Hawks, docteur ès sciences, fanatique du savoir, veut conquérir la Formation. Même si elle est totalement irrationnelle, inhumaine, incompréhensible. On la comprendra plus tard. Pour le moment, il faut la traverser.
Il trouvera un homme pour cela. Al Bark... > voir plus
Certains romans devraient rester des nouvelles. Dans celui-ci, il ne se passe quelque chose d'intéressant qu'aux alentours de la page cent (sur deux cent environ). Les personnages stéréotypés, les réactions caricaturales, quelques réflexions très générales sur la psychologie des hommes dans ce monde meublent la première partie. Il faut vraiment avoir envie de connaître la fin et s'accrocher pour ne pas laisser tomber ce scénario digne d'une série télé américaine des années 70. Passé cette étape difficile, ce qu'on attend d'une histoire de science-fiction arrive enfin. Cependant l'argument de la "formation" présenté sur la quatrième de couverture comme le principal moteur de l'histoire n'est qu'un prétexte. Pour paraphraser Walter Benjamin, ce livre aurait pu (dû ?) être titré : "L'homme à l'époque de sa reproductibilité technique" car le véritable sujet, c'est la téléportation, le transfert instantané de matière et, surtout, les implications logiques de la méthode employée. Si une machine désintègre un individu quelque part pour l'envoyer sous forme d'informations codées en ondes hertziennes vers un autre lieu où elle le réintègre, est-ce le même individu ou une copie très ressemblante ? L'auteur ne s'embarrasse pas trop des implications philosophiques et morales de la destruction du corps original en utilisant un personnage auquel des tendances suicidaires évitent de se poser des questions. En revanche, l'idée de la copie multiple est un peu mieux exploitée sans donner vraiment une grande satisfaction. Globalement, cet ouvrage lent et peu enthousiasmant qui ne brille vraiment pas par un style d'écriture extraordinaire laisse le lecteur sur sa faim.
Le prétexte : un système de télétransport-duplicateur qui permet à des hommes de science d'explorer un artefact mystérieux (à moins qu'il ne s'agisse d'une créature vivante ?) découvert sur la Lune. La « chose » défie la topologie et tue les explorateurs qui la pénètrent, mais peu à peu elle cède du terrain et, à la fin, elle sera, sinon vaincue ni même comprise, au moins traversée. Donnant prise ou non à un décryptage psychanalytique, et plus que l'aspect strictement « science-fiction » (pourtant astucieux), c'est l'aspect psychologique du roman qui lui donne le plus de poids ; étudiant les personnages qui gravitent autour du Centre de Recherches, Budrys s'étend sur leurs petitesses et leurs bassesses, mais aussi sur la foi qui les anime (discret éloge de la science et de la recherche), et sur leur peur face à la mort, à l'inconnu, à la folie (discrète approche philosophique). Ce ton en sourdine semble décidément caractériser Budrys, un auteur à (re)-découvrir d'urgence. George W. BARLOW
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