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ISBN : 2070455718
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 1725 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :


Plus que le mortel ennui d'une vie répétitive, c'est une indifférence, une absence de résistance à la vie que Baricco suggère en ouvrant son roman par quelques phrases laconiques, purement énonciatives.

Au début, Hervé Joncour fait penser... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Gwen21, le 04 décembre 2012

    Gwen21
    Il ne vous faudra pas plus d'une heure pour lire ce très bref récit qui, pour moi, tient davantage de la nouvelle que du roman.
    Ma surprise a été grande de découvrir le style d'Alessandro Baricco dont j'ignorais jusqu'alors tout de l'oeuvre. J'avais beaucoup entendu parler de "Soie", en bien. Et, effectivement, je ne pense pas que l'on puisse vraiment en parler "en mal" étant donné que le style est parfaitement maîtrisé et qu'on sent chez l'auteur une très grande "expertise" de la narration. Bon, pour un écrivain qui a créé une école de la narration, c'est le minimum syndical.
    Cependant, je suis surprise que "Soie" ait été l'objet d'un tel encensement. J'ai souvent eu l'impression de lire un exercice de rédaction qui aurait obtenu la meilleure note de sa classe mais je n'ai pas ressenti d'émotion particulière à suivre les voyages répétés (comme les descriptifs de ces derniers d'ailleurs qui ne varient que d'un mot) d'Hervé Joncour, le héros.
    L'intensité, la passion et la ferveur tant louées par la critique ont été pour moi les grands absents de l'oeuvre. Aucune description de personnage, quasiment aucune description de paysages ou d'environnement, la trame du récit réduite à sa plus chiche expression, laissant le lecteur soit complètement libre de se créer lui-même des personnages à sa convenance, soit de rester désemparé devant un tel effort à fournir.
    Aussi mince et fragile que le fil précieux tissé par les vers à soie dont il est question, l'intrigue amoureuse qui se noue entre Hervé Joncour, sa femme Hélène, et la belle geisha qui inspire au premier une passion que l'on se doit de deviner "vive" m'a laissée, quant à moi, parfaitement indifférente. Je n'ai pas été saisie par la poésie de cette idylle, à peine ai-je souri d'aise à lire la métaphore des oiseaux encagés que j'ai trouvé traitée sans subtilité particulière.
    Attention, ne vous méprenez pas, le texte est beau, particulièrement quand approche le dénouement mais j'ai regretté la transparence des personnages, à peine ébauchés comme sur une sanguine, sans contours précis. Je n'ai pas réussi à m'attacher à un personnage principal exclusivement appelé par ses PRENOM+NOM et dont j'ignore s'il est brun ou blond, grand ou petit, gros ou maigre. Idem pour tous les autres personnages, y compris les féminins ce qui est encore plus regrettable à mon sens.
    Il s'agit donc d'un récit bref, lisse, académique et non exempt d'une certaine froideur, pareille à celle de l'étoffe de soie qui glisse dans votre paume et y laisse sa douceur et sa beauté de manière fugitive et éphémère. On voudrait pouvoir retenir le texte, le fouiller, s'y lover mais, hélas, c'est déjà la fin.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ode, le 10 septembre 2013

    Ode
    Ah ! mes amis, quel livre ! L'écriture d'Alessandro Baricco a l'exotisme et la poésie de François Cheng, la concision de Pascal Quignard. Voici un prodige de la littérature !
    1861 : à l'heure où d'autres se ruent vers l'Ouest à la recherche d'or, le Français Hervé Joncour se rend régulièrement vers l'Est, pour gagner le lointain Japon à la recherche d'oeufs plus précieux que l'or. Ces coûteuses expéditions vont sauver la production de soie de Lavilledieu, dont les vers sont décimés par une maladie inconnue. Tandis qu'Hervé Joncour se laisse gagner par un amour mystérieux...
    Avec 140 pages bien aérées, "Soie" pourrait être pris pour une nouvelle. Or s'en dégage la puissance évocatrice d'un grand roman. Ceci vient d'une narration brillante et économe, d'autant plus forte qu'elle stimule l'imagination. Comme un concentré de mots qui se déploie dans notre cerveau à la lecture.
    Le style travaillé n'est pas froid, bien au contraire. Complice, Alessandro Baricco jalonne son récit de repères et de formules, familiarisant ainsi le lecteur avec ses personnages et leurs aventures. Par exemple, pour montrer qu'Hervé Joncour se laisse porter par son destin, il va introduire l'image de l'homme qui regarde pleuvoir sa vie, et la rappeler aux moments clés de l'histoire. « Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille. »
    Ou bien le long voyage de 8000 kilomètres depuis Lavilledieu jusqu'au Japon, décrit en à peine une page et répété à chaque expédition, avec de subtiles variantes dans le texte comme un jeu des "sept différences".
    Ou encore la femme fascinante aperçue au Japon et reconnue ainsi : « Ses yeux n'avaient pas une forme orientale, et son visage était celui d'une jeune fille. »
    Biographie imaginaire, roman d'amour nostalgique, carnet de voyage, "Soie" est un ouvrage aussi subtil et riche que son étoffe. Un voyage littéraire à entreprendre absolument.
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    • Livres 4.00/5
    Par Moovanse, le 23 juin 2015

    Moovanse

    «On posa sur ces yeux un linge mouillé ….
    Hervé Joncour sentit l'eau couler sur son corps … de l'eau comme de l'huile. Et un étrange silence, tout autour. Il sentit la légèreté d'un voile de soie venir se poser sur lui. Et les mains d'une femme – d'une femme – qui l'essuyaient en caressant sa peau, partout ces mains, et cette étoffe tissée de rien. Pas un instant il ne bougea, pas même quand il sentit les mains remonter de ses épaules à son cou, et les doigts – la soie, les doigts – monter jusqu'à ses lèvres, les effleurer, une fois, lentement, puis disparaître. »
    Délicieux, silencieux, enveloppant, raffiné, et d'une extrême lenteur : voici donc toute l'atmosphère de « Soie » ainsi résumée.
    Il suffit juste de fermer les yeux et de s'abandonner …
    Il suffit … juste,
    Sinon le charme n'opère pas.
    Roman ? Nouvelle ? Ou même poème ? Ce tout petit livre est inclassable avec son « Rien » d'histoire et son « Tout » suggéré.
    Moi je le vois comme une estampe, une estampe environnée de brumes : fascinante, il faudra la regarder longuement, s'imprégner de la grâce des traits, de la finesse des contours, de la délicatesse des couleurs, pour que derrière le voile surgisse la limpidité d'un petit moment d'éternité.
    Parce qu'avec « Soie » on ne s'attache pas à l'histoire, celle d'Hervé Joncour, négociant ardéchois sériculteur qui, pour les besoins de son métier et de son village, est amené à faire plusieurs voyages à cet autre bout de la Terre qu'est à l'époque le Japon : elle est minimaliste et n'a au fond, pas beaucoup d'importance puisque l'auteur ne nous donne guère de détails sur le pourtant long périple de ces voyages, pas plus qu'il nous renseigne sur les moeurs, les coutumes ou même les paysages de ce Japon fermé du 19 éme siècle.
    Ce n'est donc pas le voyage qui importe, ni les pays qu'il relie, c'est une fulgurance, un croisement de regards, l'opium d'une troublante rencontre à l'autre bout du monde, l'éblouissement d'une vie tranquille « déroutée » par la puissance de deux prunelles, l'infidélité virtuelle enveloppée dans un voile de silence, la souffrance « muette » d'une épouse, l'inexplicable attraction de l'impossible.
    Alessandro Baricco a-t-il voulu soulever le fragment de rêve qui existe en chacun de nous : Rompre avec l'attendu, se défaire du réel, connaître la vibration sublime d'un Amour qui peut se passer de mots, toucher un essentiel, s'atteindre enfin ?
    La part belle est faite au mystère, à un charnel tout en pudeur, aux blancs qui suggèrent, à une narration volontairement répétitive, à une lenteur « orientale » parfois exaspérante mais nécessaire.
    Baricco et sa petite musique lancinante, nous laisse finalement libres de notre imaginaire et de notre sensualité. L'éblouissement est là !
    Une envoutante lecture,
    Simple, épurée, tout en retenue,
    Un fil tenu, imperceptible… fil de Soi.
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    • Livres 5.00/5
    Par Coriolis, le 29 mai 2015

    Coriolis
    Flaubert abandonnera bientôt les faubourgs de Carthage, laissant Mégara orphelin. La dernière page de Salammbô sera bientôt écrite. En cette année de 1861, pendant que l'auteur pose un regard appliqué sur ses mots, Hervé Joncour, âgé de trente-deux ans, s'apprête à quitter Lavilledieu. L'homme est sur le point d'embrasser une carrière militaire quand une rencontre le mène vers la sériciculture. La Soie, matière animale, noble et vivante devrait lui permettre désormais de gagner confortablement sa vie. Une vie qu'il croyait pourtant toute tracée dans ce village du midi de la France. Une vie, que rien ne saurait perturber, passée auprès de son épouse Hélène. Mais il est déjà l'heure de partir, de quitter cette existence sans heurts, plongée dans le doux ronronnement d'une routine bienveillante. Il est temps d'entreprendre un long voyage pour le Japon et d'acheter des vers à Soie d'une qualité exceptionnelle et sains. Un périple pour l'Asie qui s'avère impératif. Les élevages européens subissent alors une épidémie qui les déciment lentement et entraînent les hommes du métier vers la ruine. Joncour part, avalant kilomètres après kilomètres, franchit des montagnes et traverse des océans vers un Ailleurs qu'il ne connaît qu'en rêves. Là-bas, quelque chose le mènera bien au-delà de la distance qui le sépare de sa terre. Un événement furtif comme la caresse de la Soie la plus fine sur une peau. Là-bas, sur ce continent où sensualité et pudeur se rejoignent en une étreinte idéale, il croise le regard d'une femme. le regard de la femme. « Deux yeux qui n'avaient pas une forme orientale ». Deux prunelles intruses sur un visage d'une étonnante jeunesse. Deux gouttes d'opium qui animent intensément son sang. Ce simple regard suffira à faire voler en éclats ses certitudes et déclencher un brasier dans son existence qui semblait éteinte.
    Alessandro Barrico a le don d'entraîner le lecteur bien loin des pages qu'il parcourt. Entre amours contrariées, caprices du destin et libre-arbitre, il livre ici une oeuvre amoureuse et enveloppante dans laquelle on se laisse doucement bercer. Tout en retenue et suggestions habiles, son écriture est propice à l'évasion et au lâcher prise. Et l'on prend plaisir à se perdre dans cette récréation japonisante qui offre un dénouement inattendu et riche en émotions.Un livre dans lequel on aime à se lover, feutré comme un cocon, et dont on espère conserver un souvenir intact le plus longtemps possible.



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    • Livres 2.00/5
    Par carre, le 06 janvier 2013

    carre
    En publiant mon ressenti sur « Soie », je crains de recevoir une volée de bois vert. Car je suis complètement passé à côté. Désespérément hermétique à l'histoire, à l'écriture, un ennui profond me gagnant au fil des pages, bâillements difficiles à contenir, le bouquin de A. Baricco m'a laissé froid, pire indifférent. Devant l'enthousiasme général, je me suis dit, mais qu'est-ce qui t'arrive mon vieux ? fait un effort, voyons. Qu'est qui t'a échappé que les autres ont lu ?
    Devant mes questions sans réponses, le constat est cinglant, j'ai vraiment pas aimé. Je crois bien que je suis irrécupérable. Désolé.
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Citations et extraits

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  • Par Lorraine47, le 14 août 2015

    Et avec application, il arrêta le Temps, pendant tout le temps qu'il le désira.

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  • Par Testifly, le 25 septembre 2013

    Mon seigneur bien-aimé, n’aie pas peur, ne bouge pas, garde le silence, personne ne nous verra. Reste ainsi, je veux te regarder, je t’ai tellement regardé mais tu n’étais pas pour moi et à présent tu es pour moi, nous avons une nuit pour nous seuls, et je veux te regarder, jamais je ne t’ai vu ainsi, ton corps pour moi, ta peau, ferme les yeux, et caresse-toi, je t’en prie, n’ouvre pas les yeux, si tu le peux, et caresse-toi, tes mains sont si belles, j’ai rêvé d’elle tant de fois que je veux les voir maintenant, j’aime les voir ainsi sur ta peau, continue je t’en prie, n’ouvre pas les yeux, je suis là, personne ne peut nous voir et je suis près de toi, caresse-toi mon bien-aimé seigneur, […] je t’en prie, tout doucement, […] n’ouvre pas les yeux, pas encore, tu ne dois pas avoir peur, je suis près de toi m’entends-tu ? je suis là, à te frôler, c’est de la soie, la sens-tu ? c’est la soie de ma robe, n’ouvre pas les yeux et tu auras ma peau, tu auras mes lèvres, quand je te toucherai pour la première fois ce sera avec mes lèvres, tu ne sauras pas où, à un certain moment tu sentiras la chaleur de mes lèvres, sur toi tu ne sauras pas où si tu n’ouvres pas les yeux, ne les ouvre pas, tu sentiras ma bouche, tu ne sauras pas où, tout à coup, ce sera peut-être dans tes yeux, j’appuierai ma bouche sur tes paupières et sur tes cils, tu sentiras la chaleur pénétrer à l’intérieur de ta tête, et mes lèvres dans tes yeux, dedans, […] et puis à la fin je baiserai ton cœur, parce que je te veux, je mordrai la peau qui bat sur ton cœur, parce que je te veux, et quand j’aurai ton cœur sous mes lèvres tu seras à moi vraiment avec ma bouche dans ton cœur tu seras à moi, pour toujours, si tu ne me crois pas alors ouvre les yeux mon bien-aimé seigneur et regarde-moi, je suis là, quelqu’un pourra-t-il jamais effacer cet instant, mon corps que la soie ne recouvre plus, tes mains qui le touchent, tes yeux qui le regardent, […] mon corps sur le tien, ton dos qui me soulève, tes bras qui ne me laissent pas partir, […] je vois tes yeux chercher les miens, […] il n’y a pas de fin, cela ne peut finir, ne le vois-tu pas ? personne jamais ne pourra effacer cet instant, pour toujours tu lanceras ta tête en arrière, en criant, pour toujours je fermerai les yeux, laissant mes larmes se détacher de mes cils, ma voix dans la tienne, ta violence à me tenir serrée, il n’y a plus de temps pour fuir ni de force pour résister, cet instant-là devait être, cet instant est, crois-moi mon bien aimé seigneur, et cet instant sera, maintenant et à jamais, il sera jusqu’à la fin. Nous ne nous verrons plus, mon seigneur. Ce qui était pour nous, nous l’avons fait, et vous le savez. Croyez-moi : nous l’avons fait pour toujours. Gardez votre vie l’abri de moi. Et n’hésitez pas un instant, si c’est utile à votre bonheur, à oublier cette femme qui à présent vous dit, sans regret, adieu.
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  • Par poussieresdetoiles, le 08 octobre 2014

    Ceci n'est pas un roman. Ni même un récit. C'est une histoire. Elle commence avec un homme qui traverse le monde et fini avec un lac qui est là. Comme ça, dans les journées du vent. L'homme s'appelle Hérvé Joncour. Le lac, on ne sait pas. On pourrait dire que c'est une histoire d'amour. Mais si c'était seulement ça, ça ne vaudrait pas la peine de la raconter. Il y a aussi dans cette histoire des désirs et des souffrances, de celle qu'on connaît parfaitement, mais le vrai nom pour les dire, on ne le trouve jamais. Et de toutes façons, ce n'est pas amour. (C'est très ancien, ça. Quand on a pas de nom pour dire les choses, on se sert d'une histoire. Ça fonctionne comme ça. Depuis des siècles.) Toutes les histoires ont leur musique. Celle-ci a une musique blanche. C'est important de le dire, parce que la musique blanche est une drôle de musique, déconcertante quelquefois : elle se joue doucement, et elle se danse lentement. Quand elle est bien jouée, c'est comme si on entendait jouer le silence, et ceux qui la dansent comme des dieux, on les regarde et on a l'impression qu'ils ne bougent pas. C'est terriblement difficile, la musique blanche. Il n'y a pas grand-chose à ajouter. Peut-être faudrait-il préciser que l'histoire se passe au XIXe siècle : juste pour que personne ne s'attende à y trouver des avions, des machines à laver et des psychanalystes. Il n'y en a pas ici. Une autre fois peut-être."
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  • Par Ode, le 06 octobre 2013

    — Les Japonais sont résignés à vendre leur soie. Mais leurs œufs, non. Ils les gardent pour eux. Et celui qui essaie d'en faire sortir de l'île commet un crime.

    Les producteurs de soie de Lavilledieu étaient, à des degrés variables, des gentlemen, jamais ils n'auraient songé à enfreindre une quelconque loi dans leur pays. L'hypothèse de le faire à l'autre bout du monde leur parut, cependant, raisonnablement sensée.
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  • Par Persepolis, le 06 juillet 2010

    C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre.
    On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.

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