> Christiane Besse (Traducteur)

ISBN : 2757807102
Éditeur : Points (2008)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 104 notes) Ajouter à mes livres
Ruth est inquiète. Depuis quelques semaines, le comportement de sa mère est pour le moins étrange : elle se sent épiée et ne cesse de répéter qu'elle court un grave danger. Qui pourrait donc s'en prendre à une vieille femme menant une existence paisible dans un cottage... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 14 février 2010

    cprevost
    Dans son très beau film « Laissez passer », Bertrand Tavernier, au cours d'une conversation avec Jean Aurenche, fait dire à Pierre Bost que comme il y a des faiseurs de pain, il y en a aussi d'histoires. William Boyd appartient manifestement à cette belle et utile corporation.
    « La vie aux aguets » est un passionnant roman d'espionnage que l'on ne peut plus lâcher une fois les premières pages tournées. En quelques mots et sans rien divulguer naturellement, qu'elle est l'histoire ? Sally Gilmartin révèle à sa fille Ruth, dans les années 70, qu'elle n'est pas la gentille vieille dame qu'elle croit mais une émigrée russe doublée d'un redoutable agent secret. Eva Delectorskaya a été en effet, lors de la dernière guerre mondiale, recrutée par les services britanniques de désinformation. Aujourd'hui sa vie est menacée et la dame âgée dévoile, par bribes, son existence aventureuse passée.
    Quel est le secret de ce roman d'espionnage ? Qu'est ce qui fait de ce livre une œuvre littéraire à part entière ? Ici, pas d'énigmes renversantes ni même de suspense intenable ? Nous avons à faire avec « La vie aux aguets » à un roman double remarquablement maîtrisé par l'auteur. C'est en effet le récit alterné d'une mère et d'une fille. Sans cesse nous sommes obligés de quitter l'une à regret pour retrouver l'autre avec plaisir. Eva écrit son histoire et la donne à lire au compte-gouttes. Les rapports d'Eva et de Ruth, ces deux beaux personnages de femmes prises dans les toiles de l'Histoire, sont rendus avec une infinie finesse par William Boyd. On s'attache à l'une, on s'attache à l'autre, on s'amuse de leurs rencontres. On ne regrette pas, bien entendu, ces périodes de feu et de sang, mais peut-on avouer sans déchoir, qu'à la lecture de ce livre, on a un peu la nostalgie de ces temps où l'engagement pour des idées d'une Eva et d'une Ruth était tout à fait possible ?
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 16 janvier 2012

    carre
    William Boyd est un conteur né et l'on retrouve à chaque fois, la même jubilation, le même plaisir de lecture. La vie aux aguets n' y déroge pas un fois de plus. Beth l'héroine découvre abasourdie que sa mère Sally n'est pas celle qu'elle a toujours cru être la fille mais une ex-espionne pendant la seconde guerre mondiale qui prend peur car elle semble être rattrapé par son passé. D'un chapitre à l'autre Boyd nous emmène dans le passé et nous ramène au présent. Ce roman d'espionnage n'est pas seulement cela, c'est aussi un très beau portrait de deux femmes ballotées par le vent de l'histoire. Inclassable, formidable, magistral, les qualificatifs pour définir son oeuvre ne manque pas. Un grand, très grand auteur.
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    • Livres 3.00/5
    Par nougat65, le 18 novembre 2011

    nougat65
    J'ai apprécié le style et le rythme de cette histoire, son originalité, ses personnages, ses rebondissement. Par contre je suis restée totalement hermétique quand l'auteur aborde plus en détails l'espionnage (les sigles, certains liens avec la grande histoire...) J'ai trouvé ces passages très longs, rébarbatifs et trop détaillés : ils cassent le rythme de la narration.
    Je ne suis pas fan de ces aller retour entre présent et passé qui ne me permettent pas de me laisser totalement embarquer par l'histoire.
    Je regrette également le traitement trop géo politique du sujet au détriment des sentiments des personnages.
    Me suis parfois un peu perdue et ennuyée...
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    • Livres 4.00/5
    Par patouche, le 16 juillet 2010

    patouche
    Histoire d'espions Britanniques pendant la seconde guerre mondiale et leurs travaux de " sape " pour tenter de faire entrer les Etats-Unis dans le conflit.
    L'histoire se passe de nos jours, avec de nombreux retours dans le passé .
    C'est l'histoire d'une vie parmi des millions d'autres, qui pendant cette période de troubles a vécu des évènements exceptionnels.
    Une histoire d'espions où la règle est :" de ne croire en personne, et de douter de tout le monde ".
    C'est pourquoi vous n'êtes pas obligés de croire les lignes précédentes , et de vous faire votre propre opinion.
    Bon petit livre, pour ceux qui aiment l'ambiance : " espionnage ".
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 28 novembre 2010

    litolff
    En 1939, les anglais avaient bien compris que seule l'entrée en guerre des Etats-Unis feraient gagner la guerre aux Alliés : c'est leur tentative de faire basculer les Etats Unis dans la guerre que nous raconte William Boyd dans La vie aux aguets ; une histoire d'espionnage de haut vol qui rejoint l'histoire bien sûr, une histoire palpable puisque nous savons bien l'importance qu'avait l'entrée en guerre des Etats-Unis.
    En 1976, Ruth Gilmartin découvre que sa très britannique et distinguée mère, est en réalité à moitié russe et travaillait en 1939 pour le compte de l'Angleterre. Un roman d'espionnage passionnant où William Boyd dessine deux vies de femmes prises dans la toile de l'Histoire. Magistral !


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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 25 mai 2008

    Quand, petite, je me montrais grincheuse, contrariante et dans l'ensemble insupportable, ma mère me réprimandait avec des : «Un beau jour, quelqu'un viendra me tuer et tu le regretteras», ou bien : «Ils arriveront de nulle part et ils m'emporteront - et alors tu diras quoi ?» ou encore : «Un beau matin, tu te réveilleras et je ne serai plus là. Disparue. Attends un peu de voir.»
    Curieux, mais enfant on ne prend pas au sérieux ce genre de remarque. En revanche, aujourd'hui - alors que je repense aux événements de cette interminable canicule de 1976, cet été pendant lequel l'Angleterre tituba, suffoquée, terrassée par une vague de chaleur interminable -, je sais ce dont ma mère parlait : je comprends ce sombre courant d'une peur profonde qui circulait sous la calme surface de sa vie ordinaire, et qui ne l'a jamais quittée, même après des années d'une existence paisible, sans rien d'exceptionnel. Je m'en rends compte maintenant : elle a toujours redouté qu'on vienne la tuer. Et elle n'avait pas tort.
    Tout a commencé, je me souviens, début juin.
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  • Par liratouva2, le 28 avril 2012

    Quand, petite, je me montrais grincheuse, contrariante et dans l’ensemble insupportable, ma mère me réprimandait avec des: "Un jour, quelqu’un viendra me tuer et tu le regretteras". Enfant, on ne prend pas au sérieux ce genre de remarque. Aujourd’hui - alors que je repense aux événements de cette interminable canicule de 1976, cet été pendant lequel l’Angleterre tituba, suffoquée, terrassée par une vague de chaleur interminable - je sais ce dont ma mère parlait: je comprends ce sombre courant d’une peur profonde qui circulait sous la calme surface de la vie ordinaire, et qui ne l’a jamais quittée, même après des années d’une existence paisible, sans rien d’exceptionnel. Je m’en rends compte maintenant: elle a toujours redouté qu’on vienne la tuer. Et elle n’avait pas tort.
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  • Par clarinette, le 08 mai 2012

    Mais Eva se senti étrangement déprimée après son déjeuner avec Angus, et elle continua aussi de s'inquiéter d'avoir pu donner des informations en filigrane, des indications sur elle et Romer, des nuances qu'un homme au cerveau aussi agile qu'Angus serait capable de transformer en un tableau plausible. Tandis qu'elle regagnait Transoceanic, de l'autre côté de la ville, à travers les grandes avenues, Park, Madison, la Ve, les vastes panoramas, la précipitation, le bavardage, le bruit et l'assurance de la ville, des gens, du pays, elle songea que peut-être, elle aussi, si elle avait été une jeune Américaine, une habitante de Manhattan, heureuse dans son travail, chérissant sa sécurité, des perspectives d'avenir et la vie devant elle, peut-être qu'elle aussi, quelles que fussent sa sympathie et sa compassion à l'égard de l'Angleterre et de son combat pour la survie, elle se serait dit : pourquoi sacrifier tout cela, risquer les vies de nos jeunes gens et s'impliquer dans une guerre sordide et mortelle se déroulant à cinq mille kilomètres d'ici ?
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  • Par brigetoun, le 07 avril 2012

    De temps à autre, elle s'aventurait sur le pont pour contempler le ciel gris, l'eau turbulente et non moins grise, et les bateaux tout aussi gris avec leurs cheminées crachotantes, fonçant à travers vagues et creux désordonnés - disparaissant dans des explosions d'écume glaciale - et traçant bravement leur chemin vers les Îles britanniques.
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  • Par litolff, le 28 novembre 2010

    - 'Ne faites confiance à personne', répliqua-t-il sans solennité mais avec une assurance et une sorte de certitude pratique, comme s'il déclarait : 'Aujourd' hui, c'est vendredi.' 'Ne faites confiance à personne, jamais', répéta-t-il en prenant une cigarette qu'il alluma, pensif, surpris lui-même de sa lucidité aurait-on dit. 'Peut-être est-ce la seule règle dont vous avez besoin. Peut-être que toutes les autres règles dont je vous parlerai ne sont-elles que les dérivés de celle-là. 'La seule et unique loi.' Ne faites confiance à personne - pas même au seul être en qui vous pensez pouvoir avoir le plus confiance au monde. Soupçonnez toujours. Méfiez-vous en permanence.' Il sourit, pas de son sourire chaleureux. 'Ca vous rendra d'excellents services.'
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Payot - Marque Page - William Boyd - L'attente de l'aube








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