ISBN : 2253118451
Éditeur : LGF (2007)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
LE PETIT BONZI J acques Rougeron a douze ans. Un soir d’automne, au pied de son immeuble, il croit avoir enfin trouvé le moyen de guérir. Jacques Rougeron est bègue. Il voudrait parler aussi vite, aussi bien, que Bonzi et tous les autres. Bonzi, c’est son ami, son frère... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 05 décembre 2011

    brigittelascombe
    "Grâce à l'herbe, il avait inventé la machine qui redressait les mots".
    Jacques Rougeron, adolescent "bègue","bégayeur","bégayeux", dont la langue fourche sur les mots depuis qu'il a "essayé de sauver Guignol" du vilain gendarme et l'a trahi, a déjà "mangé tout Lyon" (vigne vierge,thuyas,bouton d'or,chêne...) dans l'espoir de guérir car il l'a lu ça que les herbes guérissent.
    Lorsqu'on pousse la porte des mots de Sorj Chalandon, on sourit face à l'innocence retrouvée, on découvre émerveillé un imaginaire riche et magique, comme un ciel lumineux avant l'orage, car l'image du père idéalisé pointe toujours son nez avant de sortir de son cadre pour montrer son vrai visage.Le sourire se crispe, s'inquiète et se projette, d'où le talent de l'auteur. Un père à la carrure immense: ami héros devenu traitre dans Mon traitre et dans Retour à Killybegs(grand prix du roman de l'Académie française 2011), frère adoptant dont la mort bouleverse puis s'accepte dans Une promesse (prix Médicis général 2006), père résistant dont la gloire est mensongère pour l'un et véridique pour l'autre dans (La gloire de nos pères).
    Le petit Bonzi, tel Jiminy le criquet soufflant ses conseils à un Jacques en souffrance, est l'alter égo, l'ami qui aide à surmonter les coups d'un père plâtrier, vu comme un "savant des étoiles".
    Angoisse de mort, désir de mort se mélangent. Héros disparus sur le front bien au chaud dans le coeur du grand-père.Gros mensonge.Et s'il disparaissait ce papa Rougeron? Et s'il y avait la peste à l'école?
    Heureusement Le petit Bonzi veille, il ne bégaye pas,lui, et Manu,l'instituteur non plus. C'est quelqu'un ce Monsieur Mandrieu tout de même!
    Mince frontière où la sensibilité exacerbée de l'adolescence se perd parfois, errance entre un "général Bonzi" et un Jacques "maréchal de France", qu'il est donc dur pour un enfant écartelé de retrouver sa propre identité!
    C'est avec beaucoup de pudeur et d'émotion que Sorj Chalandon aborde le thème de l'enfance bafouée. C'est avec un lueur d'espoir qu'il parle d'une rédemption possible dans cette langue simple et poétique dont il a le secret, cette langue qui s'écrit comme un "cahier à mots", un journal intime caché sous une latte du plancher d'une chambre d'enfant.
    Pour un premier roman, Sorj Chalandon, journaliste devenu écrivain faisait déjà fort.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 17 juin 2011

    emmyne
    Ce roman est le premier de Sorj Chalandon, déjà témoignage, récit d'une guerre et acte de résistance.
    S'il diffère par l'atmosphère et le rythme d'écriture des romans suivants, on y retrouve cette précision de la plume, le souci et le goût du mot juste, justement sobre et vrai, l'émotion brute, confiée. La confidence sous la pureté nette des phrases et des images.
    Lorsque j'ai lu ce livre, ce premier pour moi dernier, j'ai eu l'impression d'entendre parler Sorj Chalandon, ce qui peut paraître paradoxal pour un roman racontant la souffrance d'un enfant bègue. L'intime porté-emporté par le talent romanesque. Rien de ce que décrit ce livre sur le bégaiement qui prend l'enfant comme le lecteur aux tripes, sur la douleur autant physique qu'émotionnelle, n'aurait pu être inventé.
    Les sens et les sensations. C'est ce qui m'a le plus frappée lors de cette lecture. L'usage qu'en fait l'auteur est impressionnant. Il y a tous ces rituels que Jacques emploie, qui le raccroche à un monde concret dont il est coupé par ses difficultés d'élocution - à défaut de parler, il touche, il regarde, il écoute, il écrit, il goûte évidemment - ; il y a surtout ce ressenti physique du langage oral, la relation presque charnelle. Par moment, je me suis prise à lire à voix haute pour observer les mouvements dans ma bouche, la langue par rapport au palais, le rythme de ma respiration. Exactement, oui, comme prendre conscience que l'on respire, articuler en se demandant ce qui coince quand l'acte de parler est naturel. Ils partent de la poitrine, les mots, du coeur, puis ils remontent dans la gorge qui se sert, se serre...Les descriptions de ces mots qui s'emmêlent et se bousculent dans la bouche, comme des entités à dompter, à apprivoiser ou à amadouer, donnent envie de les cracher, ces sons mouillés qui pataugent, ces sons secs qui griffent et étouffent. Et les techniques de contournement, abandons, concessions, répétitions avec dictionnaire des synonymes. En attendant le miracle, la guérison de la " maladie honteuse ". En attendant réparations. Oui, réparations au pluriel, dans tous les sens du terme.
    Les mots d'un auteur racontant magnifiquement le suicide symbolique de l'enfant qui s'enfonce dans ses rêves éveillés parce qu'il ne parvient pas à communiquer, encore moins à dire sa souffrance. Sur un temps de narration à la fois distendu par les passage sans transition entre imaginaire et réalité, et resserré par le texte daté comme un journal, le récit s'étire, revient, des phrases courtes mais lentes, tout ce nominatif, ces répétitions comme des prières, des mantras. Une lecture comme un vertige. Au bord de l'abîme de cet enfant qui perd pied.
    Ce roman n'est pas celui de la pudeur, de l'émotion dense et fragile comme j'ai pu l'écrire pour les autres romans de Sorj Chalandon. Celui-ci est bouleversant, bien plus cru, éprouvant et " empoignant " que poignant. Rien d'attendrissant ou d'apitoyant. Pas de main tendue mais un poing qui bat contre la cuisse; le et la geste de la détresse. C'est terrifiant. Parce qu'il est terrifié ce gamin et tellement solitaire. Pas fragile, pire, vulnérable, il cherche et donne du sens puisque les mots, il ne peut que les garder pour lui. Il mène un combat qui n'est pas un jeu d'enfant, sa charge héroïque, telle celle que met en scène son esprit, mobilisant les ressources enfantines de l'imaginaire qui montent les barrières qui le rassurent et le préservent mais l'isolent et l'enferment toujours un peu plus loin des autres.
    Ce roman est celui d'une violence, la rage et les cicatrices avec lesquelles un homme a grandi, est devenu grand.



    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/04/16/20758944.html..
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 05 décembre 2011

    brigittelascombe
    Un enfant en souffrance battu par son père, montre par son bégaiement sa désorientation et cache sous ce symptome, visible de tous et risible pour d'autres, son mal être.
    Son imagination débordante l'aide à surmonter ses angoisses.Invention d'un alter-égo,herbes miraculeuses, mensonges, jusqu'où aller pour se faire aider?
    Les instituteurs compréhensifs jouent parfois le rôle du père qui fait défaut à moins qu'ils ne le réhabilitent en jouant le jeu.
    Emouvant et fort comme un journal d'enfant triste!
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    • Livres 4.00/5
    Par belledeschamps, le 21 juillet 2009

    belledeschamps
    Lyon, 1964. Jacques Rougeron a dix ans ; son père est plâtrier, sa mère est femme au foyer. Jacques est bègue. Il a un ami imaginaire, Bonzi, son confident, son conseiller, avec qui il dialogue sans aucune difficulté. Un jour Jacques n'en peut plus de ne pas réussir à organiser les mots dans sa bouche, et il invente un énorme mensonge, qui espère-t-il, cautionnera son mutisme définitif : il annonce à son maître et à ses camarades de classe que son père a disparu...
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    • Livres 5.00/5
    Par zabeth55, le 19 janvier 2012

    zabeth55
    une merveille d'émotion
    un moment rare de lecture
    Un auteur rencontré à Nancy d'une gentillesse et d'une simplicité inoubliables
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Citations et extraits

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  • Par zabeth55, le 19 janvier 2012

    Il mettait son manteau en trébuchant des manches

    Le ciel trop grand, tout épuisé d’orage

    Ses mots étaient en fête, ils flânaient dans des phrases si vastes qu’ils y marchaient de front.

    Les mots tout assoupis d’âme
    Avant de dire les mots il les nettoierait de pluie, il les polirait, il les frotterait avec une soie de langue

    Il écoutait du coin de l’œil

    Elle restera debout , les yeux en silence, morte un sourire en main

    Il respire à petits cris

    Le maître doit apprendre des choses à l’élève et faire attention à l’enfant.
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  • Par brigittelascombe, le 05 décembre 2011

    Il a décidé qu'il fallait une place à part pour les mots de son père.Parce que c'était des mots précieux.Des mots de travail.Alors il les a pris en bouche,il les a goûtés comme un trait de sirop.Chaque lettre.Une par une à petite gorgée.Truelle.Le T,le R,le U,leE, les deux L et le E à suivre.Puis le TRU.Les mots de son papa. Des mots Rougeron.Des mots amis.
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  • Par brigittelascombe, le 05 décembre 2011

    -Les gens qui ont ta tête,ils se touchent! Ceux qui ont des cernes comme ça,ils se touchent!Ce sont des vicieux qui se touchent!Tu es un vicieux!Tu te touches!
    Il criait,main levée. Jacques attendait qu'elle tombe.
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  • Par brigittelascombe, le 05 décembre 2011

    Dans une odeur de pin,de poussière et de sec,il relit tous ces mots devenus inutiles à force de temps.Parce que tout passe,et même les coups du père.Parce qu'avec les coups,la peur de ses coups cesse.
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Sorj Chalandon - Retour à Killybegs (bande annonce) .
Couronné par le Grand Prix du roman de l'Académie française 2011 Sorj Chalandon nous présente 'Retour à Killybegs' un roman captivant sur la guerre de libération de l?Irlande du Nord, qui fut aussi une guerre civile.Retrouvez l'intégralité de cette interview sur notre chaîne Dailymotion et sur le site de la Communauté Orange du Livre www.orange.fr/prixorangedulivre








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