Ce court roman, d'une centaine de pages, exploite (une fois encore) la présence simultanée et inspirante de l'Éventreur et de
Sherlock Holmes à Londres en 1888. le canon est ici respecté à merveille, tant sur la forme que dans l'approche (pas d'idée "géniale" et iconoclaste à la
Michael Dibdin, pas de description sanguinolente à la
Bob Garcia, ce qui n'est pas plus mal).
Le roman démarre par un avertissement qui est un modèle du genre. Après une mise en garde sur les nombreux récits apocryphes plus ou moins douteux, il nous faut bien admettre l'évidence :
Sherlock Holmes n'est pas un personnage de fiction et nous devons ce livre au fils du Dr Watson, unique dépositaire des fameuses notes relatives aux "untold stories" !
La suite se compose de chapitres très structurés aux titres évocateurs que n'aurait pas renié
Arthur Conan Doyle. On peut regretter cependant un style un peu scolaire (l'exposé des crimes de Whitechapel, synthétisé dans un tableau par le Dr Watson comme pour la présentation d'une thèse), l'histoire de l'Éventreur finalement plaquée et peu intégrée à l'enquête principale, les rôles très secondaires des personnages féminins trop peu exploités, les aveux trop faciles et trop spontanés du principal suspect, la description illustrée et hors sujet d'une partie d'échecs se jouant entre Holmes et Watson à la fin du roman. Malgré ses quelques petits défauts, ce roman stylé garde constamment une tonalité sympathique.