ISBN : 2756026727
Éditeur : Delcourt (2012)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 133 notes) Ajouter à mes livres
Une jeune femme reprend ses esprits sur un banc sans se rappeler ni son nom ni ce qu'elle fait là. Menant l'enquête tant bien que mal, elle tente de retrouver la mémoire et son identité. Mais que va-t-elle découvrir ? Un passé romanesque fait de drames et de romances ou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 février 2012

    LiliGalipette
    Roman graphique : scénario de Boulet ; dessins et couleurs de Pénélope Bagieu.
    La première planche est une pleine page : une jeune fille est seule sur un banc au milieu de la ville sur laquelle se couche le soleil. Dans ces couleurs rose orange, on sent bien que quelque chose cloche. Cette jeune fille a oublié qui elle est, d'où elle vient et quelle est sa vie. Farfouillant dans un sac qui ne peut être que le sien, elle trouve son prénom, Éloïse, et son adresse. Il y aussi un sac plein d'affaires dans la poubelle. Dans son appartement, elle ne reconnaît rien. « Il faut que je me fasse une raison : RIEN ne me revient. Est-ce que je demande de l'aide ? À une famille que je ne connais plus ? » (p. 70) Éloïse fouille les placards et les boîtes sous l'œil ronronnant d'un animal qui doit être son chat. Mais rien, décidément rien, ne lui évoque le moindre souvenir. L'ancienne Éloïse est perdue dans un avant hermétique et résolument opaque. « J'ai disparu de mon vivant. » (p. 195) pense-t-elle et il semble qu'elle ait vu juste.
    Mais si sa mémoire s'est arrêtée, la vie continue. Éloïse reprend son travail en librairie et se rapproche d'une collègue, Sonia. La jeune fille n'a de cesse de vouloir remonter le fil de son existence. Elle imagine des complots avec les services secrets, des amours contrariées, des expériences extraterrestres, etc. Tout et n'importe quoi serait le bienvenu pour expliquer cette amnésie si étonnante. Dans son appartement meuble façon catalogue suédois, parmi « des trucs que tout le monde lit ou a lus » (p. 115), Éloïse aimerait redevenir quelqu'un, mais elle ne se sent pas à sa place. « C'est quand même TELLEMENT bizarre… Pas un souvenir… Comme si j'avais pris la place d'une autre… mais qui aurait mon visage… » (p. 139) Mais finalement, cette amnésie, n'est-ce pas une chance extraordinaire ?
    Ce bel album interroge la mémoire, bien entendu, mais surtout l'identité. À quel point pouvons-nous affirmer qu'une identité est la nôtre ? N'est-elle pas façonnée de tout ce dont nous abreuve la société ? À en juger par les demandes des clients de la librairie où travaille l'héroïne, je suis tentée de répondre par l'affirmative. Plutôt qu'avoir une identité (ou du style), je préfère être quelqu'un. J'ai trouvé très drôle et très touchant la façon dont Éloïse traque ses souvenirs. Il me semble que je ferai exactement la même chose : dresser des listes, être méthodique, faire des recoupements et, surtout, ne rien dire à personne, attendre avant d'exposer ma bizarrerie.
    C'est avec plaisir que j'ai retrouvé le pinceau de l'illustratrice. Il me semble que son dessin s'affine, s'affirme et s'épanouit vraiment dans cet album, davantage que dans Cadavre exquis. Ma main au feu que Pénélope Bagieu s'est représentée sous les traits d'une cliente un peu survoltée. La collaboration avec l'excellent Boulet est en tout cas une réussite ! Ce roman graphique est attachant et intelligent, loin des grosses ficelles des histoires d'amnésie. Bref, encore un album que je vous recommande. Non, ne me haïssez pas, c'est de bon cœur.
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par melusine1701, le 10 mars 2012

    melusine1701
    Elle est assise sur un banc, dans une rue. Que fait-elle là, déjà? Elle ne se rappelle plus. Il faut rentrer… Mais où habite-t-elle déjà? Elle ne sait plus… D'ailleurs, qui est-elle? Et que faisait-elle, il y a cinq minutes? Rien… le trou noir. Dans le sac qui est sur ses genoux, elle trouve des papiers, une adresse. Un nom. Eloise Pinson : le sien? Ca ne lui dit rien… Peu à peu, elle redécouvre une vie qui a l'air d'être la sienne mais qu'elle ne reconnaît pas. Pire: qui ne lui convient pas.
    Disons-le tout net: j'ai adoré. D'abord le concept: avec l'héroïne, nous allons enquêter sur son identité, tâtonner en espérant que ça passe et qu'elle ne finisse pas à l'asile. Que venait-elle faire dans ce coin-là? Que lui révèlent les livres, les meubles, le courrier dans l'appartement dont elle a la clé, sur ce qu'elle était? A –t-elle une famille, un homme dans sa vie? Nous reconstituons avec elle ce puzzle, tant cette histoire paraît invraisemblable. Car, ainsi que le lui indique les médecins, son amnésie n'a rien de normal. Pas de choc, pas de séquelle, ils n'y comprennent rien, au point de se demander si elle ne joue pas la comédie. Touchante dans sa détermination à comprendre ce qui lui arrive, à essayer de dire “je” et non pas “elle” lorsqu'elle parle de celle qu'elle a dû être mais dont elle ne se rappelle rien, l'héroïne est aussi extrêmement drôle, puisqu'elle laisse volontiers vagabonder une imagination débordante, notamment au moment d'ouvrir la porte de l'appartement (que va-t-elle trouver derrière? Une scène de crime? Une fête d'anniversaire surprise? Un mari infidèle?) ou lorsqu'elle découvre une piqure dans son cou (serait-elle une espionne dont on aurait effacé la mémoire parce qu'elle en savait trop?). C'est haletant, c'est drôle, c'est beau: le dessin aime à nous représenter une héroïne perdue au milieu de page blanche dont elle essaye de réécrire le contenu, de pages muettes où elle se débat dans le silence.

    Lien : http://mabouquinerie.canalblog.com/archives/2012/03/09/23615391.html
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par PerdreUnePlume, le 05 mars 2012

    PerdreUnePlume
    Ça faisait déjà quelques temps que je bavais devant cette BD et de plus en plus à la lecture des avis de mes comparses.
    Finalement ce n'est pas un coup de cœur mais le plaisir a été plus qu'au rendez-vous !
    Déjà c'est une sacrée BD, point de vue épaisseur on sait d'office qu'on va être gâtée, avoir le temps de s'installer et de savourer cette histoire. On est même limite plus près du roman graphique que de la BD si on se fie au nombre de pages.
    Passée la très belle couverture on replonge tout de suite avec le trait si reconnaissable de Bagieu et sa colorisation marquée qu'on trouvait déjà dans Cadavre exquis et où l'ambiance sert de couleur de fond (personnellement j'aime beaucoup).
    L'histoire en soi est plus banale, même si ponctuée de petites touches réalistes et humoristiques. Et pourtant on accroche bien, on veut le fin mot de l'histoire et découvrir ce qui a bien pu arriver à cette fille, Éloïse, et surtout qui elle est même si petit à petit on apprend à la connaître (en même temps qu'elle au final).
    Je n'ai pas vraiment retrouvé la marque de Boulet au départ, mis à part peut-être dans cette pointe de mystère médical supposément impossible... et jusqu'à cette fin si étrange !
    Je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir mais elle est perturbante il faut le dire. Pour moi elle s'est faite en deux temps : je me suis tout d'abord dit "et c'est tout ?" avec une pointe de déception, parce que cette fin n'était pas celle que j'attendais et puis ensuite, en y repensant, repensant encore (parce qu'on y repense pas mal hein au cas où tu n'aurais pas saisie la subtilité de ma répétition) cette fin un peu choc qui fait réfléchir elle n'est pas si mal ;)
    En résumé : une alliance réussie, le duo Boulet-Bagieu nous offre une BD splendide qui sans être un coup de cœur (il s'en faut de peu) reste un moment de lecture très agréable et prenant.
    Malgré son épaisseur elle se lit bien trop vite !

    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2012/03/05/La-page-blan..
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    • Livres 2.00/5
    Par yokai, le 05 février 2012

    yokai
    Oh mon Dieu deux blogueurs BD ont fusionné pour donner naissance à un joli livre tout rose intitulé La page blanche. le titre fait moins référence à la célèbre peur de l'écrivain ou du dessinateur qu'à la perte de mémoire, l'amnésie qui ne laisse qu'un vide. Combien d'histoires ont été écrites sur ce trouble tellement perturbant pour l'être humain ? Ne pas savoir qui l'on est, d'où l'on vient nous est parfaitement insupportable et nous empêche de savoir où l'on va. C'est donc un sujet de choix pour un conteur d'histoires. Dans ce type de récit elle progresse dans deux sens chronologiquement opposés. Plus elle avance dans le temps et plus le passé se révèle à la lumière des évènements vécus par le personnage. La protagoniste est une jeune fille perdue, seule sur un banc qui ne cesse d'écarquiller les yeux et de regarder en tout sens en se demandant non seulement ce qu'elle fait là mais mais qui elle est.Boulet — dont j'apprécie tout particulièrement le travail — est au scénario pendant que Pénélope Bagieu — dont je découvre l'oeuvre — s'occupe des dessins. Ces derniers sont tout à fait dans le style de Pénélope Bagieu — normal me direz-vous mais on aime ou on aime pas — et les couleurs sont un peu trop présentes, trop marquées à mon goût.
    L'histoire est très centrée sur la jeune héroïne et n'utilise pas d'autres perspectives. Par conséquent, il y a très peu d'interaction avec les autres puisqu'elle ne connaît personne et beaucoup d'introspection sur pas grand chose puisqu'elle ne se souvient de rien. Ce choix rend le récit un peu monotone malgré quelques bonnes trouvailles. Pourtant, l'allégorie sur la vacuité de la vie des personnes "comme tout le monde" et le nivellement de la culture est intéressante. Ils regardent les mêmes séries télé et les mêmes films, écoutent la même musique, lisent les mêmes livres — souvent le dernier Marc Levy —, ont chez eux les mêmes meubles Ikea — mais si, vous savez ce meuble rouge en ferraille style vestiaire — et les mêmes objets qui ne servent à rien de chez Nature & Découvertes — souvent des cadeaux de quelqu'un qui ne savait pas quoi acheter —; ils ont les mêmes conversations — qui portent principalement sur les éléments précités — dans des bars et les poursuivent en rentrant chez eux sur Facebook. Ce que nous dit cette BD, c'est que cette vie est tellement fade qu'elle finit par disparaître. Parviendra-t-elle à nous sauver de cette fatalité ?

    Lien : http://www.aubonroman.com/2012/02/la-page-blanche-par-penelope-bagie..
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    • Livres 5.00/5
    Par Passionlectures, le 25 janvier 2012

    Passionlectures
    Eloïse ne sait pas qu'elle s'appelle Eloïse. Elle ne sait pas si la fille qui lui propose un verre ce soir est sa meilleure amie ou juste une connaissance, elle ne reconnaît pas l'endroit où elle travaille et encore moins son ex. Et ses parents… ? Alors, elle cherche, explore son téléphone, son ordinateur, son appartement, son courrier, décortique et analyse pour retrouver la mémoire ou au moins son identité. Divisée en chapitres ayant tous pour thème un aspect de sa vie ou de sa personnalité qu'Eloïse cherche à découvrir, cette bande dessinée est une petite merveille. A partir de ce point de départ tragique quand même de l'amnésie, le scénario laisse la place à de nombreuses pointes d'humour et de tendresse, parfaitement illustrées par Pénélope. Ma scène favorite sera sans aucun doute celle où Eloïse s'apprête à ouvrir “pour la première fois” la porte de son appartement et fait les plus folles hypothèses sur ce qu'elle va trouver derrière la porte. Il y a aussi des liens très forts entre l'histoire et la façon dont c'est illustré. Par exemple, lorsqu'Eloïse se retrouve au milieu d'une pièce qu'elle ne connaît pas avec plein de gens qu'elle ne connaît pas, on voit son œil s'attacher à des détails pour essayer de saisir le sens de ce qu'elle voit. Une belle histoire, pleine d'émotion et d'inattendus.

    Lien : http://passionlectures.wordpress.com/2012/01/25/la-page-blanche-pene..
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Critiques presse (3)


  • Sceneario , le 06 février 2012
    La page blanche : album de questionnement, album à partager, album à acheter […] .
    Lire la critique sur le site : Sceneario
  • BoDoi , le 24 janvier 2012
    La Page blanche est un livre hautement attachant, tout simplement parce qu’il dit plein de choses pertinentes sur notre vie, et qu’il nous les dit en murmurant délicatement à notre oreille.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • BDGest , le 23 janvier 2012
    L'humour pointe son nez dans plusieurs scènes, la dérision aussi, de même qu'une imagination parfois débridée.
    Lire la critique sur le site : BDGest

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Citations et extraits

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  • Par letilleul, le 13 mai 2012

    Je suis QUI, moi ?
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  • Par Bibalice, le 04 janvier 2012

    Ça a l'air d'être moi sur la photo mais, mais... mais ce nom... ça me dit rien non plus... Ce n'est pas mon nom. Moi je m'appelle... je m'appelle...
    Putain...
    Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 07 février 2012

    « C’est quand même TELLEMENT bizarre… Pas un souvenir… Comme si j’avais pris la place d’une autre… mais qui aurait mon visage… » (p. 139)
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par VirgieL, le 21 janvier 2012

    "Je pensais que ça me rappellerait quelque chose, cette odeur ... Bon bah en fait, à part me rappeler que ça a passé une nuit dans une poubelle...
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 07 février 2012

    « Il faut que je me fasse une raison : RIEN ne me revient. Est-ce que je demande de l’aide ? À une famille que je ne connais plus ? » (p. 70)
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

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