restée sur un piano dans la première classe. Danny Boodmann jette un coup d'oeil et il découvre un petit bébé avec un sourire enjôleur. Il tombe sous le charme et adopte ce nouveau né abandonné par les immigrants. Il le baptise Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. Novecento qui signifie 1900, une nouvelle époque et T.D. Lemon, nom qui figurait sur la boîte. Après cela, il sera son fils et tout le monde sur la bateau l'adopte. Lorsqu'il va mourir, Novecento va découvrir son don. Avant même qu'il puisse toucher les pédales, les 88 touches du piano n'avait pas de secret pour lui et va devenir un prodige.
    Il ne va jamais quitter le bateau, le mal de terre. Un grand nom de la musique va même venir le défier sur bateau, le soi-disant inventeur du jazz. Mais il s'en frotter à trop passionner. Les touches blanches et les touches noires ne font qu'une avec lui. Jouer sur ce bateau, c'est tout sa vie. Voilà ce que nous raconte son meilleur ami, le trompettiste. Pendant 7 ans, il a vécu sur le bateau. Suite à la réception d'un courrier de Neil O'Connor, l'Irlandais, qui lui annonce que le bateau suite à la guerre a subi de gros dommages et on va l'exploser. Il va prendre le premier train et trouver le bateau, car il sait qu'il est toujours dedans. Il va le trouver assis, heureux sur de la dynamite. Il allait mourir mais il a été heureux. Il ne peut pas vivre sur terre, d'ailleurs il n'existe même pas. Ils échangent et se disent adieu, comme les vrais amis qu'ils étaient.
    « Je sais maintenant que ce jour-là Novecento avait décidé qu'il allait s'asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurde et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et danser sur cette musique ce qu'il lui resterait d'années. Et plus jamais être malheureux.«
    Ce fut un vrai délice de lire ce court roman en musique, car je me laissais emporter surtout lors de description des pratiques musicales. Les images du films se superposaient à la lecture de l'ouvrage qui reprend très fidèlement l'histoire. J'aurais rêvé de prendre un jour un bateau de voyage, de descendre au troisième sous-sol et d'écouter Novecento improviser. Puis discuter avec le personnel qui me présenterait cet atypique personnage.
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    • Livres 5.00/5
    Par Soune, le 19 janvier 2013

    Soune
    Sensible à la musique, je fus heureuse de recevoir pour le 25 décembre ce petit roman écrit par un italien dont j'ai entendu tant d'éloges que j'ai commandé au Père Noël pratiquement toute sa bibliographie. Ce premier contact, rythmé par une musique inattendue car inconnue transpire dans chacun de ses mots, dans chaque espace situé entre les termes, voire jusqu'à la ponctuation elle-même. Tous les signes sont emprunts d'une mélodie inavouable et ensorcelante que l'on ne peut quitter sans le vague à l'âme. Dans Variations sauvages, écrit en 2003 par la pianiste française Hélène Grimaud, l'on pouvait lire (et entendre?) que " la musique est un prolongement du silence, elle est aussi ce qui la précède, ce qui retentit au cœur du morceau". Je comprenais son idée et je la partageais totalement à l'époque. Délire de l'artiste me direz-vous? Pour les puristes du cartésianisme certainement. Comment ne pas les comprendre? Comment mesurer et étudier quelque chose qui ne se voit pas, du moins avec ses yeux? Si l'on en croit cette pianiste que j'adore, Hélène Grimaud pense qu' "un artiste est presque toujours tendu sur le bord du délire". Bref, passons à côté de la définition même du délire... Ce roman est sans conteste à lui tout seul un monde à part tant l'écriture lui est propre. Avec un style bien particulier, mêlant narration et didascalies, narration et notes musicales, langue étrangère et langue française pour la traduction que j'ai entre les mains, chacun de ses mots semble appartenir à une musique propre. C'est comme si un orchestre gigantesque se cachait dans ce petit livre de 84 pages.

    Se lisant comme une nouvelle, Novecento: pianiste se révèle, au départ, être une pièce de théâtre écrite pour un seul acteur. Les mots entrant en parfaite harmonie avec la musique des êtres et du monde, l'histoire se lit rapidement tant le contenu de l'histoire est original et haletant, un peu comme peuvent l'être les contes. Tout au long de la lecture, j'ai eu l'impression de lire une sorte de conte pour adultes. Mais détrompez-vous ! Cela ne rendrait aucunement grâce à Barrico que de s'enfermer dans une case. Cet ouvrage est tout sauf quelque chose que l'on peut cataloguer et cela fait tout son charme. C'est peut-être cela le véritable visage de l'infinité du monde du reste… Ce petit texte se situe-t-il entre la pièce de théâtre, un conte et un court roman ? Fort possible. Mais il est surtout au-dessus de tous ces carcans de lettrés. Cette courte histoire donne l'occasion à l'auteur de parler d'amitié, de raison de vivre, de musique et d'océan. Tout un programme, n'est-ce pas ? Rentrons plus dans les détails pour clarifier tout ceci.
    Danny Boodman T.D. Lemon Novecento est né lors d'une traversée Europe-Amérique sur le Virginian puis fut abandonné dans un carton sur un piano. Aujourd'hui âgé de trente ans, on apprend qu'il n'a jamais mis le pied à terre. Entre temps, il est devenu un pianiste hors pair dont la musique étrange, magique et magnifique n'appartient qu'à lui. Cette histoire nous est racontée par Tim Tooney, un trompettiste de jazz embauché en 1927 sur le Virginian pour jouer de la musique. La musique est partout et on comprend facilement pourquoi : tout est musique sur ce bateau, ou tout le devient.
    « On jouait trois, quatre fois par jour. D'abord pour les rupins en classe de luxe, ensuite pour ceux des secondes, et de temps en temps on allait voir ces miséreux d'émigrants et on leur jouait quelque chose, mais sans l'uniforme, comme ça nous venait, et quelquefois eux aussi ils jouaient, avec nous. On jouait parce que l'Océan est grand, et qu'il fait peur, on jouait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu'ils oublient où ils étaient, et qui ils étaient. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses, tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu. Et on jouait du ragtime, parce que c'est la musique sur laquelle Dieu danse quand personne ne le regarde. Sur laquelle Dieu danserait s'il était nègre.»
    Naviguant sans répit sur l'Atlantique, Novecento passe sa vie les mains posées sur le piano. C'est un homme dont le mystère reste entier tout le long du roman. En effet, cet homme se fait peu à peu l'écho de l'Océan, à croire parfois qu'il ne fait qu'un avec lui. Novecento n'est pas seulement ça. Il est également doté de la capacité de voir une ville, une femme et de sentir une odeur à travers les yeux des voyageurs tout en restant à bord. Tout en voyageant sur l'eau il voyage donc également sur terre alors qu'il n'y a jamais mis les pieds. Cependant, ce ne sont pas là ses seuls talents. Cet homme a plusieurs cordes à son arc, que voulez-vous. Il se laisse guider par le bateau mais on a parfois l'impression que c'est lui qui mène le monde via les histoires des passagers qu'il réunit en lui et qu'il retransmet dans ses doigts.
    « Un jour, j'ai demandé à Novecento à quoi diable il pensait quand il jouait, et ce qu'il regardait, les yeux toujours droit devant lui, où il s'en allait, finalement, dans sa tête, pendant que ses mains se promenaient toutes seules sur les touches. Et il m'a répondu : « Aujourd'hui, je suis allé dans un pays très beau, les femmes avaient des cheveux parfumés, il y avait de la lumière partout et c'était plein de tigres ». Il voyageait quoi. Et à chaque fois il allait dans un endroit différent. »
    Un jour, un célèbre pianiste de jazz, « l'inventeur du jazz », embarque à bord du Virginian. Ce dernier souhaite un duel avec « ce type qu'a même pas assez de couilles pour descendre d'un foutu bateau ». On assiste alors à un incroyable duel musical qui nous ferait presque oublier que nous naviguons sur l'Océan.
    Et puis un jour Novecento décide de quitter la mer pour mettre pied à terre. Tout apprêté qu'il est, Novencento ne mettra cependant pas le pied à terre, restant immobile au dernier moment, avant de disparaitre à l'intérieur du bateau.
    « Je sais maintenant que ce jour-là Novecento avait décidé qu'il allait s'asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurde et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et danser sur cette musique ce qu'il lui resterait d'années. Et plus jamais être malheureux.»

    C'est Tim, le narrateur, qui quittera le bateau en 1933, après un dernier duo avec son ami Novecento. Malgré l'envie puissante de vous raconter la fin, je préfère vous laisser en compagnie du conteur extraordinaire qu'est cet écrivain italien pour découvrir la suite. J'en ai dit déjà assez et je n'ai pas le talent de l'auteur pour raconter pareille histoire, une histoire qui dresse tout un panel poétique sur l'infini, la peur et la folie via les mots et l'absence de mots. Il est question de peur dans ce livre car Novecento a peur face à l'immensité du monde. Il se sent si petit, lui, perdu au milieu de l'océan, dans les musiques du monde.
    L'auteur glisse quelques détails historiques de l'année 1900 (d'où le titre italien:"novecento" signifiant neuf cent et "il novecento" le vingtième siècle), ce qui rend cet ouvrage hors norme plus « réel ». Par exemple, lorsqu'Alessandro Baricco mentionne les grands paquebots présents à cette époque comme l'était le Virginian, ou tout simplement en parlant du jazz, apparu aux Etats-Unis au début du XXème siècle. le jazz, rappelez-vous, cette musique qui peut nous faire nous demander comme pour le capitaine du bateau :
    -« C'était quoi ?
    – Je sais pas. […]
    « Quand tu sais pas ce que c'est, alors c'est du jazz. »

    Voici un passage qui fait écho à la préface d'un autre de ses ouvrages que je vous chroniquerai bientôt (mais pas tout de suite, histoire de ne pas vous assommer avec ma passion pour Barrico) qu'est tiré de L'Ame de Hegel et les vaches du Wisconsin lorsque l'auteur, musicologue, parle de la modernité comme du jazz et cite Louis Armstrong :« Si tu dois te demander ce que c'est, alors tu ne le sauras jamais ».
    Comme la musique, la vie se révèle ici fragile. Rien n'est acquis. Tout a une fin. Cette histoire décrit la solitude de l'homme dans ce qu'elle a de plus extrême. Pour autant, elle n'est en aucun cas triste. Elle reste sublime, sans doute aussi parce qu'elle est empreinte d'une touche d'humour indéniable et réussie qui nous fait sourire et rêver. On plaisante aisément sur la mort dans cette histoire. le narrateur, Tim, use de mots simples et devient intime avec le lecteur en le tutoyant comme un vieux copain. La lecture est rapide et entrainante. Totalement impliqués dans cette histoire, nous voilà maintenant en train d'imaginer Novecento jouant sur le piano, bercés par la poésie des mots simples, totalement englobés par une sensibilité exacerbée et une formule abracadabrantesque se noue devant nos yeux entre le texte, l'auteur, la musique et nous, le lectorat. Ainsi lorsque nous refermons le livre, le silence ne se referme pas sur nous. Nous assistons bouche bée à l'éveil des sens, de nos sens: les mots et la musique de notre imagination prennent vie, peut être le meilleur moyen pour décrire l'infini du monde.


    Lien : http://aupetitbonheurlapage.blogspot.fr/2013/01/novecentopianiste-al..
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Citations et extraits

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  • Par Carosand, le 31 mai 2013

    Imagine, maintenant : un piano. Les touches ont un début. Et les touches ont une fin. Toi, tu sais qu'il y en a quatre-vingt-huit, là-dessus personne peut te rouler. Elles sont pas infinies, elles. Mai toi, tu es infini, et sur ces touches, la musique que tu peux jouer elle est infinie. Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infini. Voilà ce qui me plaît. Ca, c'est quelque chose qu'on peut vivre. Mai si je monte sur cette passerelle et que devant moi se déroule un clavier de millions de touche, des millions, des millions et des milliards de touches, qui ne finissent jamais, et ce clavier-là, il est infini/
    Et si ce clavier est infini, alors/
    Sur ce clavier-là, il n'y a aucune musique que tu puisses jouer. Tu n'es pas assis sur le bon tabouret : ce piano-là, c'est Dieu qui y joue/
    Nom d'un chien, mais tu les as seulement vues, ces rues ?
    Rien qu'en rues, il y en avait des milliers, comment vous faites là-bas pour en choisir une/
    Pour choisir une femme/
    Une maison, une terre qui soit la vôtre, un paysage à regarder, une manière de mourir/
    Tout ce monde, là/
    Ce monde collé à toi, et tu ne sais même pas où il finit/
    Jusqu'où il y en a/
    Vous n'avez jamais peur, vous, d'exploser, rien que d'y penser, à toute cette énormité, rien que d'y penser ? D'y vivre... /
    Moi, j'y suis né, sur ce bateau. Et le monde y passait, mais par deux mille personnes à la fois. Et des désirs, il y en avait aussi, mais pas plus que ce qui pouvait tenir entre la proue et la poupe. Tu jouais ton bonheur, sur un clavier qui n'était pas infini.
    C'est ça que j'ai appris, moi. La terre, c'est un bateau trop grand pour moi. C'est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer. Pardonnez-moi. Mais je ne descendrai pas.
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  • Par ccha, le 14 avril 2010

    On jouait parce que l'Océan est grand, et qu'il fait peur, on jouait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu'ils oublient où ils étaient, et qui ils étaient. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu.

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  • Par MachaLoubrun, le 21 novembre 2012

    J’ai écrit ce texte pour un comédien, Eugénio Allegri, et un metteur en scène, Gabriele Vacis.
    Ils en ont fait un spectacle qui a été présenté en juillet de cette année au festival d’Asti. Je ne sais pas si cela suffit pour dire que j’ai écrit un texte de théâtre ; en réalité j’en doute. A le voir maintenant sous forme de livre, j’ai plutôt l’impression d’un texte qui serait à mi-chemin entre une vraie mise en scène et une histoire à lire à voix haute. Je ne crois pas qu’il y ait un nom pour des textes de ce genre. Peu importe. L’histoire me paraissait belle, et valoir la peine d’être racontée. J’aime bien l’idée que quelqu’un la lira.

    Septembre 1994

    Alessandro Baricco
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  • Par Hebephrenie, le 28 juin 2010

    Bon Dieu, je t'avais une pierre là dans la gorge, vraiment, comme une pierre, ça me tuait de l'entendre parler comme ça, je déteste les adieux, et je me suis à rire du mieux que je pouvais, assez mal d'ailleurs, et à lui dire que bien sûr j'irais le voir, et on ferait courir son chien dans les champs, et sa femme nous mettrait une dinde au four, et je ne sais plus quelles conneries encore, et lui, il riait, et moi je riais aussi, mais à l'intérieur on savait bien tous les deux que la vérité était différente, que la vérité c'était que tout serait fini, et qu'il n'y avait rien à y faire, ça devait arriver, et ça arrivait maintenant.
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  • Par Yantchik, le 11 avril 2011

    [Novecento hésitant à descendre du bateau]
    Ce n’est pas ce que j’ai vu qui m’a arrêté /
    C’est ce que je n’ai pas vu /
    Tu peux comprendre ça, mon frère ? C’est ce que je n’ai pas vu… je l’ai cherché mais ça n’y était pas, dans toute cette ville immense il y avait tout sauf /
    Il y avait tout /
    Mais de fin, il n’y en avait pas. Ce que je n’ai pas vu, c’est où ça finissait, tout ça. La fin du monde /
    […]
    Vous n’avez jamais peur, vous, d’exploser, rien que d’y penser, à toute cette énormité, rien que d’y penser ? D’y vivre… /
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