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Par BVIALLET, le 11/05/2012
Mutinerie à bord de
Jacques Perret
De quels crimes les hommes ne sont-ils pas capables quand ils rejettent aussi bien le frein de la religion que celui des lois ! D’aucuns trouveront à cette moralité un tour un peu désuet, mais il faut prévoir que la mode ou le besoin en peut revenir.
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Par BVIALLET, le 11/05/2012
Mutinerie à bord de
Jacques Perret
Mais les philosophes d’aujourd’hui sont à ce point friands du thème de la révolte qu’ils entendent la glorifier pour le principe de l’anti principe.
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Par gill, le 19/02/2012
Tirelires : nouvelles de
Jacques Perret
Le personnage le plus important de la première nouvelle est un mort, et ce mort est un violoncelle. Il avait déjà servi deux générations de virtuoses et la mort le surprendra à la troisième...[...]...La deuxième nouvelle a pour interprètes principales deux soeurs d'un âge mûrissant et fraternellement accordées. Elles vivent dans le calme absolu. Elles attendent l'évènement libérateur, serait-il apparemment dérisoire...[...]...La troisième est un souvenir qui met en présence l'auteur et son vieux compagnon de mer. Ils sont au sec depuis quelques années déjà. Les consommations humides ne suffisent pas à divertir leur nostalgie. Mais d'une virée en chemin de fer, ils vont tirer comme une parodie de croisière et le terminus à Nantes sera fêté au Muscadet.
La quatrième est une apologie du caporal ordinaire au sens tabac du mot. Ce n'est pas un défi porté aux ennemis des fumeurs, leurs intentions sont louables, il ne s'agit ici que d'honorer les états de service d'un produit de notoriété historique.
La cinquième est un conte rapide et bien rempli. Comme les deux soeurs évoquées plus haut, deux hommes s'ennuyaient beaucoup. Un mouvement de colère va provoquer un divertissement dont la durée sera peut-être courte.
(extraits de la quatrième de couverture signée Jacques Perret de l'édition parue chez Julliard en 1981)
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Par gill, le 20/02/2012
Un général qui passe de
Jacques Perret
Employé de commerce et citadin à trois générations, de visage moyen et d'allure probe, Jean Papeuil entra dans un grand bazar pour acheter du savon dentifrice. En passant devant le rayon de jardinage, il ralentit et perçut en lui, distinctement, la nostalgie du rustique.
Trop timide pour aller toucher aux arrosoirs, il avisa un plantoir, le trouva bien en main, s'émerveilla de sentir à quel point cet outil invitait à planter, mais bientôt le remit en place, l'idée ne l'ayant même pas effleuré qu'il pût planter quoique ce soit.
Tout homme est digne de ce nom quand il éprouve, en passant devant un manche, l'envie de l'empoigner, ne serait-ce qu'en curieux et sans autre intention que d'hommage.
Néanmoins, Jean Papeuil ne s'attarda pas au spectacle des pelles et bêches qui n'éveillaient en lui qu'une image de serf opprimé ; de même ne pouvait-il évoquer un champ de blé qui ne fût incontinent ravagé par la chasse du seigneur, et c'est pourquoi M. Papeuil votait bien.
En revanche, il se complut à feuilleter le tourniquet aux graines et, comme il examinait tour à tour la capucine et le souci, faisant murmurer la semence au fond des enveloppes, il se traita de petit fou...
(extrait de "Jean sans terre")
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Par gill, le 19/03/2012
L'oiseau rare de
Jacques Perret
Sur la passerelle, Mangebrouillard le timonier, vieil homme, chantonnait une mélopée sans fin, toute mouillée de jus de chique.
Il baissa le ton, puis se tut pour donner libre cours à son tic d'édenté qui lui faisait avaler d'une rapide succion toute la lèvre inférieure jusqu'au menton qu'il avait court et mol. Sur quoi il quitta la barre avec beaucoup de désinvolture et, traînant les espadrilles, s'approcha de la chambre de veille où Victorien Flan, le second, luttait contre le sommeil.
Une méchante ampoule, sous-alimentée par un courant spasmodique, donnait une lueur rougeâtre et d'aspect malsain.
Affalé sur la table des cartes, Victorien Flan avait calé sa pommette dans la paume de sa main droite et fixait d'un œil atone le gros baromètre qui plastronnait au mur avec des airs de vigilance ostentatoire.
L'instrument marquait toujours 780, une de ces pressions de tout repos qui signifient aux âmes pures que Dieu est ambiant. Mais le baromètre semblait seul à s'en réjouir et Victorien Flan, personnellement, se trouvait en pleine dépression...
(extrait de "L'oiseau rare", nouvelle qui a donné son nom au recueil)
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Par gill, le 19/02/2012
Role de plaisance de
Jacques Perret
Estimer une mer à son juste poids de malveillance requiert beaucoup de métier, bien plus de leçons que nous ne pourrions en essuyer. Il y a des cas où elle nous paraît maussade alors qu'elle est déjà vicieuse, mais le plus souvent elle nous paraît méchante alors qu'elle n'est qu'un peu nerveuse et en fin de compte, nous ne savons trop à quel moment nous avons le droit de dire : voici le gros temps. Nous craignons d'agacer la mémoire des anciens.
Ces scrupules nous honorent, mais je pense qu'après des millénaires de navigation les marins discutent encore de la hauteur des vagues.
D'aucuns, utilisant des procédés de calcul éhontés, nous feraient même croire que les fameuses vagues hautes comme des montagnes, ça n'existe pas. Autant dire que Chateaubriand a menti. Mais ils ont tort. La lame qui les emportera sera bien plus haute qu'une montagne...
(extrait du chapitre VIII "le nez du matelot")
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Par gill, le 19/02/2012
Le vent dans les voiles de
Jacques Perret
Sans trop savoir comment, Gaston se trouva perché sur les barres du grand-perroquet, tout seul, tandis qu'à ses pieds tournait et vociférait la bataille sous d'épaisses volutes que le couchant empourprait. La ceinture garnie de deux pistolets, d'un sabre dit cuiller à pot et d'une courte hache, le chapeau déjà loin, la pipe à l'envers, il s'appuyait aux enfléchures en se calant les reins contre le mât de perroquet qui lui transmettait de façon très désagréable, tout le long de l'échine, la vibration amplifiée des coups.
Parfois le bas mât encaissait un boulet qui faisait tout frémir, chouque, élongis, palans, jottereaux, Gaston lui-même enfin qui songeait à prendre un parti, comme l'écureuil sentant cogner dans ses pattes la hache du bûcheron...
(extrait du chapitre XIII "Agréments")
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Par gill, le 18/02/2012
Objets perdus. de
Jacques Perret
La classe était recueillie et les plus habituellement dissipés n'avaient pas coeur à troubler le silence. Debout sur l'estrade, avec la gravité qui convient aux proclamations publiques, le maître commença la dictée du problème :
- Tandis qu'un train de marchandises...
Ce début fit excellente impression sur le petit Fernand Ballavoine, le rouquin du sixième banc près de la fenêtre. On n'est pas arrivé jusqu'à la classe du certificat sans savoir que l'expression "tandis que" est plutôt favorable au développement narratif, poétique même, et c'est pourquoi démarrant de la sorte, le train de marchandises avait une chance de folâtrer dans la campagne, sans souci d'horaire ni d'aiguillage, avec une désinvolture de véhicule romantique...
(extrait de "la composition de calcul)
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Par gill, le 19/02/2012
Mutinerie à bord de
Jacques Perret
En mai 1864, il y avait, dans le port de Cette, un trois mâts nantais qui portait un nom rare et édifiant : Foederis Arca. C'était l'arche d'alliance, la nef mystique, la communion des fidèles, le refuge des pêcheurs, quelque chose enfin d'angélique et de rassurant. Comme l'a dit un chroniqueur du temps, la providence ne devait pas ratifier cette invocation. Un mois plus tard en effet, la mer étant belle et le ciel sans nuages, le navire, tâché de sang, disparaissait dans l'Atlantique.
Transmis par l'armateur, un ordre était venu de Paris requérant le capitaine du Foederis Arca de prendre un chargement de vins et spiritueux à destination de la Vera Cuz.....
(extrait du premier chapitre)
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