> Christiane Besse (Traducteur)

ISBN : 2021001032
Éditeur : Editions du Seuil (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.46/5 (sur 97 notes) Ajouter à mes livres
Par un pur hasard, Adam Kindred, jeune climatologue spécialiste des nuages, se retrouve dépouillé en quelques heures de tout ce qu'il tenait pour acquis: sa carrière, sa réputation, ses cartes de crédit, son passeport, son portable, et même ses vêtements, soit tous les ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 25 février 2012

    Malaura
    Après des déboires matrimoniaux, Adam Kindred rentre des Etats-Unis afin de recommencer une nouvelle vie à Londres.
    Climatologue spécialisé dans l'étude des nuages, il espère de belles éclaircies dans sa vie. Las, ce sont de gros nuages noirs qui s'amoncellent au-dessus de sa tête !
    En voulant restituer un dossier oublié à un homme croisé au restaurant, Adam découvre celui-ci assassiné dans son appartement.
    Il s'agit du professeur Wang, un allergologue travaillant sur un remède miraculeux contre l'asthme pour une puissante firme pharmaceutique.
    C'est le début d'une descente aux enfers vertigineuse.
    Bien qu'innocent, tout semble accuser Adam.
    Il est le dernier à s'être présenté au domicile de la victime et ses empreintes sont partout dans l'appartement. Naturellement la police se met aussitôt en chasse. Mais le véritable tueur est lui aussi sur le coup car Adam détient toujours le dossier du professeur Wang, un dossier que veulent récupérer à tout prix les dirigeants de la compagnie pharmaceutique.
    Acculé, traqué, Adam est alors contraint de plonger dans la clandestinité des bas-fonds londoniens pour échapper à ses poursuivants.
    Désormais sans toit, sans argent, sans papier, il va devoir apprendre à survivre dans la Londres des déshérités et des précaires, une ville labyrinthique aux véritables airs de jungle urbaine.
    Avec "Orages ordinaires", William Boyd fait vivre à son personnage la pire des situations, la perte de tout ce qui faisait sa vie, à commencer par son identité. Seule la liberté lui appartient encore, mais à quel prix ! Obligé de se noyer dans la clandestinité, Adam Kindred apprend aux côtés d'autres marginaux, la débrouillardise, la ruse et la méfiance.
    La trame policière ainsi déployée au début du livre et dont l'auteur maîtrise parfaitement les codes, est alors détournée au profit d'une description lourde de sens de notre monde moderne et de ses inégalités sociales.
    D'un côté l'univers affairiste brassant des millions de dollars incarné par la puissante firme pharmaceutique, et de l'autre la foule interlope des invisibles peuplant l'East End et les bas-fonds de Londres.
    L'histoire, aux personnages secondaires aux petits oignons tient alors davantage du Dickens moderne que du polar.
    L'occasion pour l'auteur de croquer ainsi sur le vif des êtres dont le cosmopolitisme est souvent synonyme de graves disparités sociétales.

    Et puis il y a Londres, cité tentaculaire, personnage à part entière du roman, une Londres underground qui n'a rien à voir avec les guides touristiques et que l'écrivain anglais nous fait visiter dans les moindres recoins, des ruelles mal famées aux immeubles délabrés, en suivant les méandres de la Tamise, de Chelsea jusqu'à son estuaire, car - encore un clin d'œil à Dickens - « toute chose commence avec le fleuve et nous y finirons, sans doute… »

    Comme pour ses précédents livres, ce dixième ouvrage de William Boyd a fait les frais d'un large travail de documentation et de recherche en amont.
    Pour l'auteur, il s'agit que tout soit aisément vérifiable et puisse s'appuyer sur des faits réels et avérés, des 600 cas de disparitions de personnes chaque semaine en Angleterre, aux agissements des lobbies pharmaceutiques en passant par les interventions policières des brigades fluviales.
    Chaque étape du roman est ainsi préparée en un planning serré, chaque plan, chaque séquence préalablement pensés et soupesés.
    Une méthode bien organisée et bien rôdée qui vaut à "Orages ordinaires" d'être orchestré de main de maître.
    Dense et rythmé, un très bon livre.
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    Critique de qualité ? (33 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Sallyrose, le 03 avril 2012

    Sallyrose
    Un polar qui n'est que prétexte à décrire les conditions de vie des SDF d'un côté et des magouilles au sein des grosses sociétés, en l'espèce un laboratoire pharmaceutique.
    Un prétexte, certes, mais quel prétexte ! le contraste est saisissant.
    Le rythme est enlevé, chaque court chapitre apporte sa pierre à l'édifice.
    Un style épuré qui va droit au but et qui contribue à la fluidité et la rapidité de la lecture.
    Je regrette néanmoins de ne pas avoir pas retrouvé, ou si peu, le cynisme qui m'avait agréablement fait grincer des dents dans Armadillo
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par solasub, le 19 janvier 2012

    solasub
    Je pourrais dire que je l'ai commencé un soir, vers 23h et fini un peu avant 05 h du matin, et cela suffirait...
    J'ai toujours beaucoup apprécié W. Boyd, que ma mère m'a fait découvrir à l'adolescence ; Les nouvelles confessions contiennent une des plus belles scènes de lecture que j'ai jamais lues :
    "Karl-Heinz ne m'avait donné que le texte – j'ignorais le titre, j'ignorais l'auteur. Je ne savais rien du sujet du livre ni de son genre. Pourtant, assis là dans cette cellule, j'eus l'impression d'être à l'orée d'une merveilleuse aventure et de tenir entre mes mains fiévreuses quelque chose d'immensément précieux. Ce fut un instant divin. Il allait changer ma vie.
    *
    "Chapitre Un. "
    Mon coeur battait follement d'impatience. La première phrase, le premier paragraphe...à quoi ressembleraient-ils ? Je lus :
    " Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution [...] n'être fait comme aucun de ceux qui existent " Mon émotion fut telle qu'il me fallut reposer la page. Mon coeur se démenait dans ma poitrine, y battant à grands coups. [...] Mais jamais je n'ai lu un tel prologue à un livre, jamais je n'ai été aussi puissamment et immédiatement emporté. Qui était cet homme ? A qui appartenait cette voix qui m'interpellait si directement, dont l'impudeur effrontée retentissait de tant d'honnêteté sincère ? Hypnotisé, je poursuivis ma lecture. "
    J'ai aimé aussi Brazzaville Plage, La croix et la bannière, Comme neige au soleil, Un Anglais sous les tropiques ...
    Boyd est également un fantastique nouvelliste : Le destin de Nathalie X , La femme sur la plage avec un chien et Visions fugitives contiennent de véritables bijoux.
    Orages ordinaires est un thriller londonien dans lequel j'ai retrouvé les qualités de cet écrivain : un déplacement léger du quotidien, un décalage subtil, qui en révèle alors toute la bizarrerie sous-jacente, l'étrangeté inhérente ; le goût assumé du romanesque et de la poésie du hasard ; des héros humains et imparfaits, des personnages secondaires autonomes, variés et très complets ; un humour très anglais, parfois loufoque (l'Église John Christ...) ; un regard toujours juste et réactualisé sur l'époque ; beaucoup d'humanité, qui jamais ne tombe dans l'angélisme ni, à l'inverse, le cynisme ; une poésie des lieux, des gens et des choses à la quelle je suis très sensible : quelle belle idée par exemple que cet ensemenceur de nuages...
    L'intrigue fonctionne bien par ailleurs, on se laisse prendre au suspens d'un thriller bien construit, capable aussi d'une vraie violence.
    Il y a toujours une dimension cinématographique assumée chez Boyd (qui s'accomplit dans le beau personnage du cinéaste John James Todd des Nouvelles Confessions, et que l'on retrouve aussi dans la chronique hollywoodienne que constitue Le destin de Nathalie X ) : ainsi, Orages ordinaires m'a rappelé les meilleurs films des frères Cohen.
    La "romance finale" m'a un peu moins convaincue, mais j'admets que cela fait partie des codes du genre ; et la fin ouverte parvient à maintenir le lecteur dans l'interrogation et à ouvrir l'espace du roman.
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  • Par nescio667, le 07 août 2010

    nescio667
    Parce qu'il a voulu rendre service à un homme qu'il connaissait à peine, Adam Kindred se voit subitement relégué au ban de la société. Soupçonné d'un crime qu'il n'a pas commis et pourchassé par un inconnu patibulaire, il se voit obligé de fuir ne peut plus rentrer chez lui, ni utiliser sa carte de crédit et encore moins se servir de son téléphone portable. Condamné à une de vie de clochard au cœur de Londres, il va prendre conscience du revers de la médaille de la société de consommation dans laquelle il s'anesthésiait jusqu'alors. La chance et l'amour croisant sa route, Kindred va tenter de remonter la pente et de regagner son existence passée. Pour ce faire, il devra s'attaquer à des requins de l'industrie pharmaceutique et de la finance, mondes qui lui étaient jusqu'ici totalement étrangers.
    Evitant toute lourdeur démonstrative ou pédagogue, William Boyd pointe avec humour et suspense quelques-unes des dérives les plus flagrantes de notre XXIe siècle. le fossé de plus en plus profond entre riches et pauvres au sein d'une même ville, le vie quotidienne des exclus et les décisions légères mais aux lourdes conséquences d'industriels motivés uniquement par le profit. Au travers du parcours chaotique, drôle et émouvant de son personnage principal, c'est finalement à une croisade à la Robin des bois qu'il nous invite, pour finir par nous communiquer une salutaire bouffée d'optimisme !
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 25 décembre 2011

    carre
    L'on retrouve avec ce dernier roman, tout ce qui fait que la lecture est un vrai bonheur. Adam Kindred, jeune climatologue va voir basculer dans l'horreur et la clandestinité une existence plutôt agréable. Il se retrouve accusé de meurtre, on lui vole aussi tout ce qui faisait de lui un être civilisé (carte d'identité, passeport, portable etc...). Echappant à ces poursuivants il rentre dans la clandestinité et devient SDF, poursuivit à la fois par la police et un tueur à gage, il engage dès lors un combat pour retrouver son identité et prouver son inncence. William Boyd réussit une fois de plus un formidable roman, en montrant un Londres étonnant, intriguant. Ce polar (genre peu abordé par Boyd) remarquablement écrit montre une fois de plus l'immense talent de l'auteur qui nous emballe livre après livre. Un régal.
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 02 juillet 2011
    L'auteur de Brazzaville Plage explore les bas-fonds de Londres, cité fantomatique qu'il décrit en digne héritier de Dickens.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 26 juin 2010

    Il sentait instinctivement que la seule manière d’éviter d’être repéré dans une ville du vingt et unième siècle était de ne tirer aucun avantage des services qu’elle offrait –téléphonique, financiers, sociaux, municipaux ou autres.
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  • Par luocine, le 26 juin 2010

    Jonjo tira un peu sur la laisse du Chien et ils s’en allèrent. Il aurait préféré rôtir en enfer plutôt que de suivre son chien avec un sac en plastique pour ramasser sa merde.
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  • Par luocine, le 26 juin 2010

    Ingram avait horreur d’exhiber, quand il s’asseyait jambes croisées un mollet blanc poilu entre le haut de la chaussette et le revers du pantalon- c’était en quelque sorte le prototype du péché capital vestimentaire anglais.
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  • Par line70, le 05 avril 2011

    [...] les myriades de liens entre deux existences discrètes - proches, distantes, se chevauchant, se frôlant - sont là presque entièrement inconnues, inaperçues, un immense réseau invisible de l’à-peu-près, du quasiment, de ce-qui-aurait-pu-être. De temps en temps, dans la vie de tout un chacun, le réseau est entrevu, un court instant, et l'événement reconnu avec un cri d'étonnement ravi ou un frisson d'inconfort surnaturel. La corrélation compliquée des existences humaines pouvait rassurer ou troubler en égale mesure.
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  • Par litolff, le 24 novembre 2010

    Il s'offrit une douche dans la suite de la gare Victoria et se lava les cheveux pour la première fois en un mois ou presque. Il examina l'étranger barbu aux traits tirés qui le fixait dans le miroir tandis qu'il se coiffait et fut frappé par la force des sentiments contraires qui l'habitaient : une vive fierté devant sa résilience et son ingéniosité, un amer apitoiement sur soi-même à l'idée qu'il avait pu en arriver là. Oui, je suis libre, songea-t-il, mais que suis-je devenu ?
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Payot - Marque Page - William Boyd - L'attente de l'aube








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