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ISBN : 2070455718
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 1691 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Plus que le mortel ennui d'une vie répétitive, c'est une indifférence, une absence de résistance à la vie que Baricco suggère en ouvrant son roman par quelques phrases laconiques, purement énonciatives. Au début, Hervé Joncour fait penser à un spectateur repu qui se ref... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Gwen21, le 04 décembre 2012

    Gwen21
    Il ne vous faudra pas plus d'une heure pour lire ce très bref récit qui, pour moi, tient davantage de la nouvelle que du roman.
    Ma surprise a été grande de découvrir le style d'Alessandro Baricco dont j'ignorais jusqu'alors tout de l'oeuvre. J'avais beaucoup entendu parler de "Soie", en bien. Et, effectivement, je ne pense pas que l'on puisse vraiment en parler "en mal" étant donné que le style est parfaitement maîtrisé et qu'on sent chez l'auteur une très grande "expertise" de la narration. Bon, pour un écrivain qui a créé une école de la narration, c'est le minimum syndical.
    Cependant, je suis surprise que "Soie" ait été l'objet d'un tel encensement. J'ai souvent eu l'impression de lire un exercice de rédaction qui aurait obtenu la meilleure note de sa classe mais je n'ai pas ressenti d'émotion particulière à suivre les voyages répétés (comme les descriptifs de ces derniers d'ailleurs qui ne varient que d'un mot) d'Hervé Joncour, le héros.
    L'intensité, la passion et la ferveur tant louées par la critique ont été pour moi les grands absents de l'oeuvre. Aucune description de personnage, quasiment aucune description de paysages ou d'environnement, la trame du récit réduite à sa plus chiche expression, laissant le lecteur soit complètement libre de se créer lui-même des personnages à sa convenance, soit de rester désemparé devant un tel effort à fournir.
    Aussi mince et fragile que le fil précieux tissé par les vers à soie dont il est question, l'intrigue amoureuse qui se noue entre Hervé Joncour, sa femme Hélène, et la belle geisha qui inspire au premier une passion que l'on se doit de deviner "vive" m'a laissée, quant à moi, parfaitement indifférente. Je n'ai pas été saisie par la poésie de cette idylle, à peine ai-je souri d'aise à lire la métaphore des oiseaux encagés que j'ai trouvé traitée sans subtilité particulière.
    Attention, ne vous méprenez pas, le texte est beau, particulièrement quand approche le dénouement mais j'ai regretté la transparence des personnages, à peine ébauchés comme sur une sanguine, sans contours précis. Je n'ai pas réussi à m'attacher à un personnage principal exclusivement appelé par ses PRENOM+NOM et dont j'ignore s'il est brun ou blond, grand ou petit, gros ou maigre. Idem pour tous les autres personnages, y compris les féminins ce qui est encore plus regrettable à mon sens.
    Il s'agit donc d'un récit bref, lisse, académique et non exempt d'une certaine froideur, pareille à celle de l'étoffe de soie qui glisse dans votre paume et y laisse sa douceur et sa beauté de manière fugitive et éphémère. On voudrait pouvoir retenir le texte, le fouiller, s'y lover mais, hélas, c'est déjà la fin.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ode, le 10 septembre 2013

    Ode
    Ah ! mes amis, quel livre ! L'écriture d'Alessandro Baricco a l'exotisme et la poésie de François Cheng, la concision de Pascal Quignard. Voici un prodige de la littérature !
    1861 : à l'heure où d'autres se ruent vers l'Ouest à la recherche d'or, le Français Hervé Joncour se rend régulièrement vers l'Est, pour gagner le lointain Japon à la recherche d'oeufs plus précieux que l'or. Ces coûteuses expéditions vont sauver la production de soie de Lavilledieu, dont les vers sont décimés par une maladie inconnue. Tandis qu'Hervé Joncour se laisse gagner par un amour mystérieux...
    Avec 140 pages bien aérées, "Soie" pourrait être pris pour une nouvelle. Or s'en dégage la puissance évocatrice d'un grand roman. Ceci vient d'une narration brillante et économe, d'autant plus forte qu'elle stimule l'imagination. Comme un concentré de mots qui se déploie dans notre cerveau à la lecture.
    Le style travaillé n'est pas froid, bien au contraire. Complice, Alessandro Baricco jalonne son récit de repères et de formules, familiarisant ainsi le lecteur avec ses personnages et leurs aventures. Par exemple, pour montrer qu'Hervé Joncour se laisse porter par son destin, il va introduire l'image de l'homme qui regarde pleuvoir sa vie, et la rappeler aux moments clés de l'histoire. « Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille. »
    Ou bien le long voyage de 8000 kilomètres depuis Lavilledieu jusqu'au Japon, décrit en à peine une page et répété à chaque expédition, avec de subtiles variantes dans le texte comme un jeu des "sept différences".
    Ou encore la femme fascinante aperçue au Japon et reconnue ainsi : « Ses yeux n'avaient pas une forme orientale, et son visage était celui d'une jeune fille. »
    Biographie imaginaire, roman d'amour nostalgique, carnet de voyage, "Soie" est un ouvrage aussi subtil et riche que son étoffe. Un voyage littéraire à entreprendre absolument.
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    • Livres 5.00/5
    Par Coriolis, le 29 mai 2015

    Coriolis
    Flaubert abandonnera bientôt les faubourgs de Carthage, laissant Mégara orphelin. La dernière page de Salammbô sera bientôt écrite. En cette année de 1861, pendant que l'auteur pose un regard appliqué sur ses mots, Hervé Joncour, âgé de trente-deux ans, s'apprête à quitter Lavilledieu. L'homme est sur le point d'embrasser une carrière militaire quand une rencontre le mène vers la sériciculture. La Soie, matière animale, noble et vivante devrait lui permettre désormais de gagner confortablement sa vie. Une vie qu'il croyait pourtant toute tracée dans ce village du midi de la France. Une vie, que rien ne saurait perturber, passée auprès de son épouse Hélène. Mais il est déjà l'heure de partir, de quitter cette existence sans heurts, plongée dans le doux ronronnement d'une routine bienveillante. Il est temps d'entreprendre un long voyage pour le Japon et d'acheter des vers à Soie d'une qualité exceptionnelle et sains. Un périple pour l'Asie qui s'avère impératif. Les élevages européens subissent alors une épidémie qui les déciment lentement et entraînent les hommes du métier vers la ruine. Joncour part, avalant kilomètres après kilomètres, franchit des montagnes et traverse des océans vers un Ailleurs qu'il ne connaît qu'en rêves. Là-bas, quelque chose le mènera bien au-delà de la distance qui le sépare de sa terre. Un événement furtif comme la caresse de la Soie la plus fine sur une peau. Là-bas, sur ce continent où sensualité et pudeur se rejoignent en une étreinte idéale, il croise le regard d'une femme. le regard de la femme. « Deux yeux qui n'avaient pas une forme orientale ». Deux prunelles intruses sur un visage d'une étonnante jeunesse. Deux gouttes d'opium qui animent intensément son sang. Ce simple regard suffira à faire voler en éclats ses certitudes et déclencher un brasier dans son existence qui semblait éteinte.
    Alessandro Barrico a le don d'entraîner le lecteur bien loin des pages qu'il parcourt. Entre amours contrariées, caprices du destin et libre-arbitre, il livre ici une oeuvre amoureuse et enveloppante dans laquelle on se laisse doucement bercer. Tout en retenue et suggestions habiles, son écriture est propice à l'évasion et au lâcher prise. Et l'on prend plaisir à se perdre dans cette récréation japonisante qui offre un dénouement inattendu et riche en émotions.Un livre dans lequel on aime à se lover, feutré comme un cocon, et dont on espère conserver un souvenir intact le plus longtemps possible.



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    • Livres 2.00/5
    Par carre, le 06 janvier 2013

    carre
    En publiant mon ressenti sur « Soie », je crains de recevoir une volée de bois vert. Car je suis complètement passé à côté. Désespérément hermétique à l'histoire, à l'écriture, un ennui profond me gagnant au fil des pages, bâillements difficiles à contenir, le bouquin de A. Baricco m'a laissé froid, pire indifférent. Devant l'enthousiasme général, je me suis dit, mais qu'est-ce qui t'arrive mon vieux ? fait un effort, voyons. Qu'est qui t'a échappé que les autres ont lu ?
    Devant mes questions sans réponses, le constat est cinglant, j'ai vraiment pas aimé. Je crois bien que je suis irrécupérable. Désolé.
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    • Livres 1.00/5
    Par Woland, le 28 juillet 2014

    Woland
    Seta
    Traduction : Françoise Brun
    ISBN : 9782070419654
    Attention ! Nombreux spoilers ! ;o)
    Bon, ça y est : j'ai chaussé mes gros sabots, arrimé mes crampons, mis mon casque et assuré mon bouclier sans oublier ma masse, je peux me lancer. Je précise que je n'aurais jamais lu "Soie" si ma cadette ne me l'avait demandé. Elle voulait "comprendre." Et le livre était prescrit par l'Education nationale Soi-même dans le cadre de la découverte de "la littérature contemporaine."
    Donc, comme aurait dit le très regretté Coluche - qui était lui-même d'origine italienne - "Soie", c'est l'histoire d'un mec, d'un type, si vous préférez, qui s'appelle Hervé Joncour et qui, au départ, veut faire carrière dans l'armée. Nous sommes à la fin du XIXème siècle, en France. Dans l'armée, Joncour se débrouille plutôt bien mais voilà qu'un jour, arrive un autre mec, sensiblement plus âgé, un dénommé Baldabiou - quel nom, mais où a-t-il pris ce nom, Baricco ! - qui lui dit qu'il y a une fortune à se faire dans la sériciculture, nom savant de l'élevage du ver à soie (eh ! si !). Et Joncour, qui est une bonne pâte, se laisse convaincre.
    Avec le compère Baldabiou, il fait fortune en effet. Il est marié à Hélène, une femme bien gentille, ma foi, ils n'ont pas d'enfant mais, entourés de leurs bombyx du mûrier et de Baldabiou, ils sont heureux.
    Seulement, voilà qu'une maladie attaque le ver à soie. Aïe, pécaïre ! aurait dit Alphonse Daudet. Et notre Hervé Joncour est bien obligé de s'en aller chercher des vers en bonne santé là où ils se trouvent, à savoir le Japon, dans un village tout perdu, là-bas, au loin, très loin dans les terres et où le seigneur du coin lui vend la marchandise au marché noir (belle mentalité, soit-dit en passant ... ).
    Le seigneur en question, qui est impassible soit comme un authentique Indien des plaines, soit comme un vrai samouraï avec tout ce que le terme comporte de dignité et de raffinement (vous choisissez ce que vous préférez ) a aussi une concubine. Et alors, c'est le drame, ou plutôt le coup de foudre : Hervé Joncour tombe éperdument amoureux de la dame.
    Je parie que vous êtes surpris, non ? ...
    Mais il y a mieux : la belle inconnue - il ne saura jamais son nom - se débrouille pour soulever une tenture de soie (une soie arachnéenne, cela va de soi ) et pour glisser dans la main du voyageur sur le départ un minuscule billet avec un ou deux caractères japonais.
    Joncour revient chez lui où il retrouve sa femme, qui lui a déjà dit qu'elle l'aimerait "toujours" et, voyez comment sont les choses, en dépit de cet amour éternel dont il devrait pourtant sentir toute la profondeur, il n'a rien de plus pressé que de se faire traduire le billet de la Japonaise entraperçue sous la soie. Pour ce faire, comme c'est un homme qui ne recule devant rien, il va chez une mère maquerelle du coin qui, ô miracle ! , est elle-même japonaise. Il apprend ainsi que le texte du billet veut dire : "Revenez ou je mourrai."
    ... Dans de telles conditions de passion échevelée, vous pensez bien qu'il va trouver une occasion de repartir pour le Japon, cet homme : après tout, les bombyx sont toujours malades ou alors à peine convalescents ... Ce qui permet d'ailleurs à l'auteur de nous fournir l'un des passages les plus intéressants, les plus "littérature contemporaine" de son oeuvre, dirai-je même, à savoir l'itinéraire détaillé que son héros doit emprunter pour atteindre le Japon. Or, cet itinéraire, non content de nous l'avoir déjà fourni au premier voyage, il nous avait gratifié de son jumeau inversé au retour, et là, il recommence dans l'autre sens : si vous avez beaucoup d'imagination, ça vous fait penser à du Marguerite Duras au mieux de sa forme, voyez ? au temps de "Hiroshima ... Tu n'as rien vu à Hiroshima ..."
    Arrivé chez Hara-kei - le seigneur japonais - Joncour est reçu comme un frère et, la nuit venue, une étreinte torride l'unit soit à la concubine du seigneur, soit à une jeune servante en kimono blanc : c'est le point-clef du livre, celui qu'on n'éclaire pas vraiment. Est-ce ELLE ? N'est-ce pas ELLE ?
    Si Joncour était un peu plus causant par nature, on tomberait dans le monologue shakespearien façon "Hamlet". Mais au lieu de nous interpeller comme le mélancolique prince d'Elseneur, il reprend la route, en sens inverse et si vous voulez le détail de l'itinéraire, achetez le livre et vous l'aurez noir sur blanc, toujours aussi fastidie ... pardon ! toujours aussi monotone et durassien - ou quasi.
    Quand il rentre, Hélène lui assure une fois de plus qu'elle l'aimera toujours. Et là, vous avez presque envie de pleurer, tellement c'est beau, tout ça.
    Ca n'empêche pas Hervé Joncour, le vilain , de repartir pour son quatrième voyage, en octobre 1864. Il emprunte ... l'itinéraire habituel et là, ô surprise (quel suspens ! ), le village est rasé, brûlé, détruit. "La fin du monde", comme pense Hervé Joncour, qui n'a pas pour habitude, le lecteur l'aura compris depuis belle lurette, de mâcher ses pensées.
    Après quelques tribulations, le malheureux reprend la route - en sens inverse, vous avez bien compris, surtout ? Non ? Ce n'est pas grave : Baricco vous redonne l'itinéraire - et il rentre au bercail. Où sa femme - qui ne pleure jamais - l'attend toujours pour lui dire qu'elle l'aimera toujours.
    J'étais bouleversée.
    Et la vie reprend. Et voilà que six mois plus tard à peu près, Joncour reçoit une vilaine enveloppe couleur moutarde (berk ! ) contenant sept feuilles d'un vélin aussi fin que de la soie bien entendu et entièrement recouvertes d'idéogrammes japonais. La maquerelle qui l'avait aidée dans le temps ayant, pour de strictes raisons professionnelles, émigré à Paris, Joncour s'y précipite - l'itinéraire, par contre, n'est pas précisé mais peut-être que, si vous écrivez à l'auteur en ajoutant une enveloppe et les frais de timbre, il vous l'indiquera par la poste ? ), retrouve Madame Blanche - tel est en effet le nom virginal de la maquerelle - et lui demande de traduire sa précieuse lettre. Madame Blanche le fait plus ou moins à contrecoeur - le lecteur un tant soit peu éclairé et obstiné, qui n'a pas encore renoncé au "roman" de Barrico pour se réfugier entre les bras de Morphée ou alors dans les Annales du Disque-Monde, sent bien comme une petite réticence chez elle - et nous obtenons ainsi une leçon pratique de fellation intégrale qui ne saurait manquer d'intéresser toute jeune fille se posant des questions sur la sexualité masculine - et les autres aussi, d'ailleurs, ne soyons pas bêtement bégueules, mesdames.
    Sûr et certain d'avoir, comme le disait l'immortel Tennyson, "eu son jour", Joncour regagne son trou de province. Plus de voyage au Japon certes mais la certitude d'avoir vécu un amour sublime et inoubliable - et alors, point de vue fellation, je ne vous raconte pas, mes amis mais c'était ... c'était ... . Et puis, dans les heures sombres, il lui reste Hélène, qui l'aimera ... etc ...
    N'êtes-vous pas bouleversés, vous aussi ?
    Dix ans après, la Faucheuse s'en vient et s'en repart avec Hélène. Ce sont des choses qui arrivent et Joncour, un homme courageux, un vrai homme (un vrai mec, quoi, vous avez dû vous en rendre compte, tout de même ? ) occupe ses journées de veuf bon teint à fleurir régulièrement sa tombe au cimetière. Qui ne doit pas être très éloigné de là où il habite car, malgré tous mes efforts, je n'ai pu découvrir un seul détail sur le chemin à emprunter : d'où ma conclusion et, si vous avez réussi à me lire jusqu'ici, suivez-vous mon raisonnement ou dois-je préciser ?
    Et puis, un beau jour, il voit, sur la tombe, un bouquet de fleurs exactement semblable à ceux qui ornaient l'antichambre de Madame Blanche. du coup, notre veuf, toujours débordant de courage - après tout, c'est pour la bonne cause - reprend son bâton de pèlerin et file à Paris où la matrone n'est pas très contente de le voir mais finit par lui avouer que la lettre, la fameuse lettre, c'est elle-même qui l'avait écrite, sous la dictée d'Hélène, laquelle savait pertinemment (mais comment le savait-elle, mystère ? A moins que Joncour, si taiseux le jour, n'ait passé tous ses rêves nocturnes en pleine logorrhée verbale et porno ... non, repardon : romantique ? ) que son mari (qu'elle aimait pour toujours) l'avait trompée au Japon.
    C'était le dernier voyage d'Hervé Joncour - avouez que vous êtes soulagés, hein ? Tant mieux : moi aussi. Enfin, l'avant-dernier parce qu'il doit regagner sa province pour y mourir en songeant à ... à qui ?
    A Hélène, sa femme ? A la concubine sans nom de Hara-kei ? A la petite servante en kimono blanc ? A vous de choisir et même si vous osez penser qu'il ne songera une fois de plus qu'à lui-même, merci de venir nous l'exprimer ici : nous vous ferons membre d'honneur de Nota Bene !
    Et tout ça, ça vous fait cent-quarante-deux pages d'une grosse écriture sans complexes chez Folio-Gallimard, avec des phrases plutôt courtes, des ponctuations astucieusement oubliées - pour faire "littérature contemporaine" sans doute - et des "Dit-il" repris systématiquement à la ligne avec une majuscule dont on se demande ce qu'elle fait là quand on est, comme votre servante, une pauvre petite lectrice qui ne comprend manifestement rien la "littérature contemporaine", prescrite ou pas par le Mammouth.
    ... Comment ? Que dites-vous ? ... Avec qui Joncour a-t-il réellement couché au Japon ? ... Eh ! bien, pour moi, c'est avec la jeune servante. Ou alors avec une illusion, un spectre : l'une de nos membres a parlé, à propos de ce "roman", de "vague histoire d'amour ectoplasmique", elle avait bien raison ! Ectoplasmique et arachnéen, même.
    Comme la plus arachnéenne des soies du Japon. Mais sans la splendeur du tissu. Une imitation de très bas-étage d'un conte érotique japonais par un homme dont je ne peux même pas certifier qu'il a lu le grand Tanizaki. Bref, à "Soie" de Baricco, préférez "Le Coupeur de Roseaux" ou "Le Pont Flottant des Songes" de Tanizaki : vous vous poserez peut-être des questions mais au moins vous aurez lu un écrivain - un vrai, pas une contrefaçon, de la vraie soie, pas du polyester.
    Nota Bene : diable ! J'ai fait encore plus long que d'habitude ! Mais rarement un livre m'aura autant porté sur le système ... ;o)
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Citations et extraits

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  • Par Plumette, le 26 juillet 2015

    Puisque Baldabiou en avait décidé ainsi, Hervé Joncour repartit pour le Japon le premier jour d'octobre. Il passa la frontière française près de Metz, traversa le Wurtemberg et la Bavière, pénétra en Autriche, atteignit par le train Vienne puis Budapest et poursuivit jusqu'à Kiev. Il parcourut à cheval deux mille kilomètres de steppe russe, franchit les monts Oural, entra en Sibérie, voyagea pendant quarante jours avant d'atteindre le lac Baïkal, que les gens de l'endroit appelaient : le démon. Il redescendit le cours du fleuve Amour, longeant la frontière chinoise jusqu'à l'Océan, et quand il fut à l'Océan, resta onze jours dans le port de Sabirk en attendant qu'un navire de contrebandiers hollandais l'amène à Capo Teraya, sur la côte ouest du Japon. À pied, en empruntant des routes secon daires, il traversa les provinces d'Ishikawa, Toyama, Niigata, pénétra dans celle de Fukushima et arriva près de la ville de Shirakawa, qu'il contourna par l'est, puis attendit pendant deux jours un homme vêtu de noir qui lui banda les yeux et le conduisit au village d'Hara Kei.
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  • Par Plumette, le 26 juillet 2015

    Puisque Baldabiou en avait décidé ainsi, Hervé Joncour repartit pour le Japon le premier jour d'octobre. Il passa la frontière française près de Metz, traversa le Wurtemberg et la Bavière, pénétra en Autriche, atteignit par le train Vienne puis Budapest et poursuivit jusqu'à Kiev. Il parcourut à cheval deux mille kilomètres de steppe russe, franchit les monts Oural, entra en Sibérie, voyagea pendant quarante jours avant d'atteindre le lac Baïkal, que les gens de l'endroit appelaient : le démon. Il redescendit le cours du fleuve Amour, longeant la frontière chinoise jusqu'à l'Océan, et quand il fut à l'Océan, resta onze jours dans le port de Sabirk en attendant qu'un navire de contrebandiers hollandais l'amène à Capo Teraya, sur la côte ouest du Japon. À pied, en empruntant des routes secon daires, il traversa les provinces d'Ishikawa, Toyama, Niigata, pénétra dans celle de Fukushima et arriva près de la ville de Shirakawa, qu'il contourna par l'est, puis attendit pendant deux jours un homme vêtu de noir qui lui banda les yeux et le conduisit au village d'Hara Kei.
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  • Par Plumette, le 26 juillet 2015

    Tout à coup, sans bouger le moins du monde, cette jeune fille ouvrit les yeux. Hervé Joncour ne s'arrêta pas de parler mais baissa instinctivement les yeux vers elle, et ce qu'il vit, sans s'arrêter de parler, c'était que ces yeux- là n' avaient pas une forme orientale, et qu'ils étaient, avec une intensité déconcertante, pointés sur lui : comme s'ils n'avaient rien fait d'autre depuis le début, sous les paupières. Hervé Joncour tourna le regard ailleurs, avec tout le naturel dont il fut capable, essayant de continuer son récit sans que rien, dans sa voix, ne paraisse différent.
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  • Par SophieCarotte, le 21 juillet 2015

    Je dois vous communiquer quelque chose de très important monsieur. Nous sommes tous répugnants. Nous sommes tous merveilleux, et nous sommes tous répugnants.

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  • Par Danieljean, le 17 juillet 2015

    On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.

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