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> Huy Duong Phan (Traducteur)

ISBN : 2253118737
Éditeur : Le Livre de Poche (2007)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 396 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Alors qu'elle rentre d'une journée en forêt, Miên, une jeune femme vietnamienne, se heurte à un attroupement : l'homme qu'elle avait épousé quatorze ans auparavant et qu'on croyait mort en héros est revenu. Entre-temps Miên s'est remariée avec un riche propriétaire terr... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par tynn, le 17 septembre 2013

    tynn
    J'ai refermé ce livre avec un gros soupir de bonheur, de soulagement et d'enthousiasme mêlés, partagée entre le grand plaisir d'avoir parcouru une œuvre importante et l'épuisement provoqué par cette histoire dramatique, âpre, de malheurs et de folie; sentiment de lectrice à l'image de cette « Terre », de contradictions et de paradoxes.
    Sur la simple opposition de trois personnage impuissants face à leurs destins (deux hommes, une épouse qui se croyait veuve, un retour de combattant porté disparu), le récit nous distille au fil de ses pages, une tragédie à l'Antique, dominée par la peur insidieuse des êtres devant les choix à faire, au détriment de leur bonheur et de l'Amour.
    Le livre est d'ailleurs construit comme une partition à trois, ou chaque personnage nous fait rentrer dans son histoire et dans l'intimité de ses pensées.
    Pas ou peu d'échange entre eux, à l'image de cette Asie si pudique et réservée, de cette malheureuse terre vietnamienne aux êtres déchirées par la guerre et dont les codes de société rétrograde, les coutumes morales et les principes politiques imposent tant de contraintes, mais portent aussi à l'héroïsme et au don de soi.
    Un récit qui nous parle de respect des valeurs familiales, du culte des ancêtres, de devoir d'entraide accepté ou subi, de grandeur d'âme, de petites mesquineries, de générosité désintéressée, de compassion et de haine.
    Tous ces sentiments mêlés, triturés, étouffants, accompagnés de ce fatalisme déconcertant ; tout nous dépayse.
    Magnifique écriture (qualité de traduction ), poétique, simple et limpide, lumineuse pour nous ouvrir les portes d'un monde de couleurs violentes, d'odeurs saturées, de saveurs culinaires, de beauté de la Nature mais aussi de la part d'ombre à travers la misère des petites gens, des bordels citadins, de l'âpreté de la sexualité, des fureurs de la guerre.
    C'est un livre humaniste qui exacerbe notre désir de liberté, de tolérance et de justice, de combativité pour la quête du bonheur.
    Bravo à l'auteur … et à l'éditeur dont cette collection est un bonheur en mains
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 08 juin 2012

    carre
    Mien, jeune femme vietnamienne a refait sa vie avec Hoan, un riche propriétaire terrien, de cet amour réciproque est né un enfant.
    Mais Bon, l'ex mari de Mien, porté disparu et considéré comme mort à la guerre, réapparait quatorze années plus tard. Il demande réparation et veut récupérer son épouse. Mien devra choisir.
    A travers l'histoire de ces trois personnages, Duong Thu Huong brosse un magnifique portrait d'un pays marqué par la guerre et ces traditions ancestrales. C'est aussi un roman sur les différences sociales, le rôle de la femme et une immersion dans un pays envoutant que Duong Thu Huong décrit magnifiquement.
    Le rythme est volontairement lent, l'auteur distille avec un égal bonheur, monologues intérieurs, descriptions minutieuses et émotions sensorielles. Ce choix peut parfois dérouter mais c'est de cette narration que le livre tire sa force et sa beauté. Il faut se laisser porter par la poésie et l'imaginaire de Huong. Un roman enivrant et terriblement dépaysant qui mérite largement ce long et lent voyage au pays du hameau de la montagne.
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    • Livres 2.00/5
    Par Under_The_Moon, le 19 octobre 2014

    Under_The_Moon
    Miên et Hoan s'aiment, ils vivent ensemble avec leur petit garçon.
    Mais cela serait trop facile si le premier amour et mari de Miên - Bôn - ne revenait pas presque d'outre-tombe pour venir réclamer son droit de vivre au côté de celle qu'il aime
    A travers les destins malheureux de ces trois protagonistes, Duong Thu Huong met en scène le Viet Nam , son peuple, son histoire, ses coutumes et ses valeurs. Avec un soupçon de nature et de nourriture pour dépayser le lecteur occidental. A n'en pas douter les romans de l'écrivain sont une sorte de carte mémoire, des souvenirs déchirants d'une exilée.
    Dans Terre des Oublis, l'auteur nous parle du rapport que nous entretenons avec notre passé et nos souvenirs , et de la culpabilité et de la nostalgie qu'ils engendrent. Le passé est bien sûr essentiel à tout individu - et à toute nation - pour savoir où il va, mais doit-il pour autant servir de refuge lorsque le présent ne tient pas ses promesses et que l'avenir semble morose ?
    Dans ce roman on retrouve beaucoup de thèmes chers à l'auteur. Une fois de plus, le communisme est vivement critiqué pour les nouvelles formes de servitudes qu'il a imposé sur les corps et les esprits de la population vietnamienne. Mais qui croire et comment se situer entre la vision romantico-buccolique des temps anciens et le nouvel idéal romantico-social du parti communiste ? Malgré la Révolution industrielle qu'il a amené au 20ème siècle, les rivalités et les jalousies entre les hommes des villes et ceux des campagnes (ou des montagnes) est toujours ancré.
    Duong Thu Huong nous présente des êtres victimes de leur époque et de l'Histoire théâtralisée. Bôn en est l'exemple le plus frappant : brave petit gars des montagnes, il se retrouve embarqué dans une guerre qui le dépasse. Si cette guerre lui a permis d'acquérir l'étiquette de "héros", dans le fond il reste un pauvre bougre, un raté même. L'auteure se montre d'ailleurs très cinglante face à la foule (ou "l'opinion publique" comme on dit pour brouiller les pistes) qui a à la fois besoin d'aduler des héros et de démolir des individus - fussent-ils les mêmes - et face à la place que prend l'argent dans les rapports humains et la façon dont les individus se perçoivent.
    C'est donc un roman riche que nous offre l'auteur, mais j'ai eu du mal à rentrer dedans. Tout d'abord parce que la première moitié est trop longue. Même si je reconnais à l'auteur tout le talent qu'elle a , que ce soit pour décrire les tourments de l'âme ou pour faire l'autopsie des rapports amoureux soumis au temps, au regard des autres et à notre propre égoïsme ; j'ai trouvé que tout ce talent était noyé dans un flot de description un peu trop à l'eau de rose - à mon goût.
    J'étais très enthousiaste au début de cette lecture, car j'avais été emportée par Sanctuaire du Cœur (qui est je crois, encore plus épais !), mais là .. la magie n'a pas aussi bien fonctionné. On voit bien l'ébauche du génie littéraire qui sera développé dans les romans suivants, mais je n'ai pas été conquise. Je n'ai pas retrouvé ce que j'avais aimé dans Sanctuaire du Cœur. Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages. Pas même à Miên, cette Cendrillon vietnamienne d'après-guerre. (question de goût purement subjective ! )
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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 23 mars 2012

    MachaLoubrun
    Duong Thu Huong signe un livre magnifique sur le climat de son pays, le Viêt-Nam une quinzaine d'années après la guerre.
    « Terre des oublis » est une plongée sensuelle dans les odeurs de cuisine, de peau, une description envoutante de paysages, de villes, du quotidien. On assiste à la préparation du riz gluant, on visite un bordel, un petit village de montagne, on dîne à la table de petits notables, on voyage complètement charmé tout en suivant intensément le drame amoureux qui se noue.
    Mien, veuve de guerre, s'est remariée avec Hoan. Elle vit heureuse avec lui et leur petit garçon. Mais Bon, son premier mari, n'est pas mort et il surgit de la jungle ! La pression est forte dans une société meurtrie par un conflit au cours duquel tant de familles ont perdus un fils. Alors Mien quitte son riche mari pour retrouver la vie commune avec Bôn dans un misérable logis. C'est l'éternelle histoire d'un gamin parti faire la guerre à peine marié. Il a sacralisé les rares moments magiques passés avec Mien qui lui ont permis de tenir le coup mais il n'a plus de recul face aux nombreuses années écoulées. Il s'obstine à vouloir retrouver l'intensité des jours heureux, en vain…
    Duong Thu Huong alterne les récits des trois personnages, remonte le fil de leurs trajectoires. Ils souffrent mais ploient sous le regard social dans une tension et une moiteur étouffante. Chacun à sa manière aime l'autre et souhaite plus que tout conserver sa dignité au détriment de son propre bonheur.
    Un roman inoubliable.
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    • Livres 3.00/5
    Par myriampele, le 26 janvier 2015

    myriampele
    J'ai approché le Vietnam grâce à ce magnifique roman dans lequel on découvre une belle histoire d'amour et d'honneur, mais aussi de magnifiques descriptions, des détails sordides sur la guerre au Vietnam et une formidable évocation des coutumes vietnamiennes. C'est un peu long et parfois je me suis perdue dans les détails, les répétitions aussi. mais je garde de ce roman le souvenir de la beauté, de la fraîcheur, de la franchise absolue de Mien, l'héroïne de ce roman.
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Citations et extraits

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  • Par myriampele, le 26 janvier 2015

    - Vous êtes vraiment généreux. A dépenser comme cela, vous auriez dû vous ruiner, mais le Ciel vous protège. Quel salaud, le Ciel§ Chaque fois que je passe devant une pagode, j'allume des encens, je lui adresse cinq ou sept prières. Pourtant, je tourne comme une lanterne magique à longueur d'année sans pouvoir m'enrichir.

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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    [Incipit.]

    Une pluie étrange s'abat sur la terre en plein mois de juin.
    D'un seul élan, l'eau se déverse à torrents du ciel, la vapeur s'élève des rochers grillés par le soleil. L'eau glacée et la vapeur se mêlent en un brouillard poussiéreux, aveuglant. Une odeur acre, sauvage, se répand dans l'air, imprégné de la senteur des résines séchées, du parfum des fleurs fanées, des relents de salive que les oiseaux crachent dans leurs appels éperdus à l'amour tout au long de l'été et de la fragrance des herbes violacées qui couvrent les cimes escarpées des montagnes. Tout se dilue dans les trombes d'eau.
    Brusquement, la pluie s'arrête, le vent tombe. L'eau dévale les ravins, la végétation gorgée d'humidité recommence à cuire dans la chaleur. Un soleil conquérant surgit de derrière les nuages dans le bleu intense du ciel. Comme après une longue séparation, le désir de la terre et de la forêt s'enflamme aveuglément, brûle de jalousie tous les êtres pris de frénésie amoureuse. Effrayés par le soleil, les papillons se terrent dans les anfractuosités. Les malheureuses abeilles cessent de rechercher le pollen.
    Dans le silence étouffant, seules les fleurs de bananiers éclatent, flamboient comme si leur éclat pourpre voulait échapper à la moiteur étouffante, s'évaporer dans l'air, s'envoler vers les nuages.
    Mien s'est réfugiée dans une grotte en compagnie des femmes du Hameau de la Montagne *. Elle se sent fiévreuse, se touche le front, le trouve glacé. Son coeur bat la chamade. Furtivement, elle pense, angoissée, à son fils.
    Serait-il tombé dans la jarre d'eau ? Aurait-il reçu une tige effilée dans l'œil ? Non, non... Tante Huyên est très méticuleuse, elle surveille chaque pas que fait l'enfant. La figure du petit est trop rayonnante, il ne peut rien lui arriver de mal. Mon fils a un visage radieux de bonté, les démons comme les génies le protégeront.
    Elle n'a plus peur pour son fils. Elle continue néanmoins d'être fébrile, angoissée. Quel malheur l'attend au bout du chemin ?
    «Assez, rentrons. C'est un jour sans.»
    Mien interrompt le silence.
    Personne ne répond. Les femmes restent debout, serrées les unes contre les autres, regardant le ciel. Elles viennent d'effectuer la première sortie en forêt de l'année pour récolter le miel. Dès l'aube, la malchance les a frappées. À peine sur la montagne, l'une d'elles s'est tordu la cheville en tombant. Elles ont dû la soutenir jusqu'au poste de garde. Elles avaient franchi deux montagnes quand la pluie s'est abattue sur elles. Maintenant, le sol exhale la fièvre. La chaleur jaillit des ruisseaux, des sentiers jonchés de feuilles pourries. La chaleur s'évapore des feuilles et des fleurs écrasées, arrachées par la pluie, plaquées au pied des arbres. Tout empeste.
    «Rentrons», presse Mien.
    Une jeune fille pointe le doigt vers l'ouverture de la grotte :
    «Tu veux que les serpents nous attaquent ? Ouvre grand tes yeux et regarde !»
    Mien reste silencieuse. Elle n'a pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qu'en cet instant les serpents rampent à travers les sentiers, s'élancent dans les arbres, se suspendent aux branches, prêts à attaquer leurs proies. Des lézards claquent la langue sur le plafond de la grotte. Mien sursaute, lève la tête. Une femelle serpent attendant la ponte, étouffée par la chaleur ambiante, pourrait bien se jeter sur elles et les piquer au front. Une femme corpulente bat les fourrés devant la grotte, se retourne et dit :
    «Prenez chacune un bâton, au cas où les serpents nous chargeraient en bande.»
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  • Par Under_The_Moon, le 12 octobre 2014

    Ceux qui vivent dans le monde des truands doivent obéir à sa loi. Ils pillent dans l'ombre, ils sont pillés, pourchassés dans l'ombre. Ils ne peuvent gagner ou perdre, survivre ou mourir, ils ne peuvent pas appeler à l'aide. C'est le monde ténébreux des bêtes sauvages. Pas de S.O.S. possible. Il grouille d'êtres humains et pourtant il est plus vide, plus more que le désert. Là, l'amour relève du superflu.
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  • Par carre, le 08 juin 2012

    La femme est plus clairvoyante que l’homme sans doute justement grâce à ce fond obscur de son âme où l’intelligence s’arrête, où l’intuition érige ses antennes invisibles mais efficaces.

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  • Par Under_The_Moon, le 18 octobre 2014

    - Vous croyez alors que le ciel protège les commerçants chinois ?
    - Ils ont d'authentiques talents. Tout d'abord parce qu'ils ont de l'expérience. Les Chinois savent commercer depuis l'Antiquité. Ils savaient déjà construire des bateaux pour franchir les mers, ils connaissaient déjà la valeur de l'argent pendant que nous autres, Vietnamiens, nous chantions les louanges de la pauvreté honnête, de la pureté d'âme, et que nous méprisions ceux qui faisaient fortune par la voie du commerce et non grâce aux moissons et aux prébendes mandarinales. Le choix de nos valeurs était erroné dès le départ. Nous en payons le prix.
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Duong Thu Huong, Les collines d'eucalyptus .
Lorsque Duong Thu Huong, romancière vietnamienne, parle de son livre Les collines d'eucalyptus ( éditions Sabine Wespieser) et du destin d'un adolescent fugueur, c'est tout le Viet nam qu'elle évoque. Et l'ancienne combattante anti-colonialiste, aujourd'hui dissidente et exilée, ne mâche pas ses mots. Entretien Dominique Conil, video de Nicolas Serve.








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