> Dan Tran Phuong (Traducteur)

ISBN : 9782848051024
Éditeur : Sabine Wespieser (2011)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
La fugue de Thanh plonge dans la stupeur ses parents, un couple de professeurs respectés, ainsi que toute la petite ville proche de Hanoi où vit cette famille modèle. À seize ans, le jeune homme était promis à un brillant avenir et n’avait jamais donné le moindre signe ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 26 mars 2012

    Missbouquin
    C'est un roman très sombre que ce nouveau pavé de Duong Thu Huong. Je l'ai acheté lors de ma rencontre avec l'auteur en novembre dernier, au cours de laquelle elle avait évoqué sa vie mais aussi et surtout ce livre. Elle avait mis l'accent sur la différence de ce roman avec les précédents.
    En effet, contrairement à ses autres œuvres, celui-ci se déroule presque totalement dans la vie urbaine. Elle y décrit des aspects différents de la société vietnamienne, peu reluisants, même s'ils s'inscrivent toujours en reflet de la vie rurale. C'est donc un récit plus sombre que les autres :
    "L'homme évolue mais ne change pas. Un tas d'argile, une fois formé et cuit, ne bougera plus. le vase peut se fendre, vieillir ou se casser, mais il ne changera plus de forme."
    De la même façon, l'œuvre est principalement centrée sur l'histoire et les sentiments individuels de Than, alors qu'habituellement elle met plutôt l'accent sur le collectif.
    Mais on retrouve tout de même les aspects fétiches de Duong Thu Huong : le poids des traditions, des valeurs familiales, qui décident des actes de chacun.
    J'avoue que j'ai eu du mal à entrer dedans : une préface de près de 100 pages, avant d'entrer dans le vif du sujet, m'a semblé un peu longue. Et puis elle raconte l'histoire de Than, tout en expliquant à chaque fois les raisons des actes de chaque personne, en remontant l'histoire familiale, toujours longuement. Ce qui fait que j'ai eu du mal parfois à retrouver le fil de l'histoire principale (même si tous ces récits annexes sont passionnants, on veut d'abord finir l'histoire de Than !)
    Je n'ai raccroché finalement que dans la deuxième moitié de l'œuvre, une fois que l'on appréhende plus clairement vers où convergeait tous les récits, et que l'on commence à comprendre que la souffrance est universelle et dépasse sa seule personne et sa seule histoire.
    "La vie ! Une leçon que je devrais inlassablement réviser jusqu'au moment de descendre sous terre."
    Enfin, la fin en points de suspension ne m'a pas laissé sur ma faim, et nous laisse imaginer ce que voulons pour Than, liberté de lecteur que j'apprécie de plus en plus.
    Au final, avec quelques pages de moins, le roman aurait été plus linéaire. Mais peut-être faut-il le lire plutôt comme une fresque que comme un roman à l'intrigue unique. Un roman qui a un souffle différent, qui me fait penser un peu à certaines fresques que j'ai trouvé dans des romans indiens.
    En bref, Duong Thu Huong nous offre encore un beau roman, dans lequel j'ai retrouvé avec plaisir son écriture extrêmement poétique, sa force descriptive - aussi bien des paysages que des traditions - qui m'a encore et toujours donné envie de partir au Vietnam !

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/03/26/sanctuaire-du-coeur-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 04 janvier 2012

    Cath36
    J'aime beaucoup l'écriture rigoureuse et précise de Duong Thu Huong, qui s'apparente presque plus au style du journal ou du compte-rendu qu'à celui du roman. Elle a l'art d'inciser ses descriptions du Vietnam moderne au fil de son récit, ce qui fait que ses descriptions ne sont jamais ennuyeuses et s'intègrent parfaitement à l'histoire, comme si celle-ci en dépendait. Paysages, politique, police, société, relations familiales, tout est décrit au scalpel, à travers l'histoire peu banale de ce jeune Than, fils de bonne famille, qui s'enfuit de chez lui à la suite d'un traumatisme que je me garderai bien de vous dévoiler, et qui devient gigolo après de nombreux périples qui nous sont racontés en flash-backs au fil des souvenirs du jeune homme.
    J'avais beaucoup aimé son précédent roman "Au zénith", et je me suis laissée prendre à nouveau par le rythme de ce roman décapant et actuel où plusieurs histoires se mêlent pour finir par se rejoindre petit à petit, et où jeux de pouvoir et combats contre la misère sont décrit avec une acuité qui fait de ce roman un portrait au vitriol du Vietnam actuel, entre traditions et soucis d'adaptation à un monde moderne dont il est une victime obligée, après le rouleau compresseur du communisme et l'occupation française. Lent, mais passionnant, et quelquefois éprouvant.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Myrtle, le 18 mai 2012

    Myrtle
    Je ressors plutôt satisfaite de la lecture de cet énorme pavé, qui m'a donné un peu de mal à des moments... Ce n'est pas la longueur qui m'a effrayée, mais plutôt le nombre de vies évoquées et leurs entremêlements. Ainsi, je m'attendais à suivre uniquement le parcours du jeune Thanh, ce qui l'avait amené à la prostitution, et j'ai découvert l'histoire de ses proches, de sa famille, de ses amis. Je me suis retrouvée littéralement plongée au Vietnam, à des époques et des endroits très différents. Il y a la misère, la richesse, des gens honnêtes, perdus, machiavéliques ou fous, et tout ça donne un ensemble cohérent, fouillé et passionnant. C'est une véritable fresque familiale, qui dresse quand même un constat très sombre de l'âme humaine, quelle que soit l'époque et les circonstances...
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 23 novembre 2011

    Sando
    Fils unique, Thanh a grandi dans une sorte de bulle protectrice, à l'abri de la cruauté du monde. Choyé par ses parents, brillant élève, enfant touché par la beauté et par la grâce, Thanh est issu d'un milieu aisé et semble promis à un brillant avenir. Mais contre toute attente, le jeune garçon de 16 ans, témoin d'une scène particulièrement traumatisante, fuit le domicile familial, emportant avec lui l'argent qu'il a dérobé à ses parents. Il ignore tout du véritable cataclysme qu'il vient alors de déclencher au cœur de ce petit village paisible qu'est Lan Giang. La surprise fait place à l'incompréhension, puis à l'anéantissement des êtres aimés. Mais, à ce moment-là, Thanh n'a qu'une idée en tête : mettre le plus de distance entre lui et ce qu'il aurait préféré ne jamais découvrir…
    Au cours de son errance, qui durera près de 15 ans, Thanh connaîtra bien des désenchantements. Tour à tour mendiant, SDF, vendeur ambulant, prostitué et gigolo, il tombera dans les bas-fonds de la société, côtoiera la misère de la rue et connaitra la barbarie de la vie carcérale. Sa rencontre avec Kim, une femme d'affaires fortunée, le fera passer de la pauvreté à une richesse tape à l'œil et indécente. Mais loin de se complaire dans son nouveau rôle d'homme-esclave, Thanh n'aura de cesse d'être hanté par son passé, en dépit des années passées…
    Duong Thu Huong nous entraîne au cœur d'un Viêtnam contemporain aux multiples facettes. Elle nous montre un pays en pleine mutation sociale et culturelle, corrompu par les puissants. Elle dénonce les abus et les dérives de certains milieux, condamne la langue de bois et les déviances morales du plus grand nombre. Cependant, malgré la difficulté du sujet, l'auteur ménage des moments de toute beauté et de pur bonheur. Elle nous immerge dans une culture foisonnante, riche en croyances et en traditions. Dans chacun de ses romans, elle nous invite au voyage, un voyage des sens qui passe par les couleurs, les odeurs et les saveurs. En dépit des malversations du système qui règnent au Viêtnam, on sent que l'auteur aime profondément son pays et qu'elle s'attache à en retranscrire toute la beauté.
    Comme toujours avec Duong Thu Hong, l'écriture est intelligente, pleine de finesse et de délicatesse. On se laisse littéralement porter par la poésie des mots et par la richesse de la langue. C'est un livre que l'on savoure et vers lequel on revient presque par gourmandise, pour le simple plaisir de se laisser envoûter ! Experte dans l'art du récit dans le récit, Duong Thu Huong nous entraîne toujours plus loin dans la découverte de son pays, de sa culture et de ses personnages. Elle manie avec dextérité et élégance la métaphore et risque de donner envie à plus d'un lecteur de faire un petit tour au Viêtnam, ne serait-ce que pour admirer la floraison des pamplemoussiers… Un texte sublime et encore un coup de cœur, en ce qui me concerne, pour ce merveilleux auteur !
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    • Livres 5.00/5
    Par Lagagne, le 06 janvier 2012

    Lagagne
    Pépite, pépite, pépite! Attention : pépite! J'ai été claire ?
    Grâce à ce livre j'ai fait un voyage au Vietnam pour la modique somme de 28€. Et pas le vulgaire circuit pour touristes, non : le vrai voyage de dépaysement avec immersion dans la culture, la vie quotidienne. L'écriture de Duong Thu Huong relève presque de la magie sur moi. J'ai adoré suivre Thanh, vivre avec lui toutes ces années en accéléré. L'histoire de sa famille, de ses voisins, proches, de son enfance, sa fugue, sa vie d'adulte... La peinture de la société vietnamienne tiraillée entre traditions et modernité, où le sexe, l'argent et surtout le pouvoir sont rois. Les 750 pages du récit, leurs mots ont coulé avec une facilité déconcertante.
    Et si je n'ai pas été décidément assez claire : lisez-le!
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Critiques presse (2)


  • LesEchos , le 11 octobre 2011
    Neuvième ouvrage de l'auteur de « Terre des oublis » (grand prix des lectrices « Elle » en 2007), « Sanctuaire du coeur » est un livre de passions, avouées ou secrètes. C'est aussi, comme ces plats vietnamiens aux cinq parfums, un livre où règne une atmosphère de sensualité exotique : odeurs, couleurs, lumières, textures sont la toile de fond de toutes les émotions.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 10 octobre 2011
    Duong Thu Huong dénonce, à travers la prostitution de son jeune héros, la faillite dans laquelle sombre le Vietnam, où sexe et argent attisent une corruption généralisée. […] Sa vision du Vietnam est impitoyable et terriblement amère, comme si les idéaux pour lesquels elle s'est jadis battue n'étaient plus qu'un lamentable tas de cendres.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Myrtle, le 18 mai 2012

    Ma belle, il faut que je te dise clairement que je ne t'aime pas. Pas une once d'amour, si on mesure en or ; pas un centime, si on mesure en argent ; pas un grain, si on mesure en céréales. Tu es aussi orgueilleuse en matière de richesse qu'en matière de beauté. Seulement, pour moi, tu n'es qu'une fleur en papier qui ne peut ni s'épanouir, ni se faner, ni s'altérer. Une fleur factice, sans parfum, sans éclat, qu'on peut laver quand elle devient sale. Pas du tout le genre de fleurs que j'apprécie.
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  • Par Myrtle, le 18 mai 2012

    - Confucius l'a enseigné : "La femme est une espèce difficile à éduquer."
    Mon ami devint blême ; il le savait, la tempête allait frapper!
    Mais, contrairement à ses craintes, je ne me mis pas en colère. Je saisis l'occasion pour donner un coup de bâton bien visé. Je répondis en souriant :
    - Ce pauvre vieux misogyne de Confucius a pourtant bien dû lui-même sortir du vagin d'une femme. Et le vagin, tout le monde le sait, est à côté du trou du cul. Il méprisait les femmes mais il s'est quand même marié. Ce qui veut dire que, tout érudit qu'il prétendait être, il ne pouvait s'empêcher de vouloir forniquer. Et qui dit forniquer dit toucher une femme. Ai-je raison ou tort, messieurs les moustachus?
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  • Par Cath36, le 02 janvier 2012

    Than sait que Kim attendait quelque chose du genre :"un grand baiser à ma fée" ou : "je t'embrasse, ma belle chérie". Pourtant il n'a pu satisfaire ce désir inavoué, retenu par la honte. Cette gêne qu'il éprouve, et sa réserve, sont semblables à la clôture qu'érigent les montagnards pour empêcher les sangliers de venir saccager les plants de maïs et les potagers.
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  • Par Cath36, le 04 janvier 2012

    Qui pouvait savoir s'il n'allait pas passer en un jour du statut d'artisan à celui de petit patron ou de petit bourgeois ? Qui savait si, le lendemain, quelqu'un n'allait pas vous accuser de cacher de l'or, d'entretenir des relations avec le parti nationaliste ou le Deuxième Bureau français ? C'était la terreur généralisée, personne n'osait regarder ses amis, tout le monde se méfiait de tout le monde, craignant un coup de poignard dans le dos. Avec cette psychose, l'amitié a explosé.
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  • Par Cath36, le 02 janvier 2012

    -Les Européens ont pris l'habitude de boire du vin. Voilà pourquoi leurs ébats sont aussi exubérants et joyeux.... Vous n'avez qu'à voir les films soviétiques. Toutes leurs actrices ont des seins comme des pastèques. Nos bonnes femmes à nous, en comparaison, n'ont que des litchis, si ce n'est morne plaine.
    Les filles d'Europe boivent du vin depuis des générations. Leurs seins gonflent, bien évidemment.
    -Vous plaisantez ?
    -Je n'ai pas l'habitude de plaisanter sur ce sujet.
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