ISBN : B0000DXJZ1
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
« À Düren, au siège social du stalag qui nous prenait en consigne, je passai d'abord à la fouille. Tandis qu'un spécialiste épluchait mon porte-feuille, un autre étudiait minutieusement mes habits, tâtait la veste, sa doublure et ses ourlets. Il m'obligea même à faire t... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Parus en 1947, ces mémoires d'un prisonnier de guerre constituent un petit pavé : 504 pages en petits caractères au Livre de Poche. le style est très particulier, qui mélange les imparfaits du subjonctif aux termes argotiques, mais il demeure allègre et emporte sans faiblesse le lecteur de la défaite de juin 1940 à l'évasion enfin réussie en 1943.
    Ceux qui connaissent la série américaine "Stalag 13", rebaptisée en français "Papa Schulz", peuvent déjà se faire une première idée du livre de Jacques Perret. Les situations y sont évidemment bien moins comiques que dans le feuilleton américain mais on y rencontre bel et bien le même type de personnages et avant tout des prisonniers français dont le sens quasi inné de la fainéantise organisée met au désespoir des sentinelles allemandes atterrées par un tel mépris du travail et de la discipline.
    Il y a d'abord le héros-narrateur, le caporal du titre, Jacques Perret lui-même, qui, du premier camp de la débâcle, encore en territoire français, jusqu'à celui de "travaux volontaires" du côté de Berlin, nous dresse un impressionnant tableau de l'époque et de ses protagonistes : l'amertume de la défaite d'abord, la haine générale moins envers l'envahisseur qu'envers les généraux qui, tel Gamelin, ont permis une telle déroute, le système d'qui renaît aussitôt des cendres de 40 comme un bouclier protecteur, la méfiance instinctive envers les Anglais, l'amusement et l'ironie avec laquelle sont regardés ces Allemands qui n'arrêtent pas de répéter : "Krieg gross malhêur !", l'intérêt naissant pour un certain général réfugié à Londres (entouré d'Anglais, il est bien à plaindre) et l'expectative avec laquelle ces prisonniers expatriés contre leur gré envisagent Pétain et son gouvernement.
    Aux "bouteillons" (= rumeurs) selon lesquelles ils seront bientôt libérés, succède pour les prisonniers la montée dans un train blindé qui les amène ... en Allemagne, dans un camp où ils seront tenus de travailler pour "la grosse Rèche" (= le Grand Reich). A partir de là, tous bien sûr ne rêvent plus que d'évasion et, à l'image de Steve Mc Queen dans l'inoubliable "Grande évasion", certains en feront même une obsession. Toujours repris mais jamais vaincus, ces "frühstige" remettront cela sans cesse jusqu'à ce que cèdent les "coups idiots" (= les échecs) et triomphe la réussite.
    Et le lecteur s'attache à cet acharnement, à cette quête de la liberté pour la liberté. Il les suit tous, Pater le râleur, Ballochet l'incisif, Ryswick le comédien, Reuter "l'enfant du siècle", Lourmel le Breton et tous les autres, dans l'espoir que, tôt ou tard, le Destin leur sourira.
    La route est longue et pleine d'embûches, avec des moments parfois superbes comme ce réveillon auquel les prisonniers récidivistes, enfermés dans un camp surnommé "La Discipline", sont invités un à un (et en cachette des hautes autorités) par une sentinelle borgne qui a connu la Grande guerre ("Das war Krieg !") et qui finira par demander sa mutation sur le front de l'Est ou ces promeneurs allemands qui s'arrangent pour faire passer aux prisonniers casse-croûtes et menues douceurs.
    Le mérite de Jacques Perret est de montrer la guerre et ses conséquences sans le manichéisme outrancier qui est trop souvent de mise. Au demeurant - je l'avais lu dans un autre ouvrage - il évoque rarement "les Nazis" mais parle des "Allemands", des "Boches", des "Shleuhs", des "Frisés", etc ... C'est l'esprit germanique qu'il tourne en ridicule ou encore - ça lui arrive - qu'il admire pour telle ou telle capacité ignorée du Français. Contrairement à nous et de façon très paradoxale, ni lui ni ses camarades ne pensent en termes politiques : où se trouve la politique d'ailleurs en ce temps-là puisque c'est le chaos ? Les seules pointes idéologiques jaillissent ici et là, dans la bouche de certains Allemands trop zélés et dans celle des planqués comme M. Mercadier, mais les prisonniers n'y portent guère attention. Ce n'est que Gare du Nord - soit à la 500ème page - que Perret se rend compte que, désormais, il lui faudra compter avec Vichy, ses collabos et ses dénonciateurs. Jusque là, les difficultés de son entreprise son bien trop grandes et bien trop nombreuses pour qu'il y songe.
    Un livre passionnant, à découvrir ou à redécouvrir et qui, avec ses descriptions de chambrée et ses discussions typiquement masculines, devrait plaire particulièrement aux Notabenistes du sexe dit fort. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 29 avril 2012

    BVIALLET
    Après la défaite de 1940, Jacques Perret, alors caporal, se retrouve prisonnier de guerre comme deux millions d'autres et enfermé d'abord à Vaucouleurs (Lorraine) dans un camp de transit d'où il tente immédiatement de s'évader car il ne croit pas aux « bouteillons » (bobards) racontant qu'ils vont être très bientôt libérés. Transféré en Allemagne, près de Berlin, en compagnie de Pater, titi parisien qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et de Ballochet, grand escogriffe lunaire et distingué, Perret n'a qu'une obsession : s'échapper de ce stalag où il souffre du froid et de la faim et où il doit travailler comme un esclave pour le grand Rêche (Reich). Plusieurs tentatives par le train (sur les boggies, sous les banquettes ou carrément sous le wagon pour échapper aux nombreux contrôles) échoueront, lui valant diverses peines disciplinaires (cachot, humiliations, travaux forcés...), mais il ne renoncera jamais à son projet.
    Ce livre, qui est le chef d'oeuvre du grand Jacques Perret est, à mon sens, le meilleur témoignage sur les conditions de vie réelles des prisonniers de guerre français pendant la Seconde Guerre Mondiale. On y découvre toute l'astuce du génie français d'une débrouillardise confondante dans les épreuves, l'esprit frondeur et rebelle, la capacité de sabotage sans oublier la force d'inertie élevée au rang des beaux-arts. La langue de Perret est belle et agréable, souvent fleurie et torrentielle (un pavé de 679 pages) où ne manquent ni les énumérations improbables ou hétéroclites à la Prévert, ni les expressions typiquement parigotes, ni l'argot faubourien. Et toujours, l'humour, le détachement voire l'ironie d'un homme d'esprit un tantinet anar. Un vrai plaisir...
    Adapté au cinéma, « Le caporal épinglé » donna un film éponyme avec Jean-Pierre Cassel (Perret), Claude Rich (Ballochet) et Claude Brasseur (Pater) qui rencontra un grand succès à l'époque, mais que le temps ne hissa pas au niveau de « La Grande Evasion » (version hollywoodienne grandiose et fantaisiste de la vie en stalag de prisonniers de guerre anglais et américains), ce qui est bien dommage. Comme toujours, la fausse monnaie chasse la bonne.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Jean sans terre
D'après la nouvelle de Jacques PERRET. Jean vient de perdre sa femme, et quitte la campagne pour une banlieue parisienne vouée au béton où il partage avec son beau-père un appartement dans une tour de dix-huit étages sise aux abords d'une galerie marchande dans laquelle ils tiennent une lunetterie. Dans cet univers triste, seule Marthe une voisine et cliente lui apporte un peu de rêve...








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