Citations de W. G. Sebald
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Par Orphea, le 16/06/2011
Les Anneaux de Saturne de
W. G. Sebald
Sur chaque forme nouvelle plane l'ombre de la destruction. Car l'histoire de chaque individu, celle de chaque communauté et celle de l'humanité entière ne se déploie pas selon une belle courbe perpétuellement ascendante mais suit une voie qui plonge dans l'obscurité après que le méridien a été franchi.
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Par vlg0901, le 02/05/2012
Les Émigrants de
W. G. Sebald
Le malheur de ma jeunesse et de ma période de formation s'était si profondément enracinée en moi qu'il a pu resurgir plus tard, produire des fleurs malignes, tisser au-dessus de ma tête cette voûte de feuillage vénéneux qui a tant assombri et obscurci mes dernières années.
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Les Émigrants de
W. G. Sebald
Quant au bénitier situé à côté de la porte, et qui représentait le flambant Cœur de Jésus, Paul, comme j'eus à plusieurs reprises l'occasion de le voir, le remplissait à ras bord juste avant l’heure de religion, avec l'arrosoir qui servait d'ordinaire pour les pots de géraniums.
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Par Orphea, le 16/06/2011
Les Anneaux de Saturne de
W. G. Sebald
Le fait d'avoir associé son nom à une œuvre ne donne pas droit au souvenir et qui sait, au demeurant, si les meilleurs, justement, n'ont pas disparu sans laisser de traces.
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Par jtriaud, le 16/07/2010
De la destruction comme élément de l'histoire naturelle de
W. G. Sebald
A la place, c'est l'autre phénomène naturel qui se réveilla avec une promptitude étonnante : la vie sociale. L'aptitude des hommes à oublier ce qu'ils ne veulent pas savoir, à détourner le regard de ce qu'ils ont devant eux, a rarement été mise à l'épreuve comme dans l'Allemagne de cette époque.
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Par vlg0901, le 01/05/2012
Les Émigrants de
W. G. Sebald
Voilà donc comment ils reviennent, les morts. Parfois, après plus de sept décennies, ils sortent de la glace et gisent au bord de la moraine, un petit tas d'os polis, une paire de chaussures cloutées.
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Par babelgui, le 14/04/2012
Austerlitz de
W. G. Sebald
L'être-hors-du-temps qui naguère encore était le mode d'existence dans les contrées reculées et oubliées de notre propre pays, comme sur les continents non encore explorés d'outre-mer, se retrouvait aussi, dit Austerlitz, dans les métropoles régies par le temps, Londres par exemple. Les morts n'étaient-ils pas hors du temps ? Les mourants ? Les malades alités chez eux ou dans les hôpitaux ? Et non seulement eux, car il suffisait d'avoir son content de malheur personnel pour déjà être coupé de tout passé et de tout avenir.
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Par brigetoun, le 23/01/2012
Les Anneaux de Saturne de
W. G. Sebald
Nous nous sentions épiés par ce témoin muet et c'est ainsi que nous découvrîmes – au coeur de la nuit de telles découvertes sont presque inévitables – que les miroirs ont quelque chose d'effroyable. Bioy Casarès rappela à cet égard que l'un des hérésiarques d'Uqbar avait expliqué que le caractère terrifiant des miroirs mais aussi de l'acte de copulation tenaient au fait qu'ils multiplient le nombre des humains. Je demandais à Bioy Casarès – ainsi poursuit l'auteur – où il avait lu cette sentence pour le moins mémorable et il m'apprit qu'elle était citée dans un article de l'Anglo-American Cyclopoedia consacré à Uqbar. Mais cet article, ainsi qu'on l'apprend dans la suite du récit, ne figure pas dans l'encyclopédie susnommée ; ou plutôt, il ne se trouve que dans l'exemplaire acquis par Bioy Casarès des années auparavant, un exemplaire dont le vingt-sixième volume copte quatre pages de plus que tous les autres exemplaires douteux de cet ouvrage édité en 1917.
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Les Émigrants de
W. G. Sebald
L'avenir se brouille devant ses yeux et il éprouve, il éprouve alors pour la première fois cet implacable sentiment de défaite qui plus tard devait si souvent l'envahir et auquel il allait finir par succomber.
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Par Orphea, le 16/06/2011
Les Anneaux de Saturne de
W. G. Sebald
Sans doute sont-ce des souvenirs enfouis qui confèrent un caractère singulièrement hyperréaliste à ce que nous voyons en rêve. Mais peut-être aussi que c'est autre chose, une sorte de brume, de voile à travers lequel, paradoxalement, tout nous apparaît plus nettement en rêve. Une petite nappe d'eau devient un lac, un souffle de vent se transforme en tempête, une poignée de poussière en désert, un grain de soufre dans le sang en une éruption volcanique. Qu'est-ce donc que ce théâtre dans lequel nous sommes tout à la fois dramaturge, acteur, machiniste, décorateur et public ? Faut-il, pour franchir les parvis du rêve, une somme plus ou moins grande d'entendement que celle dont on disposait au moment de se mettre au lit ?
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Par Orphea, le 17/05/2009
Les Anneaux de Saturne de
W. G. Sebald
Incipit
En août 1992, comme les journées du Chien approchaient de leur terme, je me mis en route pour un voyage à pied dans l'est de l'Angleterre, à travers le comté de Suffolk, espérant parvenir ainsi à me soustraire au vide qui grandissait en moi à l'issue d'un travail assez absorbant. Cet espoir devait d'ailleurs se concrétiser jusqu'à un certain point, le fait étant que je me suis rarement senti aussi libre que durant ces heures et ces jours passés à arpenter les terres partiellement inhabitées qui s'étendent là, en retrait du bord de mer.
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Les Émigrants de
W. G. Sebald
Les années et les saisons passaient, à un automne wallon succédait un hiver blanc et interminable dans la région de Berditchev, un printemps en Haute-Saône, un été sur la côte dalmate ou en Roumanie, en tout cas on était toujours, comme Paul l'a écrit au-dessous de cette photographie, à quelque deux mille kilomètres à vol d'oiseau...mais d'où ?