Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Françoise Brun (Traducteur)

ISBN : 2070419657
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 906 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Plus que le mortel ennui d'une vie répétitive, c'est une indifférence, une absence de résistance à la vie que Baricco suggère en ouvrant son roman par quelques phrases laconiques, purement énonciatives. Au début, Hervé Joncour fait penser à un spectateur repu qui se ref... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (134)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 16 octobre 2012

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Dimanche pluvieux, emmitouflée dans ma couette, j'ai envie d'une lecture tendresse.
    Je me poste devant ma bibliothèque, je feuillette, je sens.
    C'est là que < soie > m'interpelle. Ce serait lui. Ou elle.
    Dès les premières pages, je rentre dans un cocon. L'écriture est chaude, douce, sensuelle. C'est comme un bain chaud parfumé après une journée d'hiver. Cela ne s'explique pas. L'histoire est simple mais la manière de la raconter l'est moins. J'ai très vite été transportée par les mots d'Alessandro Baricco.
    Avec des mots tels que vers, épidémie ou bien œufs, l'auteur réussit tout à de même à nous ouvrir les yeux sur un monde plein de poésie.
    Nous sommes dans les années 1860. Hervé Joncour élève des vers à soie. Suite à une épidémie, il entreprend un premier voyage vers le Japon. Et rien que ce voyage est beau. Pas de trains, pas d'avions qui vont à mille à l'heure. Des jours et des jours de voyage à travers le monde. Ce n'est pas sûrement pas pratique, mais quel charme ! Prendre son temps, regarder la vie. Là-bas, il va faire des rencontres.
    Et puis, cette rencontre.
    Dans la vie, peu de personnes font battre notre cœur dès la première seconde. Certains ne connaîtront peut-être jamais ce sentiment. Mais Hervé Joncour l'a vécu… Pas de besoin de mots, juste en regard. Et notre monde chavire.
    Un livre d'une grande poésie qui vous enveloppe de douceur. La douceur de la soie.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 61         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Hahasiah, le 15 mai 2013

    Hahasiah
    « On était en 1861, Flaubert finissait salammbô » et Hervé Joncour, un homme de trente-deux ans, s'apprêtait à quitter Lavilledieu. Il avait été sur le point d'embrasser une carrière militaire quand une rencontre le conduisit vers la sériciculture. La Soie, cette matière animale, noble et vivante lui permettrait désormais de gagner confortablement sa vie. Une vie qu'il croyait pourtant toute tracée dans ce village du midi de la France. Une vie, que rien ne saurait perturber, passée auprès de sa épouse Hélène.
    Mais il est déjà l'heure de partir, de quitter cette existence sans heurts, plongée dans le doux ronronnement d'une routine bienveillante. D'entreprendre un long voyage pour le Japon et d' acheter des vers à Soie d'une qualité exceptionnelle et sains. Un périple pour l'Asie qui s'avère impératif. Les élevages européens subissent alors une épidémie qui les déciment lentement et entraînent les hommes du métier vers la ruine.
    Joncour part, avalant kilomètres après kilomètres, franchit des montagnes et traverse des océans vers un Ailleurs qu'il ne connaît qu'en rêves. Là-bas, un événement le mènera bien au-delà de la distance qui le sépare de sa terre. Un événement furtif comme la carresse de la Soie la plus fine sur une peau. Là-bas, sur ce continent où sensualité et pudeur se rejoignent en une étreinte idéale, il croise le regard d'une femme. le regard de la femme. « Deux yeux qui n'avaient pas une forme orientale ». Deux prunelles intruses sur un visage d'une étonnante jeunesse. Deux gouttes d'opium qui animent intensément son sang. Ce simple regard suffira à faire voler en éclats ses certitudes et déclencher un brasier dans son existence qui semblait éteinte.
    Alessandro Barrico a le don d'entraîner le lecteur bien loin des pages qu'il parcourt. Entre amours contrariées, caprices du destin et libre-arbitre, il livre ici une oeuvre caressante, enveloppante dans laquelle on se laisse doucement bercer. Tout en retenue et suggestions habiles, son écriture est propice à l'évasion et au lâcher prise. Et l'on prend plaisir à se perdre dans cette récréation japonisante qui offre un dénouement inattendu et riche en émotions.
    Un livre dans lequel on aime à se lover, feutré comme un cocon, et dont on espère conserver un souvenir intact le plus longtemps possible...Ainsi Soie t'il...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 41         Page de la critique

    • Livres 2.00/5
    Par Gwen21, le 04 décembre 2012

    Gwen21
    Il ne vous faudra pas plus d'une heure pour lire ce très bref récit qui, pour moi, tient davantage de la nouvelle que du roman.
    Ma surprise a été grande de découvrir le style d'AB dont j'ignorais jusqu'alors tout de l'oeuvre. J'avais beaucoup entendu parler de soie, en bien. Et, effectivement, je ne pense pas que l'on puisse vraiment en parler "en mal" étant donné que le style est parfaitement maîtrisé et qu'on sent chez l'auteur une très haute expertise de la narration. Bon, pour un écrivain qui a créé une école de la narration, c'est le minimum syndical.
    Cependant, je suis surprise que soie ait été l'objet d'un tel encensement. J'ai souvent eu l'impression de lire un exercice de rédaction qui aurait obtenu la meilleure note de sa classe mais je n'ai pas ressenti d'émotion particulière à suivre les voyages répétés (comme les descriptifs de ces derniers d'ailleurs qui ne varient que d'un mot) d'Hervé Joncour, le héros.
    L'intensité, la passion et la ferveur tant louées par la critique ont été pour moi les grands absents de l'oeuvre. Aucune description de personnage, quasiment aucune description de paysages ou d'environnement, la trame du récit réduite à sa plus chiche expression, laissant le lecteur soit complètement libre de se créer lui-même des personnages à sa convenance, soit de rester désemparé devant un tel effort à fournir.
    Aussi mince et fragile que le fil précieux tissé par les vers à soie dont il est question, l'intrigue amoureuse qui se noue entre Hervé Joncour, sa femme Hélène, et la belle geisha qui inspire au premier une passion que l'on se doit de deviner "vive" m'a laissée, quant à moi, parfaitement indifférente. Je n'ai pas été saisie par la poésie de cette idylle, à peine ai-je souri d'aise à lire la métaphore des oiseaux encagés que j'ai trouvé être traitée sans subtilité particulière.
    Attention, ne vous méprenez pas, le texte est beau, particulièrement quand approche le dénouement mais j'ai regretté la transparence des personnages, à peine ébauchés comme sur une sanguine, sans contours précis. Je n'ai pas réussi à m'attacher à un personnage principal exclusivement appelé par ses PRENOM+NOM et dont j'ignore s'il est brun ou blond, grand ou petit, gros ou maigre. Idem pour tous les autres personnages, y compris les féminins ce qui est encore plus regrettable à mon sens.
    Il s'agit donc d'un récit bref, lisse, académique et non exempt d'une certaine froideur, pareille à celle de l'étoffe de soie qui glisse dans votre paume et y laisse sa douceur et sa beauté de manière fugitive et éphémère. On voudrait pouvoir retenir le texte, le fouiller, s'y lover mais, hélas, c'est déjà la fin.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 37         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 23 novembre 2012

    Ellen-R
    soie, c'est l'histoire magnifique d'un amour jamais commencé. Vécu par intermédiaire. Hervé Joncour part au Japon. Il veut en rapporter des vers à SOIE. Il rencontre Hara Kei, seigneur d'un village, commerçant avec les étrangers dans un Japon qui commence à peine à s'ouvrir au monde et déjà en proie à la guerre civile. Sur les genoux de Hara Kei, une femme au visage de jeune fille pose sa tête. Quand elle ouvre ses yeux qui n'ont pas la forme orientale, son regard croise celui de Joncour.
    L'écriture de Baricco est magnifique. Légère, gracieuse, musicale. Il y a un vrai rythme dans ses phrases.
    Bien sûr, d'une musique qui raconte une soie si légère que quand on la tient dans sa main, on a l'impression de ne rien tenir, une soie si sensuelle que, par pudeur, on ne peut pas porter les tuniques qui en sont faites. de cette musique donc, ne peut se dégager qu'un subtil érotisme. Tout est affaire de touché, de regard, de passion. le passage où la jeune maîtresse de Hara Kei saisit la tasse de Joncour et boit son thé depuis l'endroit même où il avait posé ses lèvres est sans doute un des passages les plus subtilement évocateurs qu'il m'ait été donnée de lire.
    Tout y est sensualité, la musique de l'écriture, l'omniprésence de l'eau, les regards, les voix, les touchés. La SOIE. Dès le titre, il ne pouvait en être autrement.
    Les hommes de ce roman sont des aventuriers et des contrebandiers, ils sont merveilleux et répugnants, ils vont vite, contre le temps, ils traversent le monde en une page. Les femmes, elles, ont les seins blancs, sont sensuelles, chacune à leur manière, mystérieuses. Et elles enseignent aux hommes une lenteur qu'ils ne connaissaient pas.
    soie, c'est une histoire de désir. Une histoire de tristesse. soie, c'est une histoire aux thèmes qui éclatent en un mélancolique accord, une histoire merveilleusement contée, magique.
    C'est un roman de séduction. Un roman de passion. Un roman comme devrait être tout roman. Comme devrait être toute vie.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 33         Page de la critique

    • Livres 2.00/5
    Par carre, le 06 janvier 2013

    carre
    En publiant mon ressenti sur « soie », je crains de recevoir une volée de bois vert. Car je suis complètement passé à côté. Désespérément hermétique à l'histoire, à l'écriture, un ennui profond me gagnant au fil des pages, bâillements difficiles à contenir, le bouquin de A. Baricco m'a laissé froid, pire indifférent. Devant l'enthousiasme général, je me suis dit, mais qu'est-ce qui t'arrive mon vieux ? fait un effort, voyons. Qu'est qui t'a échappé que les autres ont lu ?
    Devant mes questions sans réponses, le constat est cinglant, j'ai vraiment pas aimé. Je crois bien que je suis irrécupérable. Désolé.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 39         Page de la critique

> voir toutes (61)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par soltan, le 08 mai 2013

    Hervé Joncourt n'avait jamais vu cette jeune fille, et en fait il ne la vit pas non plus, cette nuit-là. Dans la chambre sans lumière, il sentit la beauté de son corps, et il connut ses mains et sa bouche. Il l'aima pendant des heures, avec des gestes qu'il n'avait jamais faits, se laissant enseigner une lenteur qu'il ne connaissait pas. Dans le noir, ce n'était rien de l'aimer, et de ne pas l'aimer, elle.
    Un peu avant l'aube, la jeune fille se leva, remit son kimono blanc, et partit.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par liliba, le 28 mai 2010

    Devant lui, il vit l'immense volière, avec ses portes grandes ouvertes, absolument vide. Et devant la volière, une femme. Il ne regarda pas autour de lui et continua simplement à marcher, lentement, ne s'arrêtant que lorsqu'il fut face à elle.
    Ses yeux n'avaient pas une forme orientale, et son visage était celui d'une jeune fille.
    Hervé Joncour fit un pas vers elle, tendit le bras et ouvrit la main. Sur sa paume, il y avait un billet, plié en quatre. Elle le vit et son visage tout entier se mit à sourire. Elle posa sa main sur celle d'Hervé Joncour, serra avec douceur, s'attarda un instant, puis la retira, gardant entre ses doigts ce billet qui avait fait le tour du monde. Elle l'avait à peine caché dans un pli de son vêtement que la voix d'Hara Kei se fit entendre.
    — Soyez le bienvenu, mon ami français.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par comtesseoboulof, le 29 janvier 2012

    Il vie les visages muets qu'ont les gens quand ils sont en fuite. Et il vit un arbre, au bord de la route, Et accroché à une branche, pendu, le garçon qui l'avait emmené jusque là. Hervé Joncour s'approcha, et resta là un moment, à le regarder, comme hypnotisé. Puis il denoua le corps du jeune homme, l'étendit sur le sol et s'agenouilla près de lui. Il n'arrivait pas détacher ses yeux de ce visage. C'est ainsi qu'il ne vit pas le village se remettre en chemin mais entendit seulement, comme de très loin, le bruit de cette procession qui le frôlait, remontant la route. Il ne leva pas les yeux, même quand il entendit la voix d'Hara Kei, à deux pas de lui, qui disait
    _ Le Japon est un très ancien pays, le saviez-vous? Sa loi est très ancienne : elle dit qu'il existe douze crimes pour lesquels il est permis de condamner un homme à mort. Et l'un de ces crimes est d'accepter de porter un message d'amour pour sa maîtresse.
    Hervé Joncour ne quitta pas des yeux le visage du jeune garçon tué.
    _ Il ne portait aucun message d'amour.
    _ Cest lui qui était un message d'amour.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par bgn, le 12 mars 2013

    Devant lui, il vit l'immense volière, avec ses portes grandes ouvertes, absolument vide. Et devant la volière, une femme. Il ne regarda pas autour de lui et continua simplement à marcher, lentement, ne s'arrêtant que lorsqu'il fut face à elle.
    Ses yeux n'avaient pas une forme orientale, et son visage était celui d'une jeune fille.
    Hervé Joncour fit un pas vers elle, tendit le bras et ouvrit la main. Sur sa paume, il y avait un billet, plié en quatre. Elle le vit et son visage tout entier se mit à sourire. Elle posa sa main sur celle d'Hervé Joncour, serra avec douceur, s'attarda un instant, puis la retira, gardant entre ses doigts ce billet qui avait fait le tour du monde. Elle l'avait à peine caché dans un pli de son vêtement que la voix d'Hara Kei se fit entendre.
    — Soyez le bienvenu, mon ami français.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la citation

  • Par Persepolis, le 06 juillet 2010

    C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre.
    On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.

    Commenter     J’apprécie          0 30         Page de la citation

> voir toutes (12)

Videos de Alessandro Baricco

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Alessandro Baricco


Marc Pierini présente Alessandro Baricco, "soie", Tishina
En 1861, une maladie ravage les élevages européens de vers à soie. Hervé Joncour, trente-deux ans, marié à une femme discrète, est chargé par les magnaneries...











Sur Amazon
à partir de :
4,10 € (neuf)
0,29 € (occasion)

   

Faire découvrir Soie par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1614)

> voir plus

Quiz