Critiques de Sorj Chalandon


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    • Livres 5.00/5
    Par Pasdel, le 28/01/2012


    La légende de nos pères La légende de nos pères de Sorj Chalandon

    La légende de nos pères c'est la confrontation de deux personnages, de deux générations, mais aussi deux     témoignages sur la Résistance: l'une vécue et l'autre "apprise".

    C'est aussi l'histoire des relations entre deux pères et leurs enfants respectifs. Relation difficile pour le narrateur qui n'a connu que la "présence" de son père alors qu'il aurait voulu communiquer avec lui, échanger ses souvenirs. Relation de père prodigue pour l'autre.

    La légende de nos pères c'est aussi la recherche de cet être idéal, ce héros que l'on voudrait être,mais que nous ne sommes pas. Les mensonges qu'on invente et qui finissent par vous dévorer.

    La légende de nos pères, c'est la quête de la guérison, de la vérité, L'affrontement  salutaire de deux hommes en proie à leurs doutes, à leurs souffrances.

    C'est aussi un auteur,  un style épuré où chaque mot est utilisé pour lui même sans rajout, sans fioriture. C'est surtout un roman qui vous prend.

    Critique de qualité ? (35 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 05/12/2011


    Retour à Killybegs Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

    En commençant "Retour à Killybegs", j'ai immédiatement été plongée dans l'atmosphère de mon enfance, quand tous les jours, les journaux, la radio ou la télévision annonçait que l'IRA avait frappé ou entamait un processus de paix, cette atmosphère de terreur qui entourait l'idée même de l'Irlande, de Belfast, d'armée révolutionnaire.
    Car effectivement, ce livre nous fait pénétrer au coeur de l'Armée Révolutionnaire Irlandaise, cette IRA qui défrayait la chronique quotidiennement, faisant passer ses acteurs pour des dangereux fous furieux ou des héros, c'est selon, et déclenchait les répliques sanglantes des britanniques. C'est donc tout un pan de l'histoire irlandaise que l'auteur rappelle ici, la misère des années noires, le déchirement de l'Irlande en deux pays, l'édification d'une frontière et la création de l'Ulster, l'oppression britannique et la résistance irlandaise, puis plus tard les grèves de la faim et les prisons encombrées de prisonniers qui voulaient se voir reconnaître le statut de prisonniers politiques que les britanniques leur refusaient.
    Et ce qui m'a frappée, c'est d'abord l'extraordinaire solidarité qui unit tous ces soldats de l'Ira, qui pousse un jeune type de 20 ans à continuer une grève de la faim jusqu'à la mort, relayé par un autre jeune type de 20 ans... La solidarité, la fraternité, et soudain au milieu de ces frères, un traître ! Un traître qui, à la veille d'être démasqué, était salué et connu de tous, chéri par sa famille, ses frères d'arme, leurs femmes et leurs enfants, et qui du jour au lendemain, devient l'Ennemi. Je n'ai pas lu les précédents livres de Sorj Chalandon, mais dans Retour à Killybegs, il décortique avec pertinence les ressorts qui transforment un patriote acharné en marionnette des britanniques. Et ce "retournement" permet de revenir sur les motivations de l'IRA, des britanniques et de déjouer tout manichéisme : il n'y a pas de bon ou de mauvais patriote, la cause de l'IRA n'est pas que juste et bonne et les britanniques ne sont pas que des enfoirés : la guerre, c'est sale et les idéaux n'y ont pas leur place...

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 11/11/2011


    Mon traître Mon traître de Sorj Chalandon

    Le narrateur, Antoine, est luthier à Paris. Un peu solitaire, il tombe sous le charme de l’Irlande et pas de n’importe quelle Irlande, non, de Belfast et de l’Irlande du Nord en 1977, en plein conflit avec les Britanniques. Les mots de Sorj Chalandon pour dire sa passion sont magnifiques et pleins de vérité... On se doute que cet Antoine monomaniaque s’éloigne encore plus de ses quelques amis parisiens. Mais à Belfast, il a rencontré une amitié plus belle, plus forte, plus authentique, celle de Tyrone Meehan, immense vétéran de la cause irlandaise. Ce même Tyrone qui s’avèrera de longues années plus tard avoir trahi ses idées, sa cause, ses amis… Voilà le pourquoi du titre un peu étrange, MON traître, car cet homme était son ami et Antoine ne peut s’empêcher de se demander si pendant tout ce temps, l’amitié était réciproque entre eux. La blessure serait immense si ce n’était pas le cas.

    Je suis tombée sous le charme du style de Sorj Chalandon, superbe, à mille lieues de tout cliché, vrai, sincère. Ses mots pour dire l’amitié, la passion pour l’Irlande, l’engagement, la déception, ces mots sonnent toujours juste et forment plus qu’une belle histoire.

    Critique de qualité ? (10 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 09/01/2012


    Retour à Killybegs Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

    Eirinn go Brach ! L'Irlande pour toujours !

    C'est à travers la force de ces mots que Tyrone Meehan a grandit. Dans la petite ville de Killybegs. C'est aussi à Killybegs qu'il viendra attendre la mort et nous livrer son ultime vérité.

    2006. Tyrone vient se réfugier dans la maison de son enfance. Il a trahi les siens et goûte désormais à la solitude. Une solitude qui le renvoie à lui-même, à son père, à ses amis de l'IRA, à sa vie passée. A ses choix, à ses erreurs.
    Dans une narration alternant l'engagement des premiers temps et les derniers jours de traître, l'homme se confie.
    Il y a le père tout d'abord. Violent, amer, avec sa guerre perdue contre les britanniques et la séparation de l'Irlande en deux en 1921. Il ne lui reste que la boisson et les coups. Et cette haine viscérale contre les anglais qu'il transmettra à son fils.
    A sa mort, la famille part pour Belfast. Là, on s'y bat contre l'Allemagne, au contraire de l'Irlande libre. Les irlandais, les catholiques sont brimés, repoussés dans des ghettos miséreux. A 16 ans, Tyrone choisit l'IRA.
    Il devient un fianna puis un membre actif de l'organisation. Très vite, il découvre la prison. Ce qui l'érigera en héros sera aussi sa perte.
    Comment un homme aussi engagé envers son Irlande, aussi respecté par l'IRA est-il devenu un traître ?

    Nous avions découvert Tyrone Meehan dans Mon traitre où un petit français nous confiait son admiration et sa souffrance devant la traîtrise de Tyrone. Aujourd'hui, dans Retour à Killybegs, c'est à son tour de prendre la parole.
    Un récit qui nous plonge véritablement dans l'histoire de l'Irlande que nous allons suivre à travers les années et le personnage de Tyrone qui fait corps avec son pays. Une histoire tourmentée, violente qui nous emmène de la guerre civile dans les rues irlandaises à la résistance dans les prisons anglaises sous forme de grèves de la faim et de la propreté. Une vie difficile donc où l'engagement politique se présente comme une évidence. Le récit a presque valeur documentaire. Le lecteur vibre à l'unisson des protagonistes, comprend la complexité de cette guerre où rien n'est simple que ce soit pendant ou après.
    Pourtant cet engagement, cette vie consacrée à cette cause n'empêche pas les erreurs, les secrets. Tout cela est lourd, fatiguant pour les hommes.

    Et Tyrone porte un fardeau au fond de son cœur. Un fardeau qui a fait de lui le héros respecté. Celui qui ne trahirait pas. Et pourtant... Chaque homme a sa faiblesse. Tyrone s'est laissé entraîné, malgré lui, à collaborer avec les britanniques, tout en se persuadant qu'il ne trahissait pas.

    Quel roman que celui-là ! Sorj a écrit ici un roman extrêmement fort qui va au-delà d'un simple version romancée d'une expérience personnelle. Dans Mon traître, l'auteur réussissait déjà avec brio à réinterpréter avec ampleur son expérience de la traîtrise. Ici, il touche à l'art absolu du roman. Se mettant dans la peau du traître, de SON traître, Sorj donne la parole à celui qui l'a blessé, imaginant, interprétant les pensées de cet autre, tentant par là-même de le comprendre et pourquoi pas de l'absoudre. Quoi de plus difficile que de donner à voir un "ennemi" ? Cet homme qui a trahi devient sous sa plume un être très humain, une grande figure paternelle avec ses contradictions et ses failles. Un homme que l'on peut haïr et aimer à la fois. L'auteur y dresse le parcours d'un homme, de ce qui l'a fait et ce qui l'a défait. Un personnage complexe pris dans le tourbillon de l'Histoire, à la fois victime et coupable.

    Son écriture est toujours d'une grande pureté, subtile, légère qui ne s'encombre pas de "trop de mots" tout en dégageant une grande force. Une écriture rythmée qui sait parfois se passer de verbes, qui ponctue de manière très intelligente la phrase en la stoppant, la reprenant.

    Mais au-delà de tout ça, Retour à Killybegs est un hommage à la fois pudique et fort à une amitié perdue, au père protecteur qui tout en faillant reste d'une certaine manière admirable. Un roman où l'auteur tente d'offrir de manière juste et non manichéenne son Irlande qu'il aime tant et qu'il refuse d'oublier. Un roman où Sorj nous donne sa propre douleur, tentant par là-même d'en atténuer la force en l'enterrant dans un magnifique cercueil de papier. Un grand roman assurément.


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-retour-a-killybegs-sorj-chaland...

    Critique de qualité ? (9 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 13/12/2011


    Mon traître Mon traître de Sorj Chalandon

    « La première fois que j’ai vu mon traître, il m’a appris à pisser » indique Antoine, le narrateur, en ouverture de ce roman. Cette première phrase sèche (malgré le sujet abordé) est déjà révélatrice : d’une part parce qu’elle utilise pour la première fois (le titre excepté) le possessif accolé à ce traître et nous dit toute l’intimité qu’Antoine peut avoir avec lui (que peut-on avoir à cacher à celui qui nous regardé uriner et, même, nous a appris à le faire d’une manière convenable ?) ; d’autre part elle place l’histoire, d’une certaine manière, au rang d’un roman d’apprentissage.
    Car oui, Antoine va apprendre. Ce luthier venu à l’Irlande par la musique et plus particulièrement le violon découvre au milieu des années 1970 la lutte des républicains en Irlande du Nord, à un moment où les revendications nationalitaires sont encore un sujet qui intéresse un peu en France. Il va apprendre cette Irlande loin des clichés sur la verte Erin, l’âpreté d’une guerre et sa réalité loin de son idéal romantique de guerre propre ; une guerre qui se joue autant dans des attentats aveugles que dans des geôles où des prisonniers nus se laissent mourir de faim où qu’ils barbouillent de leurs excréments. Il va apprendre l’amitié aussi. L’amitié qui n’a pas forcément besoin de mots ou de grandes effusions, celle qui s’exprime par un regard, un sourire, un lit proposé ou le récit d’un drame familial.

    Journaliste, Sorj Chalandon a choisi de traiter dans ce roman d’un sujet qui lui est intime, puisqu’il s’inspire de sa propre amitié avec Denis Donaldson, républicain irlandais, membre de l’IRA et du Sin Fein que les Britanniques ont dénoncé comme traître travaillant pour eux depuis plus de vingt ans au moment des accords de paix. Trop proche de son sujet, hanté par des questions qui n’ont pas trouvées de réponses car Donaldson a été abattu avant qu’il puisse le rencontrer une dernière fois, Chalandon cherche par le biais de la fiction à répondre au moins partiellement à ses propres interrogations.
    Par des phrases courtes décrivant des souvenirs ponctuels qui suivent en fait la pensée du narrateur au moment il raconte, comme des réminiscences de ces temps révolus, Sorj Chalandon nous entraîne à sa suite dans cet amour presqu’irraisonné pour l’Irlande du Nord occupée, dans ce combat qui n’est pas le sien mais qu’il intériorise au point de se couper des amis qu’il a chez lui (un isolement décrit en profondeur en seulement quelques phrases), dans cette amitié atypique avec ce chef de l’IRA, avec ce traître. Ce traître dont la traîtrise fait qu’Antoine ne peut plus se demander qu’une chose : s’il a trahi les siens, m’a-t-il aussi trahi en me disant que j’étais son ami ? Son amitié était-elle réelle ? Antoine cherche donc la réponse. Peut-être la trouvera-t-il. Ou pas.

    On peut reprocher à Chalandon son écriture sèche et sans fioriture qui, sans nul doute, en rebutera certains. Elle a pourtant pour avantage, dans une histoire où des sentiments profonds sont à l’œuvre, d’en éliminer une grande partie du pathos qui pourrait s’avérer vite lassant. Elle nous met aussi dans la tête d’un narrateur qui peine encore à croire à ce qui se passe et s’en trouve pour ainsi dire anesthésié par le choc. Elle dit et fait ressentir des choses compliquées avec des mots simples mais pas simplistes. C’est une sale et belle histoire.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-mon-traitre-de-sorj-chalandon-92200...

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    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 02/06/2011


    Mon traître Mon traître de Sorj Chalandon

    Force et beauté sont les premiers mots qui se sont imposés à mon esprit lorsque j’ai tourné, à regret, la dernière page de ce magnifique roman. Force et beauté du récit, force et beauté de l’écriture. J’ai été saisie par cette lecture dans laquelle Sorj Chalandon parvient à peindre avec sincérité et émotion, malgré le choix de la fiction, l’Irlande, son Irlande, celle du Nord, celle de la guerre tel un personnage principal. Ce portrait, pourtant cruel et réaliste, sa dimension politique et engagée, n’altère en rien la narration intimiste d’une réelle puissance évocatrice. J’ai été charmée par les mots choisis, la poésie, la pureté du style tout en images, sensations et sentiments. Ce détournement autobiographique de témoignage à roman, ce glissement de l’Histoire à l’histoire rend la plume empathique. A chaque rencontre, à chaque questionnement, le narrateur espère que l’Irlande devienne sienne. Elle est devenue mienne. La lecture de Mon traître me laisse émue et admirative.



    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2008/09/13/10541150.html#comments

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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 23/10/2011


    Mon traître Mon traître de Sorj Chalandon

    Début des années 70, à Paris. Antoine/Tony, luthier, est sensibilisé à la guerre en Irlande du Nord par un de ses clients. Il se rend à Belfast, est touché, bouleversé même par les événements, noue au fil de ses séjours récurrents des liens solides, avec deux couples en particulier. Bien au-delà de l'amitié, naissent des sentiments forts, fraternels, filiaux... Mais Antoine et ses proches apprendront trente ans plus tard avec stupeur, effroi, que l'un des leurs est un traître de l'armée républicaine, au service des Britanniques. - Non, je ne dévoile rien, les premières pages sont explicites -

    Ce roman est bouleversant, tissé de tristesse, d'incompréhension, de désarroi. Il m'a d'autant plus émue que j'ai récemment entendu l'auteur évoquer avec passion ce témoignage hautement autobiographique et partant, sa douleur. La blessure de Sorj Chalandon reste vive et palpable six années plus tard malgré ce livre "exutoire" (?), d'où la nécessité pour lui d'en écrire un second ('Retour à Killybegs').

    'Mon traître' n'est pas facile à apprécier pleinement si l'on connaît mal le contexte des années 60 en Irlande du Nord - il y est fréquemment fait allusion. Quoi qu'il en soit, sa portée reste universelle : contexte de guerre civile/religieuse/indépendantiste, de conflit armé avec son lot de mort, de deuil, de violence, de lutte... mais aussi de solidarité, d'amour, de dignité humaine. Et tout particulièrement ici une question : celle de l'amitié à l'épreuve de la trahison...

    Critique de qualité ? (8 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 21/08/2011


    Retour à Killybegs Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

    " Que voulait-il le petit Français ? Me juger ? Me comprendre ? Ou réclamer sa part de trahison ? "

    Comment prendre, donner la parole à celui qui fut votre traître; comment coller, entrer dans sa peau qui a marqué la vôtre d'une telle cicatrice ? Comment maîtriser ses souvenirs, ses sentiments, sa propre histoire, comment oser l'écriture même en usant du filtre de la fiction sans risquer de trahir à son tour ? En écrivant ce livre qui ne sera " pas avouer, encore moins expliquer mais raconter, laisser une trace ", ce livre qui confie ces mots à ce traître que l'on ne nomme plus que Meehan; cet homme qui n'a vécu que la violence - les violences, familiale, nationale, religieuse -, la colère, la haine. Et le doute. En écrivant ce roman qui n'occulte aucune des questions dérangeantes sur les actions de l'IRA, sur les résolutions qu'impose leur engagement à ses soldats.

    Fiction biographique, le récit alterne les chapitres relatant l'histoire de Tyrone Meehan depuis sa jeunesse et de la guerre d'Irlande avec ceux, intimistes, consacrés aux derniers jours de celui qui fut l'infidèle; des années de formation pendant la Seconde Guerre Mondiale aux dernières heures, revenu dans le village natal de Killybegs. Si vous pensiez avoir rencontré l'Irlande en lisant Mon Traître, sachez que c'était une promenade de parisien aux mains fines. C'est avec Tyron que vous entrerez en terre irlandaise, avec les mains sales des combats de rues, des attentats, de la prison, avec l'ivresse des pubs, des héros, des chants et des manifestations commémoratives.

    Je m'en voudrais de raconter cette histoire autrement que par les mots de son auteur car il le fait magnifiquement.

    L'emploi de ce Je narratif me stupéfie, me fascine. La qualité, la force, l'humanité de ce choix me frappent. Dès la dédicace : " A ceux qui ont aimé un traître ". La puissance de cette écriture reste un mystère pour moi, au-delà de cette sobriété du style pur et juste, au delà de l'exigence et de la densité, au delà du mot toujours effectif, affectif, qui touche le lecteur parce qu'il touche si parfaitement le moment, l'image et les sensations.

    J'espérais aimer ce roman, j'espérais être impressionnée encore. Je n'imaginais pas que ce serait à ce point. Pour la première fois depuis très longtemps, en lisant " J'ai pleuré moi aussi, sans que mon corps en parle ". Combien de Je t'aime dans ce texte ? Tant de douleurs et de peurs, de chagrins.

    Avec Retour à Killybegs, il me semble que Sorj Chalandon est parvenu à la perfection de son écriture romanesque, à l'aboutissement de ses motifs, la fidélité, la personnalité et le rôle du père, le devoir de mémoire, ce refus que l'histoire soit reécrite et pourtant cette pudeur malgré les mots parfois crus et cruels. Je crois qu'il a tout donné. Parce que ce livre relève du don. Talent et partage.



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    • Livres 0.00/5
    Par InColdBlog, le 09/09/2010


    Une promesse Une promesse de Sorj Chalandon

    Une promesse, c’est l’histoire de gens simples, de petits riens : une horloge suisse, une grille de mots croisés, un timbre rouge, un bougeoir en forme de chat assis, une toile cirée aux coquelicots.

    C’est avant tout une histoire d’amour et d’amitié. L’amour indéfectible d’Etienne et Fauvette, le vieux couple de Ker Ael, la villa située à l’entrée de ce petit bourg de Mayenne.

    Voilà un bien joli roman dont l’humanité et la poésie m’ont touché, quand bien même on voit rapidement là où il va nous mener. Peu importe, l’essentiel n’est pas de deviner que cache exactement cette promesse (même si la promesse dont il est question dans le titre n’est pas celle que l’on croit). Toute la force d’Une promesse tient dans la révélation progressive du parcours de ces dix personnes d’un même village, de ce qui les relie chacune à Etienne et Fauvette, et ce pourquoi, tous, ont accepté de remplir leur promesse, comme un hommage rendu à ce couple d’anciens.
    Il y a dans ce livre de beaux passages sur l’enfance, notamment sur les séances de lecture à la bibliothèque municipale du village.

    Au rythme de la petite pendule suisse de Fauvette, Une promesse traite subtilement de l’absence et de l’oubli, du déni de la mort et du deuil. Combien de temps peut-on s’entêter à refuser d’accepter le départ d’êtres chers, à faire comme s’ils étaient toujours parmi nous ? Retarder le moment du deuil ne rend-il pas finalement l’absence des disparus plus douloureuse encore ? Malgré leur défection, les amis du Bosco vont lui prouver que deuil ne signifie pas nécessairement oubli, puisque Etienne et Fauvette restent à jamais vivants dans leurs souvenirs. «Ainsi aurons-nous vécu plus longtemps que la mort" dit Etienne à sa femme Fauvette».


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Une%20promesse

    Critique de qualité ? (7 votes positifs)


    • Livres 3.00/5
    Par Chouchane, le 16/01/2012


    Retour à Killybegs Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

    L’histoire est faite par les hommes et les hommes sont faibles. Tyrone Meehan qui a tout pour devenir un héros irlandais va se transformer en traître pour cacher ses fautes. Dans ce roman, Sorj Chalandon revient sur les pas de « Mon traître », cet irlandais qu’il a connu, cru et aimé comme un père. C’est cet homme qui, au crépuscule de sa vie, va raconter son histoire et à travers celle-ci celle de l’Irlande et du dénouement du conflit sanglant entre les protestants et les catholiques, entre l’Irlande et l’Angleterre. Loin de juger, Chalandon donne une parole à cet homme pour qu’il puisse expliquer : croit-il œuvrer pour la paix où est-il pris au piège par les britanniques ? A travers ce conflit sanglant, on retrouve l’intransigeance meurtrière de Margaret Thatcher qui laisse mourir de faim des jeunes irlandais dont le plus célèbre d’entre eux Bobby Sand. A l'aube de la construction de l’Europe, on découvre des prisons britanniques qui pratiquent tortures et assassinats. C’était hier et les britanniques ne sortent pas grandi par cette partie de leur histoire contemporaine où Thatcher a les mains pleines de sang . On espère n’avoir jamais à trahir car la vie intime de cet homme est une prison, un piège mortel. Il vit avec ses morts et sans espoir de rédemption. Le récit n’est pas écrit pour lyncher un homme, il nous donne à entendre une parole, celle d'un homme devenu misérable par faiblesse et si on ne partage rien avec lui on accepte néanmoins de ne pas le juger.

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 13/01/2012


    Mon traître Mon traître de Sorj Chalandon

    En 1974, Antoine luthier va découvrir l'Irlande du Nord par un ami. Mais loin des images édulcorées, c'est un pays en souffrance, il va rencontrer Tyrone Meehan, leader emblématique de l'IRA et du Sinn Fein.
    Et cet homme avec qui il va lier une profonde amitié est le traitre que l'armée britannique va retourner contre les siens. Après la stupeur et l'incrédulité, Antoine va raconter cette trahison.
    Bien évidemment la fiction met les pas dans la réalité Antoine étant Sorj Chalandon et Tyrone Meehan le pendant fictionnel de Denis Donaldson.
    Le livre est une incroyable plongée dans ce militantisme qui bascule dans le terrorisme avec aussi ces tensions et ces contradictions. Grâce au roman Chalandon permet de poser des questions et d'apporter des pistes que lui s'est refusé d'explorer en tant que journaliste et ami. Cette traversée vers la fiction est l'une des réussites du livre. Mais ce n'est pas la seule, l'oeil journalistique est présent et donne une vision d'un peuple meurtri mais fier d'être resté debout devant l'ennemi.
    Chalandon àprès avoir été un grand journaliste (Prix Albert Londres), est en train de devenir un grand écrivain.

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par janemar, le 07/12/2011


    Retour à Killybegs Retour à Killybegs de Sorj Chalandon


    La suite ou un autre regard du livre « Mon traître ». ?
    Un livre extraordinaire, un style net, précis, parfois cinglant. Beaucoup d’émotion et de tendresse, L’Irlande bien sûr, toujours l’Irlande. A le lire, et je conseille d’interrompre de temps en temps, la lecture, on perd de ces certitudes qui vous font condamner l’autre parce qu’il a un jour trahi. C’est dur pour ses copains, c’est dur pour ses proches, mais c’est insupportable pour lui. Ce Tyrone Meehan, depuis l’enfance militant de l’IRA, trahit un jour. Et pourtant il retournera dans son village, dans sa maison envers et contre tout.
    On retrouve le petit Français, le luthier de « Mon traître » et dans ce livre le narrateur et l’acteur se confondent si bien qu’on se demande qui est qui ? J’ai trouvé sur Internet un papier écrit par Chalandon sur son livre et je le trouve excellent. Il faut le lire.
    On comprend la motivation des « révolutionnaires irlandais », on comprend, leur haine, leur dureté même face aux leurs, on y voit également à travers eux, ce qu’il faut de courage et de persévérance pour être et rester des clandestins des exclus, des combattants. Ce livre vous prend aux tripes. Il rejoint et même rattrape les autres romans de Chalandon tels « Mon traître » , le « Petit Bonzi », « une promesse ». Bonne lecture à ceux qui se lanceront dans l’aventure.

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par ennapapillon, le 30/11/2011


    Retour à Killybegs Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

    omme il est dur parfois de parler d'un roman qu'on a beaucoup aimé! En refermant ce roman de Sorj Chalandon (qui est un auteur que j'adore!), j'avais juste envie de le faire lire à tout le monde et en même temps de le garder pour moi... (je sais c'est idiot :-)

    Je peux déjà vous dire que j'ai aimé son style (comme à chaque fois avec cet auteur!) Je trouve qu'il mêle une certaine poésie, une délicatesse dans une écriture pourtant est très sobre. Je suis à chaque fois transportée de cette douceur dans des thèmes pourtant très durs. J'ai toujours envie de noter plein de phrases qui me touchent. J'imagine d'ailleurs très bien ses romans lus à voix haute.

    Quant à l'histoire, Sorj Chalandon dit que ce n'est pas une suite de "Mon traître" mais un "écho" et on peut très bien lire l'un sans l'autre (mais vous aurez compris que je vous encourage vivement à lire aussi "Mon traître"!)

    Dans "Retour à Killybegs", Sorj Chalandon raconte la vie et le point de vue de Tyrone Meehan, figure importante de l'IRA qui a trahi la cause et les siens. C'est un témoignage, un retour sur sa vie, son enfance, sur les raisons de son engagement dans l'IRA et les raisons de sa trahison. Il ne cherche pas expliquer, à justifier ou à avouer mais il fait le point pour lui.

    C'est passionnant, c'est poignant! Je n'ai pas pris parti en lisant ce roman mais on comprend les états d'âmes de cet homme qui est loin d'être linéaire. On apprend aussi beaucoup de choses à charge et à décharge sur l'IRA.
    [...]


    Lien : http://ennalit.canalblog.com/archives/2011/11/30/22598991.html

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 05/12/2011


    Le Petit Bonzi Le Petit Bonzi de Sorj Chalandon

    Un enfant en souffrance battu par son père, montre par son bégaiement sa désorientation et cache sous ce symptome, visible de tous et risible pour d'autres, son mal être.
    Son imagination débordante l'aide à surmonter ses angoisses.Invention d'un alter-égo,herbes miraculeuses, mensonges, jusqu'où aller pour se faire aider?
    Les instituteurs compréhensifs jouent parfois le rôle du père qui fait défaut à moins qu'ils ne le réhabilitent en jouant le jeu.
    Emouvant et fort comme un journal d'enfant triste!

    Critique de qualité ? (5 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 05/12/2011


    Le Petit Bonzi Le Petit Bonzi de Sorj Chalandon

    "Grâce à l'herbe, il avait inventé la machine qui redressait les mots".
    Jacques Rougeron, adolescent "bègue","bégayeur","bégayeux", dont la langue fourche sur les mots depuis qu'il a "essayé de sauver Guignol" du vilain gendarme et l'a trahi, a déjà "mangé tout Lyon" (vigne vierge,thuyas,bouton d'or,chêne...) dans l'espoir de guérir car il l'a lu ça que les herbes guérissent.
    Lorsqu'on pousse la porte des mots de Sorj Chalandon, on sourit face à l'innocence retrouvée, on découvre émerveillé un imaginaire riche et magique, comme un ciel lumineux avant l'orage, car l'image du père idéalisé pointe toujours son nez avant de sortir de son cadre pour montrer son vrai visage.Le sourire se crispe, s'inquiète et se projette, d'où le talent de l'auteur. Un père à la carrure immense: ami héros devenu traitre dans Mon traitre et dans Retour à Killybegs(grand prix du roman de l'Académie française 2011), frère adoptant dont la mort bouleverse puis s'accepte dans Une promesse (prix Médicis général 2006), père résistant dont la gloire est mensongère pour l'un et véridique pour l'autre dans (La gloire de nos pères).
    Le petit Bonzi, tel Jiminy le criquet soufflant ses conseils à un Jacques en souffrance, est l'alter égo, l'ami qui aide à surmonter les coups d'un père plâtrier, vu comme un "savant des étoiles".
    Angoisse de mort, désir de mort se mélangent. Héros disparus sur le front bien au chaud dans le coeur du grand-père.Gros mensonge.Et s'il disparaissait ce papa Rougeron? Et s'il y avait la peste à l'école?
    Heureusement le petit Bonzi veille, il ne bégaye pas,lui, et Manu,l'instituteur non plus. C'est quelqu'un ce Monsieur Mandrieu tout de même!
    Mince frontière où la sensibilité exacerbée de l'adolescence se perd parfois, errance entre un "général Bonzi" et un Jacques "maréchal de France", qu'il est donc dur pour un enfant écartelé de retrouver sa propre identité!
    C'est avec beaucoup de pudeur et d'émotion que Sorj Chalandon aborde le thème de l'enfance bafouée. C'est avec un lueur d'espoir qu'il parle d'une rédemption possible dans cette langue simple et poétique dont il a le secret, cette langue qui s'écrit comme un "cahier à mots", un journal intime caché sous une latte du plancher d'une chambre d'enfant.
    Pour un premier roman, Sorj Chalandon, journaliste devenu écrivain faisait déjà fort.

    Critique de qualité ? (5 votes positifs)


    • Livres 2.00/5
    Par janemar, le 09/11/2011


    Une promesse Une promesse de Sorj Chalandon

    CHALANDON SORJ
    PROMESSE

    Deuxième livre lu de Chalandon cette année. Dans un autre registre, l’histoire de l’amitié et de la fidélité à des copains disparus… Une maison dont les habitants Etienne et Fauvette sont morts. Le frère d’Etienne et ses copains du village où ils sont nés ou vécus, font la promesse d’animer de faire vivre la maison, pour éloigner la mort des âmes…

    Beaucoup de poésie, d’amitié et de fraternité et aussi un soupçon de spiritisme à la limite du mystère.. Une trame de narration mêlant les histoires aujourd’hui et hier, l’enfance et l’âge adulte, les parents et les enfants, la Bretagne et la Mayenne. Et ce qui n’enlève rien des vers de Musset, triste bien sûr puisque la mort est là, mais interdiction d’oublier les défunts pour que la mémoire garde vivantes leurs âmes…

    Critique de qualité ? (5 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 25/10/2011


    Mon traître Mon traître de Sorj Chalandon

    Années 70, Antoine est luthier à Paris. C'est un homme assez silencieux que sa femme a quitté. Il vit pour son amour du métier et pour la joie de rendre vie aux violons qu'il soigne. Pour ses 30 ans, il s'offre un voyage à Dublin pour y retrouver un ancien ami. La fête est superbe, il joue du violon en public et se saoûle, un peu. Le lendemain, quelques heures avant son retour, il erre dans la ville et se souvient tout à coup d'une phrase d'un de ses client : " Vous ne connaissez pas le Nord ? Alors vous ne connaissez pas l'Irlande." Alors Antoine décide de faire un tour à Belfast, un tour rapide de 3h. Un tour qui va changer sa vie.
    Au hasard de sa marche, Antoine va rencontrer Jim O'Leary et sa femme qui le croient perdu et l'invite chez eux. Une grande amitié va naître qui sera le point de départ de nombreux voyages successifs en Irlande du Nord. Des séjours qui permettront à Antoine de rencontrer l'Irlande, la vraie. Celle qui est loin des cartes postales de moutons, de murs en pierre, et de falaises vertigineuses. Celle qui le conduira au creux des pubs enfumés, dans le coeur de l'âme irlandaise, dans l'Irlande républicaine surtout qui se bat contre l'envahisseur britannique. Dans celle de Tyrone Meehan, activiste de l'IRA qu'il va bientôt considérer comme un frère. Un ami tant aimé avec qui il partagera tout, un ami qui pourtant trahira son pays et brisera le petit français.

    Le fait est connu, Mon traître s'inspire de l'expérience personnelle de l'auteur. Sorj Chalandon, journaliste à Libération, a longtemps travaillé sur le conflit irlandais. Il a connu les activistes républicains qu'il a abondamment couvert, et en particulier un certain Denis Donaldson qui est devenu son ami. Un ami dont il a découvert avec les autres partisans qu'il avait trahi sa patrie pendant 20 ans... Denis, un des plus fervents leaders de la cause républicaine, était un traître à la solde des britanniques. Une révélation choc qui ébranla ses proches et Sorj Chalandon lui-même. Une trahison qui questionne aussi quant à la véracité de son amitié avec cet homme.
    A travers les figures d'Antoine et de Tyrone mais aussi de Jim et Cathy, Sorj revient sur cet épisode dramatique. On y découvre un jeune homme naïf qui porte une sorte d'amour irraisonné pour un pays qui n'est pas le sien. Une curiosité hasardeuse qui devient vite une sorte de fil conducteur dans sa vie.

    Un amour pour l'Irlande du Nord mais surtout pour ses habitants qui l'ont accueilli si chaleureusement sans rien lui demander. Un amour pour ces hommes et ces femmes qui ont choisi le combat et l'engagement politique en dépit de la pauvreté, de la souffrance et de la répression britannique. Une sorte d'amour admiratif qui s'épanouira particulièrement avec Tyrone, sorte de figure paternelle sous l'égide duquel il fera son apprentissage du combat.
    Sorj Chalandon y décrit donc une Irlande humaine et combattante qui prend corps dans les pubs et ses réunions houblonneuses, dans le quotidien d'un peuple qui voit ses enfants disparaitre par la guerre, la prison ou par une balle perdue. L 'auteur s'attarde longuement à décrire la découverte de ce nouveau pays et de ses combats, l'histoire de sa rencontre avec ses hommes, avec Tyrone. On vit avec lui la plénitude de cette amitié déterminante qui grandit au fil des années et sera un des piliers de sa vie. Et lorsque la trahison arrive en fin d'ouvrage, elle n'en est que plus choquante, à l'image de celle d'Antoine et celle de l'auteur, à travers lui.

    "Mon traître" est véritablement un bijou de sensibilité et de pudeur. D'émotion aussi. A travers son héros, Sorj Chalandon livre ses sentiments sur une trahison qui a bouleversé sa vie. Son écriture est libérée de tout superflu. Ses phrases sont courtes, parfois sèches et, à travers leur épure, révèle avec une très grande subtilité l'essentiel des faits et des émotions. On vibre à l'unisson d'Antoine, on découvre une Irlande inconnue toute en humanité, on y ressent l'importance des amitiés, la façon dont elles nous construisent mais aussi la manière dont elles peuvent nous détruire.
    Il y sera question aussi de mensonge. Comment un homme dont la vie était basée sur le mensonge a-t'il pu vivre aux côtés des siens ? Quelle est la part de vrai dans ce qui a constitué son existence ? Se définit-il comme celui qu'il était aux yeux des autres ou comme celui qui trahissait dans l'ombre ? Comment réconcilier les 2 faces du personnage ?
    Antoine, double de l'auteur, se questionne sur la part de mensonge et de vérité chez ce traitre, SON traitre. Leur amitié était-elle réelle ? Ou Tyrone l'a-til utilisé complaisamment pour ses activités d'espion ? Est-il lui-même coupable de n'avoir rien vu ? Coupable d'avoir trahi la cause républicaine à laquelle il s'était attachée, en aidant Tyrone à se loger lors de ses séjours parisiens, prétextes secrets à ses trahisons ?
    Sorj, à travers ses personnages de papier, cherche des réponses, cherche à accepter l'inacceptable, à faire son deuil tout simplement d'un homme, d'un ami qui par sa traitrise remet en cause tous ses gestes et toutes ses paroles.

    Mon traître est un roman admirable qui m'a extrêmement touchée et confirme tout le bien que je pensais de cet auteur après La légende de nos pères. Ma critique n'est bien évidement pas à la hauteur de ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman mais j'espère vous avoir donné envie de découvrir ce grand auteur qui est pour moi un grand coup de coeur !


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-mon-traitre-sorj-chalandon-8531...

    Critique de qualité ? (5 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 29/08/2011


    Retour à Killybegs Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

    « Retour à Killybegs » fait écho à un autre roman de Chalandon, parut en 2008 : « Mon traître », dans lequel on découvrait Tyrone Meehan et sa double identité… Cette fois, Chalandon s’attache à raconter les origines de Tyrone et comment ce fervent défenseur de l’IRA est devenu un traître pour sa patrie.
    Le récit est fait par Tyrone lui-même, alors qu’il est âgé de 82 ans et qu’il sent venir sa fin. Il le présente comme une confession, un besoin de justifier ses actes et de se libérer d’un secret trop lourd qu’il a néanmoins porté toute sa vie. Il revient ainsi sur son enfance à Killybegs dans les années 30. Né d’un père vétéran ayant combattu les britanniques et qui souhaite faire de l’IRA une armée révolutionnaire, Tyrone sera marqué par le profond patriotisme et les rêves de liberté de son père, mais aussi par ses désillusion, ses frustrations et ses violences nées de l’alcoolisme.
    Lorsqu’il quitte Killybegs en 1941 pour s’installer avec sa famille chez son oncle Lawrence dans le nord de Belfast, Tyrone découvre la vie dans les ghettos irlandais, avec tout ce qu’elle contient de violences et d’injustices. C’est là-bas qu’il apprend à se battre contre les britanniques et les protestants afin de défendre sa patrie, ses idées et son honneur. A 16 ans, Tyrone devient fianna et sert l’IRA avec ferveur, alternant les attentats et les allées et venues en prison. Mais lorsque, dans une fusillade, il tue accidentellement son meilleur ami, sa vie bascule. Les mensonges commencent, la culpabilité aussi… Ce geste malheureux servira bientôt une cause qui n’est pas la sienne…
    Même sans avoir lu « Mon traître », je dois dire que la lecture de « Retour à Killybegs » m’a fait passer un très bon moment. L’écriture de Chalandon est agréable, fluide et prenante. Quant au narrateur, il n’est pas dans l’auto-apitoiement mais davantage dans la volonté d’instruire, de transmettre, ce qu’il fait à merveille ! Le récit est d’autant plus fort lorsque l’on sait que Chalandon, sous couvert de la fiction, raconte en fait l’histoire de son ami Denis Donaldson.

    Critique de qualité ? (5 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 14/05/2011


    La légende de nos pères La légende de nos pères de Sorj Chalandon

    Monsieur Chalandon,

    Vous m'avez découvert un coeur littéraire, le coeur des mots. Ceux que vous écrivez, ceux que vous avez dit auxquels j'ai tant appréhendé de répondre. Vous m'avez troublée, impressionnée, intimidée. Avant vos romans, je n'avais ressenti aussi violemment une lecture, été autant saisie par l'émotion d'une écriture. Vous m'avez donné à lire, vous me faites écrire. Ecrire sur vos phrases qui racontent les sentiments et les silences, les guerres et la brûlure des promesses. Votre plume dessine des motifs intimes et trace cette ligne brillante qui relie miraculeusement l'auteur au lecteur. Qu'elle est belle votre quête dans l'écriture, de l'écriture, elle m'offre de purs moments de lecture qui me sont précieux.

    Peu m'importe que vous ne sachiez pas écrire d'histoires de femmes, vous écrivez celle des hommes. J'aime votre façon d'aimer, votre douloureux amour des mots, leur virilité, votre pudeur et votre vérité, la force de vos convictions et votre vocation, la sincérité et la vulnérabilité de votre regard, votre fidélité, votre mémoire, votre résistance.

    L'enfant blessé que vous avez été et le journaliste engagé que vous êtes ne peuvent cesser de témoigner. Je vous prie de ne jamais renoncer à votre chemin d'écriture. Ne me trahissez pas, je vous attends.

    Toujours votre

    Marilyne



    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/05/14/21131187.html#comments

    Critique de qualité ? (5 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Matavem, le 29/06/2010


    Mon traître Mon traître de Sorj Chalandon

    Antoine, un jeune luthier parisien, tombe amoureux de l’Irlande : il s’imprègne de l’histoire de l’île, sa littérature, sa musique... Se trouvant en Irlande du Nord, il épouse la cause des catholiques et veut partager leurs luttes. C’est un Irlandais, commandant de l’IRA, qui va lui apprendre ce qu’est ce combat. Nous sommes alors en 1977. Bien des années plus tard, en 2006,
    Antoine apprend que son mentor a trahi, et que sa trahison date de 25 ans, soit à un moment où il était au plus fort de son admiration pour lui. Pourquoi cette trahison ? Comment Antoine, surnommé « Doute-de-rien » du fait de sa naïveté par un de ses professeurs de lutherie, a-t-il réagi ? Que devient son amour de l’Irlande après la nouvelle de la trahison ? C’est ce que « Mon traître » analyse avec patience, tout en restituant avec justesse la teneur des luttes irlandaises dans un livre très bien documenté, mais aussi passionnant par l’approche des émotions du narrateur et de son entourage.

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