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ISBN : 2253166553
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 36 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La fugue de Thanh plonge dans la stupeur ses parents, un couple de professeurs respectés, ainsi que toute la petite ville proche de Hanoi où vit cette famille modèle. À seize ans, le jeune homme était promis à un brillant avenir et n’avait jamais donné le moindre signe ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 06 février 2013

    Under_The_Moon
    Je viens de m'apercevoir que j'avais oublié de rédiger une critique sur ce livre lu au mois de mai : grossière erreur que je me dois de réparer !
    Sans aucune hésitation, je peux dire que Sanctuaire du coeur est (pour moi) THE coup de coeur de l'année 2012 ! J'ai dévoré ce pavé en quelques jours car c'est le genre de roman qu'on a du mal à reposer une fois commencé.
    Duong Thu Huong signe là un roman bouleversant et émouvant avec un regard très dur sur l'évolution de la jeunesse vietnamienne à notre époque. C'est aussi une histoire sur les cruelles désillusions dans les rapport humains. D'une "simple" histoire de fugue d'un adolescent modèle et fils d'une famille respectable, Duong Thu Huong peint avec brio les rêves brisés de plusieurs générations en remontant petit à petit vers l'élément qui a fait tout basculé (pour ma part j'ai été surprise!). Et en fin de compte, on s'aperçoit que cet évènement n'est qu'une suite logique de beaucoup de sentiments réprimés - entre autres choses.
    C'était le premier roman vietnamien que je lisais. J'y ai découvert une société extrêmement hiérarchisée, avec un pouvoir corrompu. le tout dans un cadre idyllique ! L'évocation des arbres et des fleurs, des fête sont très dépaysants. Il y est beaucoup question de la fête de Têt pour le culte des ancêtres, comme pour montrer la nostalgie du temps passé qui malgré le servage avait une certaine noblesse et respect des valeurs humaines - comparée à l'époque contemporaine bien sûr !
    Ce qui est appréciable aussi dans cette fresque, c'est que non contente de découvrir de la "vraie" littérature avec un grand "L", ce roman est très ambitieux - à l'inverse de beaucoup de nos contemporains...
    Ambitieux me direz vous ? Mais pourquoi ? Eh bien, parce qu'à travers le portrait de chaque personnage, l'auteur dresse une superbe fresque du Vietnam du temps de la colonisation française à nos jours. En passant par la guerre contre les Américains, bien sûr.
    Au final, l'auteur nous fait part de son amertume sur le fait que le peuple vietnamien n'a fait que passer d'une servitude à une autre : des rois et "petits" seigneurs de la ville, aux Français qui ont permis à certains hommes politiques pourris de s'enrichir et d'exercer leur tyrannie sur le petit peuple en toute impunité, à la guerre qui a tué les corps et les âmes aussi...
    Et dans tout ça, le communisme qui c'était présenté en Sauveur n'a fait qu'apporter une continuité à tout ce système, permettant à d'autres petits ambitieux de se placer comme maire ou juriste pour mieux accabler les paysans.
    Comme vous vous en doutez j'ai été tellement transportée par cette histoire que je pourrais en parler des heures, donc mieux vaut que je m'arrête là et vous laisse découvrir ce roman par vous même !!! (pendant ce temps j'irai découvrir d'autres romans de cette auteur !)
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    • Livres 3.00/5
    Par missmolko1, le 12 mars 2013

    missmolko1
    Sanctuaire du cœur m'a attiré grâce aux bonnes critiques que j'ai pu lire.
    J'ai adoré faire ce voyage jusqu'au Vietnam, y découvrir sa culture, ses vergers avec de belles fleurs de pamplemoussiers, sa nourriture et ses habitants. Se plonger dans ce roman c'est un dépaysement assuré.
    Je ne connaissais pas du tout l'auteur, Thu Huong Duong, et je dois dire que j'ai beaucoup aimé son écriture très poétique, qui dégage beaucoup d'émotions et dépeint a merveille la société vietnamienne.
    Mais malgré tout ça je me suis par moment un peu ennuyée, le rythme est très lent, la première partie qui sert de préface fait plus de 100 pages avant qu'enfin on rentre dans le vif du sujet. Et ensuite, l'auteur y fait très souvent de très longues descriptions ainsi que beaucoup de flashback.
    Sanctuaire du cœur reste tout de même un très bon roman mais je n'irai pas jusqu'à parler de coup de cœur!
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    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 26 mars 2012

    Missbouquin
    C'est un roman très sombre que ce nouveau pavé de Duong Thu Huong. Je l'ai acheté lors de ma rencontre avec l'auteur en novembre dernier, au cours de laquelle elle avait évoqué sa vie mais aussi et surtout ce livre. Elle avait mis l'accent sur la différence de ce roman avec les précédents.
    En effet, contrairement à ses autres œuvres, celui-ci se déroule presque totalement dans la vie urbaine. Elle y décrit des aspects différents de la société vietnamienne, peu reluisants, même s'ils s'inscrivent toujours en reflet de la vie rurale. C'est donc un récit plus sombre que les autres :
    "L'homme évolue mais ne change pas. Un tas d'argile, une fois formé et cuit, ne bougera plus. le vase peut se fendre, vieillir ou se casser, mais il ne changera plus de forme."
    De la même façon, l'œuvre est principalement centrée sur l'histoire et les sentiments individuels de Than, alors qu'habituellement elle met plutôt l'accent sur le collectif.
    Mais on retrouve tout de même les aspects fétiches de Duong Thu Huong : le poids des traditions, des valeurs familiales, qui décident des actes de chacun.
    J'avoue que j'ai eu du mal à entrer dedans : une préface de près de 100 pages, avant d'entrer dans le vif du sujet, m'a semblé un peu longue. Et puis elle raconte l'histoire de Than, tout en expliquant à chaque fois les raisons des actes de chaque personne, en remontant l'histoire familiale, toujours longuement. Ce qui fait que j'ai eu du mal parfois à retrouver le fil de l'histoire principale (même si tous ces récits annexes sont passionnants, on veut d'abord finir l'histoire de Than !)
    Je n'ai raccroché finalement que dans la deuxième moitié de l'œuvre, une fois que l'on appréhende plus clairement vers où convergeait tous les récits, et que l'on commence à comprendre que la souffrance est universelle et dépasse sa seule personne et sa seule histoire.
    "La vie ! Une leçon que je devrais inlassablement réviser jusqu'au moment de descendre sous terre."
    Enfin, la fin en points de suspension ne m'a pas laissé sur ma faim, et nous laisse imaginer ce que voulons pour Than, liberté de lecteur que j'apprécie de plus en plus.
    Au final, avec quelques pages de moins, le roman aurait été plus linéaire. Mais peut-être faut-il le lire plutôt comme une fresque que comme un roman à l'intrigue unique. Un roman qui a un souffle différent, qui me fait penser un peu à certaines fresques que j'ai trouvé dans des romans indiens.
    En bref, Duong Thu Huong nous offre encore un beau roman, dans lequel j'ai retrouvé avec plaisir son écriture extrêmement poétique, sa force descriptive - aussi bien des paysages que des traditions - qui m'a encore et toujours donné envie de partir au Vietnam !

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/03/26/sanctuaire-du-coeur-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 12 juin 2012

    caro64
    Le prologue s'ouvre sur la fugue incompréhensible de Tahn, un adolescent de 15 ans. Après une ellipse de treize ans, le lecteur retrouve un gigolo, entretenu par une riche femme d'affaires, en 1999. Sa maîtresse, Kim, est une dame bien plus âgée que lui, vraie tigresse en affaires comme en amour. Bien loin d'apprécier ces richesses et ce confort, Thanh se sent pris au piège: " elle a tout mis en oeuvre pour me lier définitivement à cette demeure. Elle m'a mis un anneau au nez, comme à un buffle. " Les choses sont pourtant bien claires depuis leur rencontre, quatre années plus tôt, alors qu'il se louait dans une maison close, l'Orchidée Pourpre: argent contre amour, confort contre compagnie, cadeaux contre fidélité. N'ayant pas grand-chose d'autre à faire qu'attendre que le temps s'écoule, Thanh passe en revue son passé et le chemin qui l'a conduit jusque-là. Ses souvenirs le ramènent à sa plus tendre enfance, moment béni de son existence, où il vivait heureux et entouré de sa famille et de ses amis, et à Tra My, sa soeur de coeur: "ce furent des années de bonheur. Les yeux dans les yeux, la main dans la main. Un amour d'enfance. " Ces moments du passé défilent dans sa mémoire et l'amènent à se remémorer ce qu'il connaît de l'histoire de son entourage, bien avant sa naissance et son arrivée parmi eux. Et c'est au fil de ces souvenirs, de ces moments de bonheur mais aussi de ces petits drames, que l'on comprend ce qui a amené Thanh à cette vie malheureuse. Chaque famille a ses petits secrets, ses cadavres cachés dans le placard, quel est celui qui ronge ainsi le bonheur de Thanh ?
    Avec Sanctuaire du coeur, Duong Thu Huong nous plonge dans un Vietnam contemporain totalement dominé par l'argent, la quête du pouvoir et le sexe. L'errance sentimentale de Thanh sur les routes de l'amour et de la vie nous donne à voir une société corrompue et déstabilisée, très éloignée de ses racines traditionnelles. Avec toujours autant de talent, elle nous offre une très belle et très forte histoire de famille, dressant le portrait d'un jeune homme déterminé mais aussi fragile et profondément blessé. Un livre envoûtant, à l'écriture poétique. La romancière se révèle une impressionnante conteuse capable de guider ses lecteurs au bout de ces 750 pages. Si vous aimez les histoires qui vous " transportent ", alors n'hésitez pas , lisez ce livre !
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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 04 janvier 2012

    Cath36
    J'aime beaucoup l'écriture rigoureuse et précise de Duong Thu Huong, qui s'apparente presque plus au style du journal ou du compte-rendu qu'à celui du roman. Elle a l'art d'inciser ses descriptions du Vietnam moderne au fil de son récit, ce qui fait que ses descriptions ne sont jamais ennuyeuses et s'intègrent parfaitement à l'histoire, comme si celle-ci en dépendait. Paysages, politique, police, société, relations familiales, tout est décrit au scalpel, à travers l'histoire peu banale de ce jeune Than, fils de bonne famille, qui s'enfuit de chez lui à la suite d'un traumatisme que je me garderai bien de vous dévoiler, et qui devient gigolo après de nombreux périples qui nous sont racontés en flash-backs au fil des souvenirs du jeune homme.
    J'avais beaucoup aimé son précédent roman "Au zénith", et je me suis laissée prendre à nouveau par le rythme de ce roman décapant et actuel où plusieurs histoires se mêlent pour finir par se rejoindre petit à petit, et où jeux de pouvoir et combats contre la misère sont décrit avec une acuité qui fait de ce roman un portrait au vitriol du Vietnam actuel, entre traditions et soucis d'adaptation à un monde moderne dont il est une victime obligée, après le rouleau compresseur du communisme et l'occupation française. Lent, mais passionnant, et quelquefois éprouvant.
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Critiques presse (3)


  • Lexpress , le 15 mars 2013
    A travers sa lente déchéance, la romancière dépeint la faillite spirituelle d'un pays en proie à une double corruption, le sexe et l'argent. Comme si les idéaux pour lesquels elle s'est jadis battue n'étaient plus qu'un lamentable tas de cendres.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 11 octobre 2011
    Neuvième ouvrage de l'auteur de « Terre des oublis » (grand prix des lectrices « Elle » en 2007), « Sanctuaire du coeur » est un livre de passions, avouées ou secrètes. C'est aussi, comme ces plats vietnamiens aux cinq parfums, un livre où règne une atmosphère de sensualité exotique : odeurs, couleurs, lumières, textures sont la toile de fond de toutes les émotions.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 10 octobre 2011
    Duong Thu Huong dénonce, à travers la prostitution de son jeune héros, la faillite dans laquelle sombre le Vietnam, où sexe et argent attisent une corruption généralisée. […] Sa vision du Vietnam est impitoyable et terriblement amère, comme si les idéaux pour lesquels elle s'est jadis battue n'étaient plus qu'un lamentable tas de cendres.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par michelekastner, le 11 juin 2013

    On peut adopter deux sortes de comportement. Soit on oubliie la réalité pour se tromper soi-même, éviter la tristesse, et ne pas commettre d'actes de folie sous le coup du désespoir. c'est la solution de repli. Mais face aux autres, fiare abstraction de la rélité reviendrait à se suicider. Alors, pour survivre, mieux vaut avoir deux visages, un devant et un derrière. Les anciens disent que les yeux ne poussent pas dans la nuque. C'est juste pour la majorité des gens, ceux qui vivent une vie normale. Si on n'est pas environné de barbelés et de pièges, on n'a besoin que de deux yeux. Nous, il nous en faut quatre. S'il ne nous pousse pas des yeux derrière la tête, c'est la mort qui nous attend à coup sûr.
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  • Par caro64, le 12 juin 2012

    Ce rêve est-il un pressentiment du futur qui m'attend ? Je ne me sens plus chez moi dans cette maison. Ce verger derrière la fenêtre, ces pigeons qui roucoulent me sont devenus étrangers. C'est l'été. La senteur des goyaves mûres embaument. Mais je suis mort cet été, et l'été est mort avec moi. Je ne discerne plus que les bouquets blancs de fleurs de pamplemoussiers. Les arbres semblent figés dans le givre. Les fleurs sont blanches comme la neige, comme des nuages immobiles. Je suis là bas, hébété parmi les pamplemoussiers, plongé dans leurs senteurs florales. Une hébétude de parfumeur en herbe ? Ne me reste t il que cette image après toutes ces années ?
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  • Par Cath36, le 02 janvier 2012

    Than sait que Kim attendait quelque chose du genre :"un grand baiser à ma fée" ou : "je t'embrasse, ma belle chérie". Pourtant il n'a pu satisfaire ce désir inavoué, retenu par la honte. Cette gêne qu'il éprouve, et sa réserve, sont semblables à la clôture qu'érigent les montagnards pour empêcher les sangliers de venir saccager les plants de maïs et les potagers.

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  • Par Myrtle, le 18 mai 2012

    Ma belle, il faut que je te dise clairement que je ne t'aime pas. Pas une once d'amour, si on mesure en or ; pas un centime, si on mesure en argent ; pas un grain, si on mesure en céréales. Tu es aussi orgueilleuse en matière de richesse qu'en matière de beauté. Seulement, pour moi, tu n'es qu'une fleur en papier qui ne peut ni s'épanouir, ni se faner, ni s'altérer. Une fleur factice, sans parfum, sans éclat, qu'on peut laver quand elle devient sale. Pas du tout le genre de fleurs que j'apprécie.
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  • Par Myrtle, le 18 mai 2012

    - Confucius l'a enseigné : "La femme est une espèce difficile à éduquer."
    Mon ami devint blême ; il le savait, la tempête allait frapper!
    Mais, contrairement à ses craintes, je ne me mis pas en colère. Je saisis l'occasion pour donner un coup de bâton bien visé. Je répondis en souriant :
    - Ce pauvre vieux misogyne de Confucius a pourtant bien dû lui-même sortir du vagin d'une femme. Et le vagin, tout le monde le sait, est à côté du trou du cul. Il méprisait les femmes mais il s'est quand même marié. Ce qui veut dire que, tout érudit qu'il prétendait être, il ne pouvait s'empêcher de vouloir forniquer. Et qui dit forniquer dit toucher une femme. Ai-je raison ou tort, messieurs les moustachus?
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