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Françoise Brun (Traducteur)
ISBN : 2070419878
Éditeur : Gallimard (2002)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 877 notes)
Résumé :
Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui: la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.

Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores ver... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (124) Voir plus Ajouter une critique
palamede
palamede05 mai 2016
  • Livres 4.00/5
D'où vient le nouveau-né laissé à bord du Virginian, en escale à Boston ? Sur le bateau, nul ne le sait.
Le marin qui l'a trouvé lui donne un nom : Novecento, mille neuf cents, comme le siècle qui commence. Longtemps l'enfant puis l'adulte, devenu un pianiste exceptionnel (on dit le plus grand), refuse d'aller à terre. Il dit n'avoir pas besoin de cela pour découvrir le monde. Après tout, il a peut-être raison, il n'est pas nécessaire de parcourir le monde pour le connaitre, il suffit parfois de fréquenter ceux qui l'habitent.
A trente-deux ans néanmoins, poussé par un ami, Novecento tente de changer de perspective. Mais au seuil du monde (en fait, au pied de la passerelle), il renonce. Ce n'est pas la guerre, ni les incertitudes de la fin d'une époque se profilant à l'horizon qui le font reculer. Non, ce qui l'a fait battre en retraite, dit-il, c'est ce qu'il n'a pas vu à la coupée : un monde où il avait sa place.
Voici donc l'histoire de Novecento, une histoire diablement belle, poétique et… désespérée, celle d'un pianiste virtuose resté dans son cocon, bercé par sa propre musique sur l'océan infini – un homme qui a refusé de naître pour ne pas mourir.
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michemuche
michemuche09 octobre 2015
  • Livres 4.00/5
Depuis peu mon horizon littéraire c'est agrandit.
J'avais découvert Italo Calvino et son très beau roman " si par une nuit d'hiver un voyageur ", grâce à Noor j'ai fait la connaissance d'Alessandro Baricco et de son roman " Novecento: pianiste ".
Ce court récit pourrait s'apparenter à un conte, il commencerait par " il était une fois, dans un paquebot appelé le Virginian fut trouvé un nourrisson dans une boîte en carton.
Des fées ou des sirènes se penchèrent sur son berceau improvisé et lui donnèrent le don de faire de la musique et firent de lui un pianiste.
Né avec le siècle nouveau il fut appelé " Novecento ".
"Sa maison c'était l'océan . Quant à la terre eh bien, il n'y avait jamais posé le pied "
Ses doigts glissaient sur le clavier, touches noires, touches blanches, bâbord, tribord, le métronome donnait le tempo pour donner "la musique de l'océan, dont l'echo se répand dans tous les ports ".
Notes bleues, langueurs océanes....
Comme les contes finissent par " ils vécurent heureux " vous connaissez la suite....
La littérature italienne m'a ouvert ses bras, tant mieux sa poésie me fait du bien.
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Lali
Lali07 mars 2012
  • Livres 4.00/5
Il est des livres dont on a tellement parlé, qui ont fait l'objet de tant de critiques qu'on reporte sans cesse la lecture de ceux-ci. Par peur de la déception. Peut-être. Et puis, on finit presque par oublier leur existence. Jusqu'à ce que, au hasard d'une visite en librairie, ils surgissent d'un rayon et nous fassent un clin d'oeil. C'est ainsi que j'ai enfin lu Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco, un de ces livres inclassables parce que certains en font un court roman, d'autres un poème en prose et la plupart un monologue. Or, ce titre est tout ça. Sûrement. Et même plus. C'est un long cri dans la nuit, quelques notes entre deux points d'orgue, le temps suspendu à une vague avant qu'elle ne s'effondre, un soleil qui n'en finit pas de se fondre dans la ligne d'horizon.
Et c'est aussi l'histoire d'un enfant naissant abandonné sur un transatlantique, de sa vie sur ce bateau qu'il n'arrivera jamais à quitter, de sa carrière de pianiste. Et l'histoire de chacun d'entre nous qui nous demandons parfois après quoi nous ne cessons de courir alors que la réponse se trouve au fond de soi. Ou pas très loin.
Lien : http://lalitoutsimplement.com/novecento/
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gouelan
gouelan02 août 2015
  • Livres 5.00/5
Novecento est né sur le bateau. Sa maison est l'Océan. La terre ne le connaît pas, il n'existe pas dans cet autre monde.
Pianiste de génie, sa musique danse avec l'Océan. Il joue les sons du monde. Il ne vit que pour sa musique, et rien d'autre. Il est sa musique.
Le monde est un piano dont les touches sont infinies. Comment choisir les bonnes touches pour jouer la mélodie de sa propre vie, sa mélodie du bonheur, parmi toutes les notes possibles ?
Novecento , lui, joue sur un piano plus petit, sur son bateau. Il écoute, il lit le monde à travers les gens qui passent sur ce bateau, au compte-goutte. Il n'est pas submergé par l'énormité du monde, des désirs, des possibilités, par l'infinitude. Il ne sait pas jouer d'autre musique que celle qui se joue dans sa tête, sur son bateau. La musique du piano du monde ne peut pas être jouée. Il y a trop de beauté, de terreur. On ne peut pas saisir l'infini dans des notes de musique, ni dans aucune oeuvre d'art, aucune chanson, aucun poème…
Novecento ne peut pas être confronté au destin des hommes sur terre. L'Océan est son refuge, les notes de musique ses pensées, ses rêves, les touches du piano sont ses pas. Il se perdrait dans l'infini du monde, il ne saurait plus quelles notes jouer.
L'écriture est mélodieuse, fine et délicate. Il s'en dégage une musique, parfois féroce, parfois tendre, parfois triste, parfois merveilleuse, comme tous les sons de la vie.
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PetiteBalabolka
PetiteBalabolka14 septembre 2015
  • Livres 5.00/5
C'est le genre de livres dont le format court joue comme une épure, cisèle l'essentiel et donne une sensation de joyau. le propos doit être servi par une belle écriture et il est préférable que l'auteur aborde des thèmes forts à visée universelle ou philosophique, à moins de choisir une empreinte poétique ou une alchimie de tout ça, ce qui est plus ambitieux et plus risqué sauf si on a le talent d'Alessandro Baricco. Né avec le XXème siècle qui lui donne son nom, Novecento a eu pour berceau un bateau, le Virginian, un transatlantique qui déverse son flot de migrants à chaque traversée. Il a eu pour parent adoptif, un vieux marin qui l'a élevé avec la bienveillance de l'équipage, mais sans jamais le laisser mettre pied à terre, de peur que sa situation irrégulière d'enfant abandonné n'attire les ennuis. Novecento a appris seul à jouer du piano et il a su d'emblée en jouer mieux que personne. Adulte, Novecento n'a jamais voulu descendre du Virginian. Pourquoi le ferait-il puisque le monde vient à lui et qu'il sait "lire les gens" pour créer sa musique ? A bord du bateau, Novecento n'a pas peur. La finitude de la coque sur l'infini de l'océan le rassure, les 88 touches de son clavier lui donnent accès à toutes les musiques et il sait quelle partition jouer, inspiré par l'Océan en chef d'orchestre.
Ecrit pour le théâtre ou pour être lu à voix haute, ce texte, d'une beauté sidérante, se lit presque en apnée afin de ne pas rompre le charme. Pour aller au-delà de l'émerveillement que procure ce monologue poétique, la maison d'édition a eu l'intelligente idée de donner la parole, dans une postface, à sa traductrice, Françoise Brun car, parfois, ce sont ceux qui prennent à bras le corps un texte, ceux dont les efforts constants s'appliquent à en rendre la beauté originelle, qui en parlent le mieux.

Lien : http://leschroniquesdepetitebalabolka.blogspot.c..
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Citations & extraits (89) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand31 mai 2013
Imagine, maintenant : un piano. Les touches ont un début. Et les touches ont une fin. Toi, tu sais qu'il y en a quatre-vingt-huit, là-dessus personne peut te rouler. Elles sont pas infinies, elles. Mai toi, tu es infini, et sur ces touches, la musique que tu peux jouer elle est infinie. Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infini. Voilà ce qui me plaît. Ca, c'est quelque chose qu'on peut vivre. Mai si je monte sur cette passerelle et que devant moi se déroule un clavier de millions de touche, des millions, des millions et des milliards de touches, qui ne finissent jamais, et ce clavier-là, il est infini/
Et si ce clavier est infini, alors/
Sur ce clavier-là, il n'y a aucune musique que tu puisses jouer. Tu n'es pas assis sur le bon tabouret : ce piano-là, c'est Dieu qui y joue/
Nom d'un chien, mais tu les as seulement vues, ces rues ?
Rien qu'en rues, il y en avait des milliers, comment vous faites là-bas pour en choisir une/
Pour choisir une femme/
Une maison, une terre qui soit la vôtre, un paysage à regarder, une manière de mourir/
Tout ce monde, là/
Ce monde collé à toi, et tu ne sais même pas où il finit/
Jusqu'où il y en a/
Vous n'avez jamais peur, vous, d'exploser, rien que d'y penser, à toute cette énormité, rien que d'y penser ? D'y vivre... /
Moi, j'y suis né, sur ce bateau. Et le monde y passait, mais par deux mille personnes à la fois. Et des désirs, il y en avait aussi, mais pas plus que ce qui pouvait tenir entre la proue et la poupe. Tu jouais ton bonheur, sur un clavier qui n'était pas infini.
C'est ça que j'ai appris, moi. La terre, c'est un bateau trop grand pour moi. C'est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer. Pardonnez-moi. Mais je ne descendrai pas.
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SachenkaSachenka15 février 2016
[Novecento] avait du génie pour ça, il faut le dire. Il savait écouter. Et il savait lire, ça tout le monde peut, lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs, leur terre, leur histoire... écrite sur eux, du début à la fin. Et lui, il la lisait, et avec un soin infini, il cataloguait, il répertoriait, il classait... Chaque jour, il ajoutait un petit quelque chose à cette carte immense qui se dessinait peu à peu dans sa tête, la carte du monde, du monde entier, d'un bout à l'autre, des villes gigantesques et des comptoirs de bar, des longs fleuves et des petites flaques, et des avions, et des lions, une carte gigantesque. Et ensuite il voyageait dessus, comme un dieu, pendant que ses doigts se promenaient sur les touches [du piano] en caressant les courbes d'un ragtime.
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SachenkaSachenka17 février 2016
[...] J'ai dit adieu à l'émerveillement quand j'ai vu les icebergs géants de la mer du Nord s'écrouler, vaincus par la chaleur, j'ai dit adieu aux miracles quand j'ai vu rire ces hommes que la guerre avait démolis, j'ai dit adieu à la colère quand j'ai vue bateau qu'on bourrait de dynamite, j'ai dit adieu à la musique, à ma musique, le jour où je suis arrivé à la jouer toute entière dans une seule note d'un seul instant, et j'ai dit adieu à la joie, en l'ensorcelant elle aussi, quand je t'ai vu entrer ici. Ce n'est pas la folie, mon frère. C'est de la géométrie. C'est un travail d'orfèvre. J'ai désarmé le malheur. J'ai désenflé ma vie de mes désirs. Si tu pouvais remonter ma route, tu les y trouverais, les uns après les autres, ensorcelés, immobiles, arrêtés là pour toujours, jalonnant le parcours de cet étrange voyage que je n'ai jamais raconté à personne sauf à toi.
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SachenkaSachenka16 février 2016
[...] On voyait bien qu'il n'avait aucune envie de me voir descendre cette passerelle, et en plus pour toujours, mais jamais il ne me le dit. Et c'était mieux comme ça. Le dernier soir, on était en train de jouer pour le habituels connards de première, et le moment de mon solo arriva, je commençai donc à jouer, et après quelques notes j'entends le piano qui s'en vient avec moi. On continua comme ça tous les deux, et moi, bon Dieu, je jouais du mieux que je pouvais, pas tout à fait Louis Armstrong mais vraiment je jouais bien, avec Novecento derrière moi qui me suivait partout, comme lui seul savait le faire. Les autres nous ont laissés continuer un petit bout de temps, ma trompette et son piano, pour la dernière fois, à nous dire toutes les choses qu'on peut jamais se dire, avec les mots.
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cchaccha14 avril 2010
On jouait parce que l'Océan est grand, et qu'il fait peur, on jouait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu'ils oublient où ils étaient, et qui ils étaient. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu.
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Videos de Alessandro Baricco (84) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alessandro Baricco
Alessandro Baricco - La jeune épouse .Alessandro Baricco vous présente son ouvrage "La jeune épouse" aux éditions Gallimard à l'occasion du 1er festival Italissimo à Paris du 7 au 10 avril 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/baricco-alessandro-jeune-epouse-9782070178919.html Note de musique : "Diavolo" - Tobia. Free Music Archive Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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