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Par brigetoun, le 26/04/2010
Fuji San de
Jacques Roubaud
Fuji n'existe pas, ou plus; qu'il s'est peut-être
Volcan inverse, renfoui en terre tant
Ce monde l'a blessé qu'il ne veut plus connaître
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Par mercure, le 17/10/2009
Parc sauvage de
Jacques Roubaud
sur le livre :
Les circonstances de la lecture font partie de la lecture : aussi bien le livre concret que son apparence, son format, son poids, sa typographie, que le volume d'espace réel au sein duquel nous l'avons lu : un train, un lit, une herbe. Le livre, l'œuvre, est cela pour nous. Il est tout autant que la lettre exacte de son texte, vérifiable en le rouvrant ( et pas toujours compatible avec notre souvenir!), ce que nous en avons retenu (les « circonstances » en font partie). Tout autant que l'immobilité stable de ses mots, dans ses pages, l'allure de nos yeux sur ses lignes, l'intensité variable de notre regard. Mais les livres que nous avons lus « colorent » en retour, d'une manière au moins aussi forte, les lieux et les circonstances dans lesquels nous les avons ouverts.
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Par brigetoun, le 26/04/2010
Fuji San de
Jacques Roubaud
Résumons
i - L’être-même du Fuji est son haecceitas, son ‘être-ainsi’. Il est inaccessible. On ne peut qu’aller vers lui, par approximations successives.
ii – Or le Fuji offre des témoignages réels, perceptibles, de son haecceitas, des ‘realitates’, des ‘petites réalités’ perceptibles. Ce sont les inscapes.
iii – Pour toute chose il y a une infinité d’inscapes. La poésie en choisit plusieurs : ainsi, pour le Fuji, sa lumière
Montagne, Lumière
un point, le Fuji
⊗ l’oscillant
la lumière-née
un point, la lumière
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Ciel et terre et ciel et terre, et ciel de
Jacques Roubaud
Peu à peu, par pans entiers, les images de son passé qui s’étaient refusées à lui obstinément, par vagues successives l’envahirent. Il revit la garrigue et ses nuages, il revit l’écluse du canal, il revit la maison où il était resté des semaines attendant le départ pour l’Espagne
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Par Grapheus, le 27/04/2009
Graal fiction de
Jacques Roubaud
Quelques jours avant de disparaître, Merlin vint faire ses adieux à Blaise. Ayant réglé quelques affaires en suspens avec le pape, il quitta Rome pour la Nortombrelande qu'il atteignit en moins d'une journée. Il dit alors à Blaise qu'il le voyait pour la dernière fois, qu'il s'en allait séjourner auprès de son amie et qu'il ne serait plus jamais en son pouvoir de la quitter et de se déplacer à son aise. « S'il en doit être ainsi, pourquoi y vas-tu donc ? » dit Blaise douloureusement. Mais si Merlin ajouta quelque chose, nous ne sommes pas près de le savoir.
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Ciel et terre et ciel et terre, et ciel de
Jacques Roubaud
Les nuages
Il pouvait reconnaître en eux à volonté, des navires, des barques, des goélettes, des steamers, des yachts, des pirogues, des radeaux, des îles.
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Par brigetoun, le 26/04/2010
Fuji San de
Jacques Roubaud
Et le résultat de tout ça : SATURATION
Bashô
dans la pluie brumeuse
⊗ on ne voit
pas le Fuji : joie
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Par brigetoun, le 26/04/2010
Fuji San de
Jacques Roubaud
Sans joie aucune. J’avouai ma peine
*
j’aurais tant voulu
⊗ moi aussi,
te dire : ‘aa’, ‘hare’