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ISBN : 2072495024
Éditeur : Gallimard (2013)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 1398 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Plus que le mortel ennui d'une vie répétitive, c'est une indifférence, une absence de résistance à la vie que Baricco suggère en ouvrant son roman par quelques phrases laconiques, purement énonciatives. Au début, Hervé Joncour fait penser à un spectateur repu qui se ref... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Gwen21, le 04 décembre 2012

    Gwen21
    Il ne vous faudra pas plus d'une heure pour lire ce très bref récit qui, pour moi, tient davantage de la nouvelle que du roman.
    Ma surprise a été grande de découvrir le style d'Alessandro Baricco dont j'ignorais jusqu'alors tout de l'oeuvre. J'avais beaucoup entendu parler de "Soie", en bien. Et, effectivement, je ne pense pas que l'on puisse vraiment en parler "en mal" étant donné que le style est parfaitement maîtrisé et qu'on sent chez l'auteur une très grande "expertise" de la narration. Bon, pour un écrivain qui a créé une école de la narration, c'est le minimum syndical.
    Cependant, je suis surprise que "Soie" ait été l'objet d'un tel encensement. J'ai souvent eu l'impression de lire un exercice de rédaction qui aurait obtenu la meilleure note de sa classe mais je n'ai pas ressenti d'émotion particulière à suivre les voyages répétés (comme les descriptifs de ces derniers d'ailleurs qui ne varient que d'un mot) d'Hervé Joncour, le héros.
    L'intensité, la passion et la ferveur tant louées par la critique ont été pour moi les grands absents de l'oeuvre. Aucune description de personnage, quasiment aucune description de paysages ou d'environnement, la trame du récit réduite à sa plus chiche expression, laissant le lecteur soit complètement libre de se créer lui-même des personnages à sa convenance, soit de rester désemparé devant un tel effort à fournir.
    Aussi mince et fragile que le fil précieux tissé par les vers à Soie dont il est question, l'intrigue amoureuse qui se noue entre Hervé Joncour, sa femme Hélène, et la belle geisha qui inspire au premier une passion que l'on se doit de deviner "vive" m'a laissée, quant à moi, parfaitement indifférente. Je n'ai pas été saisie par la poésie de cette idylle, à peine ai-je souri d'aise à lire la métaphore des oiseaux encagés que j'ai trouvé traitée sans subtilité particulière.
    Attention, ne vous méprenez pas, le texte est beau, particulièrement quand approche le dénouement mais j'ai regretté la transparence des personnages, à peine ébauchés comme sur une sanguine, sans contours précis. Je n'ai pas réussi à m'attacher à un personnage principal exclusivement appelé par ses PRENOM+NOM et dont j'ignore s'il est brun ou blond, grand ou petit, gros ou maigre. Idem pour tous les autres personnages, y compris les féminins ce qui est encore plus regrettable à mon sens.
    Il s'agit donc d'un récit bref, lisse, académique et non exempt d'une certaine froideur, pareille à celle de l'étoffe de Soie qui glisse dans votre paume et y laisse sa douceur et sa beauté de manière fugitive et éphémère. On voudrait pouvoir retenir le texte, le fouiller, s'y lover mais, hélas, c'est déjà la fin.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ode, le 10 septembre 2013

    Ode
    Ah ! mes amis, quel livre ! L'écriture d'Alessandro Baricco a l'exotisme et la poésie de François Cheng, la concision de Pascal Quignard. Voici un prodige de la littérature !
    1861 : à l'heure où d'autres se ruent vers l'Ouest à la recherche d'or, le Français Hervé Joncour se rend régulièrement vers l'Est, pour gagner le lointain Japon à la recherche d'oeufs plus précieux que l'or. Ces coûteuses expéditions vont sauver la production de soie de Lavilledieu, dont les vers sont décimés par une maladie inconnue. Tandis qu'Hervé Joncour se laisse gagner par un amour mystérieux...
    Avec 140 pages bien aérées, "Soie" pourrait être pris pour une nouvelle. Or s'en dégage la puissance évocatrice d'un grand roman. Ceci vient d'une narration brillante et économe, d'autant plus forte qu'elle stimule l'imagination. Comme un concentré de mots qui se déploie dans notre cerveau à la lecture.
    Le style travaillé n'est pas froid, bien au contraire. Complice, Alessandro Baricco jalonne son récit de repères et de formules, familiarisant ainsi le lecteur avec ses personnages et leurs aventures. Par exemple, pour montrer qu'Hervé Joncour se laisse porter par son destin, il va introduire l'image de l'homme qui regarde pleuvoir sa vie, et la rappeler aux moments clés de l'histoire. « Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille. »
    Ou bien le long voyage de 8000 kilomètres depuis Lavilledieu jusqu'au Japon, décrit en à peine une page et répété à chaque expédition, avec de subtiles variantes dans le texte comme un jeu des "sept différences".
    Ou encore la femme fascinante aperçue au Japon et reconnue ainsi : « Ses yeux n'avaient pas une forme orientale, et son visage était celui d'une jeune fille. »
    Biographie imaginaire, roman d'amour nostalgique, carnet de voyage, "Soie" est un ouvrage aussi subtil et riche que son étoffe. Un voyage littéraire à entreprendre absolument.
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    • Livres 2.00/5
    Par carre, le 06 janvier 2013

    carre
    En publiant mon ressenti sur « soie », je crains de recevoir une volée de bois vert. Car je suis complètement passé à côté. Désespérément hermétique à l'histoire, à l'écriture, un ennui profond me gagnant au fil des pages, bâillements difficiles à contenir, le bouquin de A. Baricco m'a laissé froid, pire indifférent. Devant l'enthousiasme général, je me suis dit, mais qu'est-ce qui t'arrive mon vieux ? fait un effort, voyons. Qu'est qui t'a échappé que les autres ont lu ?
    Devant mes questions sans réponses, le constat est cinglant, j'ai vraiment pas aimé. Je crois bien que je suis irrécupérable. Désolé.
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    • Livres 1.00/5
    Par Woland, le 28 juillet 2014

    Woland
    Seta
    Traduction : Françoise Brun
    ISBN : 9782070419654
    Attention ! Nombreux spoilers ! ;o)
    Bon, ça y est : j'ai chaussé mes gros sabots, arrimé mes crampons, mis mon casque et assuré mon bouclier sans oublier ma masse, je peux me lancer. Je précise que je n'aurais jamais lu "Soie" si ma cadette ne me l'avait demandé. Elle voulait "comprendre." Et le livre était prescrit par l'Education nationale Soi-même dans le cadre de la découverte de "la littérature contemporaine."
    Donc, comme aurait dit le très regretté Coluche - qui était lui-même d'origine italienne - "Soie", c'est l'histoire d'un mec, d'un type, si vous préférez, qui s'appelle Hervé Joncour et qui, au départ, veut faire carrière dans l'armée. Nous sommes à la fin du XIXème siècle, en France. Dans l'armée, Joncour se débrouille plutôt bien mais voilà qu'un jour, arrive un autre mec, sensiblement plus âgé, un dénommé Baldabiou - quel nom, mais où a-t-il pris ce nom, Baricco ! - qui lui dit qu'il y a une fortune à se faire dans la sériciculture, nom savant de l'élevage du ver à soie (eh ! si !). Et Joncour, qui est une bonne pâte, se laisse convaincre.
    Avec le compère Baldabiou, il fait fortune en effet. Il est marié à Hélène, une femme bien gentille, ma foi, ils n'ont pas d'enfant mais, entourés de leurs bombyx du mûrier et de Baldabiou, ils sont heureux.
    Seulement, voilà qu'une maladie attaque le ver à soie. Aïe, pécaïre ! aurait dit Alphonse Daudet. Et notre Hervé Joncour est bien obligé de s'en aller chercher des vers en bonne santé là où ils se trouvent, à savoir le Japon, dans un village tout perdu, là-bas, au loin, très loin dans les terres et où le seigneur du coin lui vend la marchandise au marché noir (belle mentalité, soit-dit en passant ... ).
    Le seigneur en question, qui est impassible soit comme un authentique Indien des plaines, soit comme un vrai samouraï avec tout ce que le terme comporte de dignité et de raffinement (vous choisissez ce que vous préférez ) a aussi une concubine. Et alors, c'est le drame, ou plutôt le coup de foudre : Hervé Joncour tombe éperdument amoureux de la dame.
    Je parie que vous êtes surpris, non ? ...
    Mais il y a mieux : la belle inconnue - il ne saura jamais son nom - se débrouille pour soulever une tenture de soie (une soie arachnéenne, cela va de soi ) et pour glisser dans la main du voyageur sur le départ un minuscule billet avec un ou deux caractères japonais.
    Joncour revient chez lui où il retrouve sa femme, qui lui a déjà dit qu'elle l'aimerait "toujours" et, voyez comment sont les choses, en dépit de cet amour éternel dont il devrait pourtant sentir toute la profondeur, il n'a rien de plus pressé que de se faire traduire le billet de la Japonaise entraperçue sous la soie. Pour ce faire, comme c'est un homme qui ne recule devant rien, il va chez une mère maquerelle du coin qui, ô miracle ! , est elle-même japonaise. Il apprend ainsi que le texte du billet veut dire : "Revenez ou je mourrai."
    ... Dans de telles conditions de passion échevelée, vous pensez bien qu'il va trouver une occasion de repartir pour le Japon, cet homme : après tout, les bombyx sont toujours malades ou alors à peine convalescents ... Ce qui permet d'ailleurs à l'auteur de nous fournir l'un des passages les plus intéressants, les plus "littérature contemporaine" de son oeuvre, dirai-je même, à savoir l'itinéraire détaillé que son héros doit emprunter pour atteindre le Japon. Or, cet itinéraire, non content de nous l'avoir déjà fourni au premier voyage, il nous avait gratifié de son jumeau inversé au retour, et là, il recommence dans l'autre sens : si vous avez beaucoup d'imagination, ça vous fait penser à du Marguerite Duras au mieux de sa forme, voyez ? au temps de "Hiroshima ... Tu n'as rien vu à Hiroshima ..."
    Arrivé chez Hara-kei - le seigneur japonais - Joncour est reçu comme un frère et, la nuit venue, une étreinte torride l'unit soit à la concubine du seigneur, soit à une jeune servante en kimono blanc : c'est le point-clef du livre, celui qu'on n'éclaire pas vraiment. Est-ce ELLE ? N'est-ce pas ELLE ?
    Si Joncour était un peu plus causant par nature, on tomberait dans le monologue shakespearien façon "Hamlet". Mais au lieu de nous interpeller comme le mélancolique prince d'Elseneur, il reprend la route, en sens inverse et si vous voulez le détail de l'itinéraire, achetez le livre et vous l'aurez noir sur blanc, toujours aussi fastidie ... pardon ! toujours aussi monotone et durassien - ou quasi.
    Quand il rentre, Hélène lui assure une fois de plus qu'elle l'aimera toujours. Et là, vous avez presque envie de pleurer, tellement c'est beau, tout ça.
    Ca n'empêche pas Hervé Joncour, le vilain , de repartir pour son quatrième voyage, en octobre 1864. Il emprunte ... l'itinéraire habituel et là, ô surprise (quel suspens ! ), le village est rasé, brûlé, détruit. "La fin du monde", comme pense Hervé Joncour, qui n'a pas pour habitude, le lecteur l'aura compris depuis belle lurette, de mâcher ses pensées.
    Après quelques tribulations, le malheureux reprend la route - en sens inverse, vous avez bien compris, surtout ? Non ? Ce n'est pas grave : Baricco vous redonne l'itinéraire - et il rentre au bercail. Où sa femme - qui ne pleure jamais - l'attend toujours pour lui dire qu'elle l'aimera toujours.
    J'étais bouleversée.
    Et la vie reprend. Et voilà que six mois plus tard à peu près, Joncour reçoit une vilaine enveloppe couleur moutarde (berk ! ) contenant sept feuilles d'un vélin aussi fin que de la soie bien entendu et entièrement recouvertes d'idéogrammes japonais. La maquerelle qui l'avait aidée dans le temps ayant, pour de strictes raisons professionnelles, émigré à Paris, Joncour s'y précipite - l'itinéraire, par contre, n'est pas précisé mais peut-être que, si vous écrivez à l'auteur en ajoutant une enveloppe et les frais de timbre, il vous l'indiquera par la poste ? ), retrouve Madame Blanche - tel est en effet le nom virginal de la maquerelle - et lui demande de traduire sa précieuse lettre. Madame Blanche le fait plus ou moins à contrecoeur - le lecteur un tant soit peu éclairé et obstiné, qui n'a pas encore renoncé au "roman" de Barrico pour se réfugier entre les bras de Morphée ou alors dans les Annales du Disque-Monde, sent bien comme une petite réticence chez elle - et nous obtenons ainsi une leçon pratique de fellation intégrale qui ne saurait manquer d'intéresser toute jeune fille se posant des questions sur la sexualité masculine - et les autres aussi, d'ailleurs, ne soyons pas bêtement bégueules, mesdames.
    Sûr et certain d'avoir, comme le disait l'immortel Tennyson, "eu son jour", Joncour regagne son trou de province. Plus de voyage au Japon certes mais la certitude d'avoir vécu un amour sublime et inoubliable - et alors, point de vue fellation, je ne vous raconte pas, mes amis mais c'était ... c'était ... . Et puis, dans les heures sombres, il lui reste Hélène, qui l'aimera ... etc ...
    N'êtes-vous pas bouleversés, vous aussi ?
    Dix ans après, la Faucheuse s'en vient et s'en repart avec Hélène. Ce sont des choses qui arrivent et Joncour, un homme courageux, un vrai homme (un vrai mec, quoi, vous avez dû vous en rendre compte, tout de même ? ) occupe ses journées de veuf bon teint à fleurir régulièrement sa tombe au cimetière. Qui ne doit pas être très éloigné de là où il habite car, malgré tous mes efforts, je n'ai pu découvrir un seul détail sur le chemin à emprunter : d'où ma conclusion et, si vous avez réussi à me lire jusqu'ici, suivez-vous mon raisonnement ou dois-je préciser ?
    Et puis, un beau jour, il voit, sur la tombe, un bouquet de fleurs exactement semblable à ceux qui ornaient l'antichambre de Madame Blanche. du coup, notre veuf, toujours débordant de courage - après tout, c'est pour la bonne cause - reprend son bâton de pèlerin et file à Paris où la matrone n'est pas très contente de le voir mais finit par lui avouer que la lettre, la fameuse lettre, c'est elle-même qui l'avait écrite, sous la dictée d'Hélène, laquelle savait pertinemment (mais comment le savait-elle, mystère ? A moins que Joncour, si taiseux le jour, n'ait passé tous ses rêves nocturnes en pleine logorrhée verbale et porno ... non, repardon : romantique ? ) que son mari (qu'elle aimait pour toujours) l'avait trompée au Japon.
    C'était le dernier voyage d'Hervé Joncour - avouez que vous êtes soulagés, hein ? Tant mieux : moi aussi. Enfin, l'avant-dernier parce qu'il doit regagner sa province pour y mourir en songeant à ... à qui ?
    A Hélène, sa femme ? A la concubine sans nom de Hara-kei ? A la petite servante en kimono blanc ? A vous de choisir et même si vous osez penser qu'il ne songera une fois de plus qu'à lui-même, merci de venir nous l'exprimer ici : nous vous ferons membre d'honneur de Nota Bene !
    Et tout ça, ça vous fait cent-quarante-deux pages d'une grosse écriture sans complexes chez Folio-Gallimard, avec des phrases plutôt courtes, des ponctuations astucieusement oubliées - pour faire "littérature contemporaine" sans doute - et des "Dit-il" repris systématiquement à la ligne avec une majuscule dont on se demande ce qu'elle fait là quand on est, comme votre servante, une pauvre petite lectrice qui ne comprend manifestement rien la "littérature contemporaine", prescrite ou pas par le Mammouth.
    ... Comment ? Que dites-vous ? ... Avec qui Joncour a-t-il réellement couché au Japon ? ... Eh ! bien, pour moi, c'est avec la jeune servante. Ou alors avec une illusion, un spectre : l'une de nos membres a parlé, à propos de ce "roman", de "vague histoire d'amour ectoplasmique", elle avait bien raison ! Ectoplasmique et arachnéen, même.
    Comme la plus arachnéenne des soies du Japon. Mais sans la splendeur du tissu. Une imitation de très bas-étage d'un conte érotique japonais par un homme dont je ne peux même pas certifier qu'il a lu le grand Tanizaki. Bref, à "Soie" de Baricco, préférez "Le Coupeur de Roseaux" ou "Le Pont Flottant des Songes" de Tanizaki : vous vous poserez peut-être des questions mais au moins vous aurez lu un écrivain - un vrai, pas une contrefaçon, de la vraie soie, pas du polyester.
    Nota Bene : diable ! J'ai fait encore plus long que d'habitude ! Mais rarement un livre m'aura autant porté sur le système ... ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par darkmoon, le 06 octobre 2013

    darkmoon
    "It is a strange grief. To die of nostalgia for something you will never live."
    En 1861, pour sauver les filatures de son village promises à la faillite en raison d'une maladie qui touche tous les vers à soie d'Europe, Hervé Joncour entreprend un voyage qui va le mener au bout du monde. Cet homme est en effet acheteur de vers à soie, et c'est au Japon qu'il sait pouvoir trouver la matière première qui permettra de fabriquer la plus belle soie du monde. Après un très long périple, il va immédiatement tomber sous le charme de ce pays inconnu, et d'une femme mystérieuse qu'il y rencontre.
    Dans un style épuré et d'une grande concision, Alessando Baricco narre de manière répétitive les allers-retours d'Hervé Joncour d'un pays à l'autre. Ce mécanisme, qui pourrait à la longue paraître lassant, apporte au contraire beaucoup de poésie, de musicalité, et donne un caractère magique au récit. Et si Hervé Joncour semble au début subir tout cela de manière passive et indifférente, son personnage évolue au fil du temps et de ses nombreux voyages. Mais il évolue de manière lente et légère, à l'image du rythme de la narration. Ainsi on découvre son histoire à travers un rythme fluide et doux. le style est aussi beau que le fond, ce roman nous emmène en orient et le lecteur voyage en même temps qu'Hervé Joncour. J'ai beaucoup aimé ce roman, qui est très imagé. En effet chaque détail est décrit de façon précise, s'attardant sur chaque geste, chaque millimètre de vie comme si la moindre petite chose était un monde.
    Un très beau roman aussi délicat que son titre, ode à la lenteur, la mélancolie et les amours impossibles, sur l'attrait de l'ailleurs, de l'exotisme, et l'oubli, presque inconscient, du proche...
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Citations et extraits

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  • Par Testifly, le 25 septembre 2013

    Mon seigneur bien-aimé, n’aie pas peur, ne bouge pas, garde le silence, personne ne nous verra. Reste ainsi, je veux te regarder, je t’ai tellement regardé mais tu n’étais pas pour moi et à présent tu es pour moi, nous avons une nuit pour nous seuls, et je veux te regarder, jamais je ne t’ai vu ainsi, ton corps pour moi, ta peau, ferme les yeux, et caresse-toi, je t’en prie, n’ouvre pas les yeux, si tu le peux, et caresse-toi, tes mains sont si belles, j’ai rêvé d’elle tant de fois que je veux les voir maintenant, j’aime les voir ainsi sur ta peau, continue je t’en prie, n’ouvre pas les yeux, je suis là, personne ne peut nous voir et je suis près de toi, caresse-toi mon bien-aimé seigneur, […] je t’en prie, tout doucement, […] n’ouvre pas les yeux, pas encore, tu ne dois pas avoir peur, je suis près de toi m’entends-tu ? je suis là, à te frôler, c’est de la soie, la sens-tu ? c’est la soie de ma robe, n’ouvre pas les yeux et tu auras ma peau, tu auras mes lèvres, quand je te toucherai pour la première fois ce sera avec mes lèvres, tu ne sauras pas où, à un certain moment tu sentiras la chaleur de mes lèvres, sur toi tu ne sauras pas où si tu n’ouvres pas les yeux, ne les ouvre pas, tu sentiras ma bouche, tu ne sauras pas où, tout à coup, ce sera peut-être dans tes yeux, j’appuierai ma bouche sur tes paupières et sur tes cils, tu sentiras la chaleur pénétrer à l’intérieur de ta tête, et mes lèvres dans tes yeux, dedans, […] et puis à la fin je baiserai ton cœur, parce que je te veux, je mordrai la peau qui bat sur ton cœur, parce que je te veux, et quand j’aurai ton cœur sous mes lèvres tu seras à moi vraiment avec ma bouche dans ton cœur tu seras à moi, pour toujours, si tu ne me crois pas alors ouvre les yeux mon bien-aimé seigneur et regarde-moi, je suis là, quelqu’un pourra-t-il jamais effacer cet instant, mon corps que la soie ne recouvre plus, tes mains qui le touchent, tes yeux qui le regardent, […] mon corps sur le tien, ton dos qui me soulève, tes bras qui ne me laissent pas partir, […] je vois tes yeux chercher les miens, […] il n’y a pas de fin, cela ne peut finir, ne le vois-tu pas ? personne jamais ne pourra effacer cet instant, pour toujours tu lanceras ta tête en arrière, en criant, pour toujours je fermerai les yeux, laissant mes larmes se détacher de mes cils, ma voix dans la tienne, ta violence à me tenir serrée, il n’y a plus de temps pour fuir ni de force pour résister, cet instant-là devait être, cet instant est, crois-moi mon bien aimé seigneur, et cet instant sera, maintenant et à jamais, il sera jusqu’à la fin. Nous ne nous verrons plus, mon seigneur. Ce qui était pour nous, nous l’avons fait, et vous le savez. Croyez-moi : nous l’avons fait pour toujours. Gardez votre vie l’abri de moi. Et n’hésitez pas un instant, si c’est utile à votre bonheur, à oublier cette femme qui à présent vous dit, sans regret, adieu.
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  • Par Ode, le 06 octobre 2013

    — Les Japonais sont résignés à vendre leur soie. Mais leurs œufs, non. Ils les gardent pour eux. Et celui qui essaie d'en faire sortir de l'île commet un crime.

    Les producteurs de soie de Lavilledieu étaient, à des degrés variables, des gentlemen, jamais ils n'auraient songé à enfreindre une quelconque loi dans leur pays. L'hypothèse de le faire à l'autre bout du monde leur parut, cependant, raisonnablement sensée.
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  • Par Persepolis, le 06 juillet 2010

    C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre.
    On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.

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  • Par poussieresdetoiles, le 08 octobre 2014

    Ceci n'est pas un roman. Ni même un récit. C'est une histoire. Elle commence avec un homme qui traverse le monde et fini avec un lac qui est là. Comme ça, dans les journées du vent. L'homme s'appelle Hérvé Joncour. Le lac, on ne sait pas. On pourrait dire que c'est une histoire d'amour. Mais si c'était seulement ça, ça ne vaudrait pas la peine de la raconter. Il y a aussi dans cette histoire des désirs et des souffrances, de celle qu'on connaît parfaitement, mais le vrai nom pour les dire, on ne le trouve jamais. Et de toutes façons, ce n'est pas amour. (C'est très ancien, ça. Quand on a pas de nom pour dire les choses, on se sert d'une histoire. Ça fonctionne comme ça. Depuis des siècles.) Toutes les histoires ont leur musique. Celle-ci a une musique blanche. C'est important de le dire, parce que la musique blanche est une drôle de musique, déconcertante quelquefois : elle se joue doucement, et elle se danse lentement. Quand elle est bien jouée, c'est comme si on entendait jouer le silence, et ceux qui la dansent comme des dieux, on les regarde et on a l'impression qu'ils ne bougent pas. C'est terriblement difficile, la musique blanche. Il n'y a pas grand-chose à ajouter. Peut-être faudrait-il préciser que l'histoire se passe au XIXe siècle : juste pour que personne ne s'attende à y trouver des avions, des machines à laver et des psychanalystes. Il n'y en a pas ici. Une autre fois peut-être."
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  • Par liliba, le 28 mai 2010

    Devant lui, il vit l'immense volière, avec ses portes grandes ouvertes, absolument vide. Et devant la volière, une femme. Il ne regarda pas autour de lui et continua simplement à marcher, lentement, ne s'arrêtant que lorsqu'il fut face à elle.
    Ses yeux n'avaient pas une forme orientale, et son visage était celui d'une jeune fille.
    Hervé Joncour fit un pas vers elle, tendit le bras et ouvrit la main. Sur sa paume, il y avait un billet, plié en quatre. Elle le vit et son visage tout entier se mit à sourire. Elle posa sa main sur celle d'Hervé Joncour, serra avec douceur, s'attarda un instant, puis la retira, gardant entre ses doigts ce billet qui avait fait le tour du monde. Elle l'avait à peine caché dans un pli de son vêtement que la voix d'Hara Kei se fit entendre.
    — Soyez le bienvenu, mon ami français.
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Vidéo de Alessandro Baricco


Marc Pierini présente Alessandro Baricco, "soie", Tishina
En 1861, une maladie ravage les élevages européens de vers à soie. Hervé Joncour, trente-deux ans, marié à une femme discrète, est chargé par les magnaneries...











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