Lorsqu'il crée Matt Scudder,
Lawrence Block a déjà deux personnages récurrents à son actif : l'insomniaque et polyglotte Evan Tanner ("
Le voleur insomniaque", excellent), le jeune secrétaire d'un détective agoraphobe Chip Harrison ("L'aquarium aux sirènes", également excellent).
Matt Scudder, donc : détective privé (sans licence), alcoolique repenti (la plupart du temps), flanqué d'une petite amie ex-prostituée (un peu SM sur les bords), d'un acolyte noir, jeune, dégingandé (accro des nouvelles technologies), et d'un meilleur ami, irlandais (ex-boucher sanguinaire).
Matt Scudder, qui évolue dans New York comme dans un ballet bien réglé : la ville y est plus vraie que nature, décryptée par un vrai professionnel du polar.
Car
Lawrence Block est un pro : 120 romans à son actif, sans compter ses innombrables nouvelles.
Il créera encore Bernie Rhodebarr, libraire cambrioleur ("
Les Lettres mauves", à lire) et Keller, tueur à gages libertaire.
A 72 ans, il continue d'écrire, même si c'est avec moins de brio qu'autrefois.