> Freddy Michalski (Traducteur)

ISBN : 274360428X
Éditeur : Rivages (2003)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 43 notes) Ajouter à mes livres
Quelque part dans le sud profond des États-Unis, le policier Dave Robicheaux arrête Elrod Sykes, un acteur d'Hollywood, pour conduite en état d'ivresse. En tournage dans la région, celui-ci prétend avoir trouvé dans le bayou le cadavre momi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 18 juin 2011

    LiliGalipette
    À New Iberia, en Louisiane, les corps de jeunes femmes sont retrouvés atrocement mutilés. Dave Robicheaux, inspecteur du shérif, est en charge de l'enquête. Ancien alcoolique, homme d'honneur, il est tenaillé par des souvenirs vieux de 35 ans : en 1957, peu de temps après le grand ouragan, il a assisté dans les marais à l'assassinat d'un Noir qui ne fut jamais résolu et dont personne ne veut se charger des décennies plus tard. « À l'âge de dix-neuf ans, je ne voulais pas accepter l'éventualité que le meurtre d'un homme pût être traité, dans la société qui était la mienne, avec la même indifférence qu'un ongle cassé. » (p. 21) Instinctivement, Dave sent que ce crime raciste et les meurtres des jeunes filles sont liés.
    À cela s'ajoute le tournage d'un film dans la région : le metteur en scène est très proche de Julie Balbonie, figure de la pègre locale. Et l'acteur principal du film, Elrod Sykes, est un alcoolique qui voit surgir des morts confédérés de la brume des marais. « La brume était aussi rose et épaisse qu'une barbe à papa et donnait l'impression de claquer de décharges électriques, pareille à un kaléidoscope de langues de serpents en train de s'agiter. » (p. 223) Mais voilà, Sykes n'est peut-être pas si fou puisque Dave Robicheaux lui-même converse de plus en plus souvent avec un Général de l'armée sudiste. Cela dit, il lui est bien difficile de faire admettre la véracité de ses visions. « Quel degré de raison était en droit d'attendre de la plupart des gens un homme qui s'en va déterrer des objets datant de la guerre de Sécession dans un marécage au milieu de la nuit, afin de prouver justement qu'il est sain d'esprit ? » (p. 241) La seule et unique preuve est tellement improbable que, finalement, le regard glisse dessus sans y attarder.
    Les méthodes de Robicheaux sont parfois douteuses. Assisté de l'agent Rosie Gomez du FBI, il met les pieds dans une sombre histoire de prostitution, de règlements de compte entre Blancs et Noirs, de drogue, de mafia et de corruption. le shérif ne le soutient pas. Dave le sait, il dérange un peu partout où il fourre son nez. Mais à mesure que l'affaire devient plus personnelle, elle devient plus sombre et Dave Robicheaux n'est pas homme à laisser les ténèbres s'installer. « Étions-nous à la recherche d'un tueur en série qui avait opéré sur tout le territoire de l'État, d'un psychopathe du cru, d'un maquereau ou peut-être même d'un torpédo de la pègre ? Des flics se trouvaient-ils impliqués ? » (p. 358) Les suspects sont nombreux, les fils de l'intrigue se multiplient et les affaires du passé peuvent expliquer les crimes du présent.
    Dave Robicheaux est le narrateur et c'est sa voix qui déroule l'intrigue. Homme au passé houleux, il s'est racheté une conduite et incarne le parfait gentleman du Sud. Tatillon avec le langage de ses interlocuteurs, il goûte mal les grossièretés et les blagues de mauvais goût. Pour autant, il n'a pas la langue dans sa poche et sa répartie fait mouche, tout en restant d'une politesse exquise. Il manie également le patois créole avec habileté et sait se faire écouter des petites gens, particulièrement des Noirs qui se sentent moins que jamais intégrés dans la population du Sud.
    Les relations entre Blancs et Noirs sont toujours entachées d'un passé indélébile. La guerre de Sécession et l'abolition de l'esclavage n'ont pas réglé tous les conflits. Si les Noirs se sentent exclus, les Blancs ne sont pas non plus totalement à l'aise : « les peurs raciales, et très certainement la culpabilité des Blancs à l'égard des injustices raciales, ont du bien du mal à mourir. » (p. 215)
    J'ai commencé cette lecture par temps d'orage et de pluie – ce temps qui me convient tellement – et je suis entrée de plain pied dans l'atmosphère lourde et humide des marais de Louisiane. Un bref passage par la Nouvelle-Orléans m'a plus que jamais donné envie de découvrir cette ville : « Sans son atmosphère de païenne et décadente, ses spectacles de strip, ses racoleuses, ses bonimenteurs de music-hall, ses macs-taxis, et ses camés à la cervelle atteinte, la ville serait aussi attrayante aux yeux de la plupart de ses touristes qu'un parc d'attraction à thème agraire dans l'ouest du Nebraska. » (p. 143) La majorité de l'intrigue se déroule cependant loin de la grande ville, dans un coin perdu de l'État de Louisiane, là où l'on sent vibrer toute l'Histoire, de la Guerre de Sécession aux exactions du Ku Klux Klan, en passant par quelque sombre cérémonie vaudou.
    James Lee Burke signe un polar haletant savamment teinté de surnaturel. Les discussions de Robicheaux avec le fantôme du général confédéré ne sont pas des éléments incongrus. Elles sont parfaitement sens dans la résolution de l'enquête et renvoie sans cesse l'homme à sa propre existence. le temps s'abolit lors de ces étranges rencontres et certaines ruptures sont réconciliées. Je n'ose en dire plus de crainte de déflorer le roman. Les raisons de le lire ne manquent pas. Les amateurs de polars seront largement servis avec ce personnage de flic rugueux et sensible et cette intrigue très bien ficelée. Ceux qui aiment les ambiances ambiguës pourront également goûter la puissance de ce roman dont la quatrième de couverture dit qu'il a des accents faulknériens, ce dont je ne doute pas, même si je m'interroge sur la nature de tels accents…
    Revoir le film de Bertrand Tavernier, Tommy Lee Jones dans le rôle de Dave Robicheaux, est un vrai plaisir après avoir découvert le texte original. Tavernier a fait le choix de transposer l'action après l'ouragan Katrina, soit une bonne dizaine d'années plus tard que l'intrigue originale. Mais il le fait avec intelligence et cohérence. L'interprétation est magistrale et la bande originale rend parfaitement hommage au texte de James Lee Burke. le tout reste très fidèle au roman et prend une dimension dramatique supplémentaire. Bref, un moment cinéma particulièrement réussi qui fait suite à un très bon roman.

    Un grand merci à Steppe de Babelio qui m'a offert ce livre.

    Lien : http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/06/18/214126..
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    • Livres 4.00/5
    Par steppe, le 20 juin 2011

    steppe
    Assurément, James Lee Burke est un auteur que je vais continuer de découvrir.
    C'est le film de Bertrand Tavernier qui m'a amenée à cette lecture et quelle belle surprise!!!
    Quel portrait attachant que celui de ce flic un peu brut de brut, désabusé et fataliste mais si empreint de ses expériences passées et de sa connaissance des autres. Si humain en mari aimant (et aimé...), en père de famille, en homme parfois trop prompt à réagir et victime de ses élans vers la justice et la vérité...
    Caricatural ? Jamais!! car unique dans sa façon de voir son monde, de rêver sans vraiment le montrer ni surtout le vouloir, de s'acharner malgré tout et tous, malgré la lassitude et la dictature de la sagesse, la fatigue, les doutes...
    Ses certitudes soudain ébranlées par des visions du passé troublantes, des mirages ou une réalité imposés par le besoin de trouver des réponses.
    Lui et l'alcool, ses faiblesses mises à rude épreuve....
    Son empathie pour l'autre qui transparaît dans chacun de ses actes, chacune de ses paroles. Mais aussi son intransigeance face au mal, aux mauvais, aux méchants, aux nuisibles, aux pervers...
    Des dialogues dont on ne se lasse pas, le verbe précis, tranchant et soudain, alors que l'on ne s'y attend pas, un bout de poésie, posé là comme un cadeau, une clé pour ne pas céder à l'envie de fuir le rude, l'austère d'un pays si pluvieux...
    Et puis, en toile de fond, la Louisiane, le Bayou et ses habitants, fantomatiques à force de s'étioler aux prises avec une nature capricieuse,
    grise, pluvieuse, pas vraiment violente mais toujours menaçante... Toujours grondant et venteux, l'horizon ici s'abat tel un être gourmand de frissons, une cape brumeuse avide de peur et de l'inquiétude qu'elle génère... "Quand le ciel bas et lourd" m'est souvent revenu en mémoire à la lecture de ces pages pleines de tourments et de tempête, de rage et de colère contenues, de danger imminent mais si familier pour les habitants de cette région au ciel gris autant qu'envoutant...
    Le fatalisme non comme une paresse mais comme une condition nécessaire à la survie de la raison et de l'âme....
    C'est avec violence mais aussi une infinie tendresse que James Lee Burke dépeint un univers âpre autant que fascinant.
    La guerre de Sécession, rêve ou mirage, surgit là où l'on ne l'attend pas et donne au récit un côté magique, mystique, irréel mais toujours cohérent avec le reste du roman.
    Vous l'avez compris, j'ai été complètement envoutée par le personnage d'une part, par le pays et même son climat, par la profondeur
    du texte et bien sûr par l'intrigue qui tient en haleine de bout en bout.
    Dave Robicheaux est à l'image du climat sombre des Bayoux : solide, inquiétant parfois, mais toujours généreux et surprenant...
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    • Livres 4.00/5
    Par Chiwi, le 22 avril 2011

    Chiwi
    Une équipe de cinéma s'est installée à New Iberia pour tourner un film sur la guerre de Sécession. La vedette du film, Elrod Sykes, se fait arrêter par Dave Robicheaux alors qu'il conduisait en état d'ébriété. Sykes va lui confier qu'il a découvert le cadavre d'un homme enchaîné. Robicheaux est tenté de le croire car il assisté à dix neuf ans à l'assassinat d'un Noir par deux Blancs. Mais le shérif ne semble pas intéresser par cette enquête. Malgré tout Robicheaux va s'en charger car ce qu'il a vu quand il était jeune le hante toujours.
     
    Dans la brume... permet une double enquête qui confronte Robicheaux à des éléments de son passé, il va mener les deux enquêtes pour pouvoir trouver une sorte de repos. le côté irrationnel des visions de Robicheaux est surprenant pour un roman policier mais permet lui permet d'être aidé dans son enquête. Cela lui fait aussi repasser pour l'alcoolique qu'il a été, ce qui le rend plus faible.
    J'ai bien aimé la description de cette Louisiane, où de lourds secrets dorment cachés mais qu'il ne faut surtout pas réveiller. Certains passages font même douter que l'on se trouve dans un roman policier.
    J'ai vu le film avant de lire ce livre et je reconnais que cette lecture a été utile car cela permet de comprendre des éléments qui n'apparaissent pas assez appuyés dans le film de Bertrand Tavernier.
    James Lee Burke est pour moi une bonne découverte.
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    • Livres 4.00/5
    Par quenlore, le 15 octobre 2011

    quenlore
    Une fois n'est pas coutume, j'ai d'abord vu l'excellent film de Tavernier avant de lire le roman de Burke. C'est justement l'atmosphère moite à souhait du film qui m'a donné envie de découvrir l'œuvre de cet écrivain…
    Dave Robicheaux, policier déchu, adjoint du shérif de New Iberia, enquête dans l'ambiance moite et décomposée des bayous des environs de New Orléans. A cela s'ajoute une bonne dose de nature louisianaise (pas spécialement hospitalière), de psychologie sudiste (particulière, il faut le dire), et une bonne dose d'irrationnel.
    J'ai adoré!
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    • Livres 5.00/5
    Par Katherine, le 11 janvier 2011

    Katherine
    J'ai vu le nouveau film de Bertrand Tavernier au cinéma à sa sortie. J'ai aimé Dans la brume électrique mais j'ai pensé que le film était trop propre, pas assez humide, brumeux, sombre... J'ai eu envie de lire le roman (il paraît que c'est le meilleur de James Lee Burke).

    CoupCoeurXXe.png Dans la brume électrique avec les morts confédérés de James Lee Burke est un roman policier paru chez Rivages/Noir en 1995 mais je l'ai lu en poche (1999, 480 pages, 10,40 €, ISBN 978-2-7436-0428-X). In the electric mist with confederate dead (1992) est traduit de l'américain par Freddy Michalski.

    Voilà ce qu'il manquait au film : « le ciel avait viré au noir au crépuscule, [...], noyant New Iberia sous son déluge [...] jonché de feuilles et de branches d'arbres tombées [...]. « [...] une pluie fine chargée des odeurs lourdes et riches d'humus humide, jasmins de nuit, roses et jeunes pousses de bambou. » (page 7).
    J'aime le style, le choix des mots, les descriptions, ce que le langage littéraire a (pour moi) de supérieur au langage cinématographique.

    Après une journée harassante, Dave Robicheaux rentre chez lui et arrête Elrod T. Sykes qui conduit en état d'ivresse avec à ses côté Kelly Drummond. Les deux jeunes gens sont les acteurs principaux d'un film qui se tourne actuellement à New Iberia et ayant pour cadre la Guerre de Sécession. Mais Sykes raconte à Robicheaux que lors du tournage, il a vu un corps entouré d'une chaîne rouillée dans le marais d'Atchafalaya et des soldats confédérés « la nuit, perdus dans la brume » blessés et affamés.
    [...]

    Lien : http://laculturesepartage.over-blog.com/article-32049659.html
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Citations et extraits

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  • Par steppe, le 29 mai 2011

    Je voulais m'éveiller de mon rêve, me forcer même au fond de mon sommeil à prendre conscience qu'il ne s'agissait justement que de cela, un simple rêve, au lieu de quoi les images se mirent à défiler et j'entendis les claquements irréguliers d'armes au poing, je vis la lisière d'une forêt d'arbres à bois dur à l'automne, les feuilles peintes de feu, et un contingent de l'infanterie confédérée qui y battait en retraite.
    Non. Je ne les vis pas simplement. J'étais au milieu de ces hommes, sous le même feu, ma gorge brûlait de la même soif, mes mains tremblaient tandis que je cherchais à recharger mon arme, ma peau agitée de spasmes comme si quelqu'un était sur le point de l'écorcher lambeau par lambeau.
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  • Par litolff, le 10 janvier 2011

    À 6 heures le lendemain matin, je pris une tasse de café et le journal que j'emportai sous la galerie et m'installai sur les marches. L'air était frais, bleui par l'ombre sous les arbres et chargé des odeurs de belles-de-nuit en fleur et des coques de noix de pacane qui moisissaient dans la terre humide.
    Tout en lisant le journal, m'arrivaient le bruit des bateaux qui quittaient mon ponton et les voix des pêcheurs sur l'eau. Puis j'entendis quelqu'un remonter la pente du jardin au milieu du feuillage, je baissai mon journal et aperçus Mickey Glodman qui se dirigeait à grands pas vers moi comme un homme en quête d'une dispute.
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  • Par litolff, le 21 décembre 2010

    À 6 heures le lendemain matin, je pris une tasse de café et le journal que j'emportai sous la galerie et m'installai sur les marches. L'air était frais, bleui par l'ombre sous les arbres et chargé des odeurs de belles-de-nuit en fleur et des coques de noix de pacane qui moisissaient dans la terre humide.
    Tout en lisant le journal, m'arrivaient le bruit des bateaux qui quittaient mon ponton et les voix des pêcheurs sur l'eau. Puis j'entendis quelqu'un remonter la pente du jardin au milieu du feuillage, je baissai mon journal et aperçus Mickey Glodman qui se dirigeait à grands pas vers moi comme un homme en quête d'une dispute.
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  • Par Chiwi, le 22 avril 2011

    A l'âge de dix neuf ans, je ne voulais pas accepter l'éventualité que le meurtre d'un homme pût être traité, dans la société qui était la mienne, avec la même indifférence qu'un accroc d'un ongle qu'on aurait coupé au doigt de quelqu'un.
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  • Par Katherine, le 11 janvier 2011

    Qu'est-ce que je peux dire ? On vit une époque de malades. Tu veux mon opinion ? Ouvre donc quelques colonies pénitentiaires au pôle Nord, là où vivent les pingouins. Débarrasse-toi de tous ces salopards de merde et ramène-nous donc un peu de propreté avant que la ville tout entière ne se transforme en chiotte. (page 149)
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James lee Burke répond aux questions de Barbara Peters. 6/6
Non sous-titré.








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